Tomates, Nathalie Quintane
"Ce n'est pas parce que nous avons quarante-cinq ans ou cinquante-cinq ans ou soixante-cinq ans que nous ne voulons plus vivre une vie intense ou que nous ne voulons plus écrire des textes intenses. Ou les lire ; j'achetai, en 2008-2009 surtout, un nombre considérable de livres politiques historiques, tentant peut-être de compenser ma minorité numérique en la bardant de ces livres, les livres de littérature n'ayant pas suffi, Princesse de Clèves, épiphénomène ne changeant rien à la nature spectrale, diminuante, disparaissante, de tous les romans et de l'efficace littéraire en général, minorité de tous les côtés, minorité parce que je lis des livres, minorité parce que c'est de la littérature, minorité parce que lisant des livres et en écrivant je suis tout de même née d'employés, eux-mêmes nés d'ouvriers, minorité parce que, bien que mesurant un mètre quatre-vingts, je suis une femme, et que j'ai de grands pieds, minorité parce que j'habite à la campagne, et que la campagne est une chose bizarre, comme l'a bien suggéré Benjamin de Tarnac en décrivant les flics de la police scientifique s'égaillant tout heureux dans les champs et visitant le poulailler et disant que la campagne c'est pas mal et décidant peut-être au retour de planter des tomates."
A Nathalie Quintane, et au vu de son expérience, on suggère d'écrire sur les lectures publiques, sur l'amour ou sur ce qui ce passe en ce moment... Mais le problème du moment, c'est qu'il change tout le temps. Alors, elle choisit d'écrire sur ce qu'elle vit, Nathalie Quintane, elle écrit sur ses soudaines vélléités de faire pousser des tomates, enfin c'est ce que l'on croit en démarrant cette lecture...
En fait, Nathalie Quintane écrit sur aujourd'hui, sur ce qui la révolte, sur le fascisme latent qui se cache, sur la littérature qui se doit d'être "une fête" pour atteindre, sur les groupes de poètes que l'on trimbale comme des trophées. Nathalie Quintane pamphlète poétiquement, elle s'en donne le droit, même si elle se cache derrière ses plants de tomates.
C'est différent de ce à quoi je m'attendais réellement, c'est à lire et à relire - très certainement - pour en comprendre toute la substance. Les notes de bas de page y ont une vie singulière, et en fin d'ouvrage elles prennent le pouvoir... Je découvre ainsi une auteure de caractère. Ca a le mérite d'exister. Ca donne vraiment à réfléchir.
Editions POL - Octobre 2010 - 12.50€
(Les premières pages à lire sur la fiche éditeur)
"En tant qu'enseignante, j'étais satisfaite.
En tant qu'écrivain, je rechignais pour la forme.
En tant que rien de spécial, je pensais pan dans les dents."
Une petite lecture jardinière par l'auteure elle-même...
Commentaires sur Tomates, Nathalie Quintane
euuuh je ne sais pas...peut-être, peut-être pas..
Bel Gazou : c'est une drôle de petite chose, pour être honnête pas certaine du tout que ça te plaise ! ;o)
Pas sûre moi non plus... déjà que je suis une râleuse, alors si je lis une autre râleuse, ça risque de faire beaucoup !!!
Liliba : oh oui c'est une râleuse ! ;o) Mais peut-être est-ce parfois un acte civique finalement...
Hi hi c'est ce que je vais dire à mon mari quand il se plaint que je râle trop : "chéri, je fais un acte civique !". J'imagine d'ici sa tête !!!
Il me parle celui-ci
))
J'en parle bientôt mais visiblement je suis passée à côté !
))
Voilà un billet qui me plaît beaucoup. Je suis partante ..
un livre sur ma liste, j'avais entendu une émission sur les ondes et j'avais bien aimé cette présentation, pas en bibliothèque donc j'espère qu'il passera un jour par chez moi; curieuse de lire ce livre envie de croquer dans cette Tomate moi qui les adore.
bonne journée
A mon avis, ce livre n'est pas pour moi ... je passe!
Original, ça, c'est certain... J'aime beaucoup le texte lu...
heu ...non ....pas pour moi celui la....
Liliba : hi hi, je parlais de l'auteure, je ne sais pas vraiment ce que tu dis à ton mari quand tu râles, mais tu peux toujours essayer "le civisme" comme argument de défense, sait-on jamais !! ;o))))
Ptitlapin : quelques passages sont vraiment intéressants, ce qui est troublant c'est la forme, de la prose poétique.
Cathulu : oh tu avais craqué aussi...bon moi aussi j'ai été surprise mais bizarrement j'ai aimé, pas à la folie, mais ce n'est pas si mal et j'aime ce franc-parler là de temps en temps.
Aifelle : il est vrai que ce passage interpelle !
Pascale : finalement, les tomates ne sont qu'un masque trompeur dans l'histoire... Oui, je pense qu'il te plaira.
Clara : pas de soucis !!
L'or des chambres : oui, ça l'est. ;o)
Tristale : je comprends...c'est un petit intermède-ovni. ;o)
tu connais un peu mon écriture, et mes lectures, donc si tu dis qu'il me plaira, vivement la semaine prochaine... d'avance merci je me ferai un grand plaisir de la déguster cette tomate mais sans dans le livre peu importe ...
Hum... je viens de chez Cathulu et je dois dire que je suis perplexe.
Pascale : à bientôt donc pour ton avis !
Sylire : il faut dire que l'ouvrage laisse perplexe en soi...;o)
Ton billet m'a donné l'envie de ressortir de ma bibliothèque les "Remarques" de N. Quintane, paru en 1997 ( ça fait drôle de voir le prix : 80 F...). J'aimais bien ces phrases à la Delerm, en plus énigmatique, style un peu koans, qui invitent à la réflexion à partir d'instants du quotidien.
Et déjà là, il y avait ...
"La peau de la tomate maintient la tomate dans sa peau."
Bon week-end !
Cathy : oh très bien cette phrase !! Merci !!!Effectivement, il y avait déjà de la tomate en préparation...;o) C'est ce titre là que j'avais parcouru aussi ("Remarques") et dont j'avais subtilisé une phrase en atelier d'écriture au printemps dernier... "Le trou de la porte était là avant le mur." Voilà pourquoi j'ai voulu découvrir "tomates".
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