30 septembre 2014

Gautier Battistella parle de son roman

Cette vidéo, simplement pour mettre une seconde couche à mon premier coup de coeur de rentrée littéraire déjà évoqué dans [mon billet par là].

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28 septembre 2014

Pas gagné

genou

Il faudrait écrire sur la peur
Et c'est ton toi de dix ans pédalant frénétiquement sur ton vélo rouge rouillé que tu vois

Il faudrait écrire sur cette fatigue qui prend régulièrement le contrôle de ton corps
Sur cette étrangère
Et c'est serrer des torses vaillants dans tes bras que tu souhaites, l'amitié

Il faudrait écrire, tout simplement
Mais ne s'adresser à personne, laisser tes mots résonner dans une pièce vide
Ecrire pour écrire
Et ce sont des mots valises vides que tu traînes derrière toi

Il faudrait avoir du courage 
Pour une fois ne pas faire de désordre
Etre pragmatique, efficace, concentrée, s'attaquer aux problèmes à résoudre
Mais tu n'en peux plus de la transparence, de l'invisibilité

Alors tu chahutes, tu luttes et tu te blesses
Ta vie, parfois, c'est pas gagné

© Les écrits d'Antigone - 2014

 

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27 septembre 2014

Peine perdue, Olivier Adam ~ Rentrée littéraire 2014

peineperdue

 "Tout est calme et lumineux. D'ici rien ne semble avoir eu lieu. Aucune trace ne subsiste. La baie intacte déploie son croissant parfait, étendue scintillante sous le ciel lessivé."

Une tempête inattendue ravage une station balnéaire de la Côte d'Azur, très calme habituellement en cette période de l'année désertée par les touristes. Et les incidents se multiplient, sans avoir semble-t-il de liens entre eux. Des personnes disparaissent, emportées ou non par les eaux, certaines sont sauvées, Antoine est frappé à la tête et tombe dans le coma, des vols ont lieu dans un entrepôt. Chacun cherche quelqu'un, ou attend quelque chose, s'attache comme il peut à son quotidien, à son travail, à son maigre salaire, aux personnes qu'il aime, tandis que la mer, indifférente aux drames qu'elle a créé, brille de mille feux sous le soleil du sud.

Olivier Adam laisse la parole à chacun de ses personnages, leur consacre un chapitre, et s'immisce dans leur vie, l'intrigue dénouant peu à peu sa trame en arrière plan. Ce livre a une ambiance assez sombre qui laisse peu d'espoir à ses protagonistes. Et pourtant, il possède malgré cela un charme lumineux, distillé via quelques phrases, quelques gestes généreux et des destins préservés. J'ai retrouvé avec plaisir l'écriture d'Olivier Adam, j'ai été touchée, mais je n'ai pas complètement rencontré ce qui m'avait subjugué dans Les Lisièresindubitablement pour moi le roman le plus fort de l'auteur. Peine perdue est pour autant un très bon titre de cette rentrée ! 

Editions Flammarion - 21.50€ - 20 août 2014

challengerl2014

Je participe au challenge 1% rentrée littéraire de Hérisson... qui consiste à lire au moins 6 livres de la rentrée littéraire [clic ici pour plus de détails] - et je suis en partance vers le 2% - n°7/12

Le billet de Cuné [très tentateur] 

 

 

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26 septembre 2014

La vie c'est comme un tractopelle

[Un inédit de la tournée "Love Songs", Vanessa for ever] Sinon, pendant ce temps, je lis enfin Le Génie des coïncidences de JW Ironmonger qui attendait gentiment son tour dans ma PAL urgente. Ce week-end, j'espère parler le mieux possible du dernier Olivier Adam, parce qu'il mérite que l'on déploie un prisme de mots à la hauteur du prisme de ses personnages, et qu'il faisait partie de ma liste d'envies de rentrée. Je vous parlerai également d'un magnifique livre de contes édité chez Textuel (tellement beau qu'il a fait briller les yeux de ma fille), mais ça ce sera ensuite. Bon week-end à toutes et tous !

