12 mai 2009

Chère Catherine...

Parce que en ce moment je navigue parmi des lettres (atelier de lecture, d'écriture...) et que tout cela donne envie d'en lire, d'en écrire et d'en recevoir...des lettres. Mais aussi parce que j'ai revu ce film dernièrement ("Une bouteille à la mer", avec des lettres, bien entendu, à l'intérieur des bouteilles), et qu'il m'a plu, de le revoir...voilà.

Allez, un petit moment "hors du temps", juste pour vous, aujourd'hui... Bonne journée !

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11 mai 2009

Antigone 256, Jacques Cassabois

antigone_256Ce titre des éditions Hachette Jeunesse est une petite curiosité à laquelle je n'ai pas pu résister...

Il s'agit cette fois-ci encore de la retranscription du mythe d'Antigone, mais ici sous forme de prose.
Jacques Cassabois se place dans la lignée de ses illustres prédecesseurs, vingt cinq siècles après sa création (seule explication que j'ai trouvée au nombre 256 étrangement accolé au prénom, en titre). Il cite notamment et en préambule Jean Anouilh, Bertolt Brecht, Jean Cocteau, Jacques Derrida, Eschyle, Euripide, Robert Garnier, Robert Graves, Goethe, Hegel, Hölderlin, Jung, Kierkegaard, Bernard-Henri Lévy, Conor O'Brien, Charles Maurras, Jean Racine, Karl Reinhart, Sophocle...mais semble oublier Henry Bauchau (?!).

"Deux frères s'affrontent et s'entretuent. L'un a le droit à des obsèques, l'autre est livré aux bêtes sauvages. Ainsi en a décidé leur oncle, le roi Créon. Mais leur soeur, Antigone, refuse cette loi. Elle se dresse, seule, fière, fragile. Antigone ! Fille d'Oedipe ! L'héritière ! La petite."

Bien évidemment, je n'ai rien appris de neuf en parcourant cette nouvelle version d'Antigone, et l'écriture de Jacques Cassabois m'a semblé relativement exempte d'émotions. Cependant, ce texte ne m'a pas pour autant laissée de marbre. Il a un intérêt, celui de bien expliquer les tenants et aboutissants du choix d'Antigone : permettre à Polynice de bénéficier des rites funéraires que son oncle lui refuse. Il met également en perspective la politique de dureté de Créon.
Thèbes est l'enjeu. La ville a été le théâtre de l'inceste d'Oedipe, de sa fuite, de la bataille fratricide des ses fils pour le pouvoir. Pour Créon, Thèbes a besoin d'un maître, à la poigne ferme, sans concessions. La tragédie s'accomplissant, il ne pourra que s'en mordre les doigts...

"Un piège...marmonne-t-il. Je suis tombé dans un piège. Vouloir l'ordre, le bien public, et se laisser entraîner, choix après choix, par fidélité à un projet, à répandre le désordre, jusqu'au chaos dans sa propre famille... Vanité de l'ordre... vanité des projets et des conquêtes... vanité suprême du bien... Gouverner, décider, imposer le respect des lois pour que vogue le navire de la cité... et payer son exigence avec son propre sang... vanité, vanité..."

J'ai été un peu surprise que l'affrontement entre Antigone et son oncle soit reproduit sur une très courte durée, et que ce soit Hémon, fiancé de l'héroïne, qui porte devant lui le drapeau de l'opposition, mais quelques scènes sont assez fortes et l'ensemble plutôt une bonne approche du mythe...

ISBN 978 2 01 201203 5 - 12€ - 08/07

Une lecture chez Ricochet-Jeunes - C'est un livre "non lu" pour Nulle et je comprends son énervement ;o) - Lionel Labosse en fait ici une lecture très érudite...et pointe du doigt quelques erreurs.

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10 mai 2009

Devant mes yeux

devant_tes_yeux

Plonger dans la nuit, dans ce bain mort du sommeil, et renaître au matin, ton prénom sur mes lèvres, tes yeux près des miens, en pensée.

La passion a ceci de fou, qu’elle n’existe pas en dehors de la douleur. Elle n’a sa place, dirait-on, que dans la tragédie, l’angoisse et le supplice. Moi, je voudrais t’aimer doucement.

Laisse- moi t’aimer… s’il te plaît.

