J'étais là, face à la mer, assise sur un morceau de rocher inconfortable.                           

   go_land 

Le vent soufflait par rafales, emmêlant mes cheveux, les inprégnant de sel. Bercée par le bruit rassurant des vagues venant mourir sur le sable fin, je réfléchissais à ma vie, à son vide, à son inconsistance, à ses lâchetés.

Le gris du ciel se perdait dans le gris de la mer. Mes doigts aggripaient le rocher. Des goélands volaient un peu bas, frôlant du bout de leurs ailes, l'océan. J'aurais voulu pouvoir voguer, comme eux, jusqu'aux nuages. M'envoler doucement. Partir un peu plus loin pour revenir, légère comme une bulle.

Mais, je n'étais pas un oiseau, ma vie ressemblait bien plus à ces vagues qui se perdaient sur la plage, charriant grains de sable, algues et coquillages.

Alors, je me suis levée et j'ai repris ma promenade sur la route côtière. Le vent cherchait maintenant à s'engouffrer dans mes vêtements. J'ai repensé à l'Ile de St Cado, à notre visite de la veille, à cette petite chapelle si paisible. J'ai revu le visage de ma fille alors qu'elle y déposait une petite bougie rouge. C'était, je crois, la première fois qu'elle rentrait dans un tel lieu.

Je me souviens lui avoir demandé si elle voulait faire un voeu. "De l'amour", a-t-elle dit, et tout son petit visage a frémi. Je lui ai souri et l'ai serré un petit moment contre moi.

Non, je n'étais pas un goéland.