31 août 2010

En Août, dans vos PALs

palbigil y avait toujours beaucoup de livres en attente.

Mais vous avez lu...

10 ans 3/4 de Fred Paronuzzi (lu par Patacaisse) - Hush Hush de Becca Fitzpatrick (lu par Petite Fleur) - Jennyfer's Body de Audrey Nixon (Lu par Vilvirt) - L'amour comme par hasard de Eva Rice (Lu par Tiphanie) - Jenda, Jiendé par Laurence Lacour (Lu par Aifelle) - Nuit d'été de Dan Simmons (Lu par Petite Fleur) - En l'absence des hommes de Philippe Besson (Lu par Clara) - Pauline de Dumas (Lu par Vilvirt) : - Nanne a beaucoup lu : Le livre des morts de Glenn Cooper - Lettre à Delacroix de Tahar Ben Jelloum - Souffles coupés de Gérald Tennenbaum - Billard Blues de Maxence Fermine - L'invention du bronzage par Pascal Ory - Une éducation libertine de Jean-Baptiste Del Amo ...
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La femme de trente ans de Honoré de Balzac (Lu par Ptitlapin) - Il faut qu'on parle de Kevin par Lionel Shriver (Lu par L'encreuse) - Des oignons dans la soupe de Betty Mac Donald (Lu par Ptitlapin) - Voyage au bout de la nuit de Céline (Lu par Petite Fleur) - Seule Venise de Claudie Gallay (Lu par Aifelle) - De chaque côté des cimes de Claire Mazard (Lu par Typhania) - Par un matin d'automne de Robert Goddard (Lu par Enna) - LadyScar a lu les trois premiers tomes de la Saga Twillight - Livre de sang de Clive Barker (Lu par vilvirt) -  La voix d'alto de Richard Millet (Lu par l'encreuse) - La formule préférée du professeur de Yoko Ogawa (Lu par Aifelle) - Trois maîtres de Stefan Zweig (Lu par Vilvirt) - Parfum de glace de Yoko Ogawa (Lu par George Sand) - La formule préférée du professeur de Yoko Ogawa (Lu par Sofynet) - Le jardin de lierre de Setsuko Katoh (Lu par Alexiel) - Le carré de la vengeance par Pieter Aspe (Lu par Petite Fleur) - Ludwig revoltion tome 1 de Kaori Yuki (Lu par Setsuka) - Pensée magique de Augusten Burroughs (Lu par Cinna) - Ca aurait pu être le paradis de Camilla Grebe et Asa Träff (Lu par Emmyne) - Le tueur des tornades de Alice Blanchard (Lu par livresque) - Le mec de la tombe d'à côté de Katarina Mazetti  (Lu par Lystig) - Le roi d'Afghanistan ne nous a pas mariés de Ingrid Thobois (Lu par Anne) ...

Des trouvailles ou des déceptions... Quant à moi, j'ai lu Fugitives d'Alice Munro et c'est un coup de coeur !

Je retiendrai ce mois-ci...

Le commentaire de Vilvirt, pour Pauline de Dumas : "Enfin ! Me voilà rassurée car j'avais très mal débuté mon challenge "Objectif PAL". Heureusement j'ai bien vite repris le dessus, en découvrant cette petite perle sous un gros tas d'autres ouvrages, en attente dans ma PAL depuis plusieurs mois... Alexandre Dumas, grâce à Pauline, m'a fait soupirer, trembler, palpiter, bref, j'ai éprouvé toute la palette des sentiments qu'inspire un grand roman d'aventure, en dévorant ce chef d'oeuvre méconnu !"

Une jolie couverture chez Clara... En l'absence des hommes de Philippe Besson

Une petite vieillerie amusante chez Ptitlapin - Des oignons dans la soupe de Betty Mac Donald

Yoko Ogawa, très présent dans vos PALs et lu grace au challenge de Pimprenelle

Le nombre de lectures de Nanne - 6 livres lus

Rendez-vous en septembre, pour découvrir encore une fois les trésors cachés de vos PALs !

Au final, et après conciliabule avec moi-même, j'ai décidé qu'il n'y aurait pas de bilan mensuel systématique, l'expérience s'est révélée bien trop chronophage et je veux conserver le plaisir de bloguer, j'y tiens... J'essaierai simplement de suivre vos lectures de loin en loin. De toutes manières, vous êtes tous sur mon google reader. Merci à vous tous pour votre enthousiasme et votre motivation !!

