genou

Il faudrait écrire sur la peur
Et c'est ton toi de dix ans pédalant frénétiquement sur ton vélo rouge rouillé que tu vois

Il faudrait écrire sur cette fatigue qui prend régulièrement le contrôle de ton corps
Sur cette étrangère
Et c'est serrer des torses vaillants dans tes bras que tu souhaites, l'amitié

Il faudrait écrire, tout simplement
Mais ne s'adresser à personne, laisser tes mots résonner dans une pièce vide
Ecrire pour écrire
Et ce sont des mots valises vides que tu traînes derrière toi

Il faudrait avoir du courage 
Pour une fois ne pas faire de désordre
Etre pragmatique, efficace, concentrée, s'attaquer aux problèmes à résoudre
Mais tu n'en peux plus de la transparence, de l'invisibilité

Alors tu chahutes, tu luttes et tu te blesses
Ta vie, parfois, c'est pas gagné

© Les écrits d'Antigone - 2014