déluge"Pendant des jours, des semaines, des mois, nous peignons à côté de Florian, non pas avec ses mains d'or, mais avec ses yeux d'aigle ou d'ange, le déluge, notre planète et sa courte histoire."

Florence s'est installée dans le sud de la France pour raisons de santé. Elle rencontre là-bas, et de manière fortuite, en se promenant sur le port, un peintre dénommé Florian, un peu fou et talentueux, qui s'empresse habituellement de brûler ses toiles dès qu'elles sont terminées. Etrangement, ces deux êtres que tout sépare s'attachent l'un à l'autre. Florian a besoin de l'attention de Florence, et cette dernière a le sentiment qu'elle peut guérir à le cotoyer. Le duo sera vite rejoint par un groupe d'amis qui accompagneront le peintre dans l'élaboration de sa plus grande toile...

Honnêtement - autant le dire tout de go - j'ai préféré lire le Antigone d'Henry Bauchau, ou ses autres titres mythologiques, tellement plus forts, que ce titre là (mais je suis forcément partisane, il faut croire qu'avec lui je suis restée bloquée en mode Oedipe & Co). 
Le fait qu'il soit question de peinture dans ce roman m'a pourtant beaucoup plu. Henry Bauchau excelle à nous conter l'ivresse de la création. Cette oeuvre que le petit groupe construit peu à peu paraît bien extraordinaire, et même assez iréelle, mais son élaboration hypnotise. Elle ressemble à la manière traditionnelle qu'ont certaines couturières de créer un patchwork, scènes de vie par scènes de vie. Et puis, il est question finalement d'un mythe, celui de Noé, et à ce jeu là je suis souvent facilement conquise...
C'est une lecture où l'amitié paraît aisée et la vie meilleure, et où les sentiments sont bons. Pourquoi s'en priver ?

Editions Babel - 7.70€ - 2 Novembre 2012 - Pioché en grand format en bibli !

Un beau billet sur Enfinlivre