lavieamoureusedenat "Hannah agrippa la bouteille de vin avec ses deux mains. Une petite ride se creusa entre ses sourcils. Un instant, Nate la vit sous un jour inconnu - vulnérable, en manque d'affection. Sa culpabilité se teinta d'agacement. Pourquoi en faire un drame ? De quel droit ? Pourquoi devrait-il se sentir mal à l'aise juste parce qu'il n'était pas d'humeur à se plier à un rendez-vous romantique un mardi soir ? Il avait envie de lire. Ou de s'amuser en ligne. Et alors ?"

Nate est devenu un auteur reconnu dans le milieu littéraire très fermé de New York. Mais sa vie amoureuse est un échec. Cependant, il ne s'en formalise pas. Ce n'est pas comme si il n'avait pas déjà essayé, avec Kristen ou dernièrement avec Elisa. Il ne comprend pas vraiment d'ailleurs pourquoi cette dernière s'accroche encore à lui. Leur essai d'amitié est de toute évidence un échec et Nate vit avec désagrément ce sentiment de culpabilité qu'elle provoque chez lui. Il est bien mieux seul, dans son appartement négligemment entretenu, à écrire son livre, et à voir à l'extérieur ses amis de temps en temps. Séduire est distrayant, le reste, la vie à deux, provoque très vite l'ennui chez lui. Mais pourtant, et si Hannah était différente ? La jeune femme, qu'il vient de rencontrer, le bouscule dans ses certitudes.

Il est assez étonnant de prendre du plaisir à la lecture d'un titre dans lequel le héros est à ce point irritant, cynique et franchement antipathique. Mais il vend très bien au lecteur cette hypothèse qu'il l'est seulement à son corps défendant, trouvant normal de traiter les femmes qu'il fréquente avec distance, et un brin d'arrogance, n'est-ce pas ? Je ne sais pas ce qui m'a plu dans ce roman, le fait peut-être d'aimer détester Nathaniel P. Et puis c'est un peu comme regarder un vieux Woody Allen. Le héros d'Adelle Waldman, est en effet bavard, un peu imbu de lui-même, mais également un observateur minutieux et critique de ses contemporains.

Editions Points - 7.50€ - Septembre 2015

Une lecture pénible sur le blog de blablablamia - Cathulu a manqué d'empathie mais a pris du plaisir avec l'humour vachard de ce roman !