Pour ne rien râter, vous pouvez suivre le challenge sur ma liste de partage ici [clic] car tous vos billets y seront conservés, ou aller rendre visite aux participant(e)s sur ce billet [clic]. Je vous souhaite un excellent Objectif Pal 2010-2011 !!

objectif_pal_le_retour

(N'hésitez pas à me signaler toute erreur ou oubli en commentaire en joignant le lien éventuel vers votre billet...)

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30 août 2010

Vivement l'avenir, Marie-Sabine Roger ... Rentrée littéraire

vivement_l_avenir"Si un jour je trouve ma voie, ce sera sûrement une impasse."

Il y a peu à espérer dans ce coin de France où Alex, la trentaine, a déposé ses valises pour un moment, le temps d'un CDD.
Entre l'usine de volailles où elle travaille, les humeurs de la propriétaire chez qui elle loge provisoirement, et cette certitude qui entoure tout que plus rien jamais ne viendra éclaircir un horizon bouché pour toujours, difficile de discerner un filet d'espoir. Et pourtant, à force de s'occuper du frère handicapé de ses hôtes, qu'elle surnomme gentiment Roswell, à force de tenter d'ouvrir des portes de compréhension et d'humanité nouvelles pour lui, Alex sent que la carapace qu'elle s'est forgée physiquement et mentalement se fendille. L'affection est là, la tendresse et l'envie de protéger surgissent. Il ne suffit plus que d'un caddie rafistolé pour que vienne l'idée d'explorer le monde.. ou simplement déjà les bords du canal proche de la maison.
La rencontre avec deux désespérés du bonheur - Cédric et Olivier, dit le Mérou - qui eux aussi s'évertuent en silence à s'oublier en lançant des canettes dans l'eau, sera le déclencheur d'une épopée qui augurera enfin des jours meilleurs pour cet avenir qui joue depuis bien trop longtemps à leur glisser entre les doigts.

Marie-Sabine Roger signe ici un roman à la gouaille sympathique et au parler franc qui n'édulcore pas la misère et la précarité du quotidien. Là est la force de l'auteure, son talent, cette manière de conclure ses chapitres avec une formule vraiment pas "toute faite". Beaucoup de phrases sont à noter avec plaisir et à retenir. On y retrouve l'univers de ses nouvelles, Les Encombrants (2007), Il ne fait jamais noir en ville (2010). Nous sommes donc d'emblée en terrain conquis, près de ces gens de peu que l'écrivain affectionne.

Cependant, et pour mon goût personnel, cette histoire qui commence en raclant la vie dans le sens du découragement, se termine un peu trop dans un feu d'artifice de bons sentiments, à la manière de Tous ensemble, le roman d'Anna Gavalda, auquel j'ai beaucoup pensé au cours de ma lecture. En effet, le quatuor qui se forme en fin d'ouvrage finit par vivre un conte de fées équivalent, chaque personnage s'insère miraculeusement dans une case peu réaliste, mais réconfortante pour le lecteur qui respire d'aise, oui c'est vrai. La vie offre-t-elle donc parfois de tels cadeaux du destin ? J'ai un peu le sentiment d'en douter.

Toutefois, voici une belle lecture de rentrée, à prendre donc comme une fable. J'en ai aimé l'écriture et l'énergie. Il rencontrera certainement beaucoup de succès, à l'instar de La tête en friche, que je n'ai pas encore lu, édité au Rouergue en 2008 et qui, outre d'avoir été beaucoup lu a été adapté dernièrement au cinéma.

bouton3Note de lecture : 3.5/5 - Editions Le Rouergue - 19€ - Sortie le 25 Août 2010

Clara a été conquise ! - Pour Cuné, c'est du simple et du bon - Pour Cathulu, un très beau moment de lecture

challengerentr_elitt_raireChallenge 1% rentrée littéraire 2010 : 6/7

Ce livre a été chroniqué dans le cadre d’un partenariat avec le site Chroniquesdelarentreelitteraire.com et dans le cadre de l’organisation du Grand Prix Littéraire du Web Cultura.

07_chronique_de_la_rentree_litteraire

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28 août 2010

Une minuscule pause ...

