justeapreslapluie

  "Le poème est ce pain qui se coupe à la main lorsque l'on a très faim. Je vous donne mon gâteau de miettes." "Ma poésie n'est pas grand chose. Elle est militante du minuscule, insignifiante, et je l'écris au quotidien, à la mine de rien." "Je défends une poésie sans chichis, sans lyrisme excessif, une poésie du présent. Je ne tords pas la langue, je l'élague.  Je ne chante pas le monde, je le chuchote. Je veux qu'elle dise cet au-delà de nous, qu'elle écope cet essentiel, ce qu'il nous reste après la tempête et les mensonges, mais sans grands gestes. Je travaille beaucoup sa simplicité. Elle doit sentir l'odeur de chaque matin."

Je suis très en phase avec l'idée que Thomas Vinau se fait de la poésie. J'aime, moi aussi, qu'elle nous parle du quotidien et - comme il le fait si bien - de la pluie, du ciel, des matins la mine brouillée au réveil, des oiseaux qui s'envolent, de ce qui nous échappe, des rêves, de cet infinie attente et de ce qui reste d'essentiel le soir et la solitude venus, comme des petits cailloux sur le chemin de la vie...

Dans ce recueil (un petit pavé), vous retrouverez la voix qui traverse son blog (http://etc-iste.blogspot.fr), pour moi toujours un peu en contre-jour, mêlant insolence et tendresse, impertinence et détermination. J'ai passé un excellent moment en compagnie de ce livre.

La forêt déchirée

Tous ces obstacles
ces bâtons dans les roues
ces caillasses dans les jambes
et le noeud dans ton ventre
qui est comme une famille
tous ces obstacles
dans lesquels tu navigues
dans lesquels tu habites
n'aie pas peur
ma douceur
la forêt déchirée
de ton coeur
s'ouvre sur un sourire
puisque nous sommes 
le propre paysage
de notre amour

Editions Alma Editeur - 17€ - 30 janvier 2014