mamemoireestuncouteau

Lire Laurie Halse Anderson te fait toujours un bien fou... et agît comme un baume qui aurait le pouvoir de refermer toutes tes plaies encore ouvertes. Et tu ne comprends pas bien pourquoi, comment la magie fonctionne. Ses personnages sont pourtant toujours terriblement cabossés et bien loin de ta réalité... Mais peut-être est-ce ce retour improbable vers l'adolescence qui au détour de quelques phrases te renvoie son miroir ? Et l'humanité qui se dégage de ces récits à la fois éprouvants et combatifs qui t'apaise ? Sans doute. Le personnage de ce nouvel opus, Hayley, a encore une fois sa place dans cette magnifique collection de La belle colère (Et as-tu déjà dit combien tu aimais cette collection qui trône en bonne place sur tes étagères Ikea ?)... L'adolescente a débarqué depuis peu de temps dans cette ville où sa grand-mère possédait une maison. Son père et elle ont déposé leurs bagages là, après avoir sillonné les routes. Andy a décidé que sa fille ferait sa dernière année d'étude avant l'entrée à l'université dans un établissement normal. Malheureusement, Hayley rechigne à s'adapter à son nouvel environnement scolaire et son père, ancien militaire, continue à être hanté par ses démons et ses souvenirs... Et il y a des scènes de violences et de désespoir inouïes qui démontrent combien les dégâts sont importants... Mais il y a aussi Finn, avec son amour et son attention délicate, et Gracie, l'amie fidèle, et une confiance difficile à accorder de nouveau... pour que tout s'arrange, et que l'avenir puisse avoir un sens. Tu as dévoré ce roman, bien au chaud sous ta couette, comme on regarde une série pour adolescents en famille, avec la tête de ses enfants sur ses épaules et un thé fumant qui termine d'infuser sur la table basse, avec apaisement. Laurie Halse Anderson a vraiment une voix particulière, manie l'humour et la sensibilité, sans jamais tomber dans le pathos, mais avec pudeur et ironie. Elle donne envie de ne plus lire que des romans jeune adulte, et de se donner la chance (le courage) de pouvoir, à chaque âge, réinventer sa vie... et toi tu en redemandes.

La belle colère - Février 2017

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