... et je reviens. Bon week-end !           livresdormir

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27 août 2010

Le coeur régulier, Olivier Adam ... Rentrée littéraire

lecoeurr_gulier"Longtemps après avoir quitté Louise j'avais repensé à cette conversation. "Il s'occupe de nous". Et moi, avais-je songé, qui s'occupe de moi ? Qui me retient si je tombe ? Qui posera sa main sur mon épaule ?"

Sarah a une vie parfaite (insipide ?), un travail, un si gentil mari et puis deux enfants, adolescents. Elle a également des parents, une famille où la retenue tient lieu de tendresse et d'affection. Elle a aussi un frère, Nathan, presque son jumeau tellement ils sont proches, ou l'étaient en tous les cas autrefois. Car autant Sarah est finalement entrée dans la norme, autant Nathan l'a toujours fui cette norme, prétextant l'écriture d'un livre, de hautes idées sur la vie, et s'abrutissant bien souvent de boisson.
Alors que Nathan décède dans un accident de la route, c'est toute la vie de sa soeur qui prend l'eau. Elle ira chercher l'âme de ce frère tant aimé jusqu'au Japon, sur ses anciennes traces. Elle y fera la rencontre d'un homme qui sauve des vies, en posant simplement sa main - doucement - sur des épaules...

On a déjà tellement parlé de ce livre un peu partout... Qu'en dire donc de plus ? Et bien que je n'ai pas du tout été enthousiasmée par les premières lignes de cette lecture. L'écriture d'Olivier Adam m'a semblé effectivement se chercher beaucoup, à renfort d'images un peu creuses et d'une multitude d'adjectifs. Son Japon semble superficiel, presque un Japon de manga, voilà qui est étrange si comme il l'a dit en radio il y a passé du temps, à observer...
Cependant, après une cinquantaine de pages, mon intérêt s'est soudain éveillé. J'ai aimé connaître enfin Sarah, sa vie française monotone, ses doutes et ses aspirations. Car à ce moment là, il me semble que l'auteur, oubliant enfin une prose trop poétique et superlative, délivre tout son talent de conteur. En tous les cas, c'est ainsi que je l'aime mieux. Et c'est là que Sarah m'est apparue définitivement très humaine, proche, et qu'en toute fin de roman tout cela a réussi à m'amener quelques larmes aux yeux.

Malgré tout, Des Vents contraires restera un bien meilleur souvenir de lecture, c'est évident.

bouton3 Note de lecture : 4/5 - Les éditions de l'Olivier - 18€ - Sortie le 19 août 2010

challengerentr_elitt_raireChallenge 1% rentrée littéraire 2010 : 5/7

Cuné n'y pas cru - Amanda a ressenti aussi ce stade des 50 pages - Cathulu est restée sur sa faim - Un gros coup de coeur pour clara - Véro l'a lu avec émotion - ...

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26 août 2010

Okou ~To the Bone

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25 août 2010

Les derniers flamants de Bombay, Siddharth Dhanvant Shanghvi ... Rentrée littéraire

lesderniersflamantsdebombay"L'amour, songea-t-elle, porte chance. Puis son regard tomba sur la photo que Karan lui avait donnée la première fois qu'il était venu chez elle. Montée, encadrée, elle était désormais installée au-dessus de son lit. Les flamants en vol, ignorant le ciel et le soleil, les avaient éblouis ; dans leur mouvement, un sens ineffable, puissant, d'infinitude. Au dos de la photo, l'écriture paresseuse de Karan : Les flamants perdus de Bombay, des mots qui avait marqué le début de la fin de leurs vies respectives, telles qu'ils les avaient connues jusque-là."

Lorsque Karan Seth débarque à Bombay, il ne s'imagine pas à quel point son destin sera marqué profondément par cette ville. Il n'est au tout départ du roman qu'un tout jeune-homme, engagé dans une revue en tant que reporter photographe. Son désir secret est de parcourir la ville et d'en révéler via son talent photographique une géographie personnelle.
Son métier le mènera vers Samar, pianiste-dandy, et son amie Zaira, star bollywoodienne qui deviendront des amis proches. Seulement, la mort violente de Zaira mettra à jour l'influence d'une haute société indienne compromise et fausse, injuste, dont il ne soupçonnait absolument pas le pouvoir. Par ailleurs, sa rencontre avec Rhea, femme mariée et artiste en poterie, révèlera en lui les désillusions de la passion amoureuse. Son seul recours sera la fuite vers l'Europe pour revenir, plus tard, tel un aimant vers un Bombay rebaptisé Mumbai.

