Ce blog se met en pause...
... juste pour une petite semaine.
A tout bientôt, et bonnes lectures !
Wallander ...en DVD, saison 1
Et oui, comme vous êtes beaucoup à le savoir déjà, le personnage d'Henning Mankell existe aussi en version série. J'ai emprunté le DVD en bibli, toute heureuse de trouver l'objet là. J'ai regardé les trois épisodes à la suite, j'ai adoré. Kenneth Brannagh est formidable, convaincant, l'ambiance bien rendue, les images léchées, sombres et parfaites. Bref, Wallander, c'est vraiment bien.
Inclus dans la saison 1 : Le guerrier solitaire, La muraille invisible et Les morts de St Jean (tiens d'ailleurs, ce n'est pas dans l'ordre des livres...)
Coffret DVD - Mars 2010 - Merci ma bibli !!
La neige est là !
La preuve en images... et c'est à la demande expresse de Lystig. ;)
Je n'ai pas besoin de préciser que petit dernier est ravi, le bonnet sur les yeux, et avec sa dernière dent de devant tombée ce matin. Les adultes tentent de ne pas penser à demain très tôt, quand il faudra prendre la voiture... Ci-dessus, notre chemin de balade habituel, juste à deux pas de chez nous, il a habituellement l'allure d'une piste cyclabe... Mes deux hommes ont tout de même croisé des joggueurs que rien n'arrête ! Euh, moi je suis restée bien au chaud à la maison.
L'année de la pensée magique, Joan Didion
"Le mariage, ce n'est pas seulement le temps : c'est aussi, paradoxalement, le déni du temps. Pendant quarante ans, je me suis vue à travers le regard de John. Je n'ai pas vieilli. Cette année, pour la première fois depuis mes vingt-neuf ans, je me suis vue à travers le regard des autres [...]"
Ce livre est le témoignage d'un deuil réel. En 2003, alors que Joan Didion s'apprête à dîner avec son mari, celui-ci s'effondre, victime d'une crise cardiaque. Ils viennent de rentrer chez eux, après avoir rendu visite à l'hôpital à leur fille Quintana, elle-même plongée dans le coma. Joan Didion revient sur cette année étrange et difficile où il a fallu en même temps soutenir sa fille malade, intégrer cette vérité que la vie puisse changer ainsi à tout instant, qu'un être puisse seulement disparaître d'une seconde à l'autre, et se poser les questions essentielles que soulèvent de tels évènements. Tout d'abord celles de l'apitoiement. Et puis comment être seule ? Cesser de penser que le compagnon de toujours puisse revenir ? Comment reprendre le chemin de l'écriture ?
J'ai été très sensible à la manière précise, à la fois détachée et émouvante, de Joan Didion de revenir sur son expérience. Ces moments où elle plonge dans ce qu'elle appelle le vortex, flashs qui surviennent lorsqu'un objet ou un lieu ouvrent la porte aux souvenirs, sont frappants. Je crois que ce roman peut être d'une grande aide pour ceux qui traversent également un tel évènement, le décès d'un proche. L'auteure s'attarde en effet avec compassion et tendresse sur ce que les endeuillés éprouvent. Sans y être confronté, nous pensons réellement et en général, comme elle auparavant, que ce sont les premiers jours qui sont pénibles, qu'être à la hauteur est la réaction appropriée face à la mort, alors que la difficulté provient de l'absence infinie qui s'ensuit et de tout ce qui nous confrontera sans cesse à l'absence et à l'absurdité.
"Nous nous attendons peut-être, si la mort est soudaine, à ressentir un choc. Nous ne nous attendons pas à être littéralement fous, à être la cliente pas difficile qui croit que son mari va bientôt revenir et avoir besoin de ses chaussures."
Editions du Livre de Poche - 6.50€ -2009
Un très grand livre pour Mango - Merci Cathulu !
Ce texte a été transformé par l'auteur elle-même en un monologue, incarné sur les scènes new-yorkaise et londonienne par Vanessa Redgrave. Et c'est, en France, Fanny Ardant, lors de sa création au théâtre de l'Atelier en novembre 2011, qui donne une nouvelle vie à ce récit. Une mise en scène de T. Klifa. Il semble cependant que cette pièce ne se joue plus à l'heure actuelle. [Un extrait intéressant de l'émission de Taddeï]
Il fait un froid magnifique et cruel
C'était déjà vrai lorsque nous avons pris ces photos dimanche dernier en bord de Loire (Ingrandes).
Couvrez-vous bien et bon week-end !
Nos baisers sont des adieux, Nina Bouraoui
"Il lui avait fallu du temps avant de se sentir en sécurité auprès d'une femme. Elle venait des hommes comme l'on vient d'un pays."
