31 octobre 2009

Les Vies privées de Pippa Lee, Rebecca Miller

lesviespriv_esdepippalee"Croyait-elle vraiment ce qu'elle disait, que le mariage était une question de volonté ? Oui, réalisa-t-elle avec tristesse, elle le croyait. Après tout ce que Herb et elle avaient traversé ensemble, après tout ce qu'ils avaient perdu pour être l'un avec l'autre (jusqu'à leur âme, peut-être), le mariage se retrouvait être une question de volonté. Cela lui donna envie de déchiqueter le présent insipide, de faire revenir en elle le passé intense, de le dévorer comme un ours fait une razzia dans les provisions d'un campeur. Elle avait envie de sortir en courant du restaurant, d'aller retrouver Herb pour l'embrasser à pleine bouche (elle imaginait son air surpris, abasourdi, lorsqu'elle se jetterait sur lui), d'éclater en larmes, de hurler même - de lâcher enfin prise. Au lieu de cela, elle attendit son sandwich au homard le sourire aux lèvres, en se demandant si elle n'était pas au bord d'une dépression très tranquille."

Pippa et Herb ont décidé de quitter New York et leur vie mondaine pour s'installer dans une luxueuse banlieue "pour vieux". Herb, octogénaire mais éditeur toujours en éveil, est devenu âgé dans le regard de sa femme, qui a une trentaine d'années de moins que lui. Cette installation dans une vie différente, rangée, proche de la mort, perturbe Pippa au plus haut point. Pourtant, elle s'efforce d'être ce qu'elle a toujours semblé être, une épouse et une mère parfaite. Pourquoi a-t-elle donc tant de mal à franchir cette nouvelle étape ? Pourquoi a-t-elle soudain ce sentiment trouble que son passé la rattrappe et l'aspire ? N'est-ce pas simplement pour mieux se retrouver ?

Depuis ma lecture de Lune captive dans un oeil mort, je me doutais que toute installation dans une résidence pour retraités aisés avait des conséquences inattendues. Ici, la surprise ne vient pas seulement du présent, ni des doutes et des phases de somnambulisme de Pippa, ni non plus de l'écriture de l'auteure. Non, l'inattendu vient de l'émotion qui nous submerge, à nos dépends, lorsque le passé de l'héroïne est dévoilé, lorsque Pippa déroule pour nous dans une tranquille simplicité le désordre de sa vie antérieure.

Voici un roman au charme curieux qui laisse en mémoire des traces discrètes mais fermes, comme des petits cailloux, ou des galets ronds, disposés à intervalles réguliers sur le chemin de notre pensée. Il y est question des maux de l'amérique moderne, de la place de la femme dans cette société sclérosée, mais également de libre arbitre, de quête d'identité et de rébellion. Tout pour me plaire, n'est-ce pas ? Il m'a peut-être manqué d'être transportée par l'écriture pour m'en faire un véritable coup de coeur !! Mais, allez, si peu.

"Trish me regarda et eut un geste, un haussement d'épaules qui signifiait : "C'est comme ça, qu'est-ce que tu veux." Je lui lançai un sourire encourageant, l'air étonné.
"Tu vois, nous sommes deux moutons noirs, toi et moi", dit-elle avec un sourire, avant de laisser échapper un petit gloussement rauque et gras. C'était la chose la plus gentille, la plus rassurante que personne ne m'avait jamais dite. Je sentis que j'avais une place quelque part."

bouton3 Note de lecture : 4.5/5

ISBN 978 2 02 097880 4 - 21.50€ - octobre 2009

Un grand merci à Cathulu pour ce prêt savoureux ! Sa lecture - Un livre qui a emmené Cuné au bout de la nuit -

A noter qu'une version filmée sort le 11 novembre au cinéma...

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30 octobre 2009

Cela faisait longtemps...

Voici donc ce que j'aime écouter en voiture, en ce moment, à fond ! Green Day.
Et comme ils ont franchement une tête pas possible dans leur clip (punk attitude, non ?) et bien c'est sans. Juste les paroles, la voix et les "lyrics" comme ils disent, sur Youtube... Ca vous plait ?

