lesdessousdetable "Non, plus personne ne rira, plus personne ne chantera quand ils m'entendront."

Il y a la réalité, la vie en surface, et puis tout ce qui se cache en dessous, la misère, les mesquineries, les tromperies, les désirs inavoués dans Les dessous de table... Rien à voir avec les "affaires" ici, si peu. Il est surtout question d'amour, ou de sexe disons-le plutôt ainsi, de colères, d'éclats silencieux, de vengeances, de cris rentrés, et de crimes en suspens.

En 18 nouvelles terriblement efficaces, Nicole Versailles réussit à nous transporter dans un univers où la tromperie est la norme, la déviance une rectitude. Et au dessus de tout cela règne un regard innocent, qui ressemblerait un peu à celui de l'enfance... On peut s'imaginer également un tout-petit caché sous une nappe qui observerait par mégarde un manège qui n'est pas pour lui.

J'ai été surprise, étonnée, chamboulée. Je me suis demandée comment une si douce blogueuse pouvait écrire ainsi la noirceur, et pourtant sans créer le malaise, avec l'élégance et le doigté dont elle est coutumière. De plus, comme elle maîtrise avec brio l'art de la nouvelle, chaque conclusion est un frémissement délicieusement renouvelé.

Dans ce recueil, chaque décision est lourde de conséquences et la frontière étroite et floue entre le Bien et le Mal.

"Aujourd'hui en ce jour de fête qui réunit tous les collègues de Charles-Henri, son cher époux, pour fêter sa promotion bien méritée après tant d'années de dur labeur, Marie-Solange décide qu'elle a assez penché la tête vers sa solitude, sa dépression, ses larmes et ses rancunes secrètes."

Voilà qui vous donnera envie de regarder vos voisins de table un peu plus profondément dans les yeux, ou d'aller respirer l'air pur au soleil c'est selon.
Quant à moi, ce petit livre m'a remis sur les rails d'un plaisir de lecture perdu depuis quelques jours. Donc merci et chapeau ! J'ai aimé.

bouton3 Memory Press - 14€ - Septembre 2010

Le blog de Coumarine : http://coumarine.blogspot.com/

Ses autres titres - Tout d'un blog - L'enfant à l'endroit, l'enfant à l'envers (dont je garde un souvenir émouvant)

La critique d'Alainx