Ce texte de Nina Bouraoui est un voyage dans les contrées subtiles et mouvantes du désir. Carnet de notes, journal intime, souvenirs, le temps s'emmêle et la chronologie, libre, décide du tableau qui sera donné au lecteur. A lui de deviner vers quelle destination on le dirige subtilement. Il y a Alger, Paris, l'Allemagne aussi, l'enfance et la maturité, la découverte et la confiance...
Des textes courts, parfois juste un paragraphe, où chaque impression, objet, réflexion, fait sens.
Voici une lecture que j'ai commencée avec prudence, n'ayant jamais rien lu de l'auteure auparavant. C'était une découverte, je n'étais pas certaine d'aimer... Et puis, après les premières pages, une fois compris le mécanisme, le fait qu'il fallait se laisser porter par le texte sans lutter, j'ai vraiment aimé. Nina Bouraoui livre une intimité de femme, aussi pudique qu'universelle. Et elle nous conte l'éveil au désir, ses mésaventures et ce qui fait la vie, l'amour.
L'inclination de la narratrice la porte vers les femmes mais chaque amoureux ou amoureuse saura se reconnaître dans l'évocation de ces émois là.
Une lecture où le fond est sublimé par la forme, car l'écriture est belle, surtout lorsqu'elle revient vers l'enfance.
"Je pensais au poids de mon corps sur la terre, puis aux autres corps qui marchaient en même temps que moi, à tous nos souffles, je pensais aux voix qui pouvaient se répondre, je pensais aux mains qui pouvaient se saisir et former un pont imaginaire entre les récifs et les côtes et puis je pensais à toutes les possibilités amoureuses, à toutes les histoires, [...] je pensais alors qu'il ne fallait pas avoir peur de l'inconnu parce qu'il ne fallait pas avoir peur de la vie, qu'elle était là comme un océan autour de moi, dans lequel je nageais pour rejoindre quelqu'un que je ne connaissais pas encore."
Editions J'ai Lu - 6.80€ - Janvier 2012
Une intéressante vidéo sur le site INA pour Un livre, un jour
Des livres pour le plaisir
En ce moment, ils aiment et s'esclaffent sur...
Petit dernier (6 ans) - Comment ratatiner les dinosaures ? de Catherine Leblanc et Laurent Garrigue (11€ - Avril 2009)
Vu sur le blog de Catherine Leblanc et déniché en biblio
Grande fille (10 ans) - Le livre qui t'explique enfin tout sur les parents... de Françoize Boucher (10€ - Janvier 2012)
Vu chez Clarabel, puis chez Laure qui a confirmé, et tout de suite acheté (Ouah tu as vu ? Elle a dessiné avec des fluos !!)
Je t'écris, j'écris... de Geva Gaban
Illustrations de Zina Modiano.
"Vendredi
numéro 15
Voilà. Moi je continue à t'écrire parce qu'on a juré.
Mais je suis en colère.
Ou triste.
Ou je ne sais pas, à cause de : pas de lettre. Je suis obligée d'enlever de temps en temps ta bague. Elle me serre trop. Je la mettrai au petit doigt."
Du bord de la mer où elle vient d'arriver en vacances, une petite fille écrit tous les jours à son amoureux, comme ils se l'étaient promis, juré même avant leur départ. Elle numérote ses lettres pour que son destinataire ne s'y perde pas. Mais elle n'obtient pas de réponses, ou si... à peine deux petites cartes.
Ce court roman à hauteur d'enfant est une bien jolie petite perle trouvée dans le cartable de mon fils mercredi. Il est à privilégier pour les plus de neuf ans cependant... Et à conseiller aux amoureux de tous âges.
Ce qui est bien fait ici est cette manière subtile qu'à l'auteure de mélanger un dépit amoureux presque adulte avec des préoccupations d'élève de primaire. Ouf heureusement à cet âge, même si les déceptions sentimentales peuvent être réelles et fortes, l'attention est vite détournée par les petites joies de l'extérieur.
J'ai aimé le lire à haute voix à mes enfants attentifs et intéressés. Pfiou... c'est un joli coup de coeur !
Un territoire, Angélique Villeneuve
"Elle se dit que tout ce qu'elle aime est là. Tout. Dans la cuisine. Dans le cagibi. Elle n'a pas d'amis. N'en a jamais vraiment eu. Il n'y a eu que la Soeur. Et maintenant qu'elle n'est plus là, ce à quoi elle est attachée est partagé entre ces deux pièces. Les enfants, depuis des années, restent en lisière.
Est-ce un si grand désastre de penser qu'on n'aime plus personne, qu'on est vidé des autres. Elle est un coeur blanc, peut-être. Une feuille de papier, vierge de toute écriture.
