dressing"Tout cela, le sentiment de se lover, la douceur et la chaleur bien sûr, tout cela, qui gonfle les armoires et dont il est presque impossible de se défaire."

Jane Sautière raconte ici le vêtement (les siens, ceux qui ont compté dans sa vie), mais également le nôtre au travers de ce que contient sa penderie et ses souvenirs. Il est compliqué de parler au mieux de ce livre qui est comme une promenade au pays d'une vie vue à l'orée exclusive de ses habits. Et pourtant l'aventure est intéressante, prenante, finalement si humaine et sensible.

Comment expliquer ainsi ce désintérêt soudain pour un jean tellement porté qu'il était une seconde peau, et cet intérêt tout à coup pour la nouveauté d'un haut original, intérêt qui ne dépassera pas les premiers jours de l'acquisition ?
Il est bien connu que nous sommes bien souvent ce que nous portons, même si l'adage sait que l'habit ne fait pas le moine.

Ah, j'ai beaucoup aimé ce dressing qui m'a semblé d'une intimité très apaisante, comme un après-midi de conversation dans la chambre d'une copine.

"Souligner un regard, illuminer des doigts, ceindre les poignets, les cous, les tailles, chercher la beauté, marquer les différences sexuelles et parfois sociales par la parure, aucune civilisation ne l'ignore. Les corps périssables, qui s'illuminent, une fois, un moment, le bref temps d'être. Pas une conjuration, une dérivation, un leurre, mais la célébration de la fulgurance de la vie."

Editions Verticales - 14.50€ - Avril 2013

Pour Cathulu la tentatrice, "on se love dans ce texte comme dans un vieux pull chéri".