Voici une lecture dont je ressors toute pleine de sentiments contradictoires. Elle m'a été parfois presque douloureuse, fastidieuse, et par moments très prenante, intéressante. J'avais de l'Inde, la vision transmise par les romans de Chitra Banerjee Divakaruni (que j'adore !), mais n'est-ce pas la vision que nous occidentaux attendons de ce pays, de la couleur, de la sensualité, des traditions se heurtant à une certaine modernité, anglo-saxonne la plupart du temps ? Ici, rien de tout cela, nous sommes dans une Inde moderne, sexuelle, camée, pleine de corruption, dont la beauté se cache dans les ruelles perdues de Bombay et dans le coeur de ses habitants. L'amitié y est une denrée précieuse, rare. L'amour est à prendre dans l'imperfection, sans attentes.
J'ai aimé la grâce dure des images décrites par l'auteur, moins les divagations sur le snobisme, le milieu bollywoodien ou l'énumération des actes d'un procès qui prennent un peu trop de pages de ce roman foisonnant. La force du récit est de nous présenter une galerie de personnages riches, évitant avec brio les travers du manichéisme. Aucun des protagonistes n'est parfait. Chacun a son droit à l'émotion, aux sentiments, aux erreurs, aux changements. La vie y est ce qu'elle est en réalité, toujours pleine de mouvements, de surprises et d'arrêts brutaux.

Une lecture, étrangement toute en puissance, qui a laissé la lectrice que je suis un peu KO...mais dans le bon sens.

Petit détail sinon : j'aurais aimé que la couverture ressemble un peu plus au roman qui est moins sensuel que profondément moderne.

bouton3 Note de lecture : 4/5 - Editions des 2 terres - 22.50 € - Sortie le 25 Août 2010challengerentr_elitt_raire

Challenge 1% rentrée littéraire 2010 : 4/7

Lu dans le cadre d'une opération Masse critique exceptionnelle de Babélio

Les derniers flamants de Bombay par Siddharth Dhanvant Shanghvi

Les derniers flamants de Bombay

Les derniers flamants de Bombay

Siddharth Dhanvant Shanghvi

Critiques et infos sur Babelio.com

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24 août 2010

Litanie du désamour

litanie_du_d_samour(extrait)

42 C'est à ce moment que tu ne m'as pas vu, il faisait grand soleil, nous avons alors senti très bien que rien ne va, que rien n'allait, que rien allait nous arriver
41 tout de suite, je me suis dit : fini c'est fini, les motos roulent, les mots parlent, les arbres s'arrêtent, les bicyclettes se regardent : c'est bien fini
40 déjà hier nous n'étions plus très vivants, tu sentais bien un peu le refermé, nous n'étions pas si vivants que ça, on sentait bien que ce n'était pas ça
39 c'était, ç'aurait pu être dans un train, dans un rêve, au restaurant, sur le sable d'un nuage, sur un trajet de non-retour, c'était, c'était nous
38 déjà je ne te disais plus rien, tu ne me disais plus tu, sans doute avions nous déjà depuis un long temps cessé de nous voir venir, tu disais ?
37 tu m'avais dis : je vais voir et je reviens tu vas voir, je vais voir ce que je peux faire, ne bouge pas voyons je vais voir et je reviens, viens !
36 c'était en traversant la rue tu allais chercher quatorze cigarettes c'est fou les risques qu'on peut se prendre pour quelques cigarettes !

Jacques REBOTIER, Litaniques, L'arbalète Gallimard - 2000
(Extrait également de Une anthologie de poésie contemporaire francophone, Poèmes à dire, Poésie Gallimard)

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23 août 2010

Grandir, Sophie Fontanel ... Rentrée littéraire

grandir"Ces temps-ci, quand je pense à ce que j'essaie de sauver, je ressens un tel besoin d'aide que ça me fait trembler. Aider quelqu'un, je le sais maintenant, c'est avoir aussitôt soi-même besoin de secours. Et ces jours, je bois toute sympathie comme un buvard, et la moindre bonté me fait l'effet de l'amour. Jamais je n'ai eu autant la conscience des autres, moi qui ai fondé ma vie sur la liberté."

Une mère, devenue âgée, accepte enfin que sa fille prenne soin d'elle quotidiennement... et c'est encore de grandir dont il est soudain question. Comme si pour une enfant, et même à quarante six ans rien n'était encore fini, les possibles encore ouverts. Cette femme qui se penche vers une autre a encore beaucoup à apprendre de la fragilité de la vieillesse, du laisser-faire de l'impuissance avouée, elle ne s'en doutait pas.