Pierre écrivait ces lignes sur le carnet qu’il traînait avec lui depuis quelques semaines. Il avait trouvé ce moyen là pour calmer ses sentiments, leur donner un lieu raisonnable ou s’exprimer.
Il ne comprenait toujours pas comment tout cela lui était arrivé, à lui, ne pas parvenir à oublier un visage, une voix, toujours se maintenir au plus près du sillage de l’être aimé. Se détester d’être comme cela, en attente, se détester de ne rien oser.

Était-elle heureuse ? Il n’en était même pas certain. Il adorait sa manière de tourner la tête vers lui, de lui tendre des documents, de lui sourire. Il tentait de cacher ce qu’il ressentait pour elle en fuyant, toujours, le plus possible, son regard. A quoi bon ? Elle avait des enfants, son mari appelait chaque midi, et elle semblait si légère, si insouciante. Il aimait attraper du bout des doigts les éclats de soleil que son rire laissait dans son bureau lorsqu’elle passait lui proposer de déjeuner ensemble. Comment détruire ces petits moments de bonheur là par des révélations fracassantes ?

Pierre glissa le carnet dans la boîte à gants de sa voiture, respira bruyamment et s’extraya de son véhicule en soupirant encore, persuadé de vivre cette journée de la même manière qu’il avait vécu la précédente, sans difficultés apparentes mais avec une peine toujours plus lourde à porter le soir venu. Devrait-il finir par envisager un changement de poste ? Une mutation ? Faudrait-il en arriver là pour réussir à vivre enfin sans ce poids mort en lui ?

Estelle était là, devant lui, ses sandales claquaient dans le couloir.

Il lui prit le bras, légèrement, et elle se retourna, à peine surprise, lui plaquant rapidement un baiser sur chaque joue. Savait-elle ? Se doutait-elle ? Ce moment. Pour rien au monde, il ne l’aurait échangé, avec personne. Ce moment. Chaque jour. Chaque jour, sauf les week-ends et les jours fériés.

Son bureau, ses affaires, ses dossiers. Il arrivait à faire abstraction de la présence d’Estelle à quelques pas de lui en se plongeant dans des chiffres et des tableaux. Il avait cette faculté là, heureusement, de réussir à se plonger dans le travail, comme dans le sommeil, sans réfléchir, une masse.

Mais cette journée n’était pas semblable à toutes les autres, il aurait dû s’en douter.


Il entendit juste de grands cris affreux derrière sa porte fermée - il releva la tête - et puis son cri… à elle.

© Les écrits d'Antigone - 2009

Un écrit largement inspiré de ce film là...ou plutôt "sous effet" de ce film là... Un écrit qui aurait besoin d'une suite, mais je ne sais pas...peut-être pas, comme d'habitude.

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09 mai 2009

Seize nouvelles

SEIZENOUVELLESCe recueil de "nouvelles", ou plutôt textes courts, a été édité à l'occasion des dix ans du Prix Wepler-Fondation la Poste, chez les éditions Thierry Magnier.
Lié a la création de la librairie des Abbesses à Paris, le "Prix Wepler-Fondation la Poste" vise à offrir à des auteurs contemporains une renaissance et une visibilité que l'instigatrice du projet considère comme figée par les autres prix littéraires.

Ce prix ne vous dit sans doute pas grand chose mais sachez que le dernier a été attribué à Emmanuelle Pagano pour Les mains gamines et qu'il y a du beau monde dans ce petit livre, tous primés un jour : Thierry Beinstingel, François Bon, Eric Chevillard, Florence Delaporte, Louise Desbrusses, Brigitte Giraud, Pavel Hak, Hélèna Marienské, Laurent Mauvignier, Marcel Moreau, Richard Morgiève, Yves pagès, Olivia Rosenthal, Alain Satgé, Vincent de Swarte, Antoine Volodine.

J'ai lu ce petit ouvrage coloré, et joliment illustré, avec curiosité et force a été de constater que les textes édités sont de qualité relativement inégales. Il ne faut pas s'attendre à y trouver "des nouvelles" à proprement parler mais plutôt des réponses à un défi, ou à une commande, celle d'une "recette secrète" à dévoiler. Chacun a donné sa version du thème, comme dans un atelier d'écriture. On peut les imaginer tous réunis autour d'une table... Les résultats sont souvent plutôt amusants. Une mention spéciale pour le texte d'Olivia Rosenthal que je vais reproduire ci-dessous, qui m'a beaucoup plu, et pour celui de Vincent de Swarte, intitulé "je suis mort", très fort en émotions.