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24 septembre 2014

T'apprivoiser

pied

Créer des liens. Cette chose trop oubliée. Si tu m'apprivoises, nous aurons besoin l'un de l'autre. Ce sera le jeu. Bien sûr je te ferai mal. Bien sûr tu me feras mal. Bien sûr nous aurons mal. Mais ça, c’est la condition de l’existence. Si tu m'apprivoises, ma vie sera comme ensoleillée. De loin, je reconnaîtrai un bruit de pas qui sera différent de tous les autres.

Et puis regarde ! Tu vois, là-bas, les champs de blé ? Je ne mange pas de pain. Le blé pour moi est inutile. Les champs de blé ne me rappellent rien. Mais toi tu as des cheveux couleur d'or. Alors ce sera merveilleux quand tu m'auras apprivoisé ! Le blé, qui est doré, me fera souvenir de toi. Il brillera comme un soleil.

Il faudra cependant être très patient. Tout d'abord, tu t'assoiras un peu loin de moi, comme ça, dans l'herbe. Je te regarderai du coin de l'oeil et tu ne diras rien. Le langage est source de malentendus. Chaque jour, tu pourras t'asseoir un peu plus près, puis tout à côté.

Se faire présent, c'est prendre le risque de l'absence. Alors, sans doute, je pleurerai.
Mais peu importe le chagrin. J'y gagne. 
A cause du bruit de tes pas qui m'appelleront bientôt, comme une musique.
A cause de la vie, moins monotone. 
A cause de la couleur du blé.

© Les écrits d'Antigone - 2014

Très librement et largement inspiré par Le petit prince de St Exupéry
Mais attention ici les phrases sont mélangées, infidèles. Une petite envie de poser ces mots là, ces mots qui me touchent depuis longtemps, et de me les approprier. Ne vous offusquez pas du sacrilège. ;)

Vous pouvez retrouver le véritable texte, l'original [juste ici]

Et en ce moment, il y a également à lire chez kathel [ce billet là] pour continuer à cultiver son jardin, et à suivre son petit bonhomme de chemin de blog... en toute sérénité. Et puis, je trouve que tout cela est cohérent avec mon petit texte du jour, rédigé il y a quelques temps pourtant.

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21 septembre 2014

Le Quatrième mur, Sorj Chalandon

lequatriememur

 "Et voilà. Sans la petite Antigone, c'est vrai, ils auraient tous été bien tranquilles."

Le quatrième mur, c'est cette illusion créée par les acteurs sur scène, ce mur invisible, qui permet d'accepter le caractère fictionnel de la pièce et d'oublier la présence des spectateurs. Dans la pièce d'Anouilh, seul le personnage qui représente Le Choeur s'adresse au public, il brise l'illusion, présente les personnages, raconte, anticipe, est en marge, unique messager de la mort.

"Voilà. Ces personnages vont vous jouer l'histoire d'Antigone. Antigone, c'est la petite maigre, qui est assise là-bas, et qui ne dit rien. Elle regarde droit devant elle. Elle pense. Elle pense qu'elle va être Antigone tout à l'heure, qu'elle va surgir soudain de la maigre jeune-fille noiraude et renfermée que personne ne prenait au sérieux dans la famille et se dresser seule en face du monde, seule en face de Créon, son Oncle qui est le roi. Elle pense qu'elle va mourir, qu'elle est jeune et qu'elle aussi, elle aurait bien aimé vivre. Mais il n'y a rien à faire. Elle s'appelle Antigone et il va falloir qu'elle joue son rôle jusqu'au bout."

Samuel a eu comme projet fou de monter la pièce d'Anouilh à Beyrouth, et de faire de la petite maigre un étendard de paix, juste pour quelques heures. Il croit au pouvoir de ce personnage, qui a déjà fait ses preuves. Il a trouvé son casting, des acteurs prélevés dans chaque camp, parfois ennemis. Mais il est à l'hôpital, très mal, en France, incapable de mener son rêve à terme. Alors, il fait appel à son ami, son presque frère, et l'envoie là-bas en février 1982, juste avant que la guerre et les massacres n'éclatent et bouleversent à jamais le destin de ce père de famille tranquille.

