30 juin 2010

Belle à en crever

"Je suis là, lasse de t'effleurer
Tu me donnes beaucoup mais ce n'est pas assez
Je ferai pousser des fleurs dans mes cheveux
Je me ferai belle à t'en crever les yeux"

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29 juin 2010

L'amour secret, Paola Calvetti

l_amour_secret"Aujourd'hui, au lendemain de la énième violence que j'impose à cette histoire que ne soutient aucun échafaudage, tu ne me manques pas. Je prends un comprimé, et je voudrais me noyer dans le sommeil. Pour me dompter moi-même. Et continuer jusqu'au soir sans que rien ne change autour de moi : ma relation avec mes enfants, mon mari, les dossiers qui m'attendent au bureau ; tout va bien, mon amour. Nos enfants mangent, rient, grandissent, poursuivent leur lente course vers l'âge adulte. Jour après jour, la solidité de l'indifférence conforte ton mariage. Moi, le corps étranger, je suis en dehors. Nos âmes errent à travers la ville, elles se suivent, se repoussent. Elles n'ont pas besoin de nous. Vois à quoi je me suis exercée pendant des mois, à t'éviter, ne pas t'appeler, ne pas te voir, me cacher de toi, pour que tu ne lises pas dans mes yeux combien tu me manques, combien j'ai besoin de ton amour. Je ne pleure même plus. C'est donc ça l'amour ?"

Costanza reçoit un beau jour la visite de Lucrezia, la fille de celui qui fut son amant, son amour secret, son compagnon perdu. La jeune femme a emmené avec elle une boîte, découverte par hasard, pleine de lettres, écrites autrefois par son hôte à un père, célèbre musicien, qui a toujours caché à sa famille l'existence d'une maîtresse.
Costanza aura 74 ans dans quelques jours, elle recevra d'ailleurs pour l'occasion les siens, ses enfants, petits enfants, ex-maris. Tous ignorent l'importance que le père de Lucrezia a eu dans la vie de cette mère qu'ils regardent aujourd'hui comme une femme âgée, vénérable.
Le temps d'un week-end, les deux femmes vont se pencher l'une vers l'autre, Costanza va se confier et raconter l'homme qu'elle a aimé. Lucrezia va découvrir qu'un lien ténu et étonnant les lient.

Voici un livre à l'effet très curieux... Il est indéniablement de ceux qui ne laissent aucune trace et dont on peut se passer assez facilement. Et pourtant, pourtant, j'ai été happée, malgré moi, aux trois quart de ma lecture par une vague qui soudain déferle sans prévenir. Comme si, tout à coup, après nous avoir bercé, et un peu ennuyé avouons le dans les premières pages, Paola Calvetti se mettait soudain à écrire avec son sang et non plus avec sa tête. Et ma foi, cela devient enfin vraiment intéressant, dommage qu'il ne reste à ce moment là que peu de pages pour combler sa soif.
A noter aussi, un jeu de double lecture/écriture épistolaire qui peut dérouter les lecteurs. L''ensemble du récit se construit ainsi, Costanza rapporte dans une lettre à Gabriella sa conversation avec Lucrezia dans laquelle s'insère également sa correspondance avec le muscien/amant, son père.

Allez, ce titre est une lecture prometteuse, le premier roman de l'auteure, qui préfigure sans doute le beaucoup lu L'amour est à la lettre A, qui vient tout juste de sortir en poche.

bouton3 Note de lecture : 3/5 - Editions presse de la cité - 18€ - Juin 2010

Quelques lectrices ont également lu ce titre... Mirontaine, Saxaoul, Virginie, Celsmoon... avec une impression générale de déception et d'ennui, séduites sans doute comme moi par la renomée du dernier opus.

Je remercie chezlesfilles et Les presses de la cité pour l'envoi !

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28 juin 2010

Rire

rire

A gorges que veux-tu - Bruyamment, c'est mieux - Le son clair, sonore - Se répercute sur tout - Et reviens - Des obstacles ? - Du plein qui enserre et empêche ? - Peu importe - On peut monter plus haut - Sur une chaise, un rocher, un placard - Le toit de sa maison - Et rire de nouveau - Et entendre son rire vaciller, hésiter, prendre de l'élan et se perdre - Et puis se rengorger - Fier - De laisser tout à coup - Librement - S'épandre ses rayons.

