Les lectures d'Antigone ...

15 avril 2014

La chanson des vieux cons



[Humeur du moment] Sinon, pendant ce temps, je lis Le jeu des ombres de Louise Erdrich après avoir abandonné La femme de Parihaka de Witi Ihimaera (je n'y arrive pas, trop de confusion dans cette lecture, toutes mes excuses Au vent des îles éditions).

Pour Aifelle, le pitch du livre.... 
"La femme de Parihaka, c'est d'abord l'histoire d'un grand amour qui nous fait traverser la Nouvelle-Zélande à la fin du 19e siècle. Mais quand les amoureux sont maoris et résistent contre la spoliation de leurs terres, le romantisme se teinte de politique. Et quand l'héroïne doit tout transcender pour retrouver son homme, elle devient un de ces formidables personnages de la littérature, inoubliable, plus grand que nature. Avec un prof d'histoire à la retraite, pointilleux et colérique, chargé de traduire le journal de son héroïne et ancêtre, le récit se teinte d'une formidable lutte identitaire. Les quêtes d'amour, d'identité et de dignité sont étroitement mêlées." Editions Au vent des îles - 23€ - 2014

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12 avril 2014

L'Ecriture et la vie, Laurence Tardieu

lecritureetlavie

 "Ce qui s'est joué d'essentiel sur le plan du parcours d'écriture, une fois La Confusion des peines achevée, pourrait se formuler ainsi : maintenant que j'avais écrit ce texte, texte de libération, texte autobiographique, texte qui m'avait permis de re-naître en trouvant enfin ma voix, voix qui venait cette fois de mon corps entier et non plus seulement d'une partie de moi (il me semblait avoir "écrit à corps déployé"), maintenant que à l'issue de ce texte, j'avais trouvé ma liberté, en tant que femme mais aussi en tant qu'écrivain (puisque j'avais comme jamais jusque-là repoussé mes frontières, tordu la matière des mots pour en tirer un son qui soit le mien, précisément le mien), maintenant, donc, que soudain j'étais libre, où aller, et, d'ailleurs, pourquoi aller quelque part ?"

L'Ecriture et la vie est un journal de bord qui nous raconte une tentative de retour à l'écriture, le seul livre possible alors que la plume est sèche et le chemin perdu. Après avoir mis beaucoup d'elle dans La confusion des peines, et grandit avec ce titre, Laurence Tardieu a eu le sentiment que ses mots désormais sonnaient faux, étaient vains. Peu à peu, dans ce récit, elle s'aperçoit qu'au contraire une porte a été ouverte, déjà entrebâillée d'ailleurs avec Rêve d'amour, et que là est la nouvelle vérité de son écriture, ancrée plus que jamais dans le réel et la vie. En cela, elle sait suivre les traces d'autres grandes femmes écrivains comme Annie Ernaux, ou Camille Laurens. La voix de Jean-Marc Roberts, éditeur disparu de chez Stock, accompagne ce petit texte, en préface, et au fil du temps qui passe... Un coup de coeur évident !

Editions Des Busclats - 12€ - Janvier 2014

Comme je vous l'avais annoncé dans mon précédent billet, j'ai pu assister hier au soir à une rencontre avec Laurence Tardieu au sein de ma bibliothèque. L'écouter parler de son livre et de ses précédents écrits, expliquer ce qui s'était passé depuis le très fort La confusion des peines, a été pour moi la source d'une émotion assez inattendue. J'ai été très touchée, je pense, d'entendre à haute voix ce que j'avais lu, et compris d'elle, entre les lignes. Et puis, le chemin que Laurence Tardieu suit est tellement proche de celui que je voudrais avoir l'envergure de prendre (pfff). Je me suis présentée à elle lors de la dédicace (ce que je ne fais pratiquement jamais) et notre échange rapide m'a bouleversée (qu'elle connaisse apparemment ce blog m'a tellement surprise et troublée). Cette rencontre, dans son ensemble, était un moment que je n'oublierai pas et qui rajoute sa petite pierre aux autres moments vécus avec toutes ses femmes merveilleuses et pourtant si différentes... Emmanuelle Pagano, Brigitte Giraud, Jeanne BenameurCamille Laurens, Leonora Miano, etc...
Je souhaite à Laurence Tardieu un très beau et long nouveau chemin d'écriture, merci à elle !! Son prochain roman (récit ?) est presque terminé, j'ai hâte.

tardieu

(crédit photo Babélio.com)

D'autres lectures de L'Ecriture et la vie chez... Cathulu [clic] - Jack [clic] - Cuné [clic]

