04 décembre 2008

Andrée Chédid

terreetpo_sieTerre et poésie (extraits)

Vivre en poésie, ce n'est pas renoncer ; c'est se garder à la lisière de l'apparent et du réel, sachant qu'on ne pourra jamais réconcilier, ni circonscrire. [...]

Si la poésie n'a pas bouleversé notre vie, c'est qu'elle ne nous est rien. Apaisante ou traumatisante, elle doit marquer de son signe ; autrement, nous n'en avons connu que l'imposture. [...]

Il est vital pour le poète de lever des échos, et de le savoir. Nul mieux que lui ne s'accorde aux solitudes ; mais aussi, nul n'a plus besoin que sa terre soit visitée. [...]

La poésie - par des voies inégales et feutrées - nous mène vers la pointe du jour au pays de la première fois.  [1956]

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03 décembre 2008

Dope, Sara Gran

DOPEJoséphine s'en est sortie. Elle ne se drogue plus, ne se prostitue plus. Elle tente aujourd'hui, tant bien que mal, de reprendre le cours de sa vie. Ainsi, lorsque un couple lui propose, contre rémunération, de retrouver leur fille, Nadine, elle accepte, se glissant pour la première fois dans la peau d'une détective. Son atout, connaître le milieu dans lequel la jeune fille recherchée s'est perdue. Mais, revenir ainsi dans l'univers de ses addictions, reprendre contact avec ses anciennes fréquentations, ne sera pas sans conséquences...

Je vais paraître un peu dure, et dire que tout l'intérêt de ce roman tient dans sa jolie jaquette. Je crois qu'il est nécessaire de prendre le principe suivant : toujours se méfier d'un livre qui regorge de propos dithyrambiques sur sa couverture. Effectivement, et c'est en l'occurrence le cas, ce n'est guère bon signe. Pour être honnête, l'écriture est ici plutôt bonne et le personnage de Joséphine assez attachant, oui, mais il est évident que cela ne suffit pas toujours. Ce thriller dont l'intrigue se déroule dans les bas fonds de New York manque, pour mon goût, de rythme, de souffle et de suspens. Je me suis profondément ennuyée à sa lecture, et c'est bien dommage, car il aurait suffit d'un presque rien pour que ce livre soit, ainsi que le clame Bret easton Ellis en préambule, "intime, effrayant, magnifique !".

Un extrait...
"J'ai fait le tour jusqu'à ce que je tombe sur quelqu'un que je connaissais. Monte. Il était assis sur un banc à l'ombre d'un grand arbre en train de fumer une cigarette. Il portait un costume d'été marron clair avec quelques taches dessus et un chapeau à large rebord qui avait l'air d'avoir coiffé une bonne douzaine de types avant qu'il en hérite. Ça devait bien faire trois ans que je ne l'avais pas vu en personne, mais il avait l'air d'avoir pris trente ans depuis la dernière fois, et ce n'était pas un compliment. Il ne devait pas peser plus de quarante-cinq kilos. Il était dégarni, avait égaré une de ses incisives et arborait une nouvelle cicatrice près de l'oreille gauche, sans doute héritée d'une bagarre à l'arme blanche.
Monte, c'était mon mari."

bouton3 Note de lecture : 2.5/5

Un titre lu dans le cadre du Grand Prix des Lectrices BOOKPAGES 2009
Catégorie Policiers

ISBN 978 2 35584 012 8 - 15 € - Avril 2008

La lecture d'Anna Blume
Annie l'a trouvé trop fade

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02 décembre 2008

Le sapin

charlie Une chanson de Noël ?... Euh oui, enfin presque... surtout une mélodie de circonstance, par Charlie, à écouter par ici sur Son site My Space, ou juste en dessous, à votre convenance.
Mon morceau du moment, le matin, en voiture...
Bonne écoute, et bonne journée !!


Découvrez Charlie!

