bauchauantigone... lui aussi, via entre autres le superbe roman qu'il lui avait dédié en 1997, Henry Bauchau est décédé il y a quelques jours à l'âge de 99 ans.
Je lui devais un mot sur ce blog, pour tout l'amour que nous partagions pour ce personnage mythique qu'est Antigone, pour la lumière qu'il a su donner à sa personnalité, sans la dénaturer, pour la force que son écriture a donné aux pas de cette jeune-fille qui prend la route à la suite de son père Oedipe, pour la personne passionnée qu'il semblait être.

"Oui, moi Antigone, la mendiante du roi aveugle, je me découvre rebelle à ma patrie, définitivement rebelle à Thèbes, à sa loi virile, à ses guerres imbéciles et à son culte orgueilleux de la mort.
Par un soudain désillement des yeux je vois que c'est le sens profond de toute ma vie. Si j'ai suivi Oedipe c'était pour lui apprendre - ce que j'ignorais, ce que je n'aurais jamais osé penser sans ce dernier crime de Créon - pour lui apprendre, oui moi, sa pauvre Antigone, à devenir ce qu'il était."
Extrait de Antigone, Henry Bauchau, Editions Actes Sud, 1997