Vous vous doutez sans peine que je me suis sentie à la maison dès la première page de ce roman. Et il est vrai que dans son livre, Sorj Chalandon a fait d'Antigone son fil rouge. Mais attention, il n'y est pas question que de théâtre. Le quatrième mur explore avec brutalité le thème de la guerre et de l'amitié, thèmes chers à l'auteur, et ce sont ces thèmes qui portent véritablement le texte et lui donnent une force à la fois émouvante et terriblement éprouvante. Je n'avais pas été très séduite par Mon traître, mais malgré un style similaire cette fois-ci le charme a pris. Les bombes explosent tout près de notre oreille, nous pleurons de désespoir avec les survivants devant des corps mutilés, la poussière assèche nos pupilles, la vie connue bascule et perd peu à peu de sa substance. Le monde entier semble tourner à la tragédie alors que s'entendre et se parler paraissait hier presque simple, réalisable. Pourtant, en France, la vie continue, docile et pâle. Aurore a peur, attend que le père de Louise revienne et s'installe dans leur quotidien étroit. Qui en serait capable ? Un livre de poche, troublant, qui laisse son lecteur exsangue. A découvrir, indubitablement.

Editions du Livre de Poche - 7.10€ - 20 août 2014

D'autres lectures sur Babélio [clic ici]

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20 septembre 2014

Ta fête

[Stromae dans un clip XXL] Sinon, pendant ce temps je lis le dernier Olivier Adam, tandis que je me remets doucement de ma lecture du Quatrième mur de Sorj Chalandon, et qu'un billet commence à prendre forme dans ma tête (ce serait bien qu'il prenne forme aussi sur ce blog). Bon week-end !

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17 septembre 2014

Chasses au trésor, Madeleine Deny

chassesautresor

Vous avez, peut-être, un jour, été confrontées à la solitude de la maman qui s'est lancée le défi d'organiser un après-midi d'anniversaire à la maison, et de plus (soyons folle) une chasse au trésor. Non ? Moi si. Je me souviens très bien quand, l'an passé, j'ai fureté sur le net à la recherche d'énigmes, ou d'idées, pour organiser un tel divertissement... des longues heures à découper des petits cartons bricolés main, à me demander si les questions étaient difficiles, inintéressantes, ou complètement à côté de la plaque, combien de temps durerait le jeu.
Alors, j'ai été sauvée par le blog d'une charmante petite dame qui tient un excellent magasin de jouet [par ici], et notamment une bien pratique rubrique Chasses au trésor. Finalement, ma chasse au trésor a connu un franc succès, et je suis passée derechef au rang de super maman.

Confrontée de nouveau cette année au même problème (ben oui, les anniversaires reviennent tous les ans), je frisais l'angoisse quand j'ai découvert l'existence de ce livre miraculeux ci-dessus, édité par l'inventive Madeleine Deny, soit toutes les idées de notre blogueuse réunies dans un magnifique ouvrage [pour en voir et savoir plus clic ici].

Vous trouverez dans ce livre, plusieurs chasses au trésor, de chevaliers ou de princesses, mais aussi d'oeufs de Pâques, ou sur le thème des bonbons. Ce que j'ai trouvé extrêmement pratique, ce sont les diverses cartes à découper, le soucis de l'auteure pour les petits détails pratiques (la liste accessible des ingrédients nécessaires par exemple), la simplicité du tout.

Il s'avère que je n'ai pas encore testé le kit avec mes enfants, la fatigue étant là l'anniversaire de mon fils a eu lieu dans un espace dédié, moins personnel mais beaucoup moins stressant pour moi. Ce n'est cependant que partie remise. L'an prochain, Grande Fille, grande amatrice de bonbons, aura droit à sa chasse au trésor malgré ses 14 ans, et Petit Dernier voudra sans doute encore jouer aux pirates ou briguer la coupe de champions. 

