Bonne année 2008 !
2007 fut enrichissante, belle et dense, emplie de livres, d'écritures et de rencontres virtuelles ou réelles. Elle fut également, parfois, déconcertante.
J'espère que 2008 sera synonyme pour moi d'heureuses surprises littéraires, de rencontres de plus en plus réelles avec vous, d'inspirations...et de bonheurs de toutes sortes !
Je vous souhaite à vous toutes et tous, surtout, tout ce que vous souhaitez pour cette nouvelle année qui se profile, une santé éclatante, de la joie, de la bonne humeur, de la lecture aussi, des mots et des livres !!
Bises et bonne année 2008 !!!!!!!!!!!
Les heureuses surprises de 2007
Avec le recul du temps, certaines lectures nous laissent des traces et d'autres, qui nous avaient tenues sur le moment, s'effacent...
Voici mes lectures fétiches de 2007, donc, celles qui me tiennent encore... (en cliquant sur les titres, vous retrouverez les commentaires publiés)
Sue Monk Kidd, Le Secret des abeilles
WD, Wheterell, Un Siècle de Novembre
Erci Fottorino, Un territoire fragile
Eliette Abécassis, Un Heureux évènement
Knud Romer, Cochon d'allemand
Erri de Luca, Au nom de la mère
[L'ensemble des lectures "coups de coeur" de mon ancien blog]
Un après-midi à la mer...
...pour s'aérer, et profiter du soleil d'hiver !
Je sais, c'est une chance. Je vous envoie, via le net, un peu de sel marin !
L'inconnue du pont supérieur
Voici un récit, émis sur une idée de Co Errante. Il s'agissait d'écrire un texte à partir de la première phrase d'un livre dont le choix me revenait, pour finir sur sa dernière phrase. Merci à Co, pour cette proposition alléchante !!
« Si seulement on sombrait… » soupirait la jeune femme, ses cheveux courts au vent, appuyée à la rambarde du paquebot. « Si seulement… ». Sa voix était douce, légère, à peine posée. D’évidence, elle ne me parlait pas.
Ses doigts fins, longs, broyaient une boule de papier encombrée d’écriture, qu’elle laissa tomber tout à coup, sans un regard, et se perdre dans les flots mouvants de l’océan.
J’admirais son allure élancée, son profil franc. Elle se tourna vers moi, brusquement. Un sourire fantôme traversa son visage et elle s’éloigna, sans ajouter un mot, livide.
Je restais ainsi, tel un jouet d’enfant délaissé, à regarder la mer, puis la coursive par laquelle l’inconnue avait disparu, à me demander si je devais la chercher, lui venir en aide – si elle avait besoin d’aide - d’ici le dîner, ou bien me contenter de l’oublier.
Je décidai de perdre mon temps intelligemment et sortis un livre épais de la poche de mon manteau puis m’allongeai sur un des transats alignés sur le pont.
Trois jeunes filles agitées s’approchèrent en riant. Elles s’installèrent près de moi, sans égards pour ma lecture et mon âge, visiblement avancé.
Elles parlaient d’une quatrième personne, des lettres d’un amoureux perdu qu’elle ne cessait de lire, de sa stupidité.
Elles parlaient, indubitablement, de ma charmante inconnue.
Je n’osais intervenir, et en profitais pour recueillir de multiples informations qui me seraient peut-être utiles, plus tard, lors d’une seconde rencontre.
Elles se levèrent dans un bel ensemble après avoir pris une résolution qui me fit sourire, de ne pas tomber amoureuses, pas tout de suite, pas avant de s’être beaucoup amusées, pas avant d’être vieilles. Elles avaient encore beaucoup de choses intéressantes à apprendre.
Fragile(s)

Résumé : L’histoire du film se déroule dans trois lieux différents. Sara (Sara Martins) se laisse entraîner par Isa, sa colocataire, à Lisbonne pour tromper sa mélancolie. Elle croise Paul (François Berléand), un réalisateur fatigué par son métier et ses échecs. Hélène (Caroline Cellier), la femme de Paul, se retrouve seule pour garder son petit-fils. Suite à un accident, le bébé est emmené à l'hôpital où elle rencontre Vince, un policier venu rendre visite à sa femme dans le coma depuis 7 mois. Nina (Marie Gillain), musicienne dans un groupe de rock, se drogue pour supporter de vivre sans son fils. Elle fait une rencontre improbable avec Yves (Jean-Pierre Darroussin), un pharmacien que la vie n'intéresse plus. Six personnages, vont se croiser, se réunir, s'abandonner, se retrouver alors que rien ne les prédisposait à seulement se parler.
Avis d'Antigone : Le visionnage de ce film m'a fait passer un moment très agréable, même si les critiques que j'ai pu lire à droite à gauche n'ont pas été très favorables à cette histoire de vies qui se croisent et se perdent. J'ai aimé ces personnages, notamment Sara, très bien interprêtée par Sara Martins. François Berléand et Caroline Cellier sont égaux à eux-même et cela reste toujours un plaisir que de les voir jouer avec talent. Il me reste un petit bémol pour Marie Gillain que j'ai personnellement trouvée peu crédible en junky. Ensuite, il y a cette intrigue, bien ficelée, qui nous amène sur des fausses pistes pour nous lâcher sur une fin que l'on n'attendait pas. Il faut bien dire que j'ai une prédilection pour ce type de films et qu'ici le plaisir reste entier du début à la fin, grâce à des situations parfois cocasses ou graves. A voir !
Bande-annonce :
Fragiles_bande_annonce
envoyé par denis_music
J'attends mon tour
Assise là,
Sur ce banc froid,
J’attends.
Les bras recroquevillés,
Maigre et pâle,
J’attends.
Que l’on vienne me chercher,
Doucement.
Là,
Prendre mes doigts,
M’entraîner,
Dans cette danse folle,
Que je voudrais
Avec vous
Partager.
Et cette musique,
Scintillante,
Qui vient agacer
Mes sens
Et les pores
De ma peau.
J’attends
Mon tour.
J’attends
Que l’on me choisisse
Sur ce banc
Entre toutes.
Marcel Proust