Tout Laurence Tardieu sur ce blog [clic ici]

 

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10 avril 2014

La marche à l'amour... extrait

je marche à toigastonmiron
je titube à toi
je meurs de toi jusqu'à la complète anémie
lentement je m'affale tout au long de ma hampe
je marche à toi, je titube à toi, je bois
à la gourde vide du sens de la vie
à ces pas semés dans les rues sans nord ni sud
à ces taloches de vent sans queue et sans tête
je n'ai plus de visage pour l'amour
je n'ai plus de visage pour rien de rien
parfois je m'assois par pitié de moi
j'ouvre mes bras à la croix des sommeils
mon corps est un dernier réseau de tics amoureux
avec à mes doigts les ficelles des souvenirs perdus
je n'attends pas à demain je t'attends
je n'attends pas la fin du monde je t'attends
dégagé de la fausse auréole de ma vie

Gaston Miron, in Une anthologie de poésie contemporaine francophone, mars 2013

Quoi de mieux, (n'est-ce pas ?) qu'un peu de poésie pour retrouver du sens au vacarme ! - Sinon demain, si tout va bien, je vais voir Laurence Tardieu en rencontre... très hâte.

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09 avril 2014

Elle marchait sur un fil, Philippe Delerm

ellemarchaitsurunfil

"Sans Le Fil, je serais tombée. Mais sans Le Fil je ne saurais même pas ce que c'est de tomber."

Marie se retrouve seule dans sa maison de vacances où avec Pierre, son ancien compagnon, ils avaient passé tant d'étés. Il l'a quittée depuis peu, et cette fraîche cinquantenaire cherche soudain un sens à sa vie. Son amie Agnès l'accueille à bras ouverts dans la galerie dont elle s'occupe. Mais Marie ne conçoit pas son quotidien sans réalisation littéraire et théâtrale. D'ailleurs, elle entretient aujourd'hui des rapports difficiles avec Etienne, son fils, qui a pris d'autres chemins. Lorsqu'elle rencontre un groupe de jeunes comédiens, installés eux dans la maison mitoyenne, son coeur s'emballe et elle prend alors conscience que tous ses rêves peuvent peut-être enfin se concrétiser...

J'attendais bien plus de ce roman que ce qu'il m'a donné, alors que suivre Marie dans ses hésitations et ses envies de réalisation artistique aurait pû être plutôt intéressant.
On comprend, par exemple, ce qu'elle attend de son travail d'attachée de presse littéraire, ses exigences dans le métier. On comprend également sa déception face à la carrière avortée de son fils Etienne, comédien talentueux devenu décorateur d'intérieur. On comprend moins sa manière de vouloir régenter son entourage, muée par ses certitudes, et en cela l'égoïsme brut qui semble l'habiter. La volonté de démonstration de l'auteur, son envie de transposer ici sans doute ses propres préoccupations m'a de plus gênée.
Gravitent autour de Marie, pourtant, des personnages attachants, comme Léa sa petite fille, Agnès qui tournoie autour de son amie avec sa tranquille et douce protection, ou bien André, son ancien voisin et ami, à la santé déclinante, avec lequel ils s'échangent des souvenirs communs de lectures proustiennes.
Cependant, l'attrait du roman ne pêche pas tant par son contenu, que j'ai trouvé bien trop léger, que par son style. L'écriture de Philippe Delerm y est juste, assurée, agréable, mais sans relief, dommage. Une lecture qui ne restera certainement pas longtemps gravée dans ma mémoire.

Editions du Seuil - 17€ - Avril 2014

Pour une fois, en supplément, l'avis de Sophie [bienveillante lectrice de ce blog et prêteuse de livres] qui a bien voulu tester ce roman avant moi et qui m'a donné ses impressions par mail...

"Je vais être assez critique et n'espère ne pas être trop "snob"...Je trouve que ce roman se lit vite, que l'on a envie de connaître la suite un peu comme un feuilleton de M6, un après-midi de désœuvrement. Un feuilleton qui contiendrait du placement de produits d'ailleurs (figolu, dunhill, Ipod)... Peut-être est-ce un détail, mais cela m'a gênée : cela date le livre et on aurait compris avec le nom générique ! Le personnage d'André m'a touchée... Son attente souriante de la mort paraît assez juste (même si les références à la Recherche et Proust sont un peu appuyées et amènent une caution intellectualiste un peu lourde). Le personnage d'une femme qui doute à 50 ans, laissée par son mari, était intéressant mais je n'ai pas du tout aimé la fin. [...] On est dans le cliché total ! Bref,  la simplicité de l'écriture et du propos repose l'esprit, certainement trop malheureusement. Sur les choix de vie (imposés, réels..), Train de nuit pour Lisbonne de Mercier est cent fois plus puissant. Il apporte un questionnement qui est "écrasé" ici."

