10 janvier 2008

Cauchemar

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N’aie pas peur.

Tu ne crains rien.

Je suis là.

Tes joues sont douces comme le miel.

Tes cils papillonnent délicatement.

Viens là. Oui. Tout contre moi.

Apaise les battements de ton cœur.

Pose ta tête dans mon cou.

Serre toi contre mon sein.

Je suis bien.

Je t’aime.

N’aie plus peur.

Tu as le temps, tout le temps.

De découvrir le monde, ses joies et ses peines, ses faiblesses.

Rassure toi.

Ton corps chaud, empli de sommeil, dégage les effluves douçâtres du bébé que tu es encore un peu, de temps en temps.

Ce soir.

Dans ma tête, je me raconte des histoires, de rencontres, de pluie, de courses folles.

Et tu es là.

Et je suis ton port d’attache, ton abri de fortune, au milieu des tempêtes.

Mon fils.

Tes petits bras m’encerclent. Je sens ton dos se détendre. Tu t’endors. La nuit gagne de nouveau doucement la partie. Tes paupières se ferment.

N’aie pas peur.

Tu ne crains rien.

Maman est là, debout et forte.

Debout,

Parce que tu vis.

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Pataf a des ennuis, Anne Herbauts

Un coup de coeur de ma grande fille (6 ans)

Pataf a toujours des idées formidables qui tournent sans cesse autour de lui, plein d'idées pour s'amuser tout seul, quand on a rien d'autre à faire... Mais Pataf est si maladroit !

Pataf est un éléphant bien sympathique. Oui, mais Pataf est un éléphant qui s'ennuie. Alors, comme tous les enfants, il cherche à s'occuper, et trouve des jeux loufoques et dangereux. Bien sûr, il se fait mal, et à chaque fois le pauvre, car en plus, Pataf est un éléphant malchanceux ! Reste un dernier jeu : compter les sparadraps !

(Ne pas rater l'image choc où Pataf se râpe les doigts, en voulant râper du fromage ! - "Tu as vu Maman, il se râpe même les doigts !" ... Vous avez remarqué, dans les livres pour enfants, il y a toujours une image comme ça sur laquelle les enfants s'arrêtent, et ne cessent de revenir. )

Un livre en forme de jeu de l'oie, où il y a des chemins à suivre, des objets à compter... Lorsque ce sont les autres qui se font mal, il n'y a pas à dire, les enfants adorent !

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09 janvier 2008

Les grands-mères, Doris Lessing

Résumé : (extrait de la quatrième de couverture) "Sur la terrasse d'un café dominant la baie de Baxter's Teeth, deux familles, qui semblent n'en former qu'une, se prélassent au soleil. Roz et Lil, les grands-mères, restées belles, entourées de Tom et Ian, leurs fils, et de leurs petites-filles, semblent filer le parfait bonheur." Ainsi commence le roman de Doris Lessing, sur une intrigue qui cache sous son apparence futile et légère des relations troubles, des secrets et des mensonges, bien cachés. Mary, la femme de Tom, qui a découvert le pot aux roses, va faire voler en éclats la quiétude du quatuor et ce tableau, faussement idyllique.

Avis d'Antigone : Depuis que le Prix Nobel de Littérature lui a été descerné, je tenais à découvrir un roman de Doris Lessing. Et voilà que l'on m'offre celui-ci ! Quelle chance ! J'ai été très surprise par son ton, très vif et incisif, et par sa liberté de style, que j'ai apprécié. Le thème de ce roman est loin d'être évident, je dirais même sulfureux, je vous laisse le plaisir de le découvir. Et pourtant, il est très agréable à lire et me donne envie d'être curieuse à nouveau, et d'aller lire autre chose d'elle, encore ! 