Sophie Fontanel est connue généralement comme étant l'auteure du personnage de Fonelle dans ELLE. Dans ce roman, sans doute de l'auto-fiction, l'humour est donc présent, surtout dans les répliques maternelles, mais tellement enrobé de tendresse qu'il touche plus qu'il ne fait sourire. Cependant, ne vous y trompez pas, il n'est pas le centre du récit, seulement une partie de son attrait. Cette histoire est une histoire d'amour entre une fille et sa mère, principalement.
Et l'on pourrait se dire aussi, encore une apologie parentale, une de plus, mais non, voilà, il est simplement un élégant récit sur soi, et les autres, sur la filiation...
Après avoir vécu les failles, les blessures, les fatigues, la narratrice expose le présent, et il est intéressant d'assister aujourd'hui à un moment intime d'apaisement.
Il n'a bien rien d'inutile ce récit, il est universel, il apporte. Je l'ai beaucoup aimé. Il m'a beaucoup touchée.

Une tendre lecture de rentrée et un livre qui aide à grandir, oui. Merci Sophie Fontanel !

bouton3 Note de lecture : 4/5 - Robert Laffont - 17€ - Sortie le 23 Aout 2010challengerentr_elitt_raire

Challenge 1% rentrée littéraire 2010 : 3/7

Pour Papillon, c'est également une belle surprise !

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22 août 2010

Un air de fin d'été...

Découvrez la playlist Voulzy avec Laurent Voulzy

                     (image trouvée ici) livrevalise

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21 août 2010

Le verbe être

d_sespoir"Je connais le désespoir dans ses grandes lignes. Le désespoir n'a pas d'ailes, il ne se tient pas nécessairement à une table desservie sur une terrasse, le soir, au bord de la mer. C'est le désespoir et ce n'est pas le retour d'une quantité de petits faits comme des graines qui quittent à la nuit tombante un sillon pour un autre. Ce n'est pas la mousse sur une pierre ou le verre à boire. C'est un bateau criblé de neige, si vous voulez, comme les oiseaux qui tombent et leur sang n'a pas la moindre épaisseur. Je connais le désespoir dans les grandes lignes. Une forme très petite, délimitée par des bijoux de cheveux. C'est le désespoir. Un collier de perles pour lequel on ne saurait trouver de fermoir et dont l'existence ne tient pas même à un fil, voilà le désespoir. Le reste nous n'en parlons pas. Nous n'avons pas fini de désespérer si nous commençons. Moi je désespère de l'abat-jour vers quatre heures, je désespère de l'éventail vers minuit, je désespère de la cigarette des condamnés. Je connais le désespoir dans ses grandes lignes. Le désespoir n'a pas de coeur, la main reste toujours au désespoir hors d'haleine, au désespoir dont les glaces ne nous disent jamais s'il est mort. Je vis de ce désespoir qui m'enchante. J'aime cette mouche bleue qui vole dans le ciel à l'heure où les étoiles chantonnent. Je connais dans ses grandes lignes le désespoir aux longs étonnements grêles, le désespoir de la fierté, le désespoir de la colère. Je me lève chaque jour comme tout le monde et je détends les bras sur un papier à fleurs, je ne me souviens de rien et c'est toujours avec désespoir que je découvre les beaux arbres déracinés la nuit. L'air de la chambre est beau comme des baguettes de tambour. Il fait un temps de temps. Je connais le désespoir dans ses grandes lignes. C'est comme le vent du rideau qui me tend la perche. A-t-on idée d'un désespoir pareil ! Au feu ! Ah ils vont encore venir... Au secours ! Les voici qui tombent dans l'escalier... Et les annonces du journal, et les réclames lumineuses le long du canal. Tas de sable, va, espèce de tas de sable ! Dans ses grandes lignes le désespoir n'a pas d'importance. C'est une corvée d'arbres qui va encore faire une forêt, c'est une corvée d'étoiles qui va encore faire un jour de moins, c'est une corvée de jour de moins qui va encore faire ma vie."

ANDRE BRETON, Clair de terre, Poésies/Gallimard

Je l'aime ce texte, et il ne me désespère pas du tout, bien au contraire ! Pfiou, aujourd'hui l'été était encore partout partout, et surtout dans ma tête.

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