Les lectures d'Antigone ...

28 juillet 2014

Mon Apache

[En ce moment, dans ma voiture, j'écoute (en boucle) l'album Love de Julien Doré. Là, j'adore le long morceau musical à la fin de la prestation.] Sinon, pendant ce temps, je commence à lire sérieusement pour la rentrée littéraire (je garde le suspens sur les titres)... dans l'attente du coup de coeur qui me dévastera (rien de moins que ça). Je vais alterner avec des lectures plus anciennes, j'ai encore des prêts en attente et quelques titres sur ma PAL urgente... quelques billets sur des BD à rédiger aussi. Je commence ma dernière semaine de vacances. Bientôt mes petits vont prendre leur sac pour partir en colonnie... Je suis ravie de les voir si habitués aux départs mais la maison va être bien silencieuse... 

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27 juillet 2014

Le Verrou, Laetitia Kermel

leverrou

 "L'énigme est la suivante : la femme tente-t-elle de se soustraire à l'étreinte de l'homme qui, d'une main l'emprisonne, et de l'autre vient de pousser le verrou ? Ou retient-elle l'amant qui, sitôt l'acte consommé, s'apprête à tirer le verrou pour la quitter ?"

Chancelle est une tatoueuse reconnue. Orpheline, jeune-fille libérée, elle vit à Marseille, avec sa grand mère dans une vieille demeure regorgeant de reliques, l'Ousteau. Sa vie bascule lorsqu'elle accepte de rencontrer un homme, désirant se faire tatouer dans le dos la reproduction du célèvre tableau de Fragonard, Le Verrou, dont les deux femmes possèdent depuis toujours une gravure authentique. Les drames s'enchaînent, la grand-mère décède dans l'incendie de leur maison, la gravure disparaît, puis un vieux professeur est torturé à mort. Il est rapidement évident que Chancelle est poursuivie, qu'elle détient à son insu des informations brûlantes qu'une société secrète nommée Le Cabinet Blanc convoite. Elle ne sait pas qu'en tentant de comprendre les clés d'une énigme ancienne, datant du règne de Louis XV, et de sa liaison avec La comtesse du Barry, elle remonte également le fil de sa propre histoire... A Berlin, Hans s'inquiète.

Ce qui m'a amené à lire ce roman est la perspective d'en savoir un peu plus sur l'art, le tatouage et l'histoire, tout en me distrayant avec un thriller captivant. Comment ne pas être séduite par ce mélange original ? Et Le pari est gagné, j'ai appris beaucoup avec ce livre sur la tatouage, Fragonard (sa vie et son oeuvre), et l'histoire avec un grand H. De plus, malgré quelques ajustements en début de lecture (parfois certaines premières pages me résistent), je me suis peu à peu laissée embarquée dans une intrigue haletante qui ne ménage pas ses effets. Le roman est très documenté, les digressions historiques et artistiques sont passionnantes. Il est intéressant de comprendre par exemple combien le milieu libertin a eu ses entrées à la cour, ou comment la comtesse du Barry a vécu son ascension. Et puis, il faut dire que j'aime particulièrement que l'on m'explique le sens caché des tableaux. Chancelle, et son amoureux allemand Hans, deviennent par ailleurs très vite des personnages attachants. Un opus réussi donc, qu'il serait intéressant de lire, ou de re-lire, près des lieux emblématiques de Paris (Le Louvre, Versailles, etc...).

Editions Fragances - 17€ - Mai 2014

Lu également par Monsieur Antigone, conquis

 

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24 juillet 2014

Objectif Pal de juillet... Un été à la mer, Giuseppe CULICCHIA

unetealamer

 "J'accepterais l'invitation à dîner d'une murène, pour ne pas passer une autre soirée seule avec toi", dit-elle.

Nous sommes en 2006. Luca, la quarantaine hypocondriaque, vient d'épouser Benedetta, jeune milanaise exubérante. Là, ils arrivent en Sicile, déterminés à passer leur lune de miel dans ce lieu qui évoque tellement de souvenirs pour Luca. Cependant, Benedetta n'a qu'une idée en tête, tomber enceinte, et Luca s'éparpille, tombant par hasard sur son amour de jeunesse, et craquant pour un autre sourire frondeur à appareil dentaire. En fond médiatique, la Coupe du Monde se déroule, occupant les premières pages de tous les journaux, et prête à fêter la victoire de l'Italie...

C'est grâce à Véro [clic ici] que ce livre est arrivé dans ma PAL. Il a attendu longtemps avant que je ne l'ouvre. Mon choix s'est arrêté sur lui en ce mois de juillet, je trouvais cette lecture appropriée, avec cette couverture estivale, et ce titre qui l'est tout autant.
C'est un roman facile et tonique, énervé dirais-je, qui a le mérite d'être distrayant et dépaysant. J'ai aimé son style, auquel je ne m'attendais pas, cette manière que l'auteur a eu d'utiliser la répétition, en reprenant sans vergogne plusieurs fois des séquences entières, décalant juste de quelques mots la matière de l'originale. Un petit côté théâtral qui ne m'a pas déplu. Par contre, je n'ai ressenti aucun attachement pour les personnages qui paraissent vides et superficiels, sans doute une volonté du romancier. Mais les dialogues souvent très grossiers et creux ont gêné ma lecture. Un opus dont je ne garderai pas un grand souvenir mais qui peut avoir facilement sa place dans un sac de plage. Et un de moins dans ma PAL, qui commence à visiblement s'éclaircir.

