08 octobre 2011

Notre nom est une île, Jeanne Benameur

notrenomestune_le"Les étoiles incrustées sous la chair
il faut vautour et rage
pour nous arracher
un peu
de ce qui brille

Et tant d'amour sans attente
pour garder la lumière"

De Jeanne Benameur, on connaît surtout l'activité romanesque. Ce que l'on sait moins, c'est que Jeanne Benameur est entrée en littérature avec la poésie. Son premier recueil, Naissance de l'oubli, a été publié en 1989. Même si l'écriture poétique ne l'a plus vraiment quittée, avec Notre nom est une île, l'auteure signe ici son retour en poésie, comme elle nous l'avait annoncé lors d'une rencontre [mon billet]. C'est un retour aux sources qui lui tient réellement à coeur.
Je suis heureuse, donc, de m'être penchée sur ses mots, dans lesquels on retrouve sans peine toute sa délicatesse et son univers. Il y est question de marche, de corps, de chair et d'os, de chemins, d'étoiles, de souffle et de passage. A la fin de l'ouvrage, Jeanne Benameur revient sous la forme d'un court essai, sur la place de la poésie dans notre vie, sur ce qu'elle a d'essentiel, un lien vers nous-même.

"Le poème de notre vie nous appartient. C'est peut-être la seule chose qui nous appartienne, encore faut-il en faire la quête.
Parce que j'ai compris, de tout mon être, que l'alphabet est la seule et paradoxale chance qui m'était donnée pour faire lien avec les autres, tous les autres, dans le silence tissé par les mots justes, j'écris."

Tout m'a parlé dans ce petit livre qui donne aussi un sens à tout ce que je fais, notamment sur ce blog, depuis quelques années. J'aime ce qui anime Jeanne Benameur, ses intentions, sa démarche, et la personne qu'elle est... Ce recueil va rejoindre sans tarder mes essentiels.

Editions Bruno Doucey - 6€ - Septembre 2011 heart

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06 octobre 2011

La pluie

 

 

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05 octobre 2011

Un extrait...

... de BD pour une fois. Et je fais de réelles bonnes pioches en ce moment.
Point besoin de longs discours en l'occurence, ni de résumé. L'image ci-dessous parle d'elle-même.

Les Larmes de l'assassin de Thierry Murat (Futuropolis 2011) adapté du roman de Anne-Laure Bondoux (Prix Sorcière roman Ado 2004), c'est terrible, émouvant et prenant.

leslarmesdel_assassin

Une envie contractée chez Bellesahi

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04 octobre 2011

La table des enfants, Isabelle Hausser

latabledesenfants"En soupirant, elle s'assit devant son couvert. Rien ne lui était plus douloureux, certains matins, que la vue de cette table. Agnès l'avait achetée avec Jean-Baptiste voilà trente ans. Ils y avaient pris leurs repas. Elle y avait écrit ses premiers romans tout en surveillant Elisabeth. Ce n'était pas une très jolie table ; elle n'avait pas coûté cher ; ne disposait même pas d'allonges. Un meuble ordinaire. Il les avait suivis dans tous leurs déplacements en Europe depuis vingt ans. Vite reléguée à la cuisine, couverte ou non d'une nappe au gré des humeurs et des lessives, elle avait longtemps servi aux repas des enfants et aux petits déjeuners. Elle était la gardienne de cette époque révolue où les quatre enfants dînaient en se chamaillant. Elle était la table des enfants."

Elisabeth est morte, en Allemagne, en compagnie de son mari. Un accident de voiture tout bête, une plaque de verglas. Agnès est effondrée, elle quitte la Belgique, ses enfants adolescents, son mari pour se rendre aux obsèques de sa fille aînée. Là-bas, elle tente de comprendre pourquoi cette dernière avait depuis plusieurs années coupé les ponts avec elle malgré la tendresse qui les liait si visiblement, et pourquoi aussi elle avait fait de sa mère l'unique tutrice de ses deux enfants, et de ses biens. Faire son deuil, s'occuper de deux orphelins presque inconnus, réconforter la jeune-fille au pair, et mener l'enquête qui s'impose à elle donnera finalement à Agnès beaucoup d'occupation et les clés d'un nouvel avenir.

