vous_parler_d_elle"J'attends papa, je garde le toit, il disait toujours que c'était la partie la plus importante d'une maison. Le menteur et moi, on cherchait une maison et toujours j'entendais mon père mentionner le toit. Le menteur opinait, comme à tout ce que disait mon père, il lui racontait beaucoup de salades, comme à moi, une fois il l'a même emmené au restaurant pour lui en faire manger. Mon père m'avait dans le coeur, il a dit que l'honnêteté était une qualité essentielle, et le menteur acquiesait, mon père lui disait qu'il devait être franc, le menteur répondait qu'il voulait qu'on parte vivre à la campagne, dans une maison aux deux bureaux séparés par une vitre. On a tous trouvé étrange le coup de la vitre. Il a dit à mon père qu'il m'avait dans la peau, qu'on était issus de la même eau, sale je dis aujourd'hui, croupie, il a dit à mon père qu'il était nécessaire à ma vie, qu'il saurait s'occuper de moi."

Extrait de Vous parler d'elle de Claire Castillon, Le livre de Poche, 2006

Une jeune femme revient sur sa vie, de manière obsessionnelle et avide, et les souvenirs d'enfance affluent. De l'exubérance des faits évoqués, il est difficile de démêler ce qui est vrai, et ce qui ressort simplement de l'imagination, de la folie. Le lecteur est en plein brouillard.
Malgré une écriture superbe, frôlant parfois le jet lumineux d'une écriture automatique inspirée, il est évident que ce titre ne restera pas ma meilleure lecture de l'auteure.

Acheté sur un coup de tête dans une toute nouvelle boutique vendant des livres d'occasions, découverte par hasard en bord de mer (Aladin "Aux milles et une occasions"/St Gilles Croix de Vie). Je n'ai pas pu résister.