31 mars 2008

Privée, Véronique Olmi

                                     "olmiA bonne école !" : vivre à travers les yeux d'une enfant la tension d'une salle de classe... "Privée" : retrouver sa grand-mère, perdue dans l'enfer d'une chambre commune d'hôpital... "Paris-prestige" : le métro dans sa crudité quotidienne... "Cernée" : les états-d'âme d'une actrice en mal de rôles... etc...

Je découvre Véronique Olmi avec ce recueil de nouvelles, et je pense qu'on ne peut être qu'étonné par sa vision sans concessions des êtres. Cela donne à son écriture - de qualité - et à ces courtes nouvelles une force surprenante. Chaque récit est un petit coup de poing contre les certitudes et contre le bien-penser. Nous accompagnons donc ses personnages dans leurs cris, leurs douleurs et leurs dégoûts. Voici donc une lecture qui loin d'être apaisante, ne laisse pas indifférente !

Un extrait de "A tout jamais"...

"Ce soir là, Pierre était devenu un assassin et il le hurla dans la lumière des phares, dans l'ambulance, dans sa chambre d'hôpital, il le hurla toute sa vie mais son cri n'expulsa jamais sa douleur, elle demeura en lui comme un court-circuit, tout son corps brûlé par ce cri : "Assassin". Et Pierre était devenu ce cri, ce cri était devenu sa bouche, une bouche démesurée qu'aucune main jamais ne pourrait baîllonner.
S'il avait été une larme il aurait coulé et se serait écrasé sur le parquet, mais il était un cri et ce cri tendait son être comme un arc, c'était un cri infini qui jamais ne se déviderait, comme un supplice envoyé par les dieux."

bouton3Note de lecture : 4/5

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30 mars 2008

Prix Biblioblog 2008...

...c'est parti !

(Pour plus d'informations, et participer, cliquer sur le logo ci-dessous)

Prix Biblioblog
Recommandé par des Influenceurs

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Un nuage d'écritures...

...à explorer,

Plum' Youlia Guelum

Co Erranteles_mots  Flaneuse Lali

Caro Carito  Gballand

Kloelle   Lilou Wictoria

en ce dimanche tranquille.

Je me remets d'un gros rhume/fatigue/pas la pêche ! Sniff !!
Tout ira mieux demain...

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29 mars 2008

Ceux qui restent

ceux_qui_restent_Affiche_1_Bertrand et Lorraine se croisent dans un couloir d'hôpital, se retrouvent à la cafétaria près du marchand de journaux, sympathisent, s'entraident. Ils sont "ceux qui restent", ceux qui ne sont pas malades. Bertrand vient tous les jours depuis cinq ans voir sa femme, atteinte d'un cancer du sein, Lorraine, elle, est nouvelle dans ce lieu dans lequel elle ne se sent pas à l'aise, trop pétillante peut-être, trop légère, son ami est hospitalisé pour un cancer du colon. Ils prennent l'habitude de s'attendre - Lorraine accompagne Bertrand en voiture jusqu'à son RER - ils prennent l'habitude d'être ensemble, entre culpabilité et attirance...

Mon avis...
D'une manière sobre et émouvante, sans en faire de trop, ce film nous parle de ceux qui restent, de ceux qui arpentent les couloirs, viennent à heure fixe, connaissent par coeur les mécanismes de ce microcosme qu'est un hôpital, de ceux qui restent en dehors, continuent de vivre, parce qu'il le faut bien. Nous ne pénétrons jamais dans les chambres, nous ne voyons pas les malades, leur présence est symbolisée par une porte numérotée, derrière laquelle on ne fait que deviner une présence. J'ai beaucoup aimé ce film, doux, triste et gai malgré tout, d'une écriture presque littéraire. A voir !

La bande-annonce :

ceux qui restent bande annonce

Une très belle critique ici et un très beau site à visiter par la même occasion !!

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28 mars 2008

Impact

impactJe lui ai dit de se taire. Il ne m’a pas écoutée. Il continuait de suivre le rythme de ses phrases, le souffle de son agressivité, sa parole balbutiante, emplie de reproches.

Il avait encore trop bu, son haleine empestait. Les mouvements de ses mains avaient perdu leur grâce sobre. Son regard était loin, perdu pour moi, au moins pour le reste de la journée.

Les cadavres des bouteilles vides, privées de leur substance, gisaient par terre, sur le carrelage froid de la cuisine. Elle attendaient là, prêtes à être recyclées.

Malgré le désordre manifeste de notre vie, les choses continuaient de vivre la leur, sagement. Les bouteilles partaient au recyclage, les papiers étaient rangés, les factures payées.

Je lui ai dit de se taire, une seconde fois, pour entendre dans ma voix cette force que je ne connaissais pas, nouvelle, qui me grisait et me troublait.