© Les écrits d'Antigone - 2010

Cinquième extrait du travail effectué lors de l'atelier d'écriture déroulé le premier week-end de juin. Il s'agissait encore une fois, et après avoir choisi un verbe (ici Rire), d'utiliser une citation extraite d'un recueil et de laisser, rapidement, l'imagination faire le reste.

"Toujours librement des rayons"
Valérie Rouzeau, Pas revoir

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27 juin 2010

Ce que je suis en réalité demeure inconnu, Virginia Woolf

CE_QUE_JE_SUIS"Je n'arrive pas à écrire avec cette plume vicieuse, mais il me faut continuer cahin-caha pour vous dire que j'admire réellement ce pauvre Henry [James], que j'ai effectivement lu Les Ailes de la colombe l'été dernier et que j'ai trouvé que c'était là une telle prouesse, à la fois de sa part et de la mienne, que j'estime désormais que lui et moi sommes de vrais compagnons de mérite - je veux dire que nous avons également mérité de la littérature. J'ai tout démêlé. Mais après, je me suis sentie très mal pendant quelques temps. Je suis en train de lire Joyce, et au bout de 200 pages (sur 700), mon impression est que ce pauvre jeune homme n'a guère que des reliefs d'intelligence, comparé même à un George Meredith. Ce que je veux dire, c'est que si l'on pouvait peser le sens d'une page de Joyce, on s'apercevrait qu'il est 10 fois plus léger que celui d'une page de James." Lettre à Lady Ottoline Morrell - 18 août 1922

La correspondance que Virginia Woolf a tenu (dont ici nous ne connaitrons que ses lettres), nous donne à lire un personnage riche, exalté, qui ne mâche pas ses mots, ni ses passions, ni ses aversions. Elle écrit à tout le monde, à de simples connaissances, à sa famille, à ses amis, à son mari, à des confrères. Elle donne des rendez-vous, se plaint du peu de temps que lui laisse les mondanités, parle de littérature, de son peu d'estime pour Henry James, de son admiration pour Proust et Shakespeare, de son amitié avec Katherine Mansfield, de sa rencontre avec Leonard Woolf, de l'attachement qu'elle a pour le groupe Bloomsbury. Le doute la travaille quotidiennement, la soif d'écrire aussi. La douleur qui accompagne son travail, la maladie qui rôde autour d'elle et qui parfois la terrasse, la reconnaissance de son travail d'écrivain, tout cela la rend sensible aux marques d'amitié et d'amour dont elle semble faire son sel journalier. Elle se juge vaniteuse, mais chaque lettre de ses correspondants lui procure un plaisir immense.

"Parcourir les lettres de Woolf, c'est retracer l'histoire du Bloomsbury Group, en découvrir la géographie, depuis Cambridge jusqu'à Londres, en passant par les lieux d'adoption, Paris ou le sud de la France. C'est rencontrer ses peintres, Vanessa Bell ou Duncan Grant, ses mécènes et ses philosophes, ses théoriciens, Roger Fry ou Clive Bell pour l'art, Maynard Keynes pour l'économie, ses écrivains, Lytton Strachey, Edward Morgan Forster, dont Virginia pensait qu'il était sans doute le seul à avoir compris le sens de ses recherches, ou ses journalistes, Leonard Woolf ou Desmond MacCarthy. C'est aussi découvrir tous ceux, amis ou ennemis, qui gravitent autour du cercle, soit parce qu'ils en sont exclus [...], soit parce qu'ils choisissent de rester sur la frange [...]. C'est connaître leurs passions, pour la peinture impressionniste ou la Grèce, leurs amours, homosexuelles pour la plupart, et leurs amitiés, solides malgré de flagrantes imcompatibilités d'humeur, leur ouverture d'esprit aussi bien que leur snobisme. C'est vivre au quotidien leurs illusions, le pacifisme entre autres, leurs succès et leurs deuils."  Extrait de la préface de Claude Demanuelli

heartCe que je suis en réalité demeure inconnu est une lecture passionnante que je suis bien heureuse d'avoir entreprise. Elle révèle combien l'écriture côtoie sans cesse le doute et la frustration. Elle met la lumière sur un personnage dont on a bien souvent, et à tort, une image compassée.
Une lecture essentielle et forte, et un exemplaire terriblement corné auquel je suis dorénavant très attachée.

bouton3 Note de lecture : coup de coeur ! - Editions Points - 7.80€ - janvier 2010

J'avais également lu Une chambre à soi, que je vous recommande

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24 juin 2010

En cours de lecture...