D'autres lectures... Certes pas le roman du siècle mais agréable pour George [clic ici] - Reste une sensation un peu brumeuse à Keisha [clic ici] - Sylire a le sentiment d'être passée à côté de ce livre [clic ici] - Val aurait aimé un peu plus de consistance [clic ici]

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07 avril 2014

Les Fleurs d'hiver, Angélique Villeneuve

lesfleursdhiver"Le plus bel amour est celui qu'on se fabrique avec de la pitié. Voilà ce que les autres disent, ce qu'ils pensent peut-être. Elle n'y arrivera pas."

Toussaint est soudain de retour, après des années de guerre, et un long séjour à l'hôpital du Val-de-Grâce. Il est une gueule cassée. Nous sommes en 1918. La guerre est terminée mais les stigmates sont là, présents tout à coup avec leur violence contenue, dans un quotidien que les femmes restées au foyer avaient pris l'habitude de garder pour elles seules depuis quatre ans. Jeanne et sa fille font une place dans leur intérieur sommaire à ce grand homme silencieux et inutile qui porte jour et nuit un bandeau sur le visage. Le chemin à parcourir entre Jeanne et Toussaint, deux être devenus des étrangers l'un pour l'autre, se fera à tâtons, avec pudeur...

J'avais beaucoup aimé Un territoire, l'excellent précédent roman d'Angélique Villeneuve [clic ici], séduite par l'écriture de l'auteure et la minutie de son regard. Dans Les fleurs d'hiver, j'ai retrouvé ce même style qui m'avait déjà plu et l'émotion ressentie a été encore plus forte. Le thème n'y est pas pour rien, sans doute, mais c'est surtout cette lente approche entre deux personnes - les petits pas que Jeanne fait vers son homme - qui m'ont extrêmement touchée.
Un très beau coup de coeur pour cette lecture d'une grande subtilité et d'une douce et élégante sensualité !

Editions Phébus - 15€ - 3 avril 2014

Lu avec des frisson d'émotion par Clara !![clic] - Poignant pour Aifelle ! [clic ici] - Un coup de coeur aussi pour Cathulu ! [clic ici] - Une grande réussite pour Gwenaelle ! [clic ici]...

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06 avril 2014

Le chien qui louche, Etienne Davodeau

lechienquilouche

 "Le musée du Louvre, c'est le grand machin avec une espèce de pyramide au milieu ?"

Fabien travaille au Louvre, il est gardien de musée, et aime son métier. Il fréquente depuis peu Mathilde. Lors d'une première rencontre avec sa belle-famille est évoqué le talent particulier d'un ancêtre, l'aïeul Gustave. Les frères de Mathilde sont un peu exubérants et décident que la place du tableau déniché dans le grenier est forcément au musée du Louvre. "Le chien qui louche" finira-t-il, contre toutes attentes, sur les murs du célèbre lieu d'exposition ? 

Je ne m'attendais à rien de spécial en ouvrant cette BD, pourtant très lue sur la blogosphère, mais je dois dire que j'ai passé avec elle un moment assez divertissant. J'ai aimé les réparties que se lancent les personnages, notamment le couple que forme Mathilde et Fabien, l'ambiance générale, l'humour et l'espièglerie du tout. Le tableau autour duquel tourne l'intrigue est véritablement affreux et la famille de Mathilde assez grotesque pour en devenir touchante.
Une lecture qui donne envie d'aller se glisser dans un musée dès cet après-midi... Ça tombe bien, certains musées sont en entrée libre le premier dimanche du mois !

lechienquilouche1

Editions Futuropolis - 20€ - Octobre 2013 - Merci ma bibli !!

D'autres lectures... Gambadou - Keisha - Laure - Kathel - Stephie - Jérôme - Mo' - Noukette - Christie - Val - Saxaoul - etc...

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05 avril 2014

Allez, je ne résiste pas...

... à partager avec vous ce petit moment-là. C'est si bien fait. Bien heureuse que ma ville soit également comme ça. (Merci Eve !)

 

[Plusieurs villes de France se sont prises au jeu du "Happy"... à aller voir sur Yout*be si la vôtre en fait partie !]

Sinon, pendant ce temps, je lis le dernier Angélique Villeneuve, mais également "Le chien qui louche" (en BD)... Des billets prochainement sous peu, bientôt !

Posté par Antigone1 à 17:26 - - Commentaires [12] - Permalien [#]
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