05 mai 2013

En cours de lecture...

hommefoyer"J'étais donc homme Et femme [...]. Je devais rester à l'écart, loin de la cuisine, garder une certaine distance avec les enfants, non seulement pour définir la féminité de mon mari mais aussi pour apaiser mes valeurs masculines. La forme la plus classique du sexisme est le besoin féminin d'avoir le contrôle des enfants. Je percevais dans le narcissisme et le sentimentalisme de la maternité une menace à l'objectivité qu'en tant qu'écrivain je plaçais au-dessus de tout. Mais ce n'était pas le contrôle des enfants qui me manquait. C'était quelque chose de plus subtil - le prestige qui est la récompense décernée à la mère pour avoir porté sa progéniture. Et ce prestige revenait à mon mari. Je le lui avais donné et il l'avait pris - quoi qu'il arrive, c'était ce qu'il gagnait dans notre arrangement. Les tâches domestiques que j'accomplissais étaient, en un sens, au service de ce prestige car elles englobaient le subalterne, l'insignifiant, le franchement ennuyeux, comme si je m'activais en coulisses pour que le spectacle se déroule sans heurts. Je n'étais pas masculine après tout - car les hommes ne versent pas dans la corvée ingrate. Et je n'étais pas non plus féminine : je me sentais laide, car tout ce qui me revenait - le linge sale, les impôts - n'était pas particulièrement joli. En fait, il n'existait pas de jolie chose capable de me renvoyer mon image."

In Contrecoup de Rachel Cusk qui donne, entre autres, un point de vue original sur l'égalité dans le couple

Quel plaisir que de retrouver cette auteure !

Posté par Antigone1 à 19:03 - - Permalien [#]
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03 mai 2013

Chris Garneau

 

... pour vous faire patienter entre deux lectures. Ce petit monsieur ci-dessous, très charmant, est très présent dans mes oreilles dès que je suis sur l'ordi, il me permet de me couper du monde, alors je partage... Bon week-end !
(Allez, demain, côté travaux, nous semons la pelouse !!)

Posté par Antigone1 à 20:37 - - Permalien [#]
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02 mai 2013

Passager de la fin du jour, Rubens Figueiredo

passagerdelafindujour"Il n'avait pas besoin de rester au Tirol. Il en repartait toujours le dimanche en début de soirée, pour n'y revenir que le vendredi suivant. [...] Le Tirol, pour lui, c'était à horaires fixes. Pedro pouvait très bien ne pas y aller, en vérité, il pouvait tout à fait rester chez sa mère [...].
Sauf que, dans le cas de Pedro, dernièrement, il y avait plus que cela. Le Tirol, se confondant avec Rosane, ou prenant presque sa place, ou même prenant la place des gens qui, comme Rosane et sa famille, habitaient là, le Tirol exerçait une sorte d'attraction, parfois violente, contre laquelle Pedro voulait lutter. Mais montait en lui, sans qu'il comprenne son origine, un désir impulsif de s'agréger à cet endroit, d'y disparaître : la suggestion quelque peu brutale que tout cela était une qualité intrinsèque de sa personne, une inclination naturelle, et que cela faisait partie de lui plus que n'importe quoi d'autre."

Pedro, comme chaque vendredi soir depuis plusieurs mois, se rend en bus dans le quartier du Tirol pour rejoindre Rosane avec laquelle il passe dorénavant tous les week-ends. Il tient par ailleurs une librairie, consacrée principalement aux livres juridiques, dans un autre quartier du centre ville de cette métropole brésilienne aux multiples visages qui ne sera jamais réellement nommée.
Le temps du voyage vers cette banlieue pauvre et violente qui l'hypnotise pourtant, Pedro partage avec nous le fil de ses réflexions, de ses souvenirs et de sa lecture. Dans ses mains, il tient le livre des aventures que Darwin a vécu dans ce même pays, quelques siècles plus tôt, alors que l'esclavage régnait.
Mais des rumeurs d'émeute font dévier le bus de Pedro de son trajet habituel...

Voici un roman qui m'a beaucoup plu, et qui m'a redonné en toute simplicité le goût de la lecture. Comme quoi le talent n'a que faire des fioritures stylistiques ! Rubens Figueiredo a d'ailleurs été par deux fois lauréat du prix Jabuti, l'équivalent brésilien du Goncourt. 
Il est vrai que la narration nous donne bien parfois le sentiment de passer du coq à l'âne mais tel est le cours de la pensée, non ? J'ai été profondément touchée par la vision du Brésil que donne l'auteur ici, par les portraits qu'il nous délivre. J'ai retenu notamment avec émotion un épisode qui se déroule dans un supermarché et qui nous montre combien l'on peut broyer parfois de l'humain avec sauvagerie et froideur.
Une lecture qui ouvre avec finesse une fenêtre vers cette Amérique du Sud si souvent ignorée.

Un grand merci à Books Editions pour l'envoi !! - 20 € - 24 Avril 2013

Posté par Antigone1 à 12:20 - - Permalien [#]
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01 mai 2013

Un 1er mai sous des gouttes de pluie

... et une occasion de vous présenter ici ma future nouvelle vue (cela remplace aisément pour aujourd'hui le brin de muguet). Lorsque je vous écrirai bientôt, ces arbres là seront devant moi, derrière ma baie vitrée. Espérons que ce bouquet de verdure vous portera chance aussi !!

MAISON 021

Et un grand merci à Herbe Folle, toute jeune blogueuse de 17 ans, de m'avoir décerné un Liebster Award. Bravo pour son joli et élégant blog, que je vais suivre dorénavant avec plaisir !! [clic]

Posté par Antigone1 à 13:43 - - Permalien [#]
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