31 mai 2010

Spéracurel, Anna Dubosc

sp_racurel"T'es marrante, c'est déjà ça. Bon allez, file. Et demain, viens avec ta tête !"

Ce tout petit livre regroupe des instants de vie, des tranches de quotidien, relevés avec avidité et engouement par une jeune femme que l'on soupçonne maman d'une petite Asia, mais également aussi une fille préoccupée par la fragilité de sa mère. La narratrice est d'origine asiatique, japonaise, une jeune personne remplie d'envie d'écrire, qui ressemblerait sans doute à Anna Dubosc, ou à ce que l'on en présume d'après sa photographie et la courte biographie ajoutée en quatrième de couverture...

De ce recueil, j'ai beaucoup aimé le tout premier passage qui conte une première journée de travail au comptoir d'un restaurant rapide. Cela m'a rappelé quelques grands moments de solitude personnels. J'ai malheureusement peu à peu perdu pied au fil de ma lecture, comme une impression de ne pas tout saisir, de lire des écrits trop intimes qui parleraient d'une famille dont je ne connaissais rien, un manque d'universalité dans l'écriture en somme qui éloigne le lecteur et ne l'accroche pas suffisamment. Et puis, la nouvelle intitulée 28 minutes m'a véritablement scotchée, elle raconte comment la narratrice a assisté à l'accouchement du fils d'une amie, d'une manière à la fois distanciée et réaliste très séduisante. Alors, je me suis faite cette réflexion qu'il y avait quelque chose dans ce tout petit livre, quelque chose à éclore peut-être, quelque chose à ne pas refermer dans le futur...

bouton3 Note de lecture : 2.5/5 - Editions Rue des promenades - 10€ - Mai 2010

Un grand merci aux éditions Rue des promenades pour l'envoi et à Blog-O-Book pour le partenariat !

Et je vous engage à aller jouer aux cadavres exquis sur le site de l'éditeur, c'est amusant.

Posté par LESECRITS à 18:46 - - Commentaires [16] - Permalien [#]


30 mai 2010

Lussi

Posté par LESECRITS à 10:52 - - Commentaires [21] - Permalien [#]
Tags :

29 mai 2010

Transat, Aude Picault

transat_aude_picault"Il paraît que, pour s'épanouir, l'individu a besoin de transcender sa modeste existence à travers un idéal, un "grand tout". Moi, je me transcende dans le grand fourre-tout de la communication visuelle. J'alimente l'immense fleuve d'images inutiles et superficielles...et ça ne m'épanouit pas du tout."

Aude, jeune graphiste parisienne trentenaire, ne supporte plus son quotidien surfait. Surtout, il faut bien le dire, depuis que trotte dans sa tête son projet, se retrouver quelques temps seule sur une île pour écrire, et effectuer cette équipée en transat qui s'avérera un bol d'air salvateur...  transat1

D'un trait de crayon, vif, alerte et plein d'humour, Aude Picault sait croquer des attitudes, des expressions, des mouvements. Ce n'est pas réellement l'aspect "vie de trentenaire" qui m'a intéressée ici mais la personnalité du personnage, son expérience maritime, et ses questionnements existentiels, cette peur de se conformer qui agite ses pensées... Comme quoi s'accorder une pause de temps en temps est un bien nécessaire.

"Eh bien moi, avant de partir, j'étais dans l'état [...] où chaque geste me semblait vide de sens. Tu sais, cette angoisse qui te prend, pollue ton regard, rendant tout négatif et vain. La peur de se figer dans une vie trop étroite."

Editions Hachette - Collection Shampooing - 14.95€ - mai 2009

Posté par LESECRITS à 16:49 - - Commentaires [8] - Permalien [#]
Tags :

27 mai 2010

Vous connaissiez...

mymajor...version Musique (qui ne connaît pas Grégoire ?). Bientôt, le principe sera disponible version littérature. En collaboration avec XO éditions, le label a le projet ambitieux d'appliquer le succès de sa plateforme dans le cadre de l'édition.

Le site est pour l'instant visible en mode beta ici...http://www.mymajorcompanybooks.com/

Créé en 2007, My Major Company Musique est le premier label communautaire en France, tant par l'activité de son site que par le succès de ses artistes. Son site propose en version Musique aux internautes une expérience unique : devenir les producteurs des talents musicaux de demain, en s'appuyant sur l'expertise de professionnels de l'industrie musicale.

XO éditions souhaitait s'investir plus dans le numérique et continuer à toucher un large public, d'où cette collaboration et la création d'une version écriture.