"Recette pour ne pas

Pour ne pas, c'est très simple. Il suffit de. On peut s'en tenir là. Il faut se. Mais pas trop toutefois. Sinon, ça prêterait à. On pourrait être qualifié de. Si du moins on. Donc ne pas. Se réjouir. Ne pas. Courir. S'élancer. Ne pas briser. Garder sa place. Son calme. Etre furieux mais dans l'ordre. Ne pas. Faire de vague. Ne pas. Prendre le large. Ne pas. Rugir. Suffoquer. Ne pas attirer les regards. Ne pas bousculer. Ne se fier à personne. Sourire. Ne pas s'énerver. On pourrait être contraint de. Ne pas. rester uniforme. Seul. Très. Lisse. Très. Dur. Très opaque. Impénétrable. Absent. Ne pas s'adonner à. Ne pas désirer. On pourrait vous le. Ne pas. Ne pas s'exposer. Etre constant. D'une constance à toute épreuvve. Et presque sans limite. Presque. Mais toutefois ne pas. Etre poli. Ne pas. Donner prise. Ne pas. Penser. Parler. Eprouver. Ne pas posséder. Trop dangereux. Etre non violent. Ne pas. S'éloigner. Ne pas y croire. Ne pas. S'aventurer. Les autres en profiteraient pour. Ils s'accrocheraient à. Ils auraient raison de. Vous seriez foutu. Ne pas. Ne pas leur donner raison. Faire en sorte que. Ne pas. Etre là. Ne pas. Demander. Ne pas. Dire je voudrais. Dire je souhaiterais. Dire je préfèrerais. Dire je pourrais. Ne pas préférer. Ne pas souhaiter. Ne pas vouloir. Ne pas pouvoir. Ne pas manquer. Ne pas avoir. Ne pas espérer. N'être pour rien. Pour personne. Pas même pour soi. Ne pas."

ISBN 978 2 84420 705 0 - 13€ - 2008

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08 mai 2009

La vie devant ses yeux - DVD

laviedevantsesyeux

"Briar Hill, une paisible banlieue du Connecticut, fut autrefois bouleversée par un terrible drame : un étudiant perdit la raison et tua une quinzaine de ses camarades de classe... Quinze ans plus tard, Diana semble avoir surmonté cette tragédie. Son mari Paul, qu'elle a connu au lycée, est devenu professeur de beaux-arts à l'université. Sa fille Emma n'en finit pas de grandir et semble avoir hérité du caractère marqué de sa mère. Diana a théoriquement tout pour être heureuse. Sa vie semble épanouie et seule l'ombre de la tragédie l'obsède encore. En ce temps-là, elle était amie avec Maureen. Elles étaient ensemble lorsque le drame s'est produit, elles étaient sur place lorsque leur camarade est devenu fou. La tragédie avait fait la une des journaux. Pourtant, tout n'a pas été dit... Derrière cette affaire se cache un secret qui depuis ronge sa vie..." (allociné)

Ne vous laissez surtout pas influencer par le thème de ce film qui peut paraître un peu sanglant. Ce serait passer à côté d'un scénario efficace où le drame qui se joue et se rejoue sans cesse dans l'esprit de Diana, n'est que le prétexte. On nous parle ici de l'adolescence, de l'amitié, des choix de vie, de la culpabilité, de ce que l'on transmet à ses enfants, de ce que l'on peut changer - ou pas - dans le destin d'une vie. Ce n'est pas un thriller, un drame psychologique oui peut-être, mais surtout une fresque onirique très belle qui m'a personnellement beaucoup marquée !

La Vie devant ses yeux est adapté du livre homonyme de Laura Kasischke.

Plus d'infos sur ce film

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07 mai 2009

Laver les ombres, Jeanne Benameur

laver_les_ombresDécidément, me voici en ce moment -et ce depuis Café Viennois - dans des lectures qui mettent en avant des relations mères-filles idéales...mais aussi des moments de communions féminines intenses - à l'instar également du Coeur cousu, lu plus tôt.

