toutes_ces_vies_qu_on_abandonneNous sommes en décembre 1918, l'armistice vient d'être signée, mais des hommes meurtris ne cessent de revenir du front. Claire, jeune novice, est là pour les accueillir, apaiser leurs souffrances. Parmi eux, un inconnu, recroquevillé sur lui-même ne semble pouvoir se réveiller.
Le professeur Tournier, chef du service de psychiatrie, confie le soldat aux soins de Claire. Celle-ci aura spontanément à coeur de ramener ce corps muet à la vie, par des soins attentifs et des massages progressifs. Le dialogue intérieur du jeune homme fera alors écho aux questionnements de la jeune femme, entre engagement et apprentissage du désir.

Attention émotion ! 
Tout en brossant pour nous un des pans de l'histoire des débuts de la psychiatrie, Virgnie Ollagnier raconte ici une belle histoire, celle d'une rencontre en huis clos entre un corps d'homme et une jeune femme, entrée en noviciat, qui doute de ses choix et se questionne.
Le personnage de Claire, orgueilleuse, impertinente et généreuse, est attachant. J'ai pioché beaucoup d'amour, d'amitié et de respect dans ce roman qui s'avère étonnament lumineux, malgré le sujet sombre. Je vous avoue avoir littéralement dévoré ce livre au titre évocateur, en quelques jours, heureuse de profiter d'une pause romanesque très agréable et bienvenue... Voici donc une lecture apaisante, qui se révèle vivifiante, et que je vous recommande chaudement !!

Un extrait...
"Elle marchait silencieusement sur la neige sale, respirant, calme, l'air glacé. Le visage de l'homme s'insinua sous ses paupières closes. "Je sais, tu es vivant... C'est justement cet espoir que tu portes que j'aime. C'est la violence de la vie que tu refuses, que je combats aussi, qui nous lie. C'est le renouveau, le printemps de tes yeux dans ce corps, saisi. J'ai envie de t'aider à revenir. J'aimerais que tu reviennes..."

bouton3 Note de lecture : 4,5/5

La lecture de Sylvie et celle de Sylire (décontenancée par le style)