Les écrits d'Antigone

17 mai 2013

Bataille de chats, Eduardo Mendoza

batailledechats"Il ouvrit le cahier et se disposa à rédiger les notes qui restaient en suspens, mais il ne parvint pas à écrire un mot. La fatigue produite par les évènements des derniers jours s'abattit sur lui, il rangea le stylo, referma le cahier, se déshabilla, éteignit la lumière et se mit au lit en déplaçant doucement le corps qui l'occupait."

Anthony Whitelands est appelé à se rendre en Espagne pour expertiser les tableaux du duc de la Igualada. Il rencontre là-bas sa charmante famille mais également beaucoup de contrariétés et un merveilleux tableau qui semble être de Velàsquez. Nous sommes en 1936 et pour le moment la menace réelle présente dans tous les esprits est le communisme. Le fascisme ne fait pas peur. D'ailleurs, les phalangistes en rébellion dans la région sont tolérés pour cette raison. Cependant, il ne fait pas bon pour un anglais de débarquer ainsi dans un pays au bord de la guerre civile. C'est pour cela que le duc l'a fait venir pourtant, pensant mettre de l'argent de côté pour l'avenir de sa famille. C'est du moins la version officielle...
En effet, beaucoup d'hommes mystérieux se présenteront à l'hôtel d'Anthony, beaucoup d'évènements auront lieu qui malmèneront le pauvre garçon naïf, ballotté comme un fétu de paille, utilisé, manipulé et trahi.

Voici un roman qui a reçu en Espagne le Prix Planeta 2010 et, ma foi, il a tout d'un grand. Certains le trouveront sans doute ennuyeux, et un peu verbeux, mais il a ce charme suranné des classiques à la Balzac. Nous avons force détails, intrigues, trahisons, courses poursuites, amants cachés dans le placard et descriptions politiques. Anthony Whitelands est le anti-héros parfait, benêt duquel se jouent les autres protagonistes, mais aussi personnage autour duquel s'articule la moindre action, le centre névralgique de tout, le jouet des uns et l'objet de pitié des autres. Pàquita, la fille du duc, pensera même - un court moment - en être tombée amoureuse.
Une lecture rocambolesque.

Editions Points - 8€ - 14 mars 2013

Dans la sélection 2013 du Prix du Meilleur Roman des lecteurs de Points [clic ici pour en savoir plus et lire le premier chapitre]

(Ce titre d'Eduardo Mendoza sonne mon retour en pointillés parmi vous. Ouf, j'ai récupéré assez vite ma connexion internet ! Je rédige ce billet rapidement ce soir mais étant pas mal occupée encore ma présence sera jusqu'à mercredi je pense plutôt discrète. Merci pour tous vos petits mots d'encouragement !! ;))

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10 mai 2013

Pause cartons

demenagementJe serai pour quelques jours en rupture de connexion internet, le temps que mon fournisseur déménage notre ligne. J'espère que cette pause forcée ne sera pas trop longue.
Je vous retrouve très bientôt chers lecteurs, entre de nouveaux murs !! ;)

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07 mai 2013

Contrecoup, Rachel Cusk

contrecoup"Après tout, nous sommes en plein contrecoup, en pleine seconde moisson : la vie qui n'ignore plus ce qui a précédé."

Contrecoup est l'histoire d'un divorce, ce pourrait être celui-même de Rachel Cusk, mais peu importe... Lucide sur elle même avant tout, observant à la loupe ses réactions devant cet évènement ordinaire, notre héroïne fait face et enrichit ses pensées des mythes littéraires, tente de comprendre. D'où le drame est-il donc venu ? De l'égalité voulu dans son couple qui a entraîné un mélange des genres ?
L'état de virginité dans lequel elle se retrouve tout à coup est bien étrange, son appétit disparaît, les moments comateux sont nombreux, rien n'est plus comme avant, ce qui a été n'est plus et ne reviendra pas.
Mais ses deux filles réclament son attention, ne sont pas seulement un miroir d'elle-même en miniature, comme elle se l'imaginait. La prise de conscience est douloureuse. Dans le chaos qu'est devenue sa vie, la jeune-femme tente alors de réagir...

J'ai adoré être de nouveau une lectrice de Rachel Cusk, et de nombreux éléments étaient réunis là pour me plaire : des citations à foison sur le couple et le mariage, de l'ironie, le mythe d'Antigone expliqué intelligemment (pour une fois) page 122, et même une petite fille qui se métamorphose en cerf page 89. Oui mais voilà, il m'a semblé que le tout était parfois un peu bancal, inégal, voire mystérieux, juste assez pour ne pas faire de ce livre un coup de coeur, seulement (et c'est déjà beaucoup) un réel et manifeste plaisir de lecture !

Editions de l'Olivier - 19.50€ - 4 avril 2013

Le billet de Cathulu la tentatrice 

"L'homme qui porte le tablier de chef finit sa cigarette et regagne l'intérieur. Je continue mon chemin en repensant au masque de cerf, son expression doucement farouche ; à ma fille et sa tête alourdie de bois, qu'elle tourne sur ses épaules délicates, le soulagement étrange que j'ai éprouvé de la voir masquée, cette forme animale qu'elle a revêtue, ignorante de la douleur humaine. Sous cette forme, elle pouvait courir plus vite et aussi loin qu'elle voulait pour échapper aux flèches de chasseur. Elle était libre."