Je me tenais en retrait, appuyée légèrement contre le chambranle de la porte vitrée, le regard rivé sur les bocaux transparents, posés négligemment sur le rebord de la fenêtre. « Il faudra que je les lave », me dis-je, laissant ma pensée divaguer, s’extraire de la scène un moment, rêver d’une maison propre, belle, où j’aurais le temps de donner aux objets leur place, et à ses habitants une vie sur laquelle se reposer.

Je lui ai dit de se taire, une dernière fois, pour essayer encore, sans succès.

Il ne m’entendait plus.

Alors, j’ai laissé mon esprit libre d’imaginer ce qu’il souhaitait.

J’ai senti mes doigts agripper un bocal, mes yeux admirer la lumière se reflétant sur le verre, l’habillant d’une parure de fête, brillante et aveuglante.

Je me suis regardée, dans mon rêve, lancer cet objet contre le carrelage, à côté de l’évier, attendre le fracas de l’impact et le ruissellement des morceaux sur le sol.

Puis, comme une délivrance, son étonnement et son silence.

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(Paroles Plurielles)

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27 mars 2008

Duffy, Mercy

Ah, ce que j'aime cette musique là !!

La voix est belle...mais cette blondeur, ce look, cette allure, presque étrange sur cette chanson, non ?

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26 mars 2008

La petite poule qui voulait voir la mer

de Christian Jolibois et Christian Heinrich

petite_poule"Pondre, toujours pondre ! Il n'y a pas que ça dans la vie ! Moi, je veux voir la mer !" s'écrie Carméla, la petite poule blanche. Son père, le coq, n'a jamais rien entendu d'aussi fou. "File au nid", ordonne-t-il à la poulettte. Mais Carméla n'arrive pas à s'endormir..."(quatrième de couverture)

Voici un album poche que l'on a offert à ma grande fille de 6 ans, et que je me suis régalée à lire à mes deux enfants.
Forcément, j'ai adoré le caractère de cette petite poule rebelle qui décide de vivre sa vie telle qu'elle l'entend. Carméla refuse de pondre, elle veut voir du pays, ou plus exactement la mer... Elle rencontre Christophe Colomb, découvre le nouveau monde,  tombe sur un groupe de poules rouges et trouve l'amour !! Ouah !

Un petit album plein d'humour, joliment illustré, qui ouvre des horizons insoupçonnés aux jeunes lecteurs...

Une Interview de Christian Jolibois, l'auteur... (il a l'air d'avoir bien froid !!)


Interview de Christian Jolibois Sauve qui poule
par confidentielles

Et pour en savoir plus sur Christian Heinrich, l'illustrateur, c'est par ici.

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25 mars 2008

Page 94...

...du numéro d'avril de MuzeMUZE, il y a ça :

(petit texte déjà publié sur ce blog)

Point presse

Mon regard.
Planté dans le sien.
Ses yeux qui s’affolent.
Notre conversation, anodine.
Gestes du quotidien.

Elle vient, presque tous les jours, parfois seule, parfois accompagnée de ses deux enfants. Elle achète le journal. J’aime faire tinter les pièces de sa monnaie dans sa main tendue, contempler son visage paisible. J’aime la retenir, pour quelques mots, à peine une conversation. Je déteste quand un fâcheux m’empêche de la servir, quand un autre que moi lui rend son sourire.

Elle vient, presque tous les jours, et je me suis habitué à sa présence, à ce quelque chose qui traverse, en filigrane, la texture de nos phrases. Hier, il pleuvait. Elle était là, avec une amie. Elles discutaient dans la file d’attente. Je voyais ses mains s’agiter au rythme de ses lèvres. Le point presse était bondé, les badauds étant venus chercher refuge entre nos murs. Leurs manteaux dégoulinaient sur les couvertures glacées des magazines TV.

Elle vient, presque tous les jours. Hier, j’ai tenu son regard, un peu plus longtemps que d’habitude. Elle a tenu le mien, tout en souriant à son amie. J’ai entendu tous les mots qui sortaient de sa bouche : « Demain, nous partons. Le camion sera plein. Les enfants sont ravis de déménager. » Je lui ai rendu son journal, affreusement froissé, mon numéro de téléphone inscrit en bas de la première page. Elle n’avait rien vu. J’ai regardé son imperméable disparaître au coin de la rue.

(Rubrique Post-scriptum - Ecrits et chuchotements...)

Le texte ci-dessus a donc été publié dans la rubrique "lecteurs" de cette revue que j'affectionne particulièrement. Quelle n'a pas été ma surprise en ouvrant mon numéro d'avril ce soir, en rentrant du travail !! Je l'avais reçu ce matin au courrier. Je savais depuis octobre ou novembre dernier que mon texte était retenu mais je dois vous avouer que je n'y croyais plus... Ce n'est pas grand chose, mais je suis plutôt contente !!