Virginia_20Woolf_02"Il n'y a pratiquement plus personne à Londres maintenant avec qui je puisse parler de mon écriture ou de celle de Shakespeare. Je commence à penser que je ferais mieux d'arrêter d'écrire des romans, puisque, qu'on écrive ou qu'on n'écrive pas, tout le monde s'en fout. Est-ce qu'il t'arrive d'avoir l'impression que ta vie ne sert strictement à rien, qu'elle se passe dans un rêve, dans lequel ces espèces de buffles viennent donner un coup de corne de temps à autre ? Ou bien as-tu toujours la certitude que tu comptes, que tu comptes plus que les autres ? Je suppose que le fait d'avoir des enfants doit changer beaucoup de choses, en même temps peut-être que ce n'est pas une solution de les rendre responsables de sa propre inefficacité - ou plutôt de sa transparence, de son insignifiance, de son absence de réalité...enfin, tu vois ce que je veux dire."

Extrait d'une lettre à Vanessa Bell (13 novembre 1918)
in Ce que je suis en réalité demeure inconnu, Lettres de Virginia Woolf (1901-1941), éditions Points

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22 juin 2010

Un tag limonade

tag_limonadeJ'ai été taguée par L'or des chambres, merci !!

Il s'agit pour l'occasion de se servir bien tranquillement un grand verre pétillant de limonade, de laisser les bulles monter doucement dans sa tête, de secouer le tout, de réfléchir quelques secondes...quand même - oh, à peine, et de répondre aux questions suivantes :

Signe particulier : sur une plage, je suis la seule qui garde son jean, son pull et lit Virginia Woolf...si si c'était moi.

Mauvais souvenir : ce sac là est un peu plein, je préfère l'autre celui plein de bons souvenirs... En général, les mauvais, je préfère les oublier, même si bon, soyons honnête, ils ont une propension évidente à rester collés à mes pensées.

Défaut :timide - affreusement, les trous de souris je connais, cela dit ils ne sont jamais là quand on en a besoin.

Film bonne mine :moi, personnellement, j'aime beaucoup pleurer sur les films...cela me fait un bien fou. Pour ce faire, une petite diffusion de Out of Africa ou d'une Bouteille à la mer, et hop ça repart !!
Sinon, je n'ai jamais autant ri que grâce au colocataire de Hugh Grant dans Coup de foudre à Nothing Hill, allez savoir pourquoi... ;o)

coupdefoudre

Souvenirs d'enfance : ah de l'herbe coupée, des genoux en permanence égratignés, un short rouge préféré, des dérapages en vélo pour se la montrer devant les garçons, des lectures à longueur de journée, la course des nuages, le goût des mûres en fin d'été, tout tout ce que je pourrai faire après, toute toute toute l'émotion qui déjà déborde de moi, le bruit des feuilles dans les bouleaux, le poids du cartable dans le dos ou dans le creux de la main, beaucoup de pensées, d'histoires imaginées, d'ailleurs.

Bon allez, ma paille fait un bruit de glaçon, alors à qui le tour ?

Patacaisse a pris la suite...

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21 juin 2010

Noter

noterQue tout n'est pas bref
Qu'il y a des longueurs

Le souligner
Corriger, raturer, s'énerver

Ne pas saisir
Ce qui cloche
Ce qui penche

Lever la tête
Repérer l'intrus
La musique qui sort des hauts parleurs

Faire la moue

Chercher parmi les feuilles
Ce qui avait plu plus tôt
Farfouiller

Sur la table étroite
Un bazar monstre
Plus gênant sans doute que la musique

Additionner bruit et fouillis
Croiser ses bras sur le tas

Et y poser sa tête.

© Les écrits d'Antigone - 2010

Quatrième extrait du travail effectué lors de l'atelier d'écriture déroulé le premier week-end de juin. Il s'agissait encore une fois, et après avoir choisi un verbe (ici Noter), d'utiliser une citation extraite d'un recueil et de laisser, rapidement, l'imagination faire le reste.

"la musique sort des hauts parleurs"
Sabine Macher, Ne pas toucher, ne pas fondre

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20 juin 2010

Hush, Kate White

hush"Ce que vous ne dîtes pas peut vous tuer."

