panierdefruits"[...] j'étais devenu un drogué du langage concentré."

Après avoir écrit un premier roman tout en subtilité, notre narrateur est pourtant bien fier d'avoir trouvé ce "Panier de fruits" que l'on retrouve encore aujourd'hui dans nos supermarchés. La publicité rapporte, c'est certain, et il faut bien vivre. De plus, la satisfaction peut s'avérer grande même si le succès reste toujours anonyme. "J'ai des millions de lecteurs" se vante-t-il.
Cependant, lorsque c'est l'obstination du mot qui rapporte qui prédomine, celui facile, éphémère, qui s'étend sur les trottoirs puis disparaît aussi vite qu'il est arrivé, où se loge l'orgueil de l'écrivan ?

Un jet littéraire, conçu par un Philippe Delerm ironique et réaliste. Une lecture qui amène un sourire déjà convaincu au coin des lèvres.

"Quelle unité dans tout cela ? Le sentiment d'avoir gagné pas mal d'argent chaque fois que je n'avais rien à dire, et d'en avoir presque perdu quand j'approchais d'un peu de vrai.
Du cynisme, oui, mais affadi par l'amour-propre. Après tout, je restais fier de ma fraise des bois, de l'opportunisme des mes calembours sportifs. Je n'avais pas encore écrit de quoi me mépriser tout à fait - en serais-je jamais capable ?"

Editions du Rocher - 5.18€ - 1998
(existe aussi en format Librio avec L'Envol - 2€)