10 septembre 2008

Un album dans la poche...

En prévision des vacances, j'avais fait une petite sélection d'albums poches, faciles à lire, colorés et pas trop chers. Comme mes enfants (3 et 7 ans) ont été enthousiasmés, je vous présente aujourd'hui celui-ci :

__quoi_r_vent_les_vaches

"Des vaches tranquilles et sans histoire vivaient dans un pré à côté de la voie ferrée. Elles aimaient regarder passer les trains. C'était leur seule distraction."

Oui, mais voilà, un beau matin les trains ne passent plus et nos vaches s'ennuient ferme. Jusqu'au jour où Gertrude, une de leur congénère, venue d'ailleurs, les rejoins dans leur prairie et leur parle d'un pré extraordinaire. Les vaches se mettent tout à coup à rêver...

[Si vous ne pouvez résister à la vue d'une vache qui se balance sur une balançoire ou glisse sur un toboggan, cet album est fait pour vous !!]

ISBN 978 2 278 06152 5 - 4.90 € - 2008

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09 septembre 2008

La marche du cavalier, Geneviève Brisac

lamarcheducavalier

"A partir d'une remarque de Vladimir Nabokov ("J'ai des préjugés contre toutes les femmes écrivains. Elles appartiennent à une autre catégorie", Ndlr) Geneviève Brisac interroge les formes que revêt l'écriture des femmes, les figures de leur style, et en décrypte le sens caché. De Karen Blixen à Virginia Woolf en passant par Jean Rhys, elle explore onze manières d'écrire - c'est-à-dire onze manières de penser et de sentir le monde." (extrait de la quatrième de couverture)

Il a été amusant pour moi de commencer ce livre, et je comprends Geneviève Brisac, sa colère: "J'écris ce livre sous le coup de la colère ou sous le coup du chagrin.". J'ai moi-même essayé, autrefois, sans doute mal conseillée, de bâtir un mémoire de maîtrise sur les écrits américains de Vladimir Nabokov. Après avoir lu tous ses livres, parcouru plusieures de ses interviews, j'ai fini par détester le personnage, malgré la qualité évidente de certains de ses romans, un auteur imbu de lui-même et macho à souhait. J'ai renoncé à mon mémoire, pour d'autres raisons, mais celle-ci ne fut pas la moindre, je n'avais plus d'attrait pour mon sujet...

Pour revenir à La marche du Cavalier, Geneviève Brisac semble s'inspirer ici du pamphlet célèbre de Virginia Woolf, Une chambre à soi (ce qui n'est guère étonnant), et nous parle de l'écriture au féminin, de ses auteurs fétiches (Jane Austen, Grace Paley, Flannery O'Connor, Rosetta Loy, Ludmila Oulistkaïa, Karen Blixen, Alice Munro, Sylvia Townsend Warner, Jean Rhys, Christa Wolf, etc), de la difficulté d'être femme et écrivain, et de ces phrases que la littérature porte depuis toujours en elle, ces phrases si masculines, des thèmes peu abordés en littérature, de l'enfant qui prend tant de place aux quotidien et si peu de place dans les pages de nos livres, etc...

Mais qu'est-ce donc que cette "marche du cavalier" ?
"L'oeuvre de Grace Paley est un commentaire constant de la phrase de Virginia Woolf : "Il faut inventer une phrase nouvelle, naturelle, et qui convienne aux manières d'être et de penser des femmes."
Une phrase assez souple et assez heurtée pour s'adapter aux mouvements lyriques de l'âme, aux ondulations de la rêverie, aux soubresauts de la conscience - comme disait Baudelaire -, qui prenne la forme naturelle de la pensée sans l'écraser ni la déformer. Un jour, il y a bien longtemps, on a renoncé aux corsets, aux jupes à paniers, aux chapeaux hauts de forme, aux cannes à pommeau doré, aux ombrelles, et aux cochets.
Marguerite Duras ou Nathalie Sarraute, par exemple, ont réfléchi à cela, et illustré cette phrase respirée autrement, cette oralité construite, cette nervosité sophistiquée, la "marche du cavalier", l'humour invisible qui donne envie de dire à leurs lectrices :"J'aurais pu écrire cela, c'est exactement les mots qui me manquaient."