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01 décembre 2008

Les déferlantes, Claudie Gallay

les_d_ferlantesQui viendrait se réfugier à La Hague ? Là où les tempêtes arrachent les pensées, emportent les bateaux et les hommes ?
La narratrice de cette histoire est pourtant venue ici, chercher refuge, oublier l'homme qu'elle a tant aimé, et perdu, prendre du recul. Employée par le Centre ornithologique, elle compte les oiseaux, arpente une côte inhospitalière, rude et belle, qui apaise ses souvenirs.
Un jour, un homme vient troubler sa fragile quiétude, un homme qu'une vieille folle, Nan, prend pour un autre, et que Lili, la cafetière semble connaître, Lambert. Entre photos volées, paroles tues, et jouets retrouvés, une intrigue prend forme et se fortifie, jusqu'à briser des silences et raviver des colères...

heart Comment ne pas aimer ce livre ? Alors, oui, bien sûr, on y retrouve des ingrédients déjà lus dans Seule Venise, oui. Et bien, tant pis. Peu importe. C'est l'univers de Claudie Gallay, et on aime ça, c'est dit. Et puis, on les oublie très vite, ces redondances, au profit d'une histoire sauvage et forte, faite de secrets, de rencontres et de vent. Comment ne pas tomber amoureuse de l'engourdissement qui nous prend à la lecture de ce roman ? On marche près de la narratrice, on écoute avec ses oreilles les secrets du passé, on aime, avec elle, ces vieilles personnes qui radotent un peu, ces plus jeunes qui transpirent de rêves... On s'emmitoufle dans de vieux pulls qui sentent la poussière et l'hiver. On se tient chaud dans un café aux vitres embuées. On repeint sa chambre en vert Hopper et on attend, on attend que l'amour vienne à nouveau croiser notre chemin... On aime l'univers des déferlantes, et on en redemanderait bien, une autre bouffée, encore. Voilà, c'est dit...ça aussi.

Un extrait...
"Il s'est jeté dans l'eau comme une bête en colère. Je ne voyais rien de lui mais je l'entendais, sa respiration, son souffle pour lutter contre le froid, et le battement violent de ses bras qui fendaient l'eau. Etait-il nu ? Il s'était retourné, il m'avait dit, Vous ne venez pas ?
Personne ne se baignait jamais là. A part l'été, quelques habitués.
Son corps d'homme s'est mêlé à la nuit. Pris par la mer.
Son corps de vivant.
Il a disparu. J'ai attendu qu'il revienne, les genoux dans les mains. Sous mes doigts, les galets.
J'ai regardé les étoiles.
Il a nagé encore. L'eau était froide ici, bien plus froide qu'ailleurs.
Avait-il rendu visite à Théo ? Il m'avait dit qu'il voulait lui parler, mais l'avait-il fait ? Pourquoi s'attardait-il ainsi ?
Il est remonté vers moi, la chemise roulée à la main. Le pull anthracite à même la peau.
- Vous êtes allé nager loin...
J'ai senti son regard dans la nuit.
Dans la voiture, il a mis le chauffage à fond. Ses cheveux étaient mouillés.
- J'ai eu peur que nous ne reveniez pas.
Il a écarté les doigts. Il les a refermés. Il a fait ce geste plusieurs fois.
- Il fallait que je nage...
Il a allumé les phares et il a regardé la mer. Cette partie de nuit éclairée. Il a laissé rouler sa tête sur le côté.
Et il m'a regardée pour ne plus voir la mer."

bouton3 Note de lecture : 5/5

Un livre lu dans le cadre du grand prix des lectrices de BOOKPAGES 2009
Catégorie Roman

ISBN 978-2-8415-6934-2 - 21.50 € - 03/2008

Clarabel le dit, ce roman est magnifique !
Gawou a été envoûtée.
Une lecture plaisante pour Gambadou
Pour Sylvie, un livre fort, dense et sombre
Pour Cathulu, un livre précieux et nécessaire...et j'aime beaucoup ce qu'elle en dit.
Bellesahi a beaucoup aimé, beaucoup. Liliba et Leiloona aussi.

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