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29 octobre 2009

Zéro tués, Régis de Sà Moreira

z_ro_tu_s"- Zéro tués.
- Hein ?
- Ah...excuse-moi, c'est Andres... Depuis qu'il a découvert que OK voulait dire "Zero killed", il ne peut plus s'empêcher !
- OK, zero killed... Ah ouais... Il a trouvé ça comment ?
- Une émission... A la télé, je crois.
- Andres regarde la télé ?"

Une corde, un homme pendu, nu. La scène est dressée, macabre, mais néanmoins absurde, presque drôle.
Une femme observe ce corps immobile, celui de l'homme qu'elle aime. Elle est recroquevillée dans un coin de la pièce où tout s'est déroulé. Elle songe à la manière dont une personne, irresponsable, a pu vendre sans scrupules cet ustensile de mort tout neuf à son amant, cette corde. Elle se fait livrer une pizza, elle nourrit le chat prénommé Shakespeare, elle attend.

Clara observe Joseph, ne comprend pas.

Puis, petit retour en arrière vers une ancienne dispute, une rupture douloureuse, de longues conversations téléphoniques nocturnes entre eux et le frère de Joseph, Andres, ainsi que Françoise, sa femme, à l'époque enceinte du huit mois... Pause sur le souvenir de leur dernière séparation.

"Bien plus tard, lorsqu'elle avait décidé de le quitter, elle s'était rappelée cette histoire de cornichons et avait eu l'impression de se quitter elle-même.
Ca n'avait pas été qu'une impression. Elle s'était quittée elle-même. Une fois de plus, elle avait échoué dans sa tentative d'exister dans deux endroits en même temps, mais cette fois-là, elle était restée avec lui au lieu de partir avec elle.
Pendant une longue période elle avait goûté et connu la joie d'être séparée d'elle, de vivre loin d'elle. Elle avait épuisé presque tous les verbes du permier groupe, et elle avait fini par se manquer.
Elle avait alors regardé un peu partout si elle y était et, ne se voyant nulle part, elle était rentrée."

Il s'agit de ne rien tenter, de ne surtout pas mettre ses idées dans le bon ordre lorsque l'on ouvre ce "roman" de Régis de Sà Moreira. Nous sommes dans la caricature décalée et le féérique désabusé. Voilà tout. Dans l'absurde. Au théâtre. Et le plaisir de lecture naît, encore une fois, de ce contraste étrange entre le réel, entre ce que l'on comprend de l'errance des personnages, de leurs motivations, et cette fable sous-jacente qui jalonne et transporte le récit. Et si Joseph, - dit cet homme qui ressemble à Dieu -, était d'une espèce à part, de celles qui ont compris l'évidence ? Que parfois l'amour ne suffit pas.

J'avais aimé, beaucoup, du même auteur Le libraire (2004), un peu moins son Mari et femme (sorti en 2008), plus conventionnel. J'ai retrouvé ici la même voix qui m'avait déjà plu au préalable,  avec peut-être de la dureté en plus, ou de la poésie en moins. Mais la philosophie reste la même. Rien de ce que l'on fait n'est absurde, seul compte le sens, et il nous appartient.

A tenter, vraiment, pour ceux qui aiment également le genre...et à prendre au second degré, cela s'entend.

bouton3  Note de lecture : 4/5

ISBN 978 2 253 12238 8 - 5.50€ - Le livre de Poche
(Au Diable Vauvert - 2002)

Le mot de l'éditeur... "C'est une fable merveilleuse où l'on trouve Dieu, aujourd'hui sage et repenti, une famille, des villes, des téléphones, de l'alcool, des cigarettes, le Paradis, des humains d'une tendresse rédemptrice, de la musique hawaïenne, des cordes pour se pendre... et peut-être une leçon de bonheur."

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28 octobre 2009

Eluard

bobinesLe front aux vitres comme font les veilleurs de chagrin
Ciel dont j'ai dépassé la nuit
Plaines toutes petites dans mes mains ouvertes
Dans leur double horizon inerte indifférent
Le front aux vitres comme font les veilleurs de chagrin
Je te cherche par-delà l'attente
Par-delà moi-même
Et je ne sais plus tant je t'aime
Lequel de nous deux est absent.

