Tel est le titre de l'article que Le magazine des Livres consacre à l'auteur d'Antigone, ce mois-ci.

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J'aime particulièrement cet auteur de Théâtre, qui n'a pas écrit que la pièce "Antigone" ou "Le Voyageur sans bagages", beaucoup étudiés. Considéré comme un auteur de Boulevard, il a souvent été méprisé. Il n'est sans doute aujourd'hui pas assez joué, et trop méconnu. Cet article atteste-t-il d'un retour en grace qui coïnciderait avec la sortie de ses oeuvres en Pléiade ? Je le souhaite car j'ai pour ma part souvent beaucoup ri, et été émue, en lisant ses pièces, et son théâtre recelle des trésors de répliques, oubliées.

Il a classé de son vivant ses pièces par thèmes : quatre pièces grinçantes, quatre pièces noires, quatre pièces roses, quatre pièces brillantes, trois pièces costumées. On ne trouve aujourd'hui que quelques titres disponibles et encore édités, chez Folio ou dans les éditions de la Table Ronde. Il faut fouiller les étals des bouquinistes pour avoir le bonheur de trouver ses autres pièces...

"La Vie de Jean Anouilh (1910-1987) se raconte exactement comme celle de grands dramaturges comme Molière. On commence à narrer l'enfance puis vient le succès et tout à coup, il ne s'agit plus de l'homme mais de son oeuvre : on enfile les titres en racontant ce qu'ils contiennent et le succès ou l'insuccès qui leur revient." (accroche de l'article du Magazine des Livres - Janvier/février 2008)

Son théâtre vient de sortir dans la bibliothèque de la Pléiade, en deux tomes.

      

Et un extrait d'Antigone, pour le plaisir...

"Comprendre... Vous n'avez que ce mot-là dans la bouche, tous,

depuis que je suis toute petite. Il fallait comprendre qu'on ne

peut pas toucher à l'eau, à la belle eau fuyante et froide

parce que cela tache les robes. Il fallait comprendre qu'on ne

doit pas manger tout à la fois, donner tout ce qu'on a dans ses

poches au mendiant qu'on rencontre, courir, courir dans le vent

jusqu'à ce qu'on tombe par terre et boire quand on a chaud et

se baigner quand il est trop tôt ou trop tard, mais pas juste quand

on a envie ! Comprendre. Toujours comprendre. Moi, je ne veux pas

comprendre. Je comprendrai quand je serai vieille. (Elle achève

doucement.) Si je deviens vieille. Pas maintenant."