Je salue l'audace du projet. Je dois vous avouer que le principe de base m'intéressait grandement, voilà pourquoi j'en parle ici et vous incite à aller voir ce site. Comment le transfert du concept va-t-il fonctionner ? Je ne demande qu'à voir. XO éditions n'est-il pas effectivement, outre celui de Musso, l'éditeur d'Oksa Pollock, la série jeunesse plébiscitée sur le web par des lecteurs fans, un avant goût du processus ?

My Major Company Books a l'ambition de faire financer et éditer environ 10 nouveaux auteurs par an. L'édition et la diffusion des ouvrages sera assurée par XO Editions et le premier tirage de chaque livre sera d'au moins 10 000 exemplaires.

Votre rôle dans tout ça ? Vous pouvez en tant qu'internautes soit devenir éditeurs, soit auteurs. Bien entendu, il est question d'argent, un contrat est à la clé pour les auteurs, et l'enjeu est que les internautes participants en tant que lecteurs puissent gagner quelque chose en retour, en fonction de leurs investissements. L'inscription est gratuite dans les deux cas.

On m'a chuchoté en relation de presse que pour s'inscrire en tant qu'auteur il n'était pas nécessaire d'avoir terminé un roman...mais il me semble que c'est mieux, à voir la démo. A chacun de juger, bien entendu.

Voilà chers lecteurs, et éventuellement auteurs, alors qu'en pensez-vous ?

Ajout du 2/6/2010 : allez, j'ai décidé de ne plus douter de rien (je rigole), à l'essai "Ma page" sur leur site... http://www.mymajorcompanybooks.com/Auteurs/antigone/...mais bon.

Posté par LESECRITS à 20:07 - - Commentaires [14] - Permalien [#]

26 mai 2010

Le goût des pépins de pomme, Katharina Hagena

le_go_t_des_p_pins_de_pomme"Le mur était éblouissant de blancheur. Pourquoi Max se comportait-il d'une manière si bizarre ? Je me postai à côté de lui, mais cette fois encore, il ne leva pas la tête. Le mur était entièrement peint et pourtant, Max se tenait là, à peu près au milieu, et il continuait de badigeonner. Il me sembla qu'il recouvrait de peinture quelque chose qui n'avait pas tout à fait disparu. Y avait-il eu à cet endroit une autre inscription en rouge que je n'avais pas vue et qu'il n'avait pas voulu me signaler, peut-être pour me ménager ? Je remarquai alors qu'il recouvrait de peinture quelque chose qu'il avait peint lui-même sur le mur. Mon nom. Une douzaine de fois environ.
- Iris, je...
- Ce mur me plaît.
Nous sommes restés là à le regarder pendant un long moment."

Iris vient d'enterrer sa grand-mère, entourée de sa mère et de ses deux tantes. A sa grande surprise, elle apprend, lors de l'ouverture du testament que c'est à elle que Bertha a légué sa maison. Iris doit décider en quelques jours de ce qu'elle souhaite en faire, avant de rentrer à Fribourg où elle exerce le métier de bibliothécaire.
Alors, la jeune fille s'installe entre les murs lourds de souvenirs de la petite maison, farfouille dans la penderie de ses tantes, va nager dans le lac et parcourt en tous sens sur le vélo de son grand-père le lieu des étés de son enfance.
Viennent lui tenir compagnie les fantômes des absents, sa grand-mère et la disparition progressive de sa mémoire, son grand-père poète à ses heures, mais aussi Rosemarie, cette cousine aux cheveux roux morte à l'aube de ses seize ans. Et puis, il y a Max, l'avoué, le petit frère de son ex-amie, celui qu'elle traitait de nigaud autrefois, qu'elle ne cesse de croiser depuis son arrivée...

Voici une bien belle histoire que ce goût des pépins de pomme.
Ce roman m'a plongé dans ce qu'il y a de meilleur parmi mes souvenirs d'enfance. Il est rempli de sensations, de bruits et d'odeurs. J'en ai aimé la petite folie douce, engendrée par le personnage d'Iris, avec cette manière qu'elle a de se déguiser avec les robes de ses tantes, de retomber en enfance, d'agir tout à coup selon le goût du moment. On ressent à quel point la jeune fille a été touchée par la maladie de sa grand-mère, à quel point elle se protège, et combien dans cette maison elle se laisse soudain couler vers le passé, en confiance.
Et puis, il y a Max, et là mon âme romantique a encore été comblée. Pfiou.
Ce livre est un presque coup de coeur, il m'a semblé que quelques longueurs s'insinuaient dans ma lecture aux trois quarts du roman...mais allons, juste le temps d'une petite sieste à l'ombre d'un pommier.
Une lecture au doux parfum de campagne et d'enfance.

bouton3 Note de lecture : 4.5/5 - 19.50€ - Janvier 2010

Ce titre est un livre voyageur d'Aifelle, un grand merci à elle, j'ai adoré !! Elle souligne d'ailleurs à bon escient la gaieté et l'humour de ce texte, dont je ne vous ai pas parlé dans mon billet.

