ruesattenantesIl connaît cette ville par coeur. Comme un poème décortiqué vers par vers, pied par pied. Mâché, avalé et digéré. Il peut réciter les rues et les quartiers sans trébucher. Il sait que la rue de l’Arche Sèche rime avec 1 euro l’heure de stationnement. Il sait que le 34 rue de Richebourg rime avec entrée — plat - café pour 10 euros le midi uniquement. Il sait que le Musée des Beaux-Arts rime avec dix toiles de Kandinsky. Il sait que la Place Viarme rime avec les chineurs du dimanche matin. Il sait la métaphore de Julien Gracq sur cette ville « Ni tout à fait terrienne ni tout à fait maritime : ni chair ni poisson — juste ce qu’il faut pour en faire une sirène. » Il sait tout cela par coeur.

Ce livre est un recueil de nouvelles, uniquement disponible en version numérique, à télécharger ici. Je n'ai pas pu résister à son titre, pour moi évocateur d'une ville qui m'a autrefois prise tendrement dans ses bras, Nantes. Et j'ai retrouvé dans ces pages tout l'amour que j'avais pour elle, soudain partagé par un auteur né à peine quelques années après moi. Les premiers mots sont un peu hésitants, maladroits, mais j'ai attéri, au bout de quelques nouvelles au goût pourtant charmant de nostalgie, sur de véritables belles phrases qui m'ont soudain fait aimer l'ensemble. 
Il faudrait pouvoir naviguer dans Nantes sa liseuse à la main, suivre les rues que l'auteur nous énumére, lever la tête repérer les détails... Il la connait bien sa ville - je peux vous le dire - il l'aime avec ses défauts. Il n'apprécie guère pourtant le jardin zen de l'Ile de Versailles mais on ne lui en voudra pas tellement on adhère à cette déclaration d'amour citadine.
Une lecture dont j'ai aimé suivre les pas, merci Alexandre Feraga !

Editions Le Texte vivant - 7.99€ - Juillet 2012