28 février 2010

Pas si loin de chez moi...

...la mer et la tempête ont brisé quelques vies. Je viens tout juste de l'apprendre, moi qui m'était lovée aujourd'hui à l'abri dans mon intérieur, loin des informations, dans mon monde.
Je n'ose imaginer la terreur ressentie, en pleine nuit.

temp_te

(L'article de Ouest-France)

Caranca propose de relayer les aides que vous voudriez apporter.

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Une plante fragile

fragileVoilà ce que je suis,
Une tige, un roseau.

Je me suis tellement vantée d'être, autrefois,
Celle qui toujours plie mais ne rompt pas.

Contre le vent, je me dresse.
De face,
Cambrée en avant.

Contre les tempêtes,
Je lutte.

Inchangée mais vidée de l'intérieur,
Comme soufflée de matière.
Me voici à présent,
Isolée et seule.

Les autres ont cessé la bagarre,
Changé de terrain de jeu.
Compris.
Pas fous, eux.

Mais me voilà prête à mon tour,
A passer l'annonce.

Je recherche,
Un jardinier.
Un qui saura m'extraire du lieu inconfortable,
Où je végète,
Pour délicatement me planter,
A l'abri, ailleurs.

Dans son jardin.

© Les écrits d'Antigone - 2010

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27 février 2010

Jusqu'à toi...en DVD

jusqu___toiLa vie amoureuse de Chloé est un désert. Il faut dire que la jeune fille est bourrée de phobies de toutes sortes. Voyager, téléphoner, effectuer des démarches est donc pour elle un calvaire. Heureusement, elle peut compter sur ses voisins, un couple qui oscille entre désir d'enfant et disputes, sur sa collègue qui profite d'elle et l'aide à la fois , et sur son loueur de DVD, fournisseur officiel de vies virtuelles dans lesquelles se projeter... Lorsque la valise de Jack, un américain en visite sur Paris, se retrouve par erreur entre ses mains, elle croit avoir enfin trouvé l'âme soeur. En effet, dans cette valise, elle découvre la présence de son livre de chevet à elle  Cent ans de solitude de Garcia Marquez, mais en version anglaise...voilà qui ne peut être tout à fait le fait du hasard.

Attention, voici un film à l'ambiance bien particulière... Et pourtant, il a un charme certain. En effet, comment résister à ses thèmes, à cette histoire de valises échangées, de désir de l'autre qu'on imagine semblable à soi ? Comment résister à l'amour ? Alors, même si certaines situations, ou personnages, sont véritablement un peu trop bizarres pour mon goût...on s'attache à la folie de Mélanie Laurent, à ses amitiés, à sa quête, et on oublie le reste.

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25 février 2010

Les femmes du braconnier, Claude Pujade-Renaud

lesfemmesdubraconnier"Un braconnier ? Dans mon poème, encore pataud et mal léché (il me fallait le travailler, aiguiser ses griffes), je désignais ce fauve qui me traquait par les termes de noir maraudeur. Chasseur animal ? Chasseur humain ? Je les mettais dans le même sac, ils m'angoissaient et m'attiraient. Mais je ne voulais pas être un trophée supplémentaire dans le tableau de chasse de ce Ted Hughes. Si nous devions nous rejoindre, je souhaitais que ce fût par la poésie."

Sylvia Plath rencontre Ted Hughes en 1956 à Cambridge. Tous les deux souhaitent se consacrer à la poésie et sont irrésistiblement attirés l'un par l'autre. Entre passion, création, puis vie de famille, ils mènent ensemble un chemin poétique hors du commun, habité par les figures mythiques du père, de la mère et de l'Allemagne pour l'une, et par un bestiaire fait de force et de puissance pour l'autre... Ils naviguent géograqhiquement entre Londres et leur maison du Devon, Court Green. Seulement, l'attirance de Ted Hughes pour une autre poétesse, Assia Wevill, mettra fin au couple Hughes, et Sylvia sera rattrapée par les ombres de son passé jusqu'à se donner la mort.

Moi qui ne suis guère attiréeheart par tout ce qui ressemble de près ou de loin à des histoires animalières, je suis rentrée à pas feutrés dans ce livre, happée par le nom de l'auteure et cette promesse d'y rencontrer Sylvia Plath. Bien m'en a pris, car progressivement, dès les premières pages passées, j'ai été prise d'une passion irrésistible pour cette histoire, vraie, d'amour, de poésie, d'enfantements et de mort.
Claude Pujade-Renaud nous conte son récit, l'histoire de ce trio amoureux déchiré, à l'aide de voix différentes, fragments de dialogues, lettres, contributions d'intimes, de voisins, et voilà qui donne à son livre une épaisseur, une couleur et un intérêt multiplié, tout en conservant une unité d'ensemble très agréable.
Je dois vous l'avouer, lire ce livre m'a bouleversée. Sans doute est-ce ce rapport à l'écriture, préservé malgré la présence des enfants ? Ou cette fragilité que Sylvia Plath conserve malgré le bonheur ? Ces pertes qu'elle ne parvient jamais vraiment à combler.
Claude Pujade-Renaud signe ici un roman magistral que je suis bien heureuse d'avoir lu.

tedhugues_and_sylviaplath  Assia_1

Ted Hughes/Sylvia Plath/Assia Wevill

bouton3 Note de lecture : 5/5
ISBN 978 2 7427 8849 1 - 21€ - JANVIER 2010

Grand grand merci à Cathulu qui range ce roman sur son étagère des essentiels !!! - Fashion n'est pas du tout convaincue - Papillon est déçue - Un roman "magnifique" pour Lily - Nous voici bien partagées...;o)

Du même auteur, sur ce blog, vous trouverez ici ma lecture de Belle-mère.