"La vraie vie, la vie enfin découverte et éclaircie, la seule vie par conséquent réellement vécue, c'est la littérature."
Le Temps retrouvé
Au bonheur de lire

Quatrième de couverture : "Rousseau fouillant dans la bibliothèque de sa mère, Emma Bovary soupirant à la lecture de Paul et Virginie, la Petite Tailleuse chinoise et ses compagnons sauvés de l'enfer par Balzac, Nathalie Sarraute dévorant Rocambole, Montag, le pompier prêt à tout pour sauver les livres... Que de héros dont la vie a été bouleversée par la lecture de quelques pages !"
Avis d'Antigone : J'ai ressenti quelques désapointements à parcourir ce petit livre : trop d'extraits déjà connus sans doute, et une impression étrange de passer du coq à l'âne, d'un style à l'autre, sans liens. Et pourtant, ce recueil est bien interessant, car il met en lumière cet étrange phénomène qu'est la naissance du plaisir de lire. Chaque lecteur se retrouvera dans une ligne, une phrase, un sentiment, au détour d'une page. Mon bonheur personnel a tout de même été de retrouver, par exemple, ce souvenir de lecture, ce personnage de Montag, dans cet extrait de Farenheit 451, roman d'anticipation qui se déroule dans un monde où l'on brûle les livres...
Extrait : Daniel Pennac, Comme un roman
"Peu d'objets éveillent, comme le livre, le sentiment d'absolue propriété. Tombés entre nos mains, les livres deviennent nos esclaves - esclaves, oui, car de matière vivante, mais esclaves que nul ne songerait à affranchir, car de feuilles mortes. Comme tels, ils subissent les pires traitements, fruits des plus folles amours ou d'affreuses fureurs. Et que je te corne les pages (oh ! quelle blessure, chaque fois, cette vision de la page cornée ! "mais c'est pour savoir où j'en suiiiiiiiis !") et que je te pose ma tasse de café sur la couverture, ces auréoles, ces reliefs de tartine, ces taches d'huile solaire... et que je te laisse un peu partout l'empreinte de mon pouce, celui qui bourre ma pipe pendant que je lis... et cette Pléiade séchant piteusement sur le radiateur après être tombée dans ton bain ("ton bain, ma chérie, mais mon Swift !")... et ces marges griffonnées de commentaires heureusement illisibles, ces paragraphes nimbés de marqueurs fluorescents... ce bouquin définitivement infirme pour être resté une semaine entière ouvert sur la tranche, cet autre prétendument protégé par une immonde couverture de plastique transparent à reflets pétroléens... ce lit disparaissant sous une banquise de livres éparpillés comme des oiseaux morts... cette pile de Folio abandonnés à la moisissure du grenier... ces malheureux livres d'enfance que plus personne ne lit, exilés dans une maison de campagne où plus personne ne va... et tous ces autres sur les quais, bradés aux revendeurs d'esclaves...
Tout, nous faisons tout subir aux livres. Mais c'est la façon dont les autres les malmènent qui seule nous chagrine..."
La lecture de Bellesahi
La vie, mutine
La vie brouille les pistes de mon écriture.
Elle la bouscule, la chahute,
Irrémédiablement…
La vie s'insinue dans le blanc de mes phrases,
Vient me prendre par la main,
M'emprunte mon crayon.
La vie a un joli rire, bruyant,
Elle a le regard fragile
Et les doigts blagueurs.
La vie fait soleil, ou bien pluie.
Elle fait ce qui lui chante.
Elle n'a plus de saisons.
La vie ne comprend pas toujours
Le besoin de silence, la bulle
Epaisse, et dense, construite patiemment.
La vie sait m'attirer, m'amuser, m'éloigner…
Mais elle ne sait pas
Que je ne parle que d'elle
A longueur de mots,
Qu'elle est toute ma raison.
De retour...
...même si je n'étais pas loin du tout !
Noël fut gourmand, calme et tendre cette année. J'espère que ce fut pour vous un grand moment de joie !
Bises à toutes et tous !

