Extrait de L'amour La poésie - 1929

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27 octobre 2009

Mademoiselle Chambon...au cinéma

mademoiselle_chambon

Jean est un maçon sans histoires, un homme marié, le père d'un jeune garçon, mais également un fils respectueux, prenant soin avec ferveur de son père âgé.
Dans sa vie, le quotidien se déroule sans à-coups, sans grandes émotions non plus. Un jour, alors que sa femme est alitée, il rencontre Mademoiselle Chambon, l'institutrice de son fils. Elle lui demande de l'aide pour des travaux. Il se rend chez elle et ils se croisent, dans le silence, par le regard. Ils vont se heurter assez vite à l'évidence de leurs sentiments.

Il n'est pas si facile de parler de ce film peu bavard car tout se tient dans le jeu subtil des acteurs, dans leur capacité à exprimer des émotions via le durcissement de leurs pupilles, le relâchement de leurs traits ou ces larmes qui coulent en silence soudain sur leurs joues.
J'ai aimé la simplicité des décors, réalistes ; la qualité de ce moment de cinéma, lent, doux, fragile, et terriblement émouvant.
Je gardais un souvenir très précieux du roman de Eric Holder. Ce film en est une adaptation plutôt réussie et un hommage délicat. A voir, et à revoir.

Je vous livre un extrait d'un article de l'hebdo ELLE, qui m'avait intrigué, déjà...
"Un film modeste sur des gens modestes, qui n'ont pas grand chose à dire mais beaucoup à éprouver, peut-être plus émouvant que beaucoup d'oeuvres grand genre et virtuoses, dont on nous rebat les oreilles. Pas de grands effets dans "Mademoiselle Chambon" mais une attention aux personnages et aux acteurs telle que jamais Vincent Lindon n'a été aussi bon. [...] Il n'y a ni méchant ni idiote dans "Mademoiselle Chambon", les personnages sont à égalité et leurs émotions passent par la musique. Le mélo pointe, mais il n'y a pas de larmes. Et c'est en douceur que le spectateur ne s'aperçoit pas qu'il a franchi un interdit : s'identifier sans jugement moral à l'homme qui va peut-être quitter sa femme alors qu'elle est enceinte."
Anne DIATKINE, 9/10/2009

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25 octobre 2009

Un tag à livres !!

Une mission que m'ont confié Theoma et Emmyne, depuis un certain temps. Et je dis merci, si si. ;o)

Où on me questionne sur mes lectures, sur mes livres fétiches, et sur ceux que j'aime moins ...

A quel livre dois-tu ton premier souvenir de lecture ?

treize___la_douzaine     belles_histoires_bout__du_banc_69    Le Pêcheur d'oiseaux    

Oh là là, j'ai le sentiment de devoir traverser des multitudes de limbes effilochées de souvenirs avant d'arriver jusqu'à ce livre premier. Et tout cela donne un résutat finalement un peu flou, approximatif. Bon, réfléchissons. Je me souviens de Treize à la douzaine que j'aimais beaucoup, Des histoires du bout du banc en bibliothèque rose, mais avant tout, peut-être du Pêcheur d'oiseau, un J'aime lire qui m'avait tant marqué que j'en rêvais la nuit, et dont j'ai retrouvé un exemplaire, à l'état neuf, un beau jour, dans la salle d'attente de mon médecin. Je l'ai lu à mon fils, et cet instant était iréel, étrange et assez émouvant, car l'histoire lui a plu, à lui aussi. Malheureusement, je l'ai laissé là bas, et la fois suivante, il n'y était plus.
(Mais il y en a bien d'autres, comme L'île au trésor de Stevenson par exemple.
)

Quel est le chef-d'œuvre «officiel» qui te gonfle ?