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24 février 2010

Où vont les histoires ?

Oui, où vont-elles ? ...

Où vont les histoires
En supposant qu’elles aillent quelque part
Où ça ?
Où vont les histoires
S’il n’y a plus personne pour y croire
Dis moi ?
Qui se souviendrait
Si tu m’oubliais ?

Après la vie..
Où vont les histoires ?
Vont-elles au risque de nous décevoir
Nulle part
Que sont les histoires
Sans poésie, sans beauté
Sans un soir …. d’espoir ?
Tous ces mois de mai
Moi je t’aimais

Ce que je suis contente de le réentendre chanter celui-ci.

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23 février 2010

Breakfast After Noon, Andi Watson

breakfastRob et Louise viennent d'être licenciés de l'usine de faïencerie dans laquelle ils travaillaient tous les deux, et ce juste quelques semaines avant la date prévue de leur mariage. Autant Louise décide de multiplier les démarches afin de remettre le pied à l'étrier, autant Rob s'enfonce, persuadé de n'être capable que d'assembler de la porcelaine...
Voilà qui va l'éloigner de ses amis, de sa famille et surtout de celle qu'il aime.

9782203372351_1

J'ai beaucoup apprécié dans cette BD la peinture réaliste de la situation, tellement d'actualité malheureusement, les silences, la difficulté de Rob de passer "à autre chose", compréhensible. Même si mon résumé donne une idée manichéenne des évènements, qui donnerait à Louise le beau ou le mauvais rôle, selon les avis, les personnages ne sont pas du tout grossièrement brossés ici. Dans cette histoire, il est permis de cesser de comprendre mais également de se tromper, voilà qui est drôlement optimiste et réconfortant...

breakfast_afternoonJe poursuis ma découverte de la collection Casterman Ecritures commencée ici...et j'aime bien. J'y découvre des univers intéressants, plus déliés qu'en littérature pure (le dessin permet de libérer la parole, sans doute) et pourtant proches du roman par leur structure.

A suivre...

Casterman 2002 -

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22 février 2010

Mon père, Eliette Abécassis

monp_re"Un matin, je me suis éloignée de mon père. C'était la veille du jour de mes vingt ans, le premier anniversaire que je passai sans lui. Le lendemain, mon père me téléphona tôt dans la journée pour me dire combien il était heureux du jour de ma naissance.
- Tu es le premier, dis-je.
Et le soir, tard, à nouveau, mon père appelait.
- Je suis le premier et le dernier.
Mon père était l'alpha et l'omega. Il commençait et finissait ma journée ; pourquoi sa mort n'aurait-elle pas été la fin de ma vie ?"

Hélèna a perdu son père il y a deux ans de cela. Le deuil est difficile à faire, leur relation ayant été plus qu'importante pour elle, primordiale...

La lectrice que je suis s'est alors dite qu'elle allait encore une fois assister à une apologie du père, béate et à sens unique. Mais rien de tout cela... Eliette Abécassis cache finement son jeu dans les premières pages, car avec l'arrivée d'un demi-frère inconnu dans sa vie, Hélèna va peu à peu prendre conscience de la relation toxique et malsaine qui la liait à ce père qu'elle ne connaissait pas ou si mal. En effet, au terme du roman, on apprend qu'elle a été l'enfant non désirée, celle qui a empêché le père de vivre son amour réel, celle a qui il a donné le prénom de la femme qu'il aimait véritablement, la mère de son fils, pour mieux raviver chaque jour sa souffrance à lui sans doute, et l'empêcher de réellement se donner le droit de vivre sa vie, à elle.

Un livre fort, un peu dérangeant, déroutant dans sa construction, comme parcouru d'ellipses inexplicables... Ce n'est pas, et loin de là, ma meilleure lecture de cette auteure mais j'ai aimé la ligne encore une fois hors des sentiers battus de son roman. Une mise en lumière particulière du thème de la relation père/fille.

bouton3 Note de lecture : 3.5/5objectif_pal

Du même auteur ... sur ce blog, vous trouverez ma lecture de La Répudiée... mais j'ai également lu Un heureux évènement et Clandestin que j'avais beaucoup aimé.

En bref, je n'en ai sans doute pas fini avec Eliette...;o)

Objectif Pal : 8/50

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21 février 2010

je fabrique

je reconstitueorigami

je traficote

je fabrique

je reconstitue

je raconte des histoires

j'en invente

j'en fabrique

j'en traficote

jusqu'à ce que tu n'en puisses plus de moi

que tu me regardes

je raconte

je reconstitue

jusqu'à ce que tu me vois

que tu m'aimes.

