paulineCe récit commence par l'évocation d'une anecdote : Alexandre Dumas effectue un voyage en Suisse et rencontre un ami, Alfred de Nerval, accompagné d'une mystérieuse jeune femme voilée. De fil en aiguille, nous apprenons l'histoire de cette femme, son mariage malheureux avec un homme cachant un secret terrible et cet amour unique, pudique, qui prend racine dans la fuite et s'épanouit dans la confiance.

J'ai tout d'abord cru, dès les premières pages, qu'on nous parlait ici de Gérard de Nerval, mais le personnage de ce roman est bien entendu fictif, et se prénomme Alfred (je suis heureuse d'avoir pour cela choisi la version annotée très intéressante). Une fois dirigée dans la bonne direction, ma lecture a été très plaisante, heureuse finalement, de retrouver, le temps d'un roman, ce style un peu désuet souvent lu auparavant.
Nous connaissons dès les premiers paragraphes l'épilogue de l'histoire : Pauline est morte et Alfred de Nerval souffre encore de la perte de cet amour.
Les différents récits (Alexandre, Alfred de Nerval, Pauline) ménagent tout de même un suspens évident car plusieurs énigmes irrésolues trouvent leur éclaircissement au fur et à mesure des chapitres.
Plusieurs thèmes et situations de Pauline rappellent inmanquablements quelques traits du futur chef-d'oeuvre de l'auteur : Le comte de Monte-Cristo, un de mes romans préférés. On pâlit beaucoup, on s'échange des billets, on parle d'honneur, de vengeance, de secrets, d'amour et de crimes.
Je qualifierai ce roman, considéré comme un roman gothique (mystères, meurtres et châteaux en ruines oblige), et première véritable oeuvre romanesque de l'auteur, de petit régal délicieux et je vous invite à le  découvrir à votre tour !!

Extrait : "Tous deux avions le coeur si plein de nos pensées, que nous demeurâmes ainsi sans nous adresser la parole. J'avais laissé retomber ma tête sur ma poitrine, et je songeais avec étonnement à cette suite d'aventures étranges qui venaient de commencer pour moi, et dont la chaîne allait probablement s'étendre dans l'avenir. Je brûlais de savoir par quelle suite d'évènements la comtesse de Beuzeval, jeune, riche, aimée en apparence de son mari, en était arrivée à attendre, dans un des caveaux d'une abbaye en ruine, la mort à laquelle je l'avais arrachée. Dans quel but et pour quel résultat son mari avait-il fait courir le bruit de sa mort et exposé sur le lit mortuaire une étrangère à sa place ?"

bouton3    Note de lecture : 3/5 (parce que ce n'est tout de même pas Le Comte de Monte-Christo)

Un texte lu dans le cadre du  blogoclub

Les autres avis : Sylire, Lisa (vous y trouverez des liens vers les autres avis de lecture du blogoclub), Karine, Gambadou, Cathe, Jumy, Arlette, Florinette, ...