"Il me fallait être sur mes gardes. Tout ce qui se déchaînait ou se figeait m'annonçait des catastrophes. Je devais toujours craindre le pire. Je devais retenir le ciel pour qu'il ne s'écroule pas et les ombres pour ne pas qu'elles m'envahissent, scruter la tombée de la nuit, épier le brouillard, garder un oeil sur les averses et les giboulées. Et, surtout, toujours savoir où était ma mère. Plus que tout je craignais de la voir surgir à mon côté, silencieuse et immense, bavarde et minuscule. Intrusive. Invasive. Elle avait les mille bras et les mille têtes de l'angoisse la plus insidieuse."

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Mes petites machines à vivre n'est pas un livre de recette ; il n'apprend pas à mieux vivre. Maryse Vaillant y raconte en fait son enfance près d'une mère source d'une angoisse profonde, ses débuts laborieux en tant qu'éducatrice et puis ce qu'elle est aujourd'hui, combien elle use encore de toutes ces astuces de défense personnelle dont elle aimerait tant se passer.
Elle tente d'expliquer, nous suivons le fil de ses réflexions, et nous nous tenons près d'elle sur ce point d'étape dont elle a fait un ouvrage.
J'aurais peut-être aimé y trouver des méthodes, plus de densité, mais je ne suis pas déçue de la trace que ce témoignage a laissé dans mon esprit, bien au contraire.

"Accepter de vivre sous l'emprise du passé, sans la maîtrise du présent, sans la peur de l'avenir. Lâcher la vigilance anxieuse, n'en éprouver ni tension ni pression. Débrancher le fil qui relie à tout ce qui fait mal, les amours, les enfants, les désirs et les peurs. Et rester avec soi-même sans craindre d'être trop seule ou en trop mauvaise compagnie."

 JC Lattès - 16€ - Mars 2011

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