© Les écrits d'Antigone - 2010

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20 février 2010

Partir... en DVD

partir"Suzanne a la quarantaine. Femme de médecin et mère de famille, elle habite dans le sud de la France, mais l'oisiveté bourgeoise de cette vie lui pèse. Elle décide de reprendre son travail de kinésithérapeute qu'elle avait abandonné pour élever ses enfants et convainc son mari de l'aider à installer un cabinet. A l'occasion des travaux, elle fait la rencontre d'Ivan, un ouvrier en charge du chantier qui a toujours vécu de petits boulots et qui a fait de la prison. Leur attraction mutuelle est immédiate et violente et Suzanne décide de tout quitter pour vivre cette passion dévorante." (Synopsis par allociné)

J'avais de ce film une impression douce, sans doute due à cette affiche tendre, que sa vision a particulièrement chamboulée.
Partir, tout quitter, cela semble logique pour Suzanne, cette femme qui a consacré une grande partie de sa vie à élever ses enfants, s'occuper de sa maison, de son mari... Elle rencontre l'amour, elle veut être honnête avec elle-même, avec les autres, assumer. Mais rien n'est simple, justement, dans le fait de partir, même si beaucoup de couples se séparent autour d'eux. Le mari de Suzanne ne veut rien admettre, entendre, devient violent. Sans argent, difficile de gérer le quotidien. La vie ne se nourrit guère d'amour et d'eau fraiche...

Beaucoup de violence, donc, dans ce film, dans cette histoire d'amour contrariée, de passion et de douleur. Partir est un film émouvant et terrible dans lequel Kristin Scott Thomas donne beaucoup et excelle, comme souvent. Chapeau bas également à Yvan Attal, très crédible dans le rôle du mari intransigeant, lui qui paraît si doux habituellement en interview m'a étonnée ici par sa puissance et sa densité dérangeante.

(Si la vidéo ne part pas tout de suite, cliquer sur "rejouer")

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19 février 2010

Les âmes soeurs, Valérie Zenatti

les_messoeurs"C'est peut-être plus facile de parler de lui, simplement de lui. Il avait un corps souple, un corps de danseur. Il souriait souvent, sans raison particulière, c'était comme des guillemets au début et à la fin des phrases, ses yeux se mettaient à briller, son visage s'ouvrait. J'avais l'impression que son sourire se faufilait en ondulant dans mon corps comme une liane toute douce, se blotissait dans mon ventre et le fécondait pour donner naissance à mon propre sourire. Il avait une cicatrice de deux centimètres sur la pommette gauche. Il aimait le goût du cognac après l'amour. Il frottait son index droit replié au-dessus de sa lèvre lorsqu'il réfléchissait. Il avait les cheuveux bouclés. Des yeux un peu enfoncés dans les orbites.
Une incisive ébréchée.
Dans son armoire quatre pantalons noirs, six polos noirs, trois pulls noirs."

Emmanuelle a commencé un livre qui parle d'une jeune femme, Lila Kovner, photographe, tombée amoureuse d'un jeune homme, Malik que sa disparition soudaine laisse anéantie. Emmanuelle veut continuer à lire son livre alors ce matin elle laisse ses aînés à l'école, son fils à la crèche, mais ne se rend pas au travail. Elle prend des chemins de traverse, des bus inconnus, elle savoure ce temps pour soi qu'elle a conscience de devoir voler à ceux qui partagent sa vie d'ordinaire, la sclérose aussi, sa famille. Errant dans Paris, elle est obsédée par cette femme de papier qui réveille en elle des souvenirs, ses rêves assoupis, et lui donne des envies sauvages de liberté.

Suivre cette jeune femme, Emmanuelle, dans son errance et au fil de l'écriture de Valérie Zenatti est une expérience plutôt agréable et un plaisir que je n'ai pas boudé. Il m'a simplement manqué un "je ne sais quoi" de grandiose pour réellement me dire "tiens, voici une lecture à ne pas oublier". Et pourtant, beaucoup de passages m'ont particulièrement touchée et émue. Alors, sans doute, suis-je encore prise en flagrant-délit de chipotage, sans doute, mais il me semble que quelques scènes auraient pu être poussées un peu plus...
Allez, pourtant, voici tout de même un livre à noter sur vos tablettes, un roman qui nous parle de manière si fine du pouvoir des êtres de papier sur nos vies, et de ces obsessions de lectures qui nous prennent parfois (incompréhensibles aux simples mortels que les non-lecteurs sont) ne peut se manquer. Et puis, il y est question d'amour, de choix de vie, de virages à prendre, ou pas, de décisions, d'amitié féminine et ma foi...c'est bien.

bouton3   Note de lecture : 4/5

ISBN 978 2 87929 696 8 - 16.50€ - JANVIER 2010

Clarabel a aimé et ajoute à sa lecture quelques points de suspension - Celle de Cathulu se rapproche de la mienne...merci !!

Lu également par MarieGeorge, AnnDeKerbu...un coup de coeur pour la première, et deux déceptions.

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