La Table des enfants croise quelques thèmes intéressants, ceux plus particulièrement de la relation mère-fille et celui de l'écriture (Agnès est auteure à succès de romans policiers). J'ai aimé également suivre les réflexions de cette femme d'âge mûr, sommée par les évènements de choisir son destin, et comprendre ainsi qu'à tout moment de la vie, tout est encore possible, transformable. Les ambiances sont posées tranquillement, chaque détail est minutieusement étudié, l'Allemagne devient présente, palpable, les personnages consistants. Tout m'a plu dans ce roman qui n'oublie pas de distiller aussi, et jusqu'à la dernière page un suspens troublant.
Un bon roman confortable, et un coup de coeur !

  Editions du Livre de Poche - 7.50€ - Avril 2003  heart

La lecture de Keisha - Merci ma bibli !!

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03 octobre 2011

Mes petites machines à vivre, Maryse Vaillant

"Il me fallait être sur mes gardes. Tout ce qui se déchaînait ou se figeait m'annonçait des catastrophes. Je devais toujours craindre le pire. Je devais retenir le ciel pour qu'il ne s'écroule pas et les ombres pour ne pas qu'elles m'envahissent, scruter la tombée de la nuit, épier le brouillard, garder un oeil sur les averses et les giboulées. Et, surtout, toujours savoir où était ma mère. Plus que tout je craignais de la voir surgir à mon côté, silencieuse et immense, bavarde et minuscule. Intrusive. Invasive. Elle avait les mille bras et les mille têtes de l'angoisse la plus insidieuse."

mespetitesmachines_vivre

Mes petites machines à vivre n'est pas un livre de recette ; il n'apprend pas à mieux vivre. Maryse Vaillant y raconte en fait son enfance près d'une mère source d'une angoisse profonde, ses débuts laborieux en tant qu'éducatrice et puis ce qu'elle est aujourd'hui, combien elle use encore de toutes ces astuces de défense personnelle dont elle aimerait tant se passer.
Elle tente d'expliquer, nous suivons le fil de ses réflexions, et nous nous tenons près d'elle sur ce point d'étape dont elle a fait un ouvrage.
J'aurais peut-être aimé y trouver des méthodes, plus de densité, mais je ne suis pas déçue de la trace que ce témoignage a laissé dans mon esprit, bien au contraire.

"Accepter de vivre sous l'emprise du passé, sans la maîtrise du présent, sans la peur de l'avenir. Lâcher la vigilance anxieuse, n'en éprouver ni tension ni pression. Débrancher le fil qui relie à tout ce qui fait mal, les amours, les enfants, les désirs et les peurs. Et rester avec soi-même sans craindre d'être trop seule ou en trop mauvaise compagnie."

 JC Lattès - 16€ - Mars 2011

Cathulu l'a lu aussi

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02 octobre 2011

Plongeoir

piscine

Bon dimanche !

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01 octobre 2011

3'', Marc-Antoine Mathieu

3_secondes"3 SECONDES
C'est le temps pour la lumière de parcourir 900 000 km, le temps pour une balle de revolver de couvrir 1 km. Le temps d'une respiration. Le temps d'une larme, d'une explosion, d'un sms."

Au travers d'un vertigineux zoom graphique se lit dans cet album le récit de ce qui relie ici personnages et indices, ceux d'une histoire que l'on laisse au lecteur le pouvoir de reconstituer...

Nous avançons de scènes en scènes par le biais de reflets, que ce soit celui d'un miroir, d'une pupille ou d'un satellite. Des revolvers sont tendus, des femmes crient, certains hommes restent vigilants.

J'ai été bluffée par l'exercice de style mais aussi par les zones d'ombre que l'auteur laisse à notre imagination. Toujours, dans le domaine graphique, j'apprécie que l'on laisse le temps aux pages de faire leur effet (quelques doubles pages sont ici à dominantes noires ou blanches), cette respiration visuelle est pour moi souvent marque de talent et de générosité artistique.

A feuilleter et à découvrir, vraiment.

3secondesEditions Delcourt - 14.95€ - Septembre 2011

Comme souvent, une tentation contractée sur le blog du Comptoir de la BD

Merci ma bibli.

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