             

Sans doute Belle du seigneur d'Albert Cohen, parce que je l'ai lâché en cours de lecture...par incompréhension et ennui.
Quel classique absolu n'as-tu jamais lu ?
Oh, je n'ai jamais lu Le parfum de Suskind.
Quel est le livre, unanimement jugé mauvais, que tu as «honte» d'aimer ?
Peut-on avoir "honte" d'aimer un livre ? Cela dit, aucune idée.
Quel est le livre que tu as le sentiment d'être la seule à aimer ?
Aucune idée non plus.
Quel livre aimerais-tu faire découvrir au monde entier ?
Tous mes coups de coeur, car j'ai des enthousiastes très enthousiastes en général.
Quel livre ferais-tu lire à ton pire ennemi pour le torturer ?
Sans hésiter le Don Quichotte de Cervantes, les deux tomes, un horrible souvenir de torture livresque estudiantine...

Quel livre pourrais-tu lire et relire ?

anouilh      
Je lis et relis très souvent le Antigone d'Anouilh (que ceux qui sont surpris lèvent le doigt !) mais aussi Le prophète de Khalil Gibran.
Quel livre faut-il lire pour y découvrir un aspect essentiel de ta personnalité ?
Pas forcément un Antigone, au final, mais il me semble que mes enthousiasmes de lecture donnent une image assez précise de ma personnalité.

Quel livre t'a fait verser tes plus grosses larmes ?

enfamilleJ'ai beaucoup pleuré sur En famille, toute petite. Il est rare que je pleure aujourd'hui en lisant, j'ai grandi et mis de la distance. Cependant, cela n'empêche pas les frissons.
Quel livre t'a procuré ta plus forte émotion érotique ?
Dernièrement, La Mariée mise à nu.
Quel livre emporterais-tu sur une île déserte ?
Un recueil de poésie, celui du XXème chez Gallimard Poésies.
De quel livre attends-tu la parution avec la plus grande impatience ?
En ce moment, j'attends avec impatience le prochain Emmanuelle Pagano, qui devrait sortir bientôt, il me semble.
Quel est selon toi le film adapté d'un livre le plus réussi ?
Je viens de voir le film Mademoiselle Chambon au cinéma, une adaptation plutôt réussie du roman de Holder. Mais j'aime également terriblement Out of Africa, un chef d'oeuvre, non ? Pfff...je ne m'en lasse pas.

Je tague à mon tour Véro et Liliba

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24 octobre 2009

L'homme qui m'aimait tout bas, Eric Fottorino

l_hommequi"L'amour que je te porte à jamais est à la mesure de ma colère face à ce geste qui fait de moi un vivant à petit feu. Cet égoïste d'écrivain que je suis a vu disparaître son meilleur personnage."

Michel Fottorino a sa place dans tous les romans d'Eric Fottorino, son fils ; soit il apparaît derrière une figure paternelle de passage, soit il existe dans les gestes d'un personnage central (Un territoire fragile). Kinésithérapeute, possédant le don des mains qui apaisent, qui écoutent et qui soignent, il a donné naissance à Eric le jour où il lui a donné son nom, le jour où il a décidé de l'adopter, et d'ainsi devenir son père, officiellement, aux yeux de tous.

Seulement voilà, à l'aube d'une vieillesse sans doute redoutée, Michel s'est donné la mort dans sa voiture, dans une profonde solitude, inexplicable pour ceux qui l'ont aimé. C'est ce que Eric Fottorino essaye de comprendre dans ce témoignage, tous les pourquoi de ce geste fou, mais également les signes qu'il aurait dû ou pu voir, et qu'il n'a pas su.

Ce livre est un parallèle inattendu à ma précédente lecture (Mauvaise fille). Après l'hymne à la mère, voici donc l'hymne au père. Malgré mon respect pour le drame traversé par cette famille endeuillée, je dois malheureusement me rendre à l'évidence que littérairement parlant, la comparaison n'est pas en faveur de cette dernière lecture. Si Justine Levy m'avait convaincue via son autofiction, je suis restée très à côté de l'écriture et de la douleur d'Eric Fottorino, de son amour pour son père si charismatique. J'ai eu, pour le coup, l'impression d'être ici dans le voyeurisme, de rentrer dans l'intimité d'une famille qui n'est pas la mienne, et dont je n'ai rien à savoir, en tous les cas "pas tant".
De plus, ayant en son temps, littéralement adoré ma lecture d'
Un territoire fragile, j'ai eu le sentiment de ne pas retrouver dans les mots de l'auteur, cette fois-ci, le souffle qui m'avait jadis emporté dans son roman.
Une petite déception, en somme.

