Les lectures d'Antigone ...

27 juin 2015

Quelques nouvelles...

Après une longue pause salvatrice, ce blog devrait reprendre du service au alentours du 6 juillet. Rien de neuf pour ceux qui me suivent par ailleurs sur facebook, mais je voulais informer de cette reprise ceux qui me suivent plus particulièrement ici. J'ai été à deux doigts de fermer ce lieu, pour d'absurdes raisons. Finalement, je ne le fais pas. Je n'ai pas réussi à m'enthousiasmer pour une démarche qui consisterait à ouvrir un autre blog ailleurs. Et puis je bichonne mon site depuis 2007, il est un peu pour moi un enfant sur lequel je veille et que je nourris, ce serait trop cruel de l'abandonner. Merci pour votre patience. Merci de continuer à venir ici vous lecteurs avec respect et bienveillance. Moi, je vais continuer à vous parler livres, musique et poésie. L'écriture attendra un peu... elle réclame le retour de la sérénité, et de la confiance. A très bientôt ! Je vous embrasse.  

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06 juin 2015

Pause

DSCF1865[1]

En ce moment, j'ai du mal à bloguer et le plaisir que j'y prends d'ordinaire est contrarié, par un manque de sérénité dans ma vie privée, et l'impression d'avoir du mal à suivre, à vous suivre. Je crois donc qu'une pause, sans doute plus longue que d'habitude, est nécessaire, pour me retrouver, ne pas cesser de lire mais le faire avec plus de liberté, et simplement aussi me reconnecter avec le silence et avec moi-même. J'espère revenir dans quelques temps avec plein de lectures... (les billets se rédigeront en backstage) et je sais que vous serez là. Je vous embrasse tous et toutes et vous dit à bientôt !

[Pour celles et ceux qui me suivent sur FB/Instagram, sans doute des nouvelles sur mon mur de temps en temps...]

 

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01 juin 2015

Mon alter ego (atelier d'écriture)

porte-marion-pluss

Je regarde cette porte, que tu as poussée hier, la lumière qui frôle le sol, le jeu des ombres sur les murs. Et tu me manques. Ton rire me manque. Le jour s'est levé sur ton absence, plein de perplexité. Ce n'était pas un rêve, je t'ai vraiment demandé de t'en aller. Je me pensais incapable de faire de nouveau cela dans ma vie, m'arracher le coeur. Mais j'ai réussi. Et tu es parti. Et peu importe à présent si mon corps est blessé, strié de grandes cicatrices douloureuses, si je ressens physiquement la lame d'un poignard me transpercer le ventre et y creuser ta tombe. Nous n'étions plus que des fantômes l'un pour l'autre, en danger. Et j'avais besoin que tu t'en ailles pour retrouver celle que je suis. Dans le tumulte qu'est notre vie présente, nous nous serions perdus de toutes façons. Je commençais à me détester de te chercher, de t'attendre. Depuis la veille, étrangement, chacun de mes gestes résonnent dans l'appartement. Le choc de la bouilloire sur la gazinière a provoqué tout à l'heure un long écho lugubre. Toi parti, les sons semblent avoir appris un autre langage. Le temps s'écoule par petites gouttes pointues. J'ose à peine bouger, je redoute la vague de remord qui me fera douter. J'ai pris ma journée pour pleurer ce qu'il faut, m'enrouler dans des pulls, des écharpes, éprouver ma douleur jusqu'au bout, boire et manger du bout des doigts. Oublier les échanges, les autres. Rester avec la part animale qui hurle en moi. Toutes les deux nous avons besoin de parler, de décider du silence des prochaines semaines, de l'abandon. Tu as tes erreurs à faire. Ces erreurs qui font vibrer ton téléphone les week-ends, et te rendaient dernièrement trop soucieux. J'ai confiance. Je sais que ce qui nous rapproche trouvera bientôt son chemin dans mes disparitions. Que ton départ était le seul moyen de ne pas te perdre. Qu'il n'y a pas de souffrance inutile, pas de patience vaine. J'attends ton retour. Mon alter ego.