Dans ce roman-ci, le personnage principal, Léa, danse.
Perfection des mouvements, maîtrise des muscles...elle jette tout dans une exigence du corps qui l'éloigne du reste, de son enfance, mais aussi de ces histoires d'amour dans lesquelles elle n'arrive jamais à se perdre... En pleine tempête, elle fuit l'homme qui l'aime et part retrouver la femme qui l'a mise au monde. " Sa mère a murmuré [au téléphone] qu'elle avait des choses, importantes, à lui dire". Léa veut savoir, mais elle ne se doute pas du pouvoir des mots...

"Romilda se tait. La vieille dame se lève, sans rien regarder. Elle marche les yeux à terre, va à la cuisinière. Elle a fait du pain. C'est un rituel de bienvenue entre elles deux. Pourtant elle ne savait pas que sa petite viendrait.
Elle ne se doutait pas quand elle pétrissait la pâte que c'est ce soir qu'elle parlerait.
Dire tout ? à son propre enfant ?
Le coeur est déjà empesé. Depuis si longtemps. Comment laisser des mots rassembler la honte ?
Comment une langue peut-elle articuler ce qui pèse ce qui broie ?
Le souffle de la parole peut-il donner forme à la mort ?"

Ce roman de Jeanne Benameur m'a touché. J'ai envié ce qui lie Léa à Romilda, cette compassion qui les jette l'une contre l'autre dans la tempête, cet amour sans jugement, ce pansement mis si aisément sur le passé. Cependant, avoir lu ce livre là après Le coeur cousu, lui a valu une lecture plus mitigée de ma part qu'elle ne l'aurait sans doute été par ailleurs... J'avais envie de plus...plus d'émotions, de sentiments et plus de péripéties !! Deviendrais-je bien exigeante ?
Et pourtant, ce livre là est encore un roman, dense de féminité, à se transmettre sans réfléchir de main en main...féminine.

bouton3 Note de lecture : 4/5

ISBN 978 2 7427 7701 3 - 15€ - AOUT 08

Lu dans le cadre du  prix_biblioblog_2009 - La lecture de Yohan sur le site

Des lectrices en pagaille : Lily, Sylire, Clarabel, Alice, Bellesahi, Leiloona, ...

J'avais lu, du même auteur, Présent ?

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06 mai 2009

De retour par ici...

...avec le DVD de Séraphine, que m'a gentiment prêté Aifelle. Merci !

On a déjà tellement parlé de ce film un peu partout, sur vos blogs, de cette peintre, que je me demande ce que je pourrai en dire de plus aujourd'hui ? J'ai ressenti en regardant cet opus, justement primé, beaucoup d'émotions, des envies de retour vers ce qu'il y a d'essentiel dans la vie, des envies d'écrire plus, d'y mettre plus de temps et d'énergie...car peindre je ne sais pas !
Les acteurs, les photographies, tout est beau dans ce moment de cinéma là... La fin tragique de Séraphine est édulcorée - ce qui m'a surprise - mais c'est sans doute mieux ainsi...cette chaise, sous cet arbre.
A voir, oui, bien-sûr, si ce n'est pas déjà fait !

Un extrait...

Plus d'infos sur ce film

Ma lecture du livre de Françoise Cloarec

(Merci à vous, pour tous vos petits mots laissés en mon absence !
Lorsque la fatigue se fait sentir, le manque d'attention récurrent, le plaisir moins évident, je préfère m'éclipser quelques temps... Mais ce n'est que pour mieux revenir...!
Heureuse de vous retrouver ;o).)

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01 mai 2009

Une petite pause...

femmelivre_t_...se révèle nécessaire en ce début de mois de mai. Il n'y aura pas de billet ici pour le blogoclub aujourd'hui. Je n'ai pas réussi à me procurer le Carlos Fuentes, et je n'étais pas certaine finalement d'avoir réellement envie de le lire.

J'éprouve aussi parfois le besoin de me recentrer, d'éviter l'overdose du net, de prendre mon temps, de laisser filer mes rêves et ma vie, à son rythme naturel.

Ce ne sera affaire que de quelques jours (je reste disponible sur ma messagerie)...à très bientôt !!

Et bon 1er mai à tous !!!

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