Et pourtant, Dieu sait si elle les aimait. C'était d'une force. Comme un bouillon chaud, un tourbillon dans son ventre."
Elle, elle est depuis toujours murée dans un silence tendu, incapable de bien entendre, un peu gauche, lourde, juste là pour faire, pour les tâches ménagères. Puis le Garçon et la Fille sont devenus grands, et elle ne sait pas comment, mais insensiblement, elle s'est terrée dans un creux de la maison, humide, tandis qu'eux ont pris les chambres de l'étage, les meilleures. Elle les a aimé pourtant, tellement, autrefois, alors qu'ils étaient si petits, leurs corps contre le sien, et aujourd'hui ils ne lui parlent presque plus, sont hostiles. Elle n'est là que pour la lessive, leur faire à manger, les servir. Mais que s'est-il donc passé pour qu'un jour tout bascule ainsi ?
Voici un roman où l'infiniment petit est d'une grande force. Pas à pas, d'une écriture fine et précise, Angélique Villeneuve nous décrit un lieu, une vie et l'impasse dans laquelle celle-ci semble s'être échouée. Puis pas à pas aussi, elle nous présente le patchwork des souvenirs d'une narratrice sur laquelle on aurait bien tort de se faire des idées toutes faites. Les gestes du quotidien sont magnifiés et chaque espace de liberté volé à la tyrannie une victoire lumineuse. Un Territoire est une lecture émouvante, comme je les aime, au ras de l'intime et remplie d'espoir.
Editions Phébus - 15€ - Janvier 2012
Cathulu a été la grande tentatrice - Clara l'a lu aussi, en apnée
Hier au soir...
... j'étais au Théâtre, et quelle chance que d'avoir eu l'occasion de voir ainsi jouer Irène Jacob.
Le spectacle s'intitulait Les trous d'air, d'après des textes de Roland Topor. Musiques, chants, comptines, petits jeux de scène, tel était le programme.
Au départ, lorsque j'ai pris mes billets à la rentrée, il était question que ce soit Bernadette Lafont qui accompagne le musicien François Ripoche mais je n'ai pas regretté le changement qui m'a permis de voir au plus près l'actrice fétiche de Kieslowski (La Double vie de Véronique et Rouge).
Les textes de Roland, Topor - une découverte pour moi - sont véritablement drôles, absurdes et attachants. J'ai aimé cette incursion, délicate et pleine de grâce, dans son univers. Irène Jacob est surprenante de vivacité, d'espièglerie, et de fraîcheur, François Ripoche et l'actrice forment un duo convaincant. C'était un joli moment.
Prochaines dates à Blois et à Evry, pour plus d'infos, c'est par ici [clic].
La Petite fille de ses rêves, Donna LEON
Le commissaire Brunetti vient de perdre sa mère. Un ancien missionnaire, Antonin, vieil ami de son frère, lui a tenu compagnie dans ses derniers jours. Cependant, lorsque celui-ci vient trouver Brunetti à la questure pour lui demander d'enquêter sur un groupe spirituel douteux c'est vers lui que se tournent les doutes du commissaire. En parallèle, on retrouve une petite noyée dans un canal de Venise, des bijoux cachés dans ses vêtements. Des marques sur son corps montrent qu'elle est sans conteste tombée d'un toit.
J'ai eu l'occasion de regarder quelquefois, et toujours avec plaisir, les enquêtes vénitiennes du commissaire Brunetti, en version série télévisée allemande... Venise reste un décor fascinant et les personnages du téléfilm y ont souvent un humour fin et plaisant.
Dans le texte romanesque, la ville est brossée bien rapidement et les personnages aussi. Cependant, et heureusement, l'attrait de l'histoire reste fixée aux collègues proches de l'enquêteur, et au couple que forme le commissaire Brunetti et sa femme, et j'aime beaucoup leur manière de vivre l'un avec l'autre. J'ai été tenue par l'esprit du livre, par l'intrigue, mais suis restée au final un peu sur ma faim. Une lecture plutôt plaisante donc, mais parfois légère dans son contenu, à prendre comme l'occasion d'un voyage dans une des villes les plus fascinantes qui soient, au plus proche du réel.
"Nous ne sommes pas dans un de tes romans, où tout est expliqué au dernier chapitre, devant tous les protagonistes assis bien sagement dans la bibliothèque du château.
- Les livres que je lis ne sont pas comme ça ! protesta-t-elle, indignée.
- La vie non plus n'est pas comme ça", répondit Guido."
Editions Points - 7.20€ - Janvier 2012
Pour en savoir plus sur la série




