Extrait : "Ce n'étaient pas encore de vieilles femmes, loin de là. mais elles avaient plus de quarante ans. Les garçons, eux, n'étaient assurément plus des petits garçons, et le temps de leur beauté sauvage était passé. En voyant ces deux beaux jeunes gens vigoureux, sûrs d'eux, qui eût pu alors penser qu'ils aimantaient autrefois les regards parce qu'ils inspiraient autant la timidité que la concupiscence et l'amour ? Quant aux deux femmes, se remémorant un jour que leurs rejetons avaient été pareils à de jeunes dieux, elles farfouillèrent dans de vieilles photos, sans rien retrouver de ce qu'elles savaient avoir existé, tout comme, en regardant de vieux instantanés d'elles, elles n'avaient vu que de jolies petites filles, rien de plus."

La lecture enthousiaste de Stéphanie

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08 janvier 2008

Amour

Soudain, elle ne sait plus où elle en est.

Soudain, celui qu’elle ne voyait pas, qui était près d’elle,

Depuis tout ce temps, si doux, si beau.

Soudain, elle le voit, enfin.

Et elle l’aime.

Mais rien n’est possible.

Ni les épanchements, ni les doutes.

Que le chaos, à la place d’un cœur qui saigne,

Pour rien.

.........................................

Parfois,

Elle cherche, dans les yeux de l’autre,

Au hasard d’un mouvement,

L’amour en retour.

N’y voit que du bleu.

Alors, doucement,

Elle étreint

Le bouton de rose de ce feu,

L’insère en elle,

Espérant le cacher.

Mais tout au fond de son corps,

L’amour explose.

La fleur rouge s’épanouit.

Les épines, dures, rayent ses organes,

S’accrochent aux artères.

S'incrustent.

.......................................

Alors,

Elle se cache,

Sous des draps et des couvertures.

Pleure.

Tente d’étouffer,

De faner,

Cet amour naissant

D’une beauté

Insolente,

... Inutile.

En vain.

(Deuxième mouture de ce texte, déjà posté sur mon ancien blog. Je le triture dans tous les sens et n'arrive pas à me satisfaire du résultat. Je n'arrive pas à le supprimer, non plus. Peut-être, une prochaine fois, en trouverez-vous une troisième mouture...)

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07 janvier 2008

Dès que j'te vois...

... une chanson, entêtante, par Vanessa.

Clarabel connaît ces "mots" bien mieux que moi, mais l'écoute de cette chanson, ce matin, m'a envoûtée !

Une envie, comme ça, de la partager, avec vous... Bonne soirée !!

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Les adolescents troglodytes, Emmanuelle Pagano

    heart  Livre de la sélection de l'"Eté des Libraires" 2007

Résumé (extrait de "Page des libraires" de juin-juillet 2007) : "Adèle est conductrice de bus scolaire dans une région perdue du côté de l'Ardèche. Contre vents et congères, elle conduit son bus et prend soin des enfants. Le temps d'une moitié d'année scolaire, elle raconte. Elle se raconte. Adèle est comme la nature de cette région retirée, tourmentée, oubliée mais forte et combative. Petit à petit, nous faisons connaissance avec "ses" enfants, du plus petit aux plus grands, leurs tracas, leurs premières amours... Petit à petit, nous apprenons à comprendre Adèle en découvrant son secret, bien caché dans son corps de femme. Adèle est revenue dans cette région dans laquelle elle est née mais où personne ne la reconnaît parce qu'elle était alors un autre, parce qu'elle était alors un petit garçon. Elle est née dans un corps d'homme, dans un corps qui n'était pas fait pour elle. Le combat d'Adèle et de sa navette scolaire contre la nature hostile, est à l'image du combat d'Adèle contre cette erreur de la nature qui l'a fait naître femme dans un corps d'homme"

Avis d'Antigone : Quel roman magnifique ! J'ai été surprise, étonnée, chamboulée par ce récit étonnant et subtil. Car malgré l'aspect un peu "téléréalité" du secret de l'héroine, ce livre n'a rien d'indécent ou de voyeur, il n'est que finesse et grandeur. Le personnage principal, Adèle, est tout de suite sympathique, forte et touchante. Nous la suivons avec plaisir dans ses déplacements quotidiens. Nous craignons, avec elle, que la neige entrave la route et que les enfants arrivent en retard à l'école. La montagne devient belle, sous les mots d'Emmanuelle Pagano, dure et inquiétante, comme ses habitants, et puis, tout à coup, douce et enveloppante, rassurante. Je vous recommande ce livre, chaudement, vous y trouverez beaucoup de force, et de respect !