Lake Warren vient tout juste de se séparer de son mari, ses enfants sont en camp de vacances pour l'été et son amie Molly la presse de reprendre goût à la vie. Alors la jeune femme décide de répondre aux avances du Dr Keaton, le médecin qui commencera prochainement à travailler pour la clinique d'insémination artificielle pour laquelle elle organise en ce moment un plan marketing. Elle ne se doute pas que ce regain de confiance la plongera dans un puits d'angoisse. Tandis qu'elle somnole sur la terrasse de son amant d'une nuit, celui-ci se fait sauvagement assassiner dans la chambre contiguë. La jeune-femme s'enfuit, et pour ne pas risquer de perdre la garde de ses enfants prend le parti de se taire...

En ce moment, certains livres semblent ne pas vouloir me faire les yeux doux. J'ai donc entamé celui-ci en espérant que l'intrigue m'accroche suffisamment pour retrouver le plaisir de lire. Pari réussi. Et même plus, j'ai vraiment aimé ce thriller palpitant dont la clé finale est assez surprenante et les rebondissements intéressants. Alors, tout cela est peut-être un peu classique, presque léger, le personnage féminin de Lake un peu convenu, mais peu importe, car l'attachement fonctionne, j'ai couru avec elle, j'ai été prise et tenue jusqu'à la fin par les soubresauts du parcours de Lake, et c'est bien tout ce que je demandais à Hush !

Une lecture prenante, agréable et rebondissante.

bouton3 Note de lecture : 4.5/5 - Editions Marabout -19.90 € - Mai 2010

Mango ne s'est pas ennuyée une seule seconde - Pour Vanou c'est un coup de coeur

Ici, un site auteur en anglais - Un site dédié au livre

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19 juin 2010

Burquette, Francis Desharnais

burquetteEn 2003, Francis Desharnais est sur Paris alors que les français débattent de la place des signes religieux à l'école. Cela lui donne les premières idées de Burquette, un projet qu'il finalisera de retour au Québec quelques années plus tard.

Un père, résolu à ce que sa fille adolescente réfléchisse davantage au sort de l'humanité plutôt que de se vautrer devant la télévision, a l'idée - un brin malsaine - de la contraindre à porter quotidiennement une burqa, et ce pendant une année.

"-Je crois que cette expérience t'aidera dans ton développement psycho-social.
-Est-ce que tu l'as pris chez Gap au moins ?"burquette1

Tout est à prendre ici évidemment sous le biais de l'humour même si le rire est souvent jaune et porte à la réflexion. J'ai aimé la manière de Francis Desharnais de filer le thème jusqu'au bout et de mettre à plat nos préjugés. De plus, le petit personnage féminin au langage sarcastique est terriblement attachant. Pourtant, on s'étonne au tout départ de son obéissance sans réserve, mais ce préalable participe certainement de la réflexion...

"Cette bande dessinée parle de choc des cultures, de nos perceptions et de celles des nouveaux arrivants. Elle ne prétend pas amener la moindre solution, ni même dénoncer quoi que ce soit. Elle servirait davantage à prendre du recul pour permettre de voir les choses d'une perspective différente."

Editions les 400 coups - 10€ - 2008

J'avais déjà lu sur le même thème l'excellent Burqa!

Burquette t.2 paraîtra en octobre 2010.

Vous pouvez retrouver l'auteur sur son blog http://www.francisd.com/

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18 juin 2010

L'affaire Farewell...

...un film de Christian Carion avec Guillaume Canet et Emir Kusturica.

Et une belle surprise, étonnante. Je ne pensais pas passer un aussi bon moment avec un film d'espionnage, tiré d'une histoire vraie.
De la lenteur, de belles images, des acteurs attachants, la présence envoûtante d'Emir Kusturica, une intrigue prenante...que demander de plus ?

affairef

Le synopsis ? En 1981, Pierre Froment, jeune ingénieur français de la société Thomson installé avec sa famille à Moscou, est mis en contact avec Sergueï Grigoriev, un colonel du KGB qui veut "changer le monde". Il souhaite pour cela faire passer des informations à l’Ouest. Tiraillé entre une certaine tranquillité d'esprit et son désir de faire plaisir, Pierre accepte tout de même de collaborer avec cet homme avec lequel se créent très rapidement des liens d'amitié. Mais tandis que les gouvernements français et américains exploitent les précieuses informations, l’étau se resserre sur les deux apprentis espions…

Sortie DVD mars 2010 - merci ma bibli !

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