Editions du livre de poche - 6.60€ - juin 2011

 

objectif pal

Objectif Pal 2014 : 7/12 (#objectifpal2014)

Vous pouvez encore déposer votre lien mensuel sur le billet du mois de juillet qui se trouve [par là] !!

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21 juillet 2014

Le Bruit des autres, Amy Grace Loyd

lebruitdesautres

 "La nuit dernière, elle a tapé sur le plancher de sa chambre, au-dessus de la mienne, du moins je crois. Un-deux-trois, une pause, puis encore un-deux-trois. Ai-je tout inventé, dans un demi-sommeil ? Avec un manche à balai, j'ai répondu. Oui, j'étais là. J'étais là."

Celia maîtrise tout depuis la mort de son mari, même son chagrin, qu'elle a enfermé hermétiquement avec leur livre préféré dans un sachet en plastique. La vie n'a pas de prise sur elle. Propriétaire d'un immeuble dans Brooklyn, elle tient fermement à ce que chaque locataire respecte l'intimité de ses voisins. Alors lorsque George lui propose une sous-locataire, tandis qu'il partira quelques temps en voyage en Europe, Hope, Celia est contrariée. Elle a à coeur de choisir scrupuleusement les personnes qui entrent dans ses appartements. Finalement, fascinée et attachée par les choix audacieux et douloureux de cette jeune divorcée qui bouleverse l'immeuble par ses cris et ses épanchements, Celia tangue...

Voici le troisième et sans doute le dernier titre que je lis sur le thème des immeubles [après L'immeuble des femmes qui ont renoncé aux hommes et Je ferai de toi un homme heureux]. Ici, ce qui m'a assez vite étonnée est l'exploration sans tabou du deuil et de la perte. Celia et Hope ont cela en commun, elles ont perdu toutes les deux l'homme qu'elles aimaient et elles n'imaginent pas vivre sans lui. Mais Celia a pris de l'avance et elle reconnaît chez Hope les signes évidents d'une auto-destruction annoncée. Alors, elle surveille, elle se met en danger pour quelqu'un d'autre qu'elle, et finit par s'ouvrir. C'est ce qui m'a le plus plu dans ce titre, l'éveil de Celia... et j'ai été surprise - je l'avoue - par la volupté qui se dégageait de ces pages. Pour autant, je regrette peut-être un peu la fin que Amy Grace Loyd a choisi, presque trop belle, quoique réconfortante. Je crois que les fins à la mode Asterix et Obelix (assez courantes au cinéma, le sanglier en moins) m'agacent un peu (peut-être parce que cela arrive si peu dans la vraie vie ?!)... Cela dit je vous recommande tout de même ce premier roman qui a le mérite d'accrocher son lecteur, et que Richard Russo vous conseille très chaudement en quatrième de couverture (belle référence).

Editions Stock - 20€ - Mars 2014

Les lectures, très enthousiastes, de Clara, Anne et Cathulu ! Je suis moins séduite que vous, les filles.

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20 juillet 2014

#LireProust 1 ~ Du côté de chez Swann

"De tous les modes de production de l'amour, de tous les agents de dissémination du mal sacré, il est bien l'un des plus efficaces, ce grand souffle d'agitation qui parfois passe sur nous. Alors l'être avec qui nous nous plaisons à ce moment-là, le sort en est jeté, c'est lui que nous aimerons. Il n'est même pas besoin qu'il nous plût jusque-là plus ou même autant que d'autres. Ce qu'il fallait, c'est que notre goût pour lui devint exclusif. Et cette condition-là est réalisée quand - à ce moment où il nous fait défaut - à la recherche des plaisirs que son agrément nous donnait, s'est brusquement substitué en nous un besoin anxieux qui a pour objet cet être même, un besoin absurde que les lois de ce monde rendent impossible à satisfaire et difficile à guérir - le besoin insensé et douloureux de le posséder."

proust-001

Partant à la recherche de ses souvenirs, le narrateur évoque dans ce premier tome Combray, son enfance, sa famille et les amis de ses parents, contant notamment les mésaventures amoureuses de Charles Swann, amant malheureux d'Odette.

