le_go_t_des_p_pins_de_pomme"Le mur était éblouissant de blancheur. Pourquoi Max se comportait-il d'une manière si bizarre ? Je me postai à côté de lui, mais cette fois encore, il ne leva pas la tête. Le mur était entièrement peint et pourtant, Max se tenait là, à peu près au milieu, et il continuait de badigeonner. Il me sembla qu'il recouvrait de peinture quelque chose qui n'avait pas tout à fait disparu. Y avait-il eu à cet endroit une autre inscription en rouge que je n'avais pas vue et qu'il n'avait pas voulu me signaler, peut-être pour me ménager ? Je remarquai alors qu'il recouvrait de peinture quelque chose qu'il avait peint lui-même sur le mur. Mon nom. Une douzaine de fois environ.
- Iris, je...
- Ce mur me plaît.
Nous sommes restés là à le regarder pendant un long moment."

Iris vient d'enterrer sa grand-mère, entourée de sa mère et de ses deux tantes. A sa grande surprise, elle apprend, lors de l'ouverture du testament que c'est à elle que Bertha a légué sa maison. Iris doit décider en quelques jours de ce qu'elle souhaite en faire, avant de rentrer à Fribourg où elle exerce le métier de bibliothécaire.
Alors, la jeune fille s'installe entre les murs lourds de souvenirs de la petite maison, farfouille dans la penderie de ses tantes, va nager dans le lac et parcourt en tous sens sur le vélo de son grand-père le lieu des étés de son enfance.
Viennent lui tenir compagnie les fantômes des absents, sa grand-mère et la disparition progressive de sa mémoire, son grand-père poète à ses heures, mais aussi Rosemarie, cette cousine aux cheveux roux morte à l'aube de ses seize ans. Et puis, il y a Max, l'avoué, le petit frère de son ex-amie, celui qu'elle traitait de nigaud autrefois, qu'elle ne cesse de croiser depuis son arrivée...

Voici une bien belle histoire que ce goût des pépins de pomme.
Ce roman m'a plongé dans ce qu'il y a de meilleur parmi mes souvenirs d'enfance. Il est rempli de sensations, de bruits et d'odeurs. J'en ai aimé la petite folie douce, engendrée par le personnage d'Iris, avec cette manière qu'elle a de se déguiser avec les robes de ses tantes, de retomber en enfance, d'agir tout à coup selon le goût du moment. On ressent à quel point la jeune fille a été touchée par la maladie de sa grand-mère, à quel point elle se protège, et combien dans cette maison elle se laisse soudain couler vers le passé, en confiance.
Et puis, il y a Max, et là mon âme romantique a encore été comblée. Pfiou.
Ce livre est un presque coup de coeur, il m'a semblé que quelques longueurs s'insinuaient dans ma lecture aux trois quarts du roman...mais allons, juste le temps d'une petite sieste à l'ombre d'un pommier.
Une lecture au doux parfum de campagne et d'enfance.

bouton3 Note de lecture : 4.5/5 - 19.50€ - Janvier 2010

Ce titre est un livre voyageur d'Aifelle, un grand merci à elle, j'ai adoré !! Elle souligne d'ailleurs à bon escient la gaieté et l'humour de ce texte, dont je ne vous ai pas parlé dans mon billet.

L'avis de Ptitlapin : "Il y a de la folie, de la jalousie, de l'amour, de la tendresse, de la peur. On passe du grave au superficiel tout en aimant redécouvrir le goût des pommes. Tout est léger même si les souvenirs sont lourds."

Mango : "Ce récit est comme une pyramide, large à la base,  très resserré à la fin sur ce drame qui a fait éclater tous les liens, chacun s’éloignant des autres, dans un immense chagrin silencieux. Tout ce livre cependant respire l’aspiration à un bonheur simple et paisible. Je l’ai beaucoup aimé !"

Cathulu en a abandonné la lecture, et Véronique La Pyrénéenne est plus pondérée :"Je ne me suis vraiment attachée ni à la maison ni à aucune de ces femmes, le plus touchant pour moi ayant certainement été Max, le petit frère de l'ancienne amie d'Iris, aujourd'hui avoué en charge de la succession et qui tombe amoureux sans avoir eu le temps de s'en rendre compte..."

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