"Ses mains dont je sens encore la pression quand il raccordait mes muscles de cycliste ? Passé. Sa voix encore au creux de mon oreille, ses intonations joyeuses, ses mimiques ? Passé. Son sifflement quand il aspirait le café brûlant, ses yeux plissés ? Passé, passé. Le bruit de ses sabots qui claquent sur le carrelage ? Passé, passé, passé."

14863bouton3 Note de lecture : 3/5
ISBN 978 2 07 012463 3 - 15€ - avril 2009

Vos lectures... Pour Sylire, c'est un coup de coeur - Pour Jules aussi - Cathulu a également été touchée - Amanda s'est sentie indiscrète (ouf, je me sens moins seule !) - Et encore un beau billet sur "Enfin livre !"...

Ce roman est en lice pour le 22ème Prix Goncourt des Lycéens parmi 14 titres.

- Edem Awumey, Les pieds sales, Seuil
- Sorj Chalandon, La légende de nos pères, Grasset
- Daniel Cordier, Alias Caracalla, Gallimard
- David Foenkinos, La Délicatesse, Gallimard
- Eric Fottorino, L’homme qui m’aimait tout bas, Gallimard
- J-M. Guenassia, Le club des incorrigibles optimistes, Albin Michel
- Yannick Haenel, Jan Karski, Gallimard
- Justine Lévy, Mauvaise fille, Stock
- Laurent Mauvignier, Des hommes, Minuit
- Serge Mestre, La lumière et l’oubli, Denoël
- Marie Ndiaye , Trois femmes puissantes, Gallimard
- Véronique Ovaldé, Ce que je sais de Vera Candida, L’Olivier
- Jean-Philippe Toussaint, La vérité sur Marie, Minuit
- Delphine de Vigan, Les heures souterraines, JC Lattès

Créé en 1988, le Prix Goncourt des lycéens en est cette année à sa 22ème édition. Placé sous la houlette de l'Académie Goncourt, en partenariat avec le ministère de l'Education Nationale et de la Fnac, il propose aux lycéens de devenir jury. Les classes sont chargées de lire la même sélection que les académiciens Goncourt. L'objectif est d'encourager l'envie de lire, d'écrire, et de favoriser les échanges autour des livres. Un premier vote sera effectué dans les régions. Le prix sera attribué le lundi 9 novembre 2009, à Rennes.

Le blog du Prix - Le site du Prix

Grand merci aux organisateurs, encore une fois, pour cet envoi !

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19 octobre 2009

Une pause s'impose...

laine...parce que parfois, voilà, cela m'arrive, je suis toute emmêlée.
Je ne sais pas vraiment pourquoi, sans doute le tricot de ma vie que j'ai oublié de tourner régulièrement - un rang à l'envers, un rang à l'endroit - ou bien mon quotidien qui, tel ou balle, s'est glissé sous un meuble, par le jeu innocent d'un chaton inconstant.
Les fils se croisent, les noeuds se forment et tout devient un tel fouillis indescriptible que même la plus courageuse des tricoteuses ne saurait demmêler cet amas.
Quelle idée aussi que de penser faire de ses journées un jacquard toujours parfait, délicat, précis. On le sait, il faut aussi soigner ses arrières, passer une pelote sous une autre, croiser les fils, apprendre les bons gestes, la patience.
Lorsque je suis ainsi, nouée, j'ai besoin de poser mon ouvrage quelques temps, de prendre chaque couleur, chaque pelote une à une, de leur rendre leur place ; de mettre à plat mon tricot.
Ensuite, assez vite, tout devient plus paisible, le plaisir renaît. Je reprends mes points à l'endroit précis où je m'étais arrêtée. Je reviens. 

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17 octobre 2009

Portrait de LAL...

Mes_images9

...soit à ce jour 633 Livres A Lire notés.
Vous avez dit "n'importe quoi" ? Non ?
Ben moi, je me le dis, de temps en temps.
Cela dit, je raye, je grifouille, j'avance...;o) enfin, je crois (?!).