Lire (ou re-lire) Proust, c'est entrer avant tout dans une langue riche, dans des phrases complexes et un fil de pensée savamment tissé qui nous laisse au terme des paragraphes ébahi. La grande parenthèse bien connue (et que l'on trouve d'ailleurs facilement éditée à part), très narrative, celle qui traite plus particulièrement des amours de Swann avec Odette n'est pas la partie la plus compliquée à lire, ni celle qui m'a le plus intéressée, elle traite avec brio cependant des affres de la passion amoureuse. Non, ce que j'ai préféré, ce sont surtout les débuts de ce récit, lorsque nous assistons aux éclats de réminiscence du narrateur, là j'ai véritablement été admirative et séduite par les trouvailles littéraires de l'auteur, subjuguée. Ma fascination mis à part, j'ai quand même été tenue par l'histoire que l'on me racontait, par les liens qui semblent unir ou désunir les protagonistes dans ce premier volet, étonnée que Swann finisse par épouser cette affreuse Odette, malgré ses éclairs de lucidité, et que notre narrateur tombe sous le charme de leur fille dans un jardin parisien, reproduisant le schéma qui a tant fait souffrir Charles. Les mondanités tiennent une grande place dans l'univers des personnages de Marcel Proust, des mondes se côtoient et s'évitent, les réputations se satisfont de ce qui est connu et peuvent s'effondrer suite à une réplique maladroite, voilà qui est cruel et assez captivant.

Séduite par cette lecture, j'ai décidé de continuer ma quête. J'ai téléchargé la suite de La Recherche sur ma liseuse... un peu étonnée que le second tome s'intitule également Du côté de chez Swann (n'en n'aurais-je lu que la moitié ?). A suivre...

Lu sur ma liseuse - téléchargé gratuitement [ici]

 

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18 juillet 2014

Moi je paierais pour te revoir

[Parce que Talent]
Sinon, pendant ce temps, je lis Le bruit des autres d'Amy Grace Loyd, presque surprise de la grâce sulfureuse de ce roman.
Sinon aussi, il y a toujours en attente ce billet que je traîne sur Du côté de chez Swann... Je voudrais tellement écrire bien sur ce livre, et sur ma lecture de ce livre, mais peut-être qu'écrire ce que je peux sera suffisant... on verra ;)
Demain, il y aura en France des retours et des départs, mais à la maison surtout les 13 ans de ma grande-fille, une petite boule d'énergie devenue avec le temps une gracieuse jeune-fille (pleine d'énergie). Bon week-end !

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16 juillet 2014

Je Ferai de toi un homme heureux, Anne B. Radge

jeferaidetoiunhommeheureux

 "Le programme de variétés à la radio qui commençait à neuf heures était presque terminé. Elle devait être la seule dans l'escalier à ne pas pouvoir écouter cette émission depuis le début en toute tranquillité, sans avoir un mari dans les pattes. L'animateur Kjell Thue annonça fièrement que c'était un programme où les Beatles n'avaient pas le droit de cité [...]."

Nous sommes dans les années 60, en Norvège, dans un immeuble récent au coeur de Trondheim. Des trois étages du bâtiment, nous visiterons d'abord uniquement l'escalier à la suite de Mme Asen, qui ne peut s'empêcher de le nettoyer à grandes eaux tous les jours, puis chaque appartement un à un. Et il apparaît très vite que l'ère de l'harmonie et du progrès n'a pas franchi tous les seuils du bâtiment, et que la modernité affichée à coup d'électroménagers rutilants n'est que de façade. Les rôles sont bien définis dans les couples et les familles de l'immeuble, à peine protégés par les murs si fins de leurs logements, et il faut faire bonne figure au risque de donner prise aux médisances. Car ça cancane sec à tous les étages, à grand bruit, surtout chez la coiffeuse à domicile. Les particularités sont regardées à la loupe, analysées et jugées selon les critères du moment. Etre comme les magazines féminins le suggèrent est irrésistiblement attirant, bien sûr, bien qu'un peu décadent. Seule la locataire du troisième étage semble pouvoir se permettre d'être dans l'air du temps... il se murmure même qu'elle ferait son ménage entièrement nue.

Voici un petit roman assez vintage que j'ai surtout beaucoup aimé lire pour le flash-back vers mes jeunes années qu'il m'a permis de faire. Les années 70 de mon enfance n'étaient pas si éloignées de ces années 60 là. Vous qui avez comme moi quelques souvenirs de l'omniprésence du formicat, du orange et du marron, et de ces appareils qui sentaient très fort et très vite un peu le brûlé après utilisation, des patrons pour habits de poupée que l'on découpait dans les Modes&Travaux de l'époque aussi... comprendrez aisément ce que je veux dire. Mais, malgré son intérêt madeleine de Proust, ce petit livre est également de ceux que l'on referme avec un soupir qui dit tout bas tout ça pour ça... Car, même si Je ferai de toi un homme heureux est le reflet juste et finement brodé d'une époque, il n'est surtout qu'un peu que cela, son propos voyage effectivement sans but et sa fin est elliptique, ce qui est bien dommage... Une lecture en demi-teinte, donc.

Anne B. Radge est surtout connue pour être l'auteure de la trilogie des Neshov (à découvrir encore pour moi) !

Editions 10/18 - 8.10€ - janvier 2014

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