Une lecture difficile à noter, hors cadre, que je recommande chaudement aux écrivains en herbe, au féminin, en parallèle avec Une chambre à soi !

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08 septembre 2008

Premier bilan

Même si les toutes premières lectures reçues pour le Prix Elle 2009 n'ont pas été totalement enthousiasmantes, à mon goût, voici un petit bilan et un classement provisoire de mes préférences à ce stade des critiques (pour lire les billets, vous pouvez cliquer sur les couvertures) :

Catégorie Roman   Catégorie Document          Catégorie Policier

despapillonssouslapluie         le_ch_teau_de_verre  heart        jusqu___ce_que_mort_s_ensuive 

A présent, je vous dis donc "à suivre"...

Rendez-vous début octobre, ici pour mes prochaines lectures, et dans ELLE pour le résultat des votes du jury d'octobre, dont je fais partie !! (Chouette !) Un extrait ici.

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07 septembre 2008

Jusqu'à ce que mort s'ensuive, Roger Martin

jusqu___ce_que_mort_s_ensuive

Douglas Bradley, jeune homme de la communauté noire d'Atlanta, ignore tout du passé, et de la famille de son père. Elevé dans une "certaine idée" de l'Amérique par un homme devenu cadre chez Coca-Cola, il est surpris lorsque la prestigieuse académie militaire de Colorado Springs refuse - contre toute attente - sa candidature, pourtant exemplaire. Menant l'enquête, il apprend bien vite qu'on lui cache depuis toujours l'existence d'une grand-mère et d'une tante, mais surtout la fin tragique de son grand-père paternel, pendu en France pendant la seconde guerre mondiale, et accusé de viol et d'agression sur une jeune normande...

Malgré quelques longueurs en début de récit, j'ai lu avec intérêt les aventures de ce jeune homme, parfois un peu naïf, souvent courageux, qui part en quête de vérité sur les traces d'un passé qu'il n'imaginait pas. Il nous permet de découvrir un autre "versant" de l'amérique, entre ségrégation et secrets d'Etat. J'ai, en fait, particulièrement aimé suivre Douglas Bradley en France, sur les lieux du débarquement des alliés, vision touchante des français et de leurs manies vus par un jeune américain. J'ai aimé craindre qu'il tombe aux mains du DIA. J'ai aimé ce roman d'aprentissage palpitant qui mêle faits réels et héros fictifs, avec dextérité. Il m'a laissé rêveuse... Il séduira très certainement les férus d'Histoire.

Un extrait (début du roman)...
"Il était quatre heures précises, ce matin du 14 août 1944, lorsque les pas retentirent dans le couloir de l'école primaire de Derville. Des pas lourds, pesants, d'hommes arrachés au sommeil pour une tâche qu'ils n'avaient pas choisie. Il avait fait anormalement chaud les trois derniers jours malgré une brise légère venue de la mer proche et l'atmophère ne s'était rafraîchie qu'aux dernières heures de la nuit. Etendu sur un lit de camp au coin avant gauche affaissé, le soldat en uniforme ne dormait pas. Vers dix heures, la veille, il était tombé comme une masse, assomé par l'alcool avalé d'un trait, cul sec comme on disait ici, au goulot de la petite bouteille pansue sans marque ni étiquette. Comment le maître d'école avait-il réussi à se faufiler dans l'obscurité jusqu'à la fenêtre pourvue de solides barreaux de fer pour lui faire passer, sans prononcer un mot cet alcool si différent du wisky auquel ils étaient tous habitués ? [...] Le vieil homme - c'est ainsi en tous les cas qu'il leur était apparu, vieux et amical - qui s'était adressé à eux dans leur langue le soir du bal, avait su en tout cas déjouer la surveillance des deux MP, les soldats de la police militaire, en faction devant la prison improvisée... Ce sommeil de brute avait été de courte durée."

bouton3 Note de lecture : 3.5/5

Un titre lu dans le cadre du Grand Prix des Lectrices BOOKPAGES 2009
Catégorie Policiers

ISBN 978 2 7491 0786 8 - 17 € - Mars 2008

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06 septembre 2008

Léo Ferré

       Madame,
                               Le bonheur ça n'est pas grand-chose
                               Madame,
                               C'est du chagrin qui se repose
                               Alors
                               Il ne faut pas le réveiller.

