pomme1...le personnage féminin du roman que je lis en ce moment a une étrange conception de la lecture, voyez-plutôt.

"J'écrivais encore des lettres à l'époque, je croyais encore à ce qui est écrit, à ce qui est imprimé, à ce qui peut être lu. Cela ne devait pas durer. Entre-temps, j'étais devenue bibliothécaire à l'université de Fribourg, je travaillais avec les livres, j'achetais des livres, il m'arrivait même d'en emprunter. Mais lire ? Non. Autrefois, oui, et même plus qu'il n'eût fallu, je lisais tout le temps, au lit, en mangeant, à bicyclette aussi. Fini, terminé. Lire signifie collectionner, et collectionner signifie conserver, et conserver signifie se souvenir, et se souvenir signifie ne pas savoir exactement, et ne pas savoir exactement signifie avoir oublié, et oublier signifie tomber, et tomber doit être rayé du programme.
Cela en guise d'explication.
Mais je prenais plaisir à mon travail de bibliothécaire. Et pour les mêmes raisons, je ne prenais plus plaisir à lire."

Lire serait donc accepter de tomber ? Une idée qui me plaît bien, finalement. Cela dit, lorsque l'on poursuit cette lecture, les motivations et les craintes du personnage sont motivées...

Et je me régale avec Le goût des pépins de pomme de Katharina Hagena dont cette citation est extraite. Mon avis bientôt.