uneadolescenceamericaine"L'enfance, je crois, était autrefois un handicap et l'adolescence une période excitante, un horizon élargi, pantalons longs et liberté. Aujourd'hui, la jeunesse - pour ce qu'elle dure - est un temps auquel nous nous accrochons âprement, un temps exalté, surestimé, et si nous ne sommes pas vraiment dans le vent, du moins nous le fait-on croire, en nous affirmant que ce sont les meilleures années de notre vie - et qu'ensuite ce n'est qu'une longue descente."

Au début des années 70 et à tout juste dix-huit ans, Joyce Maynard publie un article dans le New York Times dans lequel elle porte un regard intelligent sur sa génération. Le public est conquis, et le célèbre JD Salinger, de trente-cinq ans son aîné, remarque sa plume et lui envoie une lettre. Ils vivront quelques temps ensemble, et c'est lors de cette relation que la jeune-fille rédigera cette Adolescence américaine, développant ainsi l'article paru dans le Times, sous l'oeil désapprobateur de l'écrivain.

Joyce Maynard utilise dans ce texte principalement le nous qui lui permet de parler pour tous ses camarades, et de tout, même de ce qu'elle n'a pas expérimenté elle-même. Des 12 ans de la jeune-fille à ses 20 ans, via un regard lucide et naïf, c'est un peu l'enfance de chacun qui y est tracé, celui d'une époque, et d'une certaine Amérique. L'attention est portée sur les détails, les attitudes, et ces changements de comportement qu'amène inévitablement une décennie en pleine métamorphose. Il y est question de coiffure, de vêtements, de flirts, de musique et de tout ce qui peut intéresser des adolescents, mais également de la guerre et des engagements politiques.
J'ai été happée par cette jeune écriture qui passe sans transition du plus futile au plus grave. Une adolescence américaine est en effet un texte remarquable, très intéressant, universel, qui a su brosser le portrait d'une société, tout en donnant l'impression du futile et du personnel. 
Un coup de coeur de lecture qui a le charme de l'inattendu !!

Editions Philippe Rey - 17€ - Avril 2013

La lecture de Sylire, qui a également envie de tout lire de Joyce Maynard dorénavant Celle de Clara qui ne se lasse pas de lire l'auteure - Je suis dans le même état d'esprit... et je suis d'accord avec Clara, la sincérité de cette femme écrivain est véritablement attachante.