Les lectures d'Antigone ...

31 mars 2015

Martin Page (Pit Agarmen), Je suis un dragon

jesuisundragon

 "Xanadu devait s'assurer que Margot garde son équilibre mental. Qu'elle grandisse normalement, avec son histoire tragique et ses pouvoirs extraordinaires. C'était une mission de sécurité internationale. L'enjeu était gigantesque. Si Margot devenait une psychopathe, elle aurait les capacités de mettre la planète à feu et à sang. Le principal danger pour le monde n'était pas le réchauffement climatique ou le terrorisme. C'était une jeune fille de treize ans au caractèe ombrageux et indéchiffrable, et déjà bien blessée par la vie."

Margot a perdu ses parents très jeune, et a ensuite été trimballée de foyer en foyer. Sa vie n'est pas facile, timide, mal habillée, isolée, elle est la risée inévitable de ses camarades d'école. Un jour, alors que trois adolescents la coincent dans un couloir, Margot tente de se défendre et laisse éclater sa colère. Elle apprend ainsi qui elle est, avec effroi et tremblements. Très vite, les autorités veulent mettre ses dons au service des alliés. Elle devient une super héroïne aux yeux du monde, affublée d'un collant, d'un masque et d'une cape, Dragongirl, mais reste dans le secret de sa chambre, et près des deux seuls êtres lui apportant encore du réconfort, la jeune fille craintive et normale qu'elle ambitionne d'être réellement. A quoi ressemblera-t-il donc le bonheur de la jeune Margot ?

Il faut oublier l'écrivain de l'absurde pour entrer réellement dans ce dernier opus de Martin Page. En effet, rien de tout cela ici, et le second degré n'est pas une clé de lecture. En le refermant, on se dit seulement que l'on vient en fait de lire un ovni littéraire, qui n'entre pas vraiment dans la case fantastique, ni dans celle d'un roman pour adolescents. Je suis un dragon est autre chose, il laisse derrière lui un goût plutôt sympathique de tendresse et de combat vain, de recherche d'identité. Alors, il faut sans doute simplement s'avouer aussi qu'il nous a permis de passer un bon moment, de réfléchir un peu au monde tel qu'il fonctionne, ou disfonctionne, au libre-arbitre, et que c'est déjà bien. 

Editions Robert Laffont - 18.50€ - Janvier 2015

Une très jolie fable sur le passage à l'âge adulte pour L'Irrégulière  Une fable aussi pour Sophielit - Une intelligente critique de notre société pour Blablablamia - Un roman qui fait réfléchir, qui touche et fait du bien pour Stephie - Un roman palpitant pour Cathulu qui constelle de marques pages !!

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30 mars 2015

Toi (atelier d'écriture)

atelierfemmemarionpluss

Etre une femme, cela ressemble à ce que tu vois. Cela suppose des formes, une douceur dans la nuque, une fragilité des attaches, de la finesse dans les traits. Et bien sûr, c'est toi, tu es tout cela. Tu fais illusion. Le miroir te renvoie une image conforme. Le regard des hommes aussi, qui s'arrête sur chaque relief de ta silhouette, jauge, juge et soupèse. Tu aimerais leur dire que tu n'es pas seulement ce qu'ils voient, un être fait de creux et de bosses. Que tu regrettes parfois ce temps où ton torse plat pouvait mentir sur ton genre. Il était alors facile de s'imaginer garçon. Il était alors facile de s'imaginer tous les avenirs. Il t'en a fallu du temps pour trouver du plaisir à l'épanouissement. Longtemps, tu as laissé ton corps rester androgyne, disparaître sous des vêtements trop grands, informes. Ton corps nu ressemblait à celui d'un jeune garçon sous alimenté que la vie n'intéresse pas, et qui soulage sa soif d'apprentissage dans la lecture. Être une femme, ce n'est jamais gagné d'avance. Cela peut ressembler au départ à une suite de subtils renoncements et d'asservissements. Tu voulais que l'on t'aime pour autre chose que pour ta bouche pulpeuse, tes grands yeux et tes bouclettes brunes, la douceur de ta peau entre tes cuisses. Tu voulais que l'on t'aime pour tes gestes lents, ta douceur, ton regard sur les paysages qui peuplent tes pensées, ta fraîcheur. Et puis, est venu l'enfant. Et avec lui la volonté de faire de ce corps inexploité un berceau, un rempart contre la faim et le froid, un abri, un tremplin vers l'ailleurs. Tu as alors compris quelque chose, ou cru le comprendre, trouvé un élan, une raison de croire à ta féminité, de la trouver glorieuse. Et tu ne te trompais pas, pas vraiment, mais tu oubliais l'essentiel, ta multiplicité. Car être une femme, c'est porter en soi tous les désirs, toutes les conquêtes, et tous les genres, et ne jamais cesser de croire aux transformations. Etre une femme, c'est se réinventer sans cesse, avec son corps, ses pensées, sa complexité, et bousculer les codes, et aimer le faire.

Une photo (de Marion), une inspiration, beaucoup d'imagination, et au final un texte... tout ça pour l'atelier d'écriture de Leiloona [clic]. Double contrainte cette fois-ci, puisque le texte devait (si nous le souhaitions) parler aussi du sexisme... j'avais oublié, pas certaine d'être dans le thème.

