le_pianiste_de_triesteAnne, passionnée de musique, et à la tête d'une émission sur France Culture, se prépare à quitter la France pour la Palestine en compagnie de son amant Nicola, chanteur italien que son engagement conduit dans ce pays. Mais contre toute attente, ce dernier la quitte brutalement à la veille du départ, et lui suggère plutôt de se rendre en Bretagne, retrouver la maison de son enfance, qu'elle délaisse depuis des années. "Tu as une autre route à prendre : suis le cours de tes larmes jusqu'à la mer..." Effondrée, Anne obtempère malgré ses réticences, et retrouve le lieu où son père naturel, Guido Turatti, célèbre pianiste est décédé en 1946.
Renouant avec ses souvenirs, avec ses anciens amis, avec son passé, et avec cette figure paternelle à la fois proche, écrasante et mythique, qu'elle porte comme un fardeau, elle découvre finalement être également aux centre d'enjeux qui la dépasse.
Une partition originale de l'artiste dont tout le monde a perdu la trace attend quelque part qu'Anne la déniche...

Il y a de très beaux moments dans ce roman qui a le mérite de nouer intrigue, musique et héritage émotionnel. On se passionne pour la quête d'Anne, pour son histoire, pour la vie des personnages qui l'entourent, pour ce petit coin de Bretagne où la simplicité apparente des êtres cache des complexités plus profondes (on s'en doutait un peu). Ma lecture s'est, par instants, un peu emmêlée dans des digressions musicales que les mélomanes avertis vont sans doute grandement apprécier mais que je n'ai pu apréhender à leur juste valeur, faute de savoir adéquat (ce qui est un peu dommage).
Malgré cela, je conserve de ce livre, une fois les pages refermées, une impression de douceur indéniable qu'il serait dommage de ne pas goûter à votre tour !!

Un extrait (début du roman)...
"Parfois, j'ai peur de la musique, de toutes les musiques. Pas seulement des chansons de Nicola ou du piano de Guido Turatti. De tout ce qui résonne, à l'intérieur comme à l'extérieur de mon appartement. Le silence m'opresse, le moindre bruit m'agresse : le chant des oiseaux, le vrombissement d'une voiture manoeuvrant sous mes fenêtres, le martèlement rythmé des canalisations d'eau ou le calme bruissement d'une conversation entre deux passants. Tout me fait mal. Mon mal-être me fait honte, et plus encore mon impuissance à me lever : si j'allais jusqu'à ma chaîne stéréo pour dresser Schubert, Marianne Faithfull ou les chants du Radjasthan contre le vide, je resterais étrangère à leurs appels vers l'apaisement ou la révolte, la simplicité ou la grandeur, et mon incapacité à entrer avec eux dans l'enchantement ou le chaos du monde renforcerait cette souffrance intérieure qui me met hors d'atteinte, me sépare de tout, même de la musique. Je ne suis plus que rupture et déchirement. Encore une fois abandonnée.
Nicola est parti et m'a interdit de le rejoindre."

bouton3 Note de lecture : 3.5/5

Le blog de Aliette Armel, qui semble tout récent.

J'ai acheté ce roman ce jour-là après l'avoir noté chez Clarabel