Editions Tourbillon - juillet 2013 - 11.95€

http://situveuxjouer.com/
http://www.pinterest.com/situveuxjouer/chasses-au-tr%C3%A9sor/

chasseenigme       chasseoeuf        chassepirate

 

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14 septembre 2014

La Chute des Princes, Robert Goolrick ~ Rentrée littéraire 2014

lachutedesprinces

 "On faisait partie de cette espèce qu'on stigmatisait pour décrire les maux de la société contemporaine. On gagnait trop d'argent. On en dépensait trop. On ne levait pas le petit doigt pour aider les moins favorisés que nous, c'est-à-dire le reste de la planète. A la rigueur, on avait pitié des masses laborieuses. Je n'invente rien. On buvait trop. On abusait des drogues. On se faisait livrer la came en pleine journée par des gamins de dix-huit ans avec des dreadlocks. On avait à peine éteint nos ordinateurs le soir qu'on fonçait acheter du matos à Alphabet City. Le tout sans une once de remords. Bon sang, qu'est-ce qu'on s'éclatait."

A New-York, dans les années 80, certains jeunes gens, recrutés par de grosses firmes pour brasser beaucoup d'argent, deviennent les rois de monde, des princes selon Robert Goolrick. Tout leur semble facile et accessible. Riches, beaux, sans complexes ni peurs, la vie est pour eux un cadeau à saisir dans l'excès le plus total. Le narrateur du roman se fait le témoin de cette époque fastueuse et folle. La chute sera d'autant plus rude, quand la mort commencera à rôder et à rendre le sexe moins facile, avec l'apparition du sida, et quand la déchéance fera suite immanquablement à l'incandescence. Comment alors réussir à se réinventer un quotidien normal et banal ?

Je ne pensais pas prendre autant de plaisir à lire ce livre car je n'étais effectivement pas tout à fait séduite au préalable par le sujet. L'auteur avait pourtant reçu le Grand Prix des Lectrices de ELLE en 2013 pour Arrive un vagabond, son précédent roman, et elles ont en général bon goût les lectrices de ELLE, j'aurais du me méfier. Et effectivement, j'ai du me rendre à l'évidence que Robert Goolrick est un écrivain brillant qui sait nous rendre son personnage principal sympathique et attachant, malgré ses défauts. Nous avançons dans cette lecture, partagés entre répulsion et séduction progressive, percutés de plein fouet par certaines phrases qui tombent si justes, persuadés au final comme l'auteur sait si bien nous le démontrer de la vacuité du monde. Une très très bonne lecture de rentrée.

Editions Anne Carrière - 20€ - 28 août 2014

challengerl2014

Je participe au challenge 1% rentrée littéraire de Hérisson... qui consiste à lire au moins 6 livres de la rentrée littéraire [clic ici pour plus de détails] - n° 6/6 (challenge 1% terminé, en partance donc vers le 2%)

Cathulu a aimé aussi ce livre [clic ici]

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13 septembre 2014

Hey

antigoneanouilh2

Ce doit être quelque chose

Sentir ses muscles se raffermir
Là, attraper une main, la tenir, et soulever dans ses bras un autre corps

Ce doit être quelque chose que courir
Le souffle de l'air contre ses joues, son cou, son torse
S'enfoncer avec force dans l'immobilité d'un chemin
Fendre le froid

Ce doit être quelque chose la violence du sport, de la danse
La douleur qui partira avec le temps, l'habitude, l'effort
Et la sueur qui coule dans son dos, récompense du bien être

Ce doit être quelque chose
Être capable
Et puis si je pouvais
T'enlacer, te plaquer contre un mur, et t'embrasser

© Les écrits d'Antigone - 2014

Sous l'influence évidente du post précédent [clic ici] ;)
Et une image trouvée sur le net [par ici]

 

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