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28 mars 2015

Moisson du jour !!

Après midi en famille au Printemps du Livre de Montaigu. Grande fille a fait dédicacer son exemplaire de Coeur Mandarine, toute fière d'avoir un pin's "fille en chocolat". L'excellente surprise du jour était de découvrir aussi la présence de Catherine Leblanc [blog] (j'étais ravie ravie), que toute la famille adore, et plus particulièrement petit dernier avec la collection des "Comment ratatiner". Il a craqué pour Mon gros Dico des monstres à ratatiner !! (Merci mamie aussi !!) Personnellement, j'étais venue voir Anne-Véronique Herter, je suis repartie avec son "Zou !"... contente de ce passage à la réalité et de notre photo !! (Gloups !) Conversation intéressante avec Frédérique Martin, l'impression de pouvoir parler pendant des heures, mais mes enfants s'impatientaient un peu derrière... Je suis repartie avec Le vase où meurt cette verveine !! Et rencontre rapide mais délicieuse avec Clara Dupont-Monod, qui a reçu le prix Ouest 2015 pour Le roi disait que j'étais Diable... Après, j'ai perdu ma famille pendant dix longues minutes, il y avait du monde, il faisait chaud, une foule attendait devant le stand édifié à l'entrée pour Gilles Legardinier, j'ai quitté les lieux... mais heureuse !!!

DSCF1850[1]

 

Sandrine y était également, presque en même temps !! [son salon ici] - Et Canel de son côté a assisté aux conférences [clic] - Quel dommage, nous aurions pu nous rencontrer !! ;) L'année prochaine, j'espère...

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25 mars 2015

Je crois que le nombre lutte contre l'oubli

[Christine... encore] Tandis que je prends quelques rendez-vous pour le salon du livre de Montaigu (Vendée) samedi [clic]. Déjà, rendez-vous est pris avec Anne-Véronique Herter pour son Zou [son blog ici], Frédérique Martin dont j'ai bien envie de lire Le vase où meurt cette verveine... Et puis, dans mon programme, il y aura certainement Clara Dupont-Monod (réellement présente j'espère), Gilles Legardinier, Cathy Cassidy (la collection des coeurs pour ma fille), Agnès Ledig... Il ne me reste plus qu'à guérir définitivement de mon rhume entre temps, ce sera plus chic.

 

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22 mars 2015

Le Sculpteur, Scott Mc Cloud

lesculpteur

"Je vois bien la façon dont tu me regardes David. C'est comme si tu taillais l'air qui m'entoure pour trouver tout ce que je ne suis pas. Je ne veux pas être ciselée... réduite... Je veux continuer à ajouter à ce que je suis. Et si tu veux me comprendre, tu dois ajouter toi aussi. 
- D'accord compris, comme Giacometti.
- Exactement."

David Smith a connu le succès, puis plus. Ayant à l'époque de sa gloire été utilisé par des gens peu scrupuleux, il est maintenant amer. Mais l'art reste sa priorité. Il est seul, désargenté, sans famille, alors peu importe qu'il tente ou non ce pacte avec le diable qu'Harry lui propose, il n'a plus rien à perdre. Il ne lui reste plus que 200 jours à vivre mais dans ses mains tous les pouvoirs, et surtout celui de créer ce qui lui chante. Cependant, c'était compter sans Meg, sans l'amour, et sans le désir soudain vibrant de vivre...

J'ai été tout d'abord ravie et étonnée par l'épaisseur de cette magnifique BD envoyée par les Editions Rue de Sèvres. C'était effectivement, à la feuilleter rapidement dès reception, l'espoir de pouvoir plonger longtemps et complètement dans une histoire fouillée et visiblement maîtrisée. Et je n'ai pas été déçue. Ce roman graphique, mêlant fantastique, course contre le temps, beaux plans de New York, est en effet passionnante et très bien réalisée. Elle peut intéresser autant les adultes que les adolescents. On peut trouver éventuellement les dessins un peu simples, et les sculptures de David Smith un peu laides, n'empêche, j'ai été prise par l'histoire, séduite par la galerie de personnages, l'inventivité de l'ensemble, le rythme. Lire Le Sculpteur a été un délicieux moment.

Editions Rue de Sèvres - 25€ - 18 mars 2015

Le billet de Moka [ici] qui souligne bien la place du choix et du vertige dans cette BD de belle envergure

 

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19 mars 2015

La Part des nuages, Thomas Vinau

lapartdesnuages

 "Le matin il faut faire très vite. Le matin est une maison qui s'effrite. Tout est précis. Réglé. Tendu. Le réveil. La douche. Le petit-déjeuner de Noé. Le café. Passage de relais des informations de la radio aux dessins animés de la télé. Toilette de Noé. Habits de Noé. Manteau, cartable, voiture. Chanson de Noé. Ecole de Noé. Bise rapide et baveuse de Noé. Retour à la radio. Voie rapide. Mouettes dans le rétroviseur. Parking de la bibliothèque. Moteur coupé. La trace sèche et invisible du bisou de Noé. Portières claquées. Collègues. Faux sourire. C'est parti jusqu'au soir. Toute la journée est réglée. Jusqu'au crépuscule qui recommence dans l'autre sens. Faux sourire. Parking. Voiture. Autoroute. Radio. Ecole de Noé. Voix de Noé. Là, les choses se défont. Se libèrent. Se dissolvent dans la langue de l'enfant. Dans le chemin du retour aussi. Petit à petit, le corps se détend. Et on commence à fondre."