L'avis de Ptitlapin : "Il y a de la folie, de la jalousie, de l'amour, de la tendresse, de la peur. On passe du grave au superficiel tout en aimant redécouvrir le goût des pommes. Tout est léger même si les souvenirs sont lourds."

Mango : "Ce récit est comme une pyramide, large à la base,  très resserré à la fin sur ce drame qui a fait éclater tous les liens, chacun s’éloignant des autres, dans un immense chagrin silencieux. Tout ce livre cependant respire l’aspiration à un bonheur simple et paisible. Je l’ai beaucoup aimé !"

Cathulu en a abandonné la lecture, et Véronique La Pyrénéenne est plus pondérée :"Je ne me suis vraiment attachée ni à la maison ni à aucune de ces femmes, le plus touchant pour moi ayant certainement été Max, le petit frère de l'ancienne amie d'Iris, aujourd'hui avoué en charge de la succession et qui tombe amoureux sans avoir eu le temps de s'en rendre compte..."

Les avis sont partagés !!

Posté par LESECRITS à 17:50 - - Commentaires [27] - Permalien [#]
Tags :


24 mai 2010

En cours de lecture...

pomme1...le personnage féminin du roman que je lis en ce moment a une étrange conception de la lecture, voyez-plutôt.

"J'écrivais encore des lettres à l'époque, je croyais encore à ce qui est écrit, à ce qui est imprimé, à ce qui peut être lu. Cela ne devait pas durer. Entre-temps, j'étais devenue bibliothécaire à l'université de Fribourg, je travaillais avec les livres, j'achetais des livres, il m'arrivait même d'en emprunter. Mais lire ? Non. Autrefois, oui, et même plus qu'il n'eût fallu, je lisais tout le temps, au lit, en mangeant, à bicyclette aussi. Fini, terminé. Lire signifie collectionner, et collectionner signifie conserver, et conserver signifie se souvenir, et se souvenir signifie ne pas savoir exactement, et ne pas savoir exactement signifie avoir oublié, et oublier signifie tomber, et tomber doit être rayé du programme.
Cela en guise d'explication.
Mais je prenais plaisir à mon travail de bibliothécaire. Et pour les mêmes raisons, je ne prenais plus plaisir à lire."

Lire serait donc accepter de tomber ? Une idée qui me plaît bien, finalement. Cela dit, lorsque l'on poursuit cette lecture, les motivations et les craintes du personnage sont motivées...

Et je me régale avec Le goût des pépins de pomme de Katharina Hagena dont cette citation est extraite. Mon avis bientôt.

Posté par LESECRITS à 14:24 - - Commentaires [8] - Permalien [#]

23 mai 2010

Là-haut, tout est calme ~ Gerbrand Bakker

l__haut_tout_est_calme"J'ai mis Papa là-haut. Après l'avoir assis dans une chaise, j'ai démonté le lit. Papa est resté dans cette chaise, comme un veau né de quelques minutes et que la vache n'a pas encore léché, tête vacillant de façon incontrôlée, regard qui ne s'attache à rien. J'ai arraché du matelas couvertures, draps et alèse, posé le matelas et les planches du fond le long du mur, défait les vis qui maintenaient tête et pied aux côtés. J'essayais autant que possible de respirer par la bouche. La chambre d'en haut - ma chambre - je l'avais déjà débarrassée."

Helmer décide un beau jour de tout changer. Son père, devenu un vieillard grabataire et peu bavard, dormira dorénavant là-haut, dans son ancienne chambre. Le fermier s'approprie petit à petit l'espace du rez-de-chaussée, repeint, modifie la décoration. Rien n'avait bougé depuis trente-cinq ans, depuis la disparition de son frère jumeau, Henk, dans un tragique accident de voiture. Helmer ne se plaint pas, mais une sourde colère semble le ronger, et le faire agir méthodiquement. Etonnament, au milieu de ce bouleversement, Riet, l'ancienne fiancée de son frère, fait son apparition, lui demandant de s'occuper quelques temps de son plus jeune fils, prénommé lui aussi Henk...