Une photo (de Marion Pluss), une inspiration, beaucoup d'imagination, et au final un texte... tout ça pour l'atelier d'écriture de Leiloona [clic]. Un texte, rédigé in extremis dimanche soir, et largement inspiré par la chanson de Jean-Louis... et peut-être aussi par mes souvenirs de Soie d'Alessandro Barrico, parce qu'elle me rappelle ce roman cette photo.

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30 mai 2015

L'inattendu, Claudie Pernusch

linattendu

 "Je ne lui ai pas confié la clé du chalet, bien qu'elle se promène seule très souvent. J'attends. Je ne sais pas quoi. Un évènement, un signe, un déclic. Donner la clé représente pour moi un engagement d'une importance capitale, la concrétisation d'une union, d'un lien. Alors j'espère. Je veux y croire sans vouloir y croire. C'est compliqué !"

Une étrange adolescente au teint diaphane apparaît un soir dans le jardin de Viviane. Cette dernière la recueille pour la nuit, puis pour quelques jours, et se prend à rêver à une maternité tardive, à l'adoption. Il faut dire que la jeune retraitée a toujours désiré une famille, qu'elle n'a pas eu en définitive, faute de trouver un père adéquat, l'amour. Mais là elle tient sa revanche sur sa vie, et comme la jeune Cosima est enceinte, le chalet prend soudain des allures de refuge, le bonheur semble à portée de mains. Cependant, des doutes pernicieux assaillent régulièrement Viviane, devant le comportement troublant de la jeune fille, et la réaction contrastée de son entourage amical. 

J'avais déjà lu de l'auteure Une visite surprise [clic ici], que j'avais plutôt aimé, et qui déroulait son histoire à Soulac sur Mer. L'inattendu est un roman très réussi, qui étend lui son histoire au creux des collines de Montbury (lieu imaginaire ?), et qui sait à la fois nous faire craindre le pire, et analyser avec justesse les pièges de l'attachement excessif. Dans le roman de Claudie Pernusch, il y a suffisamment de rebondissements, de chaleur humaine, et d'inquiétude, pour tenir le lecteur en haleine. J'ai pensé assez souvent en le lisant à l'atmosphère en huis clos de Esprit d'hiver [clic ici] de Laura Kasischke, à ce face à face tendu entre une mère et sa fille... mais ce roman n'est pas que cela. Bien que quelques pages ont réussi à littéralement me faire frissonner. Claudie Pernusch explore elle plutôt les liens d'une parenté improvisée et entoure le duo d'une galerie de personnages attachants qui apporte de la couleur et une texture riche à son histoire. Une aventure à tenter !

Editions Belfond - 18.50€ - 2 avril 2015

Saxaoul a eu du mal à comprendre Viviane - Canel a eu de mal à rentrer dans ce roman puis s'est laissée entrainer par l'intrigue plus sombre...

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26 mai 2015

Wake up America t1 et t2, John Lewis & Andrew Aydin & Nate Powell ... BD

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"J'étais le sixième à parler ce jour-là. Le Dr King était dixième. De tous ceux qui sont passés à la tribune, je suis le seul à être encore en vie."

John Lewis a eu un rôle déterminant dans la lutte pour les droits civiques aux Etats-Unis. A la tête du SNCC (Student Nonviolent Coordinating Committee) entre 1963 et 1966, il en est devenu un des "Six grands leaders". Il a participé étudiant à des protestations non violentes dans des restaurants de Nashville, a joué un rôle dans les "voyages de la liberté" qui s'opposaient à la ségrégation dans les gares routières du Sud. Il a été arrêté, subi des violences. Enfin, il a été un des principaux orateurs du défilé historique de Washington en août 1963.