                                          (Paroles extraites de Le bonheur , et inscrites également en incipit du roman Fausse Veuve de Florence Ben Sadoun, mais de manière inversée, ce qui est étrange...c.a.d. le mot bonheur est mis à la place de chagrin et vice versa, ce qui change diamétralement le sens du propos, isn't it ?)

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05 septembre 2008

Le village de l'Allemand, Boualem Sansal

le_village_de_l_allemandUn journal, un récit, deux frères, les frères Schiller...
Plusieurs lieux, qui semblent se multiplier au fil du récit, mais principalement, un village en Algérie, une cité en lisière de Paris, Auschwitz.
De là vient la force de ce roman, sans doute, mélanger ce qui ne se mélange pas d'ordinaire.

Un jeune homme, Malrich, d'origine algérienne, vit dans une cité lugubre de région parisienne. Son frère aîné vient de se suicider dans son pavillon de banlieue et laisse derrière lui un journal. Dans ce journal Malrich apprend l'assassinat de ses parents dans leur petit village algérien mais aussi le passé de leur père, allemand de naissance. Il comprend ainsi le cheminement de Rachel vers la mort. Abasourdi de douleur, celui-ci s'est jeté sur les traces du passé, découvrant tardivement le rôle de son père dans l'extermination des juifs pendant la seconde guerre mondiale.

Ce récit apparement "basé sur une histoire authentique" remue des thèmes primordiaux - la mort, l'hérédité, le remord, la religion, la guerre. Pourtant, certains parallèles m'ont semblés bien audacieux et quelques bavardages moins passionnants que d'autres.
Voici tout de même un livre que j'ai pris plaisir à lire jusqu'au bout et qui donne sur l'histoire une vision nullement manichéenne, différente de celle dont on a l'habitude, ce qui est loin d'être inutile.

Un extrait (début du roman)...
"Cela fait six mois que Rachel est mort. Il avait trente-trois ans. Un jour, il y a deux années de cela, un truc s'est cassé dans sa tête, il s'est mis à courir entre la France, l'Algérie, l'Allemagne, l'Autriche, la Pologne, la Turquie, l'Egypte. Entre deux voyages, il lisait, il ruminait dans son coin, il écrivait, il délirait. Il a perdu la santé. Puis son travail. Puis la raison. Ophélie l'a quitté. Un soir, il s'est suicidé. C'était le 24 avril de cette année 1996, aux alentours de 23 heures."

bouton3 Note de lecture : 2.5/5

Un livre lu dans le cadre du grand prix des lectrices de BOOKPAGES 2009
Catégorie Roman

ISBN 978-2-07-078685-5 - 17€ - 01/2008

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04 septembre 2008

Instant

instantLe ciel bleu, rare,
Eblouissant.

Etonnante fraîcheur de nos doigts enlacés.

Vent contre mèches de cheveux.
Goût salé de tes lèvres.

Coton, laine, Soie.
Emmaillotement de draps.

Toi près de moi.

Attente du silence.
Attente de ce qui peut se passer après.
Après quoi ?

Tiédeur pure
De ton cou offert,
Concédé.

Infinie présence.