Par ailleurs, ma PAL (Pile A Lire) se porte bien, merci, elle n'a -en fait - maigris que de 3 livres. Une autre, secrète, officieuse, honteuse, une que je ne vous dévoilerai pas, a vu le jour sur une autre étagère...plus loin. Bien entendu, c'est par cette dernière que j'ai envie de commencer, pas par l'autre, déjà vieille, déjà moins tentante, attractive..forcément. Allez, gardons le cap, des pépites m'attendent, j'en suis certaine !!
Et vous, vous en êtes où de votre Objectif Pal ?
(Pour les petits curieux, un récapitulatif des blogs participants est en ligne [ici]. )

Bon samedi !!

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16 octobre 2009

Mauvaise fille, Justine Lévy (Rentrée littéraire 2009)

mauvaisefille"Elle croit que je suis sa mère. Ca me fait peur, cette confiance qu'elle met en moi. C'est pas normal, je me dis. Elle le croit vraiment, que je suis sa mère. Elle ne sait pas que je suis cinglée, mauvaise, une catastrophe ambulante, un bloc de culpabilité, une punition."

Louise est la fille d'une mère justine_levy_200pas vraiment attentionnée, voire même dangereuse, négligente. Combien de fois Louise s'est-elle retrouvée, dans son enfance, sans rien à manger, sans personne pour la conduire à l'école ? Combien de fois l'enfant qu'elle était alors a-t-elle retrouvé cette femme, censée être responsable d'elle, dans des états lamentables, saoule ou victime d'abus de toutes sortes ?
Et aujourd'hui, Alice, qui était si belle autrefois, la mère de Louise donc, est malade, victime d'une récidive de cancer, sur le point de mourir, et Louise est enceinte, Louise est sur le point de devenir mère, à son tour... Comment cela est-il possible ? Comment le lui dire ? Comment ne pas se sentir une mauvaise fille, d'ainsi oser porter la vie, d'ainsi oser la poursuivre, de proposer sans vergogne une vie pour une autre ?

Il est de notoriété publique que Justine Lévy pratique l'autofiction. Mais ce n'est pas ce que je recherchais dans ce livre, le voyeurisme, autant lire la presse people. Je voulais simplement découvrir une écriture dont j'avais entendu dire du bien, voilà tout. Et puis il y avait ce titre, qui me faisait de l'oeil, auquel j'avais envie de répondre.
Alors ? J'ai aimé, beaucoup, le ton, et la cadence d'écriture de cette toute jeune auteure qui ne se met pas en valeur, ne met pas de voiles sur sa nature profonde, se met à nue. J'ai aimé les questions qu'elle se pose, ses crises d'hystérie et sa manière d'être pudique, pour des broutilles, tout à coup. J'ai aimé son désarroi de porter la vie, et sa solitude, l'évidence d'être mère qu'elle ressent simplement, juste après l'accouchement.
Bien entendu, vous retrouverez dans ce livre la figure du père de Justine, étrange personnage, qui arrive toujours à point nommé, tel un chevalier un peu fantômatique, iréel - un appui trop souvent absent pour cette jeune femme si fragile. Vous retrouverez son compagnon, en futur père attentionné, vaguement inquiet, vaguement réconfortant. Mais là n'est pas le sujet.
Mauvaise fille est avant tout l'hymne d'amour d'une fille à sa mère, une mère imparfaite et déstabilisante, mais une mère tout de même, et un questionnement sur cette faculté que nous avons - en nous - de laisser la vie continuer, perdurer, fleurir, au-delà des disparitions.

"[...] comment je vais faire ? comment je vais lui donner ce que je n'ai pas eu ? est-ce que je sais, même, comment ça aime une mère, comme ça élève, comment ça gronde, comment ça punit, comment ça fait faire des devoirs, comment ça console d'un bobo ? J'ai les livres. Juste les livres."

14863bouton3 Note de lecture : 4/5
ISBN 978 2 234 05864 4 - 16.50€ - SEPT2009

Ce roman est en lice pour le 22ème Prix Goncourt des Lycéens parmi 14 titres. - Déjà lu dans cette liste... Ce que je sais de Vera Candida, de Véronique Ovaldé. - Le blog du Prix

Grand merci aux organisateurs pour l'envoi !

 

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