lenvolduheron

"Peut-être que ce que nous appelons vie est un rêve et ce que nous appelons rêve est la vie, et qu'en réalité la caverne de Platon est une station de métro."

Ellen a fait son métier du manque de sommeil, ses patients lui confient leurs insomnies. Mais aujourd'hui, à presque quarante ans, c'est elle qui a perdu soudainement la faculté de s'assoupir. La nuit, elle tourne dans son appartement, observe sa grande fille de quinze ans qui dort paisiblement et réfléchit au sens de tout ce qui lui arrive. Sa mère est hospitalisée, dans un coma profond. Son père tente de monter une chorale. Orla, sa fille, a pour petit ami un taggeur talentueux qui sévit sous les ponts de la ville. Andreas, son ami d'enfance, obnubilé par les vieux papiers, semble de plus en plus privé de paroles. Et il y a Marthe aussi, cette femme plus âgée, qui s'est prise d'affection pour Orla, et qui pleure en silence son fils disparu il y a dix-sept ans... Mais Ellen ignore ce secret là, car la perte de sommeil et le désir de Benno, son amant, noient la réalité dans un flou onirique que seul l'envol des hérons zébrant le ciel pourrait peut-être dissiper...

Ah, ce titre là m'a donné du fil à retordre. Et puis, il faut croire que ma dernière tentative pour le lire a été la bonne. L'envol du héron attendait son moment. Et c'est au final un "presque" coup de coeur que je vous présente aujourd'hui. Car ce roman est pourvu de très beaux passages devant lesquels je me suis arrêtée, émerveillée. Quelle écriture ! (ou quelle traduction ?!) J'aurais été capable de vous en recopier ici des morceaux entiers tant j'ai été bluffée par les trouvailles de l'auteure. Les images qu'elle convoque sont intelligentes et originales, et la beauté des phrases de certains débuts de chapitre est vraiment remarquable. L'histoire qui nous est contée semble alors en comparaison manquer presque un peu de force, mais il ne faut pas chipoter non plus. Allez, ce roman particulier ne plaira pas à tout le monde, c'est certain, mais il est véritablement un voyage à tenter.
J'ai beaucoup pensé au cours de ma lecture à cet autre roman allemand que j'avais beaucoup aimé [clic ici], une similitude d'ambiance évidente,... et puis bien sûr j'ai lu Le goût des pépins de pomme [clic ici], excellent souvenir !

 

Editions Anne Carrière - 22€ - Août 2013

L'avis de Clara la tentatrice - Aifelle a été plus mitigée