Certains livres nous imposent leur rythme, nous obligent à ralentir notre lecture, nous retiennent et nous apaisent étrangement, Là-haut, tout est calme est de ceux-ci. J'ai cédé à l'envoûtement de son atmosphère bucolique et à la cadence de son personnage taiseux, qui tel Robinson sur son île se construit geste par geste son nid.
Cet homme dont tout le monde a oublié le chagrin - avoir perdu en cours de route sa moitié, son double - cherche le bonheur, une sorte de vérité intérieure qui serait également le fil de sa future vie à lui, celle où après le décès de son père sa famille ne serait plus.
Les rapports entre les êtres sont ici décrits par touches infimes d'humanité. Personne n'est parfait. Rien ne s'avère être de la faute de personne. Chacun est responsable de son propre destin.
Une lecture au charme étonnant et à la force discrète. Un roman que j'ai véritablement aimé lire.

bouton3 Note de lecture : 4.5/5 - Gallimard - 21.90€ - Octobre 2009

Ce titre est un livre voyageur de Cathulu, merci !!

Bellesahi l'avait lu la première ... "Etrange. Il est comme vide et pourtant il vous tient."

Posté par LESECRITS à 12:40 - - Commentaires [12] - Permalien [#]
Tags :

22 mai 2010

Envie...

...de changements (allez hop exit les mèches blondes, je passe au châtain foncé), envie de prendre mon temps comme le personnage du roman que je lis en ce moment (exit l'étourdissement, je suis sans blog depuis quelques jours), envie aujourd'hui de la fraîcheur d'une rivière et de la quiétude de sous-bois (exit l'affluence des plages, nous sommes partis à la découverte des bords du Yon)...

campagne

...je reviens très vite. ;o)

Posté par LESECRITS à 21:16 - - Commentaires [12] - Permalien [#]

19 mai 2010

Marie-Jeanne Durry

toupie"Dans un vide rempli de mots que je ne trouverai jamais tourbillonne le chaos où chacun ressemble à tous et ne ressemble qu'à lui-même. Les choses dont je m'empare avec les mains, avec les yeux, sont la vie séparée que je ne puis rejoindre. Incroyable première feuille au bout d'un tordion de vigne, je te perds si ne te saisit ma parole. Flocons de neige rouge que le vent chasse des pêchers, un langage pour vous recueillir dans mon coeur ! Mais lourde près de toi, et closes mes lèvres sur l'amour que rien n'exprime, quel cri m'ouvrira où je me délivre enfin ?"

in Soleils de Sable, ed. Seghers, 1958

Posté par LESECRITS à 11:34 - - Commentaires [7] - Permalien [#]
Tags :

18 mai 2010

Deux découvertes, un seul éditeur

tr_schic"L'oiseau-lyre. Prétentieux. Il faut le dire. S'étonne que les autres animaux fassent peu de cas de leurs défauts.
L'éléphant, regardez. Si gris si ratatiné. N'est vraiment pas une beauté. Les couleurs le rendraient bien plus gai."

Idéal pour petit-dernier presque 5 ans, cet album d'une beauté à couper le souffle a décidé de changer l'esthétique des animaux que nous connaissons bien. Voilà qui est beaucoup plus chic, se dit l'oiseau-lyre, ce fanfaron, jamais content de son costume. Mais quel surprise, les autres animaux, ne l'entendent pas de cette oreille, tous s'acceptent comme ils sont..

Sur ce magnifique petit livre plane l'esprit d'Elmer l'éléphant, dixit mes enfants, c'est amusant... Et ce n'est pas pour nous déplaire. Pfff, en plus, ce que c'est joli.

La Joie de lire - 10.90€ - Janvier 2010

ledessert"Maman, quand est-ce qu'il vient le gâteau ?
Patience, Mathieu, les invités n'ont pas fini...
Pff ! Puisque c'est comme ça, je vais le chercher moi-même..."

Ma grande-fille, presque neuf ans, a succombé à cette histoire. Serait-elle un peu gourmande ?
Il est bien difficile de résister à cette apologie du dessert, je la comprends, et tout cela est bien mignon et joliment dessiné. Je découvre avec elle en ce moment l'univers délicieux des bandes-dessinées pour enfants...

Parti chercher son dessert, Mathieu se glisse sous la table. A la suite de Robert, un poisson chic rencontré là, il atteint une île flottante où règne un ogre monstrueux nommé Bécamiel. Mathieu devra être courageux et relever le défi qu'on lui propose pour avoir une chance de manger enfin une part du gâteau préparé par sa maman, qui n'utilise que du sucre roux, de la farine bio et de vrais fruits du jardin...elle.

La Joie de lire - 9.80€ - Janvier 2009

Biblioth_que_et_LAL Albums approuvés par de petits lecteurs

Un site éditeur en préparation... http://www.lajoiedelire.ch/

Posté par LESECRITS à 15:50 - - Commentaires [8] - Permalien [#]