La blessure la vraie, François Bégaudeau
"Deux pieds et deux jambes pour moi, les minutes et les secondes contre moi. Une course contre la montre, exactement. Fendant une foule de Hollandais et d'Allemands, comme un vélo champion au sommet d'un col.
C'est comme ça que ça a commencé la blessure.
La blessure et courir dessus."
Eté 86, la chaleur, Saint Michel en l'Herm, la côte vendéenne et la Faute sur Mer bien avant la marée, et avoir 15 ans, et ne penser qu'à une seule chose, devenir un homme, coucher avec une fille... Qu'on en finisse une fois pour toutes avec ce passage obligé, qu'à la rentrée ce soit fait et voilà. Pas si facile, pas si simple. Le petit François né à Luçon, et qui a grandit dans ce village semblable à tant d'autres, est devenu entre temps Le Nantais. Retour au pays pour l'été. On retrouve le groupe d'amis, le café Chez Gaga et des stratégies de copinages à faire pâlir les candidats de Koh-Lanta (cela dit on ne les imagine pas encore). Les filles sont des caricatures de Madonna. Les garçons friment en mobylette. Bardé de son 17 sur 20 en anglais, notre héros fait pâle figure devant les cadors du coin qui râflent largement la mise malgré leurs dents manquantes et leur propension à boire de la Kro plus que de raison... L'amour sortira-t-il gagnant de cette histoire ? Pas si sûr. La vérité, la vraie, aura-t-elle été évoquée ? Pas certain.
Je ne pouvais passer à côté de cette enfance vendéenne qui malgré ses accents de couverture semble en grande partie fictionnelle. Ayant déjà lu, vu et entendu François bégaudeau à plusieurs reprises (ma lecture de Fin de l'histoire) je n'ai pas été surprise de retrouver ce même petit accent macho et ce rythme d'écriture vif et haletant qui fait sa signature. Tout cela est souvent cru sans être vulgaire du tout, d'une inconvenance toute adolescente qui passe très bien, c'est drôle aussi et cocasse, par moments assez inconcevable. Ca ne plaira pas à tout le monde, moi j'ai aimé le lire. C'est un peu, j'ai trouvé, le côté verso de cette nouvelle de Brigitte Giraud, Baby foot qui conte un amour d'été, version adolescente... Alors que les filles regardent les yeux des garçons, les garçons eux pensent parfois à autre chose...
Editions Verticales - 19 € - Janvier 2011
Un titre sélectionné aussi pour le prix Landerneau 2011
Commentaires sur La blessure la vraie, François Bégaudeau
Pas certaine d'aimer celui-ci. :/
Leiloona : il faut apprécier l'auteur je pense, au préalable, et puis peut-être se souvenir avec nostalgie de 86... Je l'ai aimé, vraiment, ce livre mais c'est un point de vue très masculin des amours adolescentes. ;o) Cela ressemble aussi à une petite loufoquerie.
Je n'ai jamais lu l'auteur, je ne suis pas très attirée par ce qu'il écrit.
Aifelle : c'est un style, c'est vrai...mais dans le genre c'est plutôt bien fait. ;o)
Pas trop tentée. je préfère passer.
Géraldine : Pas de soucis. Je l'ai lu par curiosité, j'ai hésité un peu, et puis "l'évocation d'une enfance vendéenne" m'a décidé... C'était une lecture agréable. Mais nous n'avons pas eu la même jeunesse c'est évident. Ce livre ressemble aussi à une sorte de pirouette pudique, étrange ;o).
été 86, rien qu'avec cette allusion tu me tentes!! même si je doute bien en effet avoir les mêmes souvenirs...et puis j'ai de la graine de pré-ado à la maison!!et puis c'est vrai au fond, les garçons ne comprennent pas les filles qui , elles-mêmes ne comprennent pas toujours très bien les garçons non plus!!! alors, pourquoi pas..je découvrirai l'auteur en même temps...
Pourquoi pas si l'occasion se présente...
Bel Gazou : c'est l'éternel soucis !! ;o) Oui, l'été 86 est assez évocateur pour moi aussi, j'avais 14 ans. ;o)
Sylire : la sélection Landerneau est souvent assez intéressante !! Personne ne semble avoir été contacté cette année ?!
Juste pour appuyer : "Baby-foot" est une merveille ! Lisez baby-Foot, écoutez Brigitte Giraud le lire, c'est bouleversant !
non pas trés tentée pour celui ci...
Anne Percin : ravie de ce passage ici... Oui, le texte de "baby foot" est très beau !! ;o)
Tristale : rien de grave...;o)
J'étais très impatiente de lire ce livre dont j'avais lu une bonne critique dans Sud-Ouest Dimanche, d'autant plus que j'ai à peu près l'âge de l'auteur (j'ai donc vécu "l'été 86" côté filles) et que j'ai une fille adolescente
J'ai trouvé le début du livre assez prometteur, mais rapidement le style m'a lassée (les répétitions, l'absence de ponctuation...), pas assez littéraire à mon goût ; quant au fond, moi qui étais en quête de réalisme (c'est ce que je recherche aussi bien en littérature qu'en cinéma, c'est pourquoi d'ailleurs j'ai beaucoup aimé "Entre les murs"), j'ai été très déçue par la dernière partie du livre...
De plus je n'ai toujours pas compris pourquoi ce titre...
Bénou : le titre est une sorte de fausse piste aménagée qui tendrait à nous faire croire que ce qui est raconté dans le livre est vrai, que c'est de l'enfance véritable de Bégaudeau dont il est question, seulement à la lecture on se rend compte de ce que revêt ce mot de "blessure"...et effectivement comme la fin est un peu irréaliste/étrange/burlesque, alors on ne peut que remettre en cause tout le reste.
Le roman n'est pas à prendre au premier degré en somme, ce qui a dû te gêner, je le comprends aisément, d'où ta déception. Chez Verticales, il y a souvent ce genre de jeu d'écriture...;o)
Ce titre est assez différent de "Entre les murs" qui est sans doute le titre le plus réaliste de l'auteur.
Je suis désolée pour toi, j'espère que tu passeras un meilleur moment avec une autre lecture, les déceptions ne sont jamais agréables.
A bientôt !
Moi j'ai beaucoup aimé ce livre mais je suis un mec donc ça doit aider
Sur la fin du livre il y a un truc qui m'a interloqué : le père Jean fais disparaître de la poche du nantais le médaillon de Tipaul, et il le fait réapparaître dans sa poche à lui? C'est magique? Je ne sais pas si quelqu'un se souvient...
Oliv : non, je ne me souviens pas mais la fin est de toutes manières un peu irréaliste, non ? Sinon, oui, c'est un livre très masculin. Merci pour cet avis !!
Oui la fin est surement un peu irréaliste et en tout cas clairement inventée, et l'auteur dévoile ce décalage avec la réalité d'une façon très élégante j'ai trouvé.
Oliv : une pirouette finale qui m'a plu aussi !
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