libérez

"C'est parce qu'il y a moins d'un an, quelqu'un en qui j'avais toute confiance a cherché à me discréditer, à dévaloriser violemment mon travail par peur sans doute de perdre de son autorité ou de sa superbe, et que je ne me suis pas laissée faire ; c'est parce que j'assistais autour de moi au désarroi de nombre de salariés et d'indépendants précaires tétanisés ou liquéfiés face à des managers brutaux, à des décisions arbitraires et inhumaines, et à l'injustice du harcèlement banalisé que j'ai écris ce livre.

Tant que nous sommes en vie, nous avons la possibilité d'agir et donc de faire bouger les lignes. Le travail est un élément essentiel pour que nous ayons une vie équilibrée, mais à condition que nous n'en soyons ni les esclaves ni les souffre-douleurs et qu'il ne nous empêche pas tout simplement de vivre."

J'ai accepté de recevoir ce petit livre d'un jaune éclatant car parmi toutes les sollicitations que je reçois, quelque chose m'interpellait dans son intention, et qu'il tombait bien. Je ressens parfois un peu de pression au quotidien. Et puis, je l'ai lu, et loin du guide tout bête qu'il semble être, j'ai été touchée par la bienveillance de son contenu, la justesse des propos de Michelle Jean-Baptiste, sa juste sensibilité, son désir d'aider. Sa table des matières résume parfaitement ses grandes lignes... Non le travail ne doit pas forcément être une torture, je prends conscience du niveau de pression, j'agis sur la pression qui vient de moi, j'agis sur la pression qui vient des autres, j'intègre que le harcèlement n'est pas une pression comme une autre, je décide de devenir acteur de ma vie professionnelle, je n'hésite pas à me faire aider...

C'est parce qu'il y a plus d'un an, quelqu'un dont je ne me méfiais pas particulièrement (ou pas assez) a cherché à me discréditer, et que j'ai ressenti cela avec une violence inouïe, que je me suis laissée faire avant que l'on m'aide à m'en sortir, que j'ai lu ce livre avec émotion. J'en profite d'ailleurs pour remercier ici les personnes qui ont su, à l'époque où je me noyais, voir, trouver les mots, et surtout me dire "Tu n'es pas seule, moi aussi j'ai vécu ce que tu vis, je comprends" et puis "Nous nous te croyons, nous savons qui tu es".
L'année dernière, à la même époque, en juin, je n'allais pas très bien, j'ai pris une très longue pause ici, à cause de cet état de fait qui persistait. Aujourd'hui, tout va mieux, mais ces moments laissent des traces indélébiles dont on se passerait bien, je vous l'assure. Je sais depuis que la peur et l'angoisse seront toujours là en embuscade, qu'elles sont inscrites en moi au fer rouge, qu'un rien peut les réveiller de leur sommeil, qu'il faut vivre à présent avec. Je sais aussi qu'il ne faut pas se taire, même si autour de soi tout le monde tente de minimiser, et que la méditation (par exemple), accepter sa sensibilité, aident beaucoup aussi. Qu'il faut tenter de s'aimer encore plus fort, si on y arrive. Ce que je suis, dont vous devinez certainement la somme des émotions, est sans doute une richesse mais me désigne apparemment aussi comme une victime naturelle... j'en suis ravie (ironie). 

Voici quelques phrases du livre qui me parlent...  - La volonté de rabaisser ou d'isoler la victime - La remise en question de tout ce qu'elle dit ou fait - L'utilisation de la calomnie et des mensonges - Le fait de ne plus adresser la parole à la victime et de le priver de toute possibilité de s'exprimer - Le fait de culpabiliser la victime pour qu'elle finisse par croire qu'elle mérite ce qui lui arrive...

Je remercie Michelle Jean-Baptiste pour son livre qui conserve tout du long un optimisme joyeux, milite surtout pour le bien être au travail et nous encourage à être acteur de nos vies. Elle a tellement raison.

Editions Fortuna - 7.90€ - 11 avril 2016