Pour être publié(e) dans Muze : adressez vos courriers à Muze/Rubrique Courrier,3-5, rue Bayard/75008 Paris ou adressez un courrier électronique à l'adresse suivante : muze@bayard-presse.com

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Balayer, fermer, partir de Lise Benincà

balayer_fermer_partirFermer une maison suite au décès de son père n'est jamais facile, mais cela l'est encore moins lorsque l'on revient dans ces lieux après tant d'années de rupture. Lorsque notre narratrice se retrouve seule dans son propre appartement, son compagnon parti en déplacement professionnel, la solitude s'empare d'elle, se mélange à ses souvenirs et rejoint la folie de son père pour cette maison construite de ses mains et de sa sueur, les murs deviennent ennemis, l'angoisse prend toute la place. Le soulagement ne pourra venir que de cette idée, imaginer des enfants "dessiner sur les murs de (son ancienne) chambre des bonhommes avec un gros ventre et une bouche qui sourit."

heart Ce que je suis heureuse d'avoir reçu ce livre...

J'ai très vite été touchée par les émotions de cette narratrice, presque dès le début de ce petit roman. Ses étranges manies m'ont semblé si familières : celle de compter les carreaux de la cuisine et de tenter d'en comprendre la logique, celle de rester des heures à observer les détails d'une tapisserie, celle de demeurer songeuse, trempée, assise sur le bord de la baignoire, apparemment sans rien faire, celle de laisser mon imagination s'emparer des lieux, des ombres et des possibles, celle de parfois me laisser doucement sombrer dans ce qui m'émeut et me bouleverse. Et puis, il y a ces allusions, parsemées au fil du récit, aux contes et peurs enfantines, cette fameuse pièce interdite, par exemple, du château de Barbe-Bleu qui m'a moi aussi toujours marquée. Je ne sais pas si ce livre vous atteindra de la même manière que moi, mais je ne peux que vous le recommander !!

Un extrait...
"Mon corps s'est assis sur le bord du lit. La tête penchée dans les mains, je contemple imbécile ce combat qui dessine de petites taches sombres sur le brun du parquet. Je réfléchis. J'essaye de me souvenir. Mon esprit n'a enregistré que des images matérielles, palpables. Pas de sensations, rien d'indéfini. Du concret, qui m'empêche d'établir un lien, quel qu'il soit, entre les évènements de ma vie et cette avalanche interne. A l'intérieur, tout s'effondre. Mon corps est poreux. Mon corps est sujet aux intrusions de l'extérieur. S'il y a un courant d'air, je m'enrhume. Et les mots que j'entends, les mots qu'on me dit. Calme toi, dit Jean. Quelque chose à l'intérieur se dénoue un instant. Le corps est mon lieu. Y suis-je enfermée ?"

Ouf ! Je sais que c'est pour lire ce type de phrases que je lis...

bouton3 Note de lecture : 5/5

L'auteur nous explique d'où vient le projet du livre en postface...
"L'année où j'ai commencé à écrire ce livre, je louais un appartement dont l'une des pièces m'était interdite par les propriétaires. Ce qu'il y avait à l'intérieur, je ne le savais pas. Elle était fermée à clé.
De cette pièce inhabitée (ou habitée par autre chose), et tandis que je vivais autour d'elle, un questionnement a surgi. Que signifie
habiter un lieu ? S'installer dans un lieu qui appartient à quelqu'un d'autre ? Que symbolise cette porte fermée sur un espace intouchable ?"

Ce livre est le cinquième titre de la collection "déplacements" dirigée par François Bon, éd. du Seuil, 13€

Voici un
livres, critiques citations et bibliothèques en ligne sur Babelio.com et je tenais particulièrement à remercier ici Babélio et Guillaume pour me l'avoir gentiment envoyé suite à la défection étonnante des éditions du Seuil.

Une belle critique également sur Ligne de fuite et d'autres échos...

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24 mars 2008

Leslie Kaplan

"la littérature ça n'est pas raconter sa vie
comme les émissions
soi-disant littéraires
de la télévision
voudraient le faire croire
la littérature c'est penser, essayer, avec des mots
c'est une recherche, concrète, vivante
avec des personnages,
qui sont toujours des porte-questions,
avec des histoires, des récits,
avec des lieux
avec de l'espace, avec du temps
la littérature, c'est :
"quelque chose se passe, et alors, quoi ?"
c'est à l'intérieur du réel le plus réel
trouver, creuser, inventer, de l'ouvert
de l'écart
du décalage
du jeu
du possible
c'est entrer en contact avec le monde"

Extrait de "Les mots, qu'est-ce que c'est ?" - à lire en intégralité ici

Sur Leslie Kaplan : http://remue.net/cont/kaplan.html - http://www.inventaire-invention.com/index_auteurs/kaplan.htm - http://www.pol-editeur.fr/catalogue/ficheauteur.asp?num=104

J'ai lu Les amants de Marie, Folio

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