03 mai 2008

Des gourmandises sur l'étagère, Françoise Moreau

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Un jeudi de pluie, Marie-Gabrielle et sa fille, Berthe, sont ensemble dans la cuisine. Elles préparent des moules, "le beurre grésille avec l'oignon, le thym et le laurier dans la marmitte chauffée à vif. Marie-Gabrielle y jette les moules. Les coques résistent, gémissent, s'ouvrent dans un spasme. Leur chair jaune est nue. Et le cri de la moule sous la brûlure déchire les tympans de Berthe. Elle se bouche les oreilles à deux mains. Elle hurle pour ne plus entendre. Un cri assourdissant, impuissant. Une crise nerveuse impossible à calmer." Berthe, alors, refuse de s'alimenter, devient maigre, aussi maigre que ses parents deviennent gros et gourmets...

heart J'ai été prise par surprise par ce court roman - presque une nouvelle - qui parle du plaisir et du refus de manger. Car en effet, malgré un style que j'ai trouvé trop riche à mon goût au tout début - garni d'adjectifs - je me suis laissée prendre par l'affection maladroite de ce couple, incapables d'enrayer la maigreur de leur fille et son dégoût, impuissants aussi devant son départ. La constance de leur amour fera des miracles, et je vous dirais que tout cela est beau, vraiment beau, et que ce serait dommage de ne pas goûter à ces mots là... vraiment dommage !

Un petit extrait : "C'est là que la fille sur la couverture de Tendance lui décroche le coeur. Une créature de fil de fer. Une forme évanescente à peine épaissie de tissu léger et gris. Les longues jambes nues repliées sous le menton. Cheveux en broussaille. Teint cadavre, blanc vampire. Bouche peinte en noir comme les ongles. Comme les yeux élargis, agrandis de cernes mauves. La mode en habit de parade sur la couverture de Tendance... Dix numéros sur le présentoir du marchand de journaux : Berthe Berthe Berthe Berthe Berthe Berthe Berthe Berthe Berthe Berthe."

Merci Anne pour cette bien jolie découverte !

La lecture de Bel Gazou, de Florinette, de Gawou, d'Anne, de Goelen, ...

bouton3 Note de lecture : 5/5 (parce que j'y pense encore !!)

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02 mai 2008

Je vous avais déjà parlé...

...de cela, dont j'étais plutôt fière !

MUZEEt bien, si vous lisez cela vous verrez que j'ai de quoi l'être encore un peu plus.

Manon m'a laissé un petit message via ce blog pour me dire qu'elle avait lu ma mini-nouvelle dans ce numéro de Muze ci-contre, et qu'elle en avait parlé sur son blog.

Je suis plutôt flattée d'avoir été ainsi repérée par une lectrice !

Merci Manon !
Profitez en pour faire un petit tour chez elle !

C'est par ici : http://moonsun.centerblog.net/

La page de Muze : http://profile.myspace.com/magazinemuze

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01 mai 2008

Antigone change de tête...

...il va falloir s'y faire.

Antigone       devient        Antigone

Cette couverture était demeurée la même depuis des lustres.
Apparemment, tout le théâtre d'Anouilh va paraître en format poche à la suite de ce titre. Et ça c'est une bonne nouvelle !

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Pauline, Alexandre Dumas

paulineCe récit commence par l'évocation d'une anecdote : Alexandre Dumas effectue un voyage en Suisse et rencontre un ami, Alfred de Nerval, accompagné d'une mystérieuse jeune femme voilée. De fil en aiguille, nous apprenons l'histoire de cette femme, son mariage malheureux avec un homme cachant un secret terrible et cet amour unique, pudique, qui prend racine dans la fuite et s'épanouit dans la confiance.

J'ai tout d'abord cru, dès les premières pages, qu'on nous parlait ici de Gérard de Nerval, mais le personnage de ce roman est bien entendu fictif, et se prénomme Alfred (je suis heureuse d'avoir pour cela choisi la version annotée très intéressante). Une fois dirigée dans la bonne direction, ma lecture a été très plaisante, heureuse finalement, de retrouver, le temps d'un roman, ce style un peu désuet souvent lu auparavant.
Nous connaissons dès les premiers paragraphes l'épilogue de l'histoire : Pauline est morte et Alfred de Nerval souffre encore de la perte de cet amour.
Les différents récits (Alexandre, Alfred de Nerval, Pauline) ménagent tout de même un suspens évident car plusieurs énigmes irrésolues trouvent leur éclaircissement au fur et à mesure des chapitres.
Plusieurs thèmes et situations de Pauline rappellent inmanquablements quelques traits du futur chef-d'oeuvre de l'auteur : Le comte de Monte-Cristo, un de mes romans préférés. On pâlit beaucoup, on s'échange des billets, on parle d'honneur, de vengeance, de secrets, d'amour et de crimes.
Je qualifierai ce roman, considéré comme un roman gothique (mystères, meurtres et châteaux en ruines oblige), et première véritable oeuvre romanesque de l'auteur, de petit régal délicieux et je vous invite à le  découvrir à votre tour !!

Extrait : "Tous deux avions le coeur si plein de nos pensées, que nous demeurâmes ainsi sans nous adresser la parole. J'avais laissé retomber ma tête sur ma poitrine, et je songeais avec étonnement à cette suite d'aventures étranges qui venaient de commencer pour moi, et dont la chaîne allait probablement s'étendre dans l'avenir. Je brûlais de savoir par quelle suite d'évènements la comtesse de Beuzeval, jeune, riche, aimée en apparence de son mari, en était arrivée à attendre, dans un des caveaux d'une abbaye en ruine, la mort à laquelle je l'avais arrachée. Dans quel but et pour quel résultat son mari avait-il fait courir le bruit de sa mort et exposé sur le lit mortuaire une étrangère à sa place ?"

bouton3    Note de lecture : 3/5 (parce que ce n'est tout de même pas Le Comte de Monte-Christo)

Un texte lu dans le cadre du  blogoclub

Les autres avis : Sylire, Lisa (vous y trouverez des liens vers les autres avis de lecture du blogoclub), Karine, Gambadou, Cathe, Jumy, Arlette, Florinette, ...

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