phare

Détruire les mots
Presser le silence
Au carrefour chaque visage et chaque phare
Menaceront la ville

Mais tu progresses
Invincible présence du poème

La nuit dans ma pensée tu entraînes la mer
L'ombre roule en labours paisibles
Se déploient les prairies les eaux

Que le ciel se descelle
La langue se délie
Le poème bat comme un coeur et je respire dans son souffle

Sur les chutes de neige ou de fruits riches
Sur les buissons de bourgeons et d'oiseaux
Qu'il étende l'éclair d'une cinquième saison.

Jeanine Mitaud (Départs, 1953)