Joseph est un père divorcé. Il doit ainsi, de temps en temps, interrompre le tendre tête à tête qu'il tient avec son fils pour rendre ce dernier à sa mère. Un beau jour, alors qu'il vient de confier de nouveau Noé à son ex-femme, Joseph ne rentre pas chez lui, mais grimpe dans le cerisier du jardin où il a construit une cabane. Le temps file, passe dans une nébuleuse soudain sans contours, où la seule réalité qui soit prend la forme d'une tortue, aussi préhistorique que libre, l'animal familier qu'il partage avec son petit garçon. Au dessus, il y a le ciel qui rassure, toujours changeant mais immuable, qui ramène à l'enfance, qui ramène à Noé, qui ramène à tout ce qui est important... Au-delà de la palissade, une jeune-fille joue de la flûte traversière.

Encore une fois, j'ai beaucoup aimé lire Thomas Vinau avec ce titre. J'apprécie depuis longtemps sa manière de raconter des histoires sans y toucher par petits coups de pinceaux poétiques. La part des nuages laisse un sentiment très doux dans la mémoire, et c'est tellement agréable. Cependant, j'aime aussi tout autant la plume plus sarcastique de l'auteur, que l'on retrouve sur son blog [ici]. J'attends donc son prochain opus avec impatience, avide de surprises, avide de retrouver cette plume moderne, fraîche et libre, tellement rassurante sur le chemin que prend une certaine littérature. 

Editions Alma - 16€ - 21 août 2014 - Merci ma bibli !!

Tout plein de charme pour Sylire - Blablablamia a été empoignée et émue - Le coeur de Leiloona a été touché - Un indispensable pour Aifelle - Pour Ptitlapin c'est du bonheur en poche - Cultur'elle recommande chaudement - ... 

Posté par Antigone1 à 21:45 - - Commentaires [18] - Permalien [#]
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16 mars 2015

Triste figure (atelier d'écriture)

atelier diane

 C'est donc ce que tu fais ? Briser le coeur des femmes ? Et moi, à faire l'innocente, à croire que j'avais trouvé un trésor, que j'étais privilégiée, je n'ai rien vu venir. Bien sûr, il y a eu des signes, mais il aurait fallu trier les informations, être lucide, et je n'étais que joie. Tu comptais, tu importais, tu me touchais, et petit à petit tu prenais toute la place. Je t'ai laissé envahir ma vie. J'ai même poussé quelques meubles. Mais tu brises le coeur des femmes, et ça je ne le savais pas. Tu le fais sans malice, comme un petit garçon, un oiseau qui picorerait ça et là sa nourriture, sa dose d'affection, une abeille qui butine, le parfum d'un ange qui passe. Comment t'en vouloir ? Tu n'as sans doute pas conscience des éclats de coeur jonchés sur ton parcours. Tu en serais même le premier étonné si tu savais, surpris par tant de méprise. Pour toi, la vie est simple, les échanges, les rires, une source dont tu t'abreuves sans compter. Tu ne sais même pas que la fontaine a un coeur qui bat. Nous nous écrivions. Ou plutôt je t'écrivais et attendais tes réponses. Et bien, je vais moins t'écrire, et même plus du tout. Dis-t-on cela à quelqu'un ? Que les mots vont se tarir ? Sans doute pas. Ce serait ridicule. Et j'en ai assez du ridicule je crois. J'ai seulement décidé d'aller mieux, de ne plus éparpiller mes sentiments aux quatre vents. Ils ont trouvé ce midi le soleil pour ancrage, et cette place sur le quai, près des bateaux de pêche. Bleu pour bleu, j'essaye de noyer ton regard dans la mer. Et peu à peu, quelque chose arrive. Le bruit de l'eau contre les coques, le tintement du vent dans les haubans, me ramènent à moi-même, à ma place, là exactement où je me tenais, droite et singulière, avant de m'égarer. 

Une photo (de Diane), une inspiration, beaucoup d'imagination, et au final un texte... tout ça pour l'atelier d'écriture de Leiloona [clic].  Et comme j'aime bien faire un petit écho à un de mes anciens textes, ce texte là... [clic]. Inspirée par cette vidéo aussi, bien sûr [le titre] [clic ici]. Et puis parce qu'elles m'ont faire rire toutes les deux, qu'il faut absolument aller regarder cette petite vidéo là, sur le même thème, en plus [clic ici]. Ben oui, il y a à boire et à manger sur mon blog aujourd'hui, c'est comme ça, c'est un peu fête puisque c'est lundi.

Posté par Antigone1 à 06:27 - - Commentaires [26] - Permalien [#]
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