06 octobre 2007

Petit trajet matinal

 

 

 

 

 

 

 

 

ours_bleuLundi. 8h00 du matin. Allez, ouste ! Tout le monde dans la voiture.

 

Claquements de portières, rires complices, ceintures attachées.

Odeurs de poussière, de plastique et d'humidité.

 

 

 

 

 

De la musique ! De la musique !

 

 

 

 

 

Le moteur démarre en toussant ; la radio se met en marche.

Les essuie-glaces nous saluent joyeusement tout en nettoyant le pare-brise.

 

 

 

 

 

Lundi. 8h10. Deux enfants sur la banquette arrière se disputent un doudou bleu.

Envie de dormir, de café. Envie de tranquillité.

Circulation.

 

 

 

 

 

Lundi. 8h30. Premier arrêt.

Sac. Paquet de couches. Un enfant sous le bras ; l'autre un peu plus loin devant moi.

Nourrice. Conversation.

Serait bien restée.

 

 

 

 

 

Lundi. 8h45. Deuxième arrêt.

Cartable. Blouson. Petit tête blonde sautillante court tout autour de moi.

Ecole. Encombrement de poussettes.

Badger pour la cantine. Bisou volé.

 

 

 

 

 

Lundi. 9h00. Dernier arrêt.

Pointeuse. Ascenseur.

Mon bureau silencieux.

 

 

 

 

 

Ouf ! Il est l'heure de travailler.

Je vais enfin pouvoir souffler.

 

 

 

 

 

 

 

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05 octobre 2007

Rendez-vous

rendez_vous

J'ai rendez-vous, avec un homme, haut comme deux pommes. Je marche, lentement, dans le couloir qui mène à sa porte. Tout à l'heure, je me suis maquillée, pour être belle, pour lui.
J'ai rendez-vous, avec toi. Je sonne. Bouton numéro un !
" Oui ?"
Je suis désarçonnée, c'est la première fois que je viens.
"Bonjour ! Je suis la maman de Théo !
- Entrez Madame !"
J'ai rendez-vous, avec un homme, avec mon fils.
Hier encore, je te disais bonjour en caressant mon ventre d'un geste devenu familier. Aujourd'hui, pour te voir, je dois prendre deux escaliers, un ascenseur, décliner à un interphone ma si récente fonction de mère et aller te chercher au bout d'une allée, boîte parmi d'autres boîtes.
Je te cherche. Je suis perdue. On m'indique ta place.
Tu as l'air bien, reposé. Ton petit corps est étalé délicatement au milieu d'une couche fermement enroulée. S'il n'y avait ce creux sur ton torse, qui se forme en rythme et parfois s'emballe ! S'il n'y avait tous ces fils !
Je m'assois dans un fauteuil à côté de toi, fatiguée, mal à l'aise dans la blouse que l'on doit porter pour entrer ici.
Des courbes de couleurs sur l'écran au-dessus de ton igloo semblent mesurer des données que je ne comprends pas.
Ce matin, on t'a donné 48 heures !
Respire !

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