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05 mai 2013

En cours de lecture...

hommefoyer"J'étais donc homme Et femme [...]. Je devais rester à l'écart, loin de la cuisine, garder une certaine distance avec les enfants, non seulement pour définir la féminité de mon mari mais aussi pour apaiser mes valeurs masculines. La forme la plus classique du sexisme est le besoin féminin d'avoir le contrôle des enfants. Je percevais dans le narcissisme et le sentimentalisme de la maternité une menace à l'objectivité qu'en tant qu'écrivain je plaçais au-dessus de tout. Mais ce n'était pas le contrôle des enfants qui me manquait. C'était quelque chose de plus subtil - le prestige qui est la récompense décernée à la mère pour avoir porté sa progéniture. Et ce prestige revenait à mon mari. Je le lui avais donné et il l'avait pris - quoi qu'il arrive, c'était ce qu'il gagnait dans notre arrangement. Les tâches domestiques que j'accomplissais étaient, en un sens, au service de ce prestige car elles englobaient le subalterne, l'insignifiant, le franchement ennuyeux, comme si je m'activais en coulisses pour que le spectacle se déroule sans heurts. Je n'étais pas masculine après tout - car les hommes ne versent pas dans la corvée ingrate. Et je n'étais pas non plus féminine : je me sentais laide, car tout ce qui me revenait - le linge sale, les impôts - n'était pas particulièrement joli. En fait, il n'existait pas de jolie chose capable de me renvoyer mon image."

In Contrecoup de Rachel Cusk qui donne, entre autres, un point de vue original sur l'égalité dans le couple

Quel plaisir que de retrouver cette auteure !

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03 mai 2013

Chris Garneau

 

... en spéciale dédicace pour qui se reconnaîtra peut-être (on ne sait jamais ;)) et pour vous faire patienter entre deux lectures. Ce petit monsieur ci-dessous, très charmant, est très présent dans mes oreilles dès que je suis sur l'ordi, il me permet de me couper du monde, alors je partage... Bon week-end !
(Allez, demain, côté travaux, nous semons la pelouse !!)

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02 mai 2013

Passager de la fin du jour, Rubens Figueiredo

passagerdelafindujour"Il n'avait pas besoin de rester au Tirol. Il en repartait toujours le dimanche en début de soirée, pour n'y revenir que le vendredi suivant. [...] Le Tirol, pour lui, c'était à horaires fixes. Pedro pouvait très bien ne pas y aller, en vérité, il pouvait tout à fait rester chez sa mère [...].
Sauf que, dans le cas de Pedro, dernièrement, il y avait plus que cela. Le Tirol, se confondant avec Rosane, ou prenant presque sa place, ou même prenant la place des gens qui, comme Rosane et sa famille, habitaient là, le Tirol exerçait une sorte d'attraction, parfois violente, contre laquelle Pedro voulait lutter. Mais montait en lui, sans qu'il comprenne son origine, un désir impulsif de s'agréger à cet endroit, d'y disparaître : la suggestion quelque peu brutale que tout cela était une qualité intrinsèque de sa personne, une inclination naturelle, et que cela faisait partie de lui plus que n'importe quoi d'autre."

Pedro, comme chaque vendredi soir depuis plusieurs mois, se rend en bus dans le quartier du Tirol pour rejoindre Rosane avec laquelle il passe dorénavant tous les week-ends. Il tient par ailleurs une librairie, consacrée principalement aux livres juridiques, dans un autre quartier du centre ville de cette métropole brésilienne aux multiples visages qui ne sera jamais réellement nommée.
Le temps du voyage vers cette banlieue pauvre et violente qui l'hypnotise pourtant, Pedro partage avec nous le fil de ses réflexions, de ses souvenirs et de sa lecture. Dans ses mains, il tient le livre des aventures que Darwin a vécu dans ce même pays, quelques siècles plus tôt, alors que l'esclavage régnait.
Mais des rumeurs d'émeute font dévier le bus de Pedro de son trajet habituel...

Voici un roman qui m'a beaucoup plu, et qui m'a redonné en toute simplicité le goût de la lecture. Comme quoi le talent n'a que faire des fioritures stylistiques ! Rubens Figueiredo a d'ailleurs été par deux fois lauréat du prix Jabuti, l'équivalent brésilien du Goncourt. 
Il est vrai que la narration nous donne bien parfois le sentiment de passer du coq à l'âne mais tel est le cours de la pensée, non ? J'ai été profondément touchée par la vision du Brésil que donne l'auteur ici, par les portraits qu'il nous délivre. J'ai retenu notamment avec émotion un épisode qui se déroule dans un supermarché et qui nous montre combien l'on peut broyer parfois de l'humain avec sauvagerie et froideur.
Une lecture qui ouvre avec finesse une fenêtre vers cette Amérique du Sud si souvent ignorée.

Un grand merci à Books Editions pour l'envoi !! - 20 € - 24 Avril 2013

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01 mai 2013

Un 1er mai sous des gouttes de pluie

... et une occasion de vous présenter ici ma future nouvelle vue (cela remplace aisément pour aujourd'hui le brin de muguet). Lorsque je vous écrirai bientôt, ces arbres là seront devant moi, derrière ma baie vitrée. Espérons que ce bouquet de verdure vous portera chance aussi !!

MAISON 021

Et un grand merci à Herbe Folle, toute jeune blogueuse de 17 ans, de m'avoir décerné un Liebster Award. Bravo pour son joli et élégant blog, que je vais suivre dorénavant avec plaisir !! [clic]

Posté par Antigone1 à 13:43 - - Commentaires [20] - Permalien [#]
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