Extrait : "La navette qui fait ma vie depuis dix ans, c'est un petit fourgon, portes coulissantes, quatre roues motrices, neuf places. C'est la première année que toutes les places sont prises. Huit enfants, huit ados, matin et soir.

Avec eux un trajet - parfois des écarts l'hiver, le détour des congères. Le trajet des grands n'est pas tout à fait celui des petits. Si beaucoup de grands ont des petits frères et soeurs, certains grands sont les petits derniers. Et certains petits sont les tous premiers, mais ne seront pas, sûrement pas fils uniques, ici je n'en connais pas, même dans les familles rapportées.

Quand j'étais petit, y'en avait bien une, mais ses parents l'avaient eu très en retard, c'est pour ça. Elle sentait mauvais.

Les derniers et premiers des nouvelles familles, il faut les prendre à d'autres hameaux, d'autres fermes. Mon circuit change à chaque fin de fratrie, à chaque début.

Aujourd'hui pas d'engueulade. C'est la rentrée, c'est normal."

La lecture enthousiaste de Clarabel

Le blog d'Emmanuelle Pagano

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Les adolescents troglodytes, Emmanuelle Pagano

    heart  Livre de la sélection de l'"Eté des Libraires" 2007

Résumé (extrait de "Page des libraires" de juin-juillet 2007) : "Adèle est conductrice de bus scolaire dans une région perdue du côté de l'Ardèche. Contre vents et congères, elle conduit son bus et prend soin des enfants. Le temps d'une moitié d'année scolaire, elle raconte. Elle se raconte. Adèle est comme la nature de cette région retirée, tourmentée, oubliée mais forte et combative. Petit à petit, nous faisons connaissance avec "ses" enfants, du plus petit aux plus grands, leurs tracas, leurs premières amours... Petit à petit, nous apprenons à comprendre Adèle en découvrant son secret, bien caché dans son corps de femme. Adèle est revenue dans cette région dans laquelle elle est née mais où personne ne la reconnaît parce qu'elle était alors un autre, parce qu'elle était alors un petit garçon. Elle est née dans un corps d'homme, dans un corps qui n'était pas fait pour elle. Le combat d'Adèle et de sa navette scolaire contre la nature hostile, est à l'image du combat d'Adèle contre cette erreur de la nature qui l'a fait naître femme dans un corps d'homme"

Avis d'Antigone : Quel roman magnifique ! J'ai été surprise, étonnée, chamboulée par ce récit étonnant et subtil. Car malgré l'aspect un peu "téléréalité" du secret de l'héroine, ce livre n'a rien d'indécent ou de voyeur, il n'est que finesse et grandeur. Le personnage principal, Adèle, est tout de suite sympathique, forte et touchante. Nous la suivons avec plaisir dans ses déplacements quotidiens. Nous craignons, avec elle, que la neige entrave la route et que les enfants arrivent en retard à l'école. La montagne devient belle, sous les mots d'Emmanuelle Pagano, dure et inquiétante, comme ses habitants, et puis, tout à coup, douce et enveloppante, rassurante. Je vous recommande ce livre, chaudement, vous y trouverez beaucoup de force, et de respect !

Extrait : "La navette qui fait ma vie depuis dix ans, c'est un petit fourgon, portes coulissantes, quatre roues motrices, neuf places. C'est la première année que toutes les places sont prises. Huit enfants, huit ados, matin et soir.

Avec eux un trajet - parfois des écarts l'hiver, le détour des congères. Le trajet des grands n'est pas tout à fait celui des petits. Si beaucoup de grands ont des petits frères et soeurs, certains grands sont les petits derniers. Et certains petits sont les tous premiers, mais ne seront pas, sûrement pas fils uniques, ici je n'en connais pas, même dans les familles rapportées.

Quand j'étais petit, y'en avait bien une, mais ses parents l'avaient eu très en retard, c'est pour ça. Elle sentait mauvais.