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03 septembre 2008

Le château de verre, Jeannette Walls

le_ch_teau_de_verreJeannette Walls aperçoit par hasard sa mère alors qu'elle se rend à une soirée mondaine à bord d'un taxi. Devenue clocharde, celle-ci est en train de fouiller les poubelles d'une rue de New-York, proche de l'endroit où se tient la réception vers laquelle se rend sa fille.
Paniquée et morte de honte, Jeannette Walls se cache.
Lourde du secret de ses origines, cette journaliste New-Yorkaise à présent reconnue, chroniqueuse de célébrités, choquée par sa réaction de rejet, décide de ne plus mentir. Elle se met à écrire son autobiographie. Elle raconte l'histoire de ses frère et soeurs, de ses parents, marginaux, fantaisistes, amoureux des arts et des lettres, des sciences et de la liberté. Elle parle de ce père qui rêve de se construire une maison de verre dans le désert et qui se noit dans l'alcool. Fuyant la misère, des phantasmes paranoïaques et de multiples créanciers, la famille Walls a parcouru l'Amérique, connaissant dès le plus jeune âge le froid, le danger et la faim, mais aussi la soif de s'en sortir.

heart J'ai abordé ce livre avec un esprit dubitatif. En quoi l'enfance d'une chroniqueuse New-Yorkaise allait-elle m'intéresser ? Il est écrit en prologue que Jeannette Walls, l'auteure, craignait que ce récit détruise sa carrière, oui, et bien, que m'importait ? Et puis, voilà, je me suis fait prendre comme une débutante, par les sentiments.
La lectrice que je suis a oscillé constamment au fil des pages entre le désir de prendre ce texte pour un roman et le rappel constant de la réalité des faits. Je suis ressortie de cette lecture bouleversée, admirative devant la capacité de ces enfants malmenés à réagir, et avec le sentiment d'en avoir peut-être appris un peu plus sur l'esprit humain et ses travers.

Un extrait...
"J'étais en feu. C'est mon premier souvenir. J'avais trois ans et nous vivions sur un terrain de caravaning, dans une ville du sud de l'Arizona dont je n'ai jamais su le nom. J'étais juchée sur une chaise devant le fourneau et portais une robe rose que ma grand-mère m'avait achetée. Le rose était ma couleur préférée. La jupe de la robe bouffait comme un tutu et j'adorais virevolter devant la glace en me disant que je ressemblais à une ballerine. Seulement, là, debout dans ma robe rose, je surveillais la cuisson des saucisses ; je les regardais gonfler et danser dans l'eau bouillante sous les rayons du soleil de fin de matinée qui filtraient par la fenêtre du minuscule coin cuisine de la caravane."

bouton3 Note de lecture : 5/5

Un livre lu dans le cadre du grand prix des lectrices de BOOKPAGES 2009
Catégorie Document

ISBN 978-2-221-09938-4 - 20€ - 01/2008

Gambadou a été gênée par l'aspect "voyeur" du récit

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02 septembre 2008

Catherine Soullard

lire_livre"ne pas être comme sa mère qui n'a même plus de formes, qui est toute rabougrie avec un ventre mou et des seins flasques qui pendent, ne pas être comme elle, éviter le destin, faire tout autrement, ne pas être trahie par son corps et sa tête, empêcher le naufrage, ne pas être écroulée comme un tas somnolent, la tête en avant, le menton dans le cou, quelques rares cheveux teints sur un crâne trop visible, les yeux verts extatiques et lavés qui s'éloignent, et des mains qui se creusent et se bombent et se nouent autour du poignet, vers le pouce, qui partent dans tous les sens parce que les doigts se tordent, ne pas être comme sa mère qui n'y voit plus grand chose, qui entend ce qu'elle veut, qui se lave mais qui sent, Vienna ne peut pas s'empêcher de lui dire, elle prend un grand plaisir à humilier sa mère, et dans ces moments-là, elle la hait d'être vieille, faible et moche, et puis d'obtempérer devant sa cruauté au lieu de se fâcher et de se rebeller, elle refuse de la voir en coupable baisser le nez, elle ne peut pas, elle voudrait qu'elle s'énerve, qu'elle l'engueule, qu'elle soit dure ou bien morte, mais non, cela est faux, cela n'est même pas vrai, non oh non surtout pas, qu'elle soit dure suffirait"

Extrait de Johnny

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01 septembre 2008

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