laine...parce que parfois, voilà, cela m'arrive, je suis toute emmêlée.
Je ne sais pas vraiment pourquoi, sans doute le tricot de ma vie que j'ai oublié de tourner régulièrement - un rang à l'envers, un rang à l'endroit - ou bien mon quotidien qui, tel ou balle, s'est glissé sous un meuble, par le jeu innocent d'un chaton inconstant.
Les fils se croisent, les noeuds se forment et tout devient un tel fouillis indescriptible que même la plus courageuse des tricoteuses ne saurait demmêler cet amas.
Quelle idée aussi que de penser faire de ses journées un jacquard toujours parfait, délicat, précis. On le sait, il faut aussi soigner ses arrières, passer une pelote sous une autre, croiser les fils, apprendre les bons gestes, la patience.
Lorsque je suis ainsi, nouée, j'ai besoin de poser mon ouvrage quelques temps, de prendre chaque couleur, chaque pelote une à une, de leur rendre leur place ; de mettre à plat mon tricot.
Ensuite, assez vite, tout devient plus paisible, le plaisir renaît. Je reprends mes points à l'endroit précis où je m'étais arrêtée. Je reviens.