Les derniers et premiers des nouvelles familles, il faut les prendre à d'autres hameaux, d'autres fermes. Mon circuit change à chaque fin de fratrie, à chaque début.

Aujourd'hui pas d'engueulade. C'est la rentrée, c'est normal."

La lecture enthousiaste de Clarabel

Le blog d'Emmanuelle Pagano

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06 janvier 2008

Jean-Paul Toulet (Les contrerimes)

fireToute allégresse a son défaut

Et se brise elle-même.

Si vous voulez que je vous aime.

Ne riez pas trop haut.

C'est à voix basse qu'on enchante

Sous la cendre d'hiver

Ce coeur, pareil au feu couvert,

Qui se consume et chante.

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05 janvier 2008

Janvier, le mois des cartes...

CRIM0026

Merci !!!!!!!!!

En janvier, vient également...le mois des galettes, des couronnes et des fèves (qui font des jaloux,...ou pas), des décorations de Noël rangées,...jusqu'à la fin de l'année, et de cette impression étrange, de vide.

Pour nous, plus particulièrement, c'est le mois des réaménagements nécessaires, du classement de la bibliothèque (ouf, enfin, je vais retrouver mes livres !) et des bonnes résolutions...

Allez, 2008 commence en fanfare !!

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La rêveuse d'Ostende, Eric-Emmanuel Schmitt

Résumé : Ce volume contient cinq histoires : La rêveuse d'Ostende, Crime parfait, La guérison, Les mauvaises lectures et la femme au bouquet. Dans La rêveuse d'Ostende, un homme se réfugie dans une ville du Nord pour se remettre d'une rupture sentimentale et se laisse happer par le récit de vie de sa logeuse où se mêlent érotisme, pouvoir et amour passionné. Dans Crime parfait, une femme tue son mari sur un malentendu. Dans La guérison, une infirmière se découvre belle dans les mots d'un malade et se révèle enfin à elle-même. Dans Les mauvaises lectures, un homme qui ne lisait pas de romans se laisse engloutir par un roman policier à l'occasion de vacances, entorse à sa règle qui lui sera fatale ! Dans La femme au bouquet, le narrateur remarque une femme sur la quai d'une gare, elle y attend depuis quinze ans quelqu'un, mais qui ?

Avis d'Antigone : J'ai découvert Eric-Emmanuel Schmitt avec son film, Odette Toulemonde, film que j'ai beaucoup apprécié. Voici donc le premier livre que je lis de cet auteur et je suis un peu mitigée. En effet, je dois dire que ces histoires là m'ont bien embarquée, et que je me suis laissée piéger avec plaisir dans les fausses pistes aménagées. Par contre, il y a ce style qui ne me nourrit pas, et cette impression de "pas assez" que je ne saurais expliquer. Pourtant, ces mots simples sont plutôt efficaces...le décor, les personnages sont là, bien vivants. Alors, je ne sais pas, voilà une lecture que je qualifierais de récréative ! A essayer bien sûr !

Extrait (Les Mauvaises lectures): "-Ne bouge plus, je vais prendre un livre ! s'exclama Sylvie.

Maurice maîtrisa son irritation car il voulait réussir ses vacances ; cependant, en pensée, il fusilla la malheureuse. Se procurer un livre dans un supermarché ! Avait-il, une seule fois en sa vie, acquis un livre, un seul, dans un supermarché ? Un livre, c'était un objet sacré, précieux, dont on découvrait d'abord l'existence au sein d'une liste bibliographique, sur lequel on se renseignait, puis, le cas échéant, qu'on convoitait, dont on écrivait les références sur un papier, qu'on allait chercher ou commander chez un libraire digne de ce nom. En aucun cas, un livre ne se cueillait au milieu des saucisses, des légumes et des lessives.

- Triste époque, murmura-t-il entre ses lèvres."

Le site de l'auteur

Lire l'excellent billet de Laurence sur Biblioblog, et celui de Nicolas, qui m'a donné envie de lire ce livre !!

Posté par LESECRITS à 08:44 - - Permalien [#]