C'est son histoire qui est racontée dans ces deux albums (un troisième tome est prévu). Le graphisme de Nate Powell, les pages en noir et blanc, superbes, rendent parfaitement la violence des opposants, la détermination pacifique du groupe, les écueils nombreux, la haine, et la difficulté de se faire entendre. J'ai aimé connaître par ce biais un pan de l'histoire méconnu, et ce personnage dont j'ignorais tout, plus discret, John Lewis. Le récit d'Andrew Aydin permet aussi de mettre en perspective les premières luttes, de montrer que des blancs y participaient, également déterminés. Cette volonté farouche de faire avancer par petits pas dérisoires mais si efficaces l'égalité, le si évident droit à la dignité humaine pour chacun, ne peut que remplir d'admiration et de respect. Des albums essentiels.

Editions Rue de Sèvres - t1 13€ - t2 14€ - janvier 2014/mai2015 

 

 

Rep. John Lewis' Speech at the 1963 March on Washington from BillMoyers.com on Vimeo.

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22 mai 2015

Let me go

[En mode The Do mania] Sinon, pendant ce temps, je lis, plongée dans Wake up America, une BD en noir et blanc qui retrace l'histoire des droits civiques aux Etats-unis et dans laquelle apparaissent de grands noms, tels que Martin Luther King et Barack Obama. Et puis, aujourd'hui, j'ai réservé de nouveau quelques livres en bibliothèque, et elle me semble pas mal cette nouvelle méthode qui consiste à plonger le nez dans mon petit carnet d'envies, j'en ressors avec de belles lectures et quelques coups de coeur. Bon week-end !!

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19 mai 2015

Je vous écris dans le noir, Jean-Luc Seigle

jevousécrisdanslenoir

 "Je m'appelle Pauline Dubuisson et j'ai été condamnée pour meurtre en 1953. Ce n'est qu'une petite phrase, grammaticalement correcte, qui ne vaut rien d'un point de vue littéraire et qui pourtant a plus d'implication que n'importe quelle phrase écrite par le plus grand des poètes."

Pauline Dubuisson, condamnée pour meurtre, puis relachée, fuit le pays en 1961 alors que passe sur les écrans un film inspiré de sa vie, La Vérité, avec Brigitte Bardot. Le film met en avant grossièrement sa culpabilité. Et en effet, elle a effectivement tué son ex-fiancé, mais personne ne peut deviner les raisons intimes de son acte, ce qu'elle peut aujourd'hui reprocher à son père, la violence qu'elle a subi à la libération, la perte de ses frères. Réfugiée au Maroc, devenue médecin, Pauline connue sous le prénom d'Andrée, file le parfait amour avec Jean. Mais celui-ci la demande en mariage, et Pauline voudrait qu'il connaisse sa vérité, qu'il ignore. Alors, elle lui écrit son histoire, sur un cahier. Ce sont ces pages que Jean-Luc Seigle a imaginé.

J'ai eu l'honneur, le bonheur et l'avantage de passer une soirée avec Jean-Luc Seigle il y a peu [clic ici], bien avant que ce livre-ci sorte. Il a surtout été question à l'époque de son titre En vieillissant les hommes pleurent, qui a été pour moi un gros coup de coeur de lecture. Je rentrais donc à tatons dans ce nouveau roman, avec l'envie qu'il me plaise, et la crainte qu'il me déplaise. Mais il fallait juste avoir confiance, car la plume de Jean-Luc Seigle sait, dès les premières pages, nous faire oublier que c'est un homme qui écrit. Nous entendons seulement la voix de Pauline, son envie que Jean comprenne, et son désarroi de porter en elle à vif cette réalité d'avoir tué. Ce roman est très beau, à la fois douloureux, doux, rythmé et juste. J'enchaîne en ce moment les merveilleux coups de coeur, en voici encore un à rajouter à mon escarcelle, avec émotion ! A lire, bien moins pour le fait divers qu'il relate que pour le troublant destin de femme qu'il décrit.

Editions Flammarion - 18€ - Janvier 2015 - Merci ma bibli !!

Un coup de coeur pour Sylire - Clara a été dans l'empathie... et n'en sort pas indemne !

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