05 août 2011

Pour moi, tu étais un arbre

Ne bougeons plus.hommearbre
Tout est en place.
Chacun a sa chacune ?
Parfait.
L'image sera superbe, sur papier.

Si j'osais, je nous prendrais bien en photo moi aussi.
Tellement nous sommes beaux.

Tous ces éléments de tableau élégament disposés.
C'est tellement tellement.
Beau.

Aucune erreur à déplorer.
L'important étant de convenir.
D'harmoniser.
N'est-ce pas ?

Ah tu te glisses près de moi.
Sais-tu ce que je pensais ?
Avant.

Pour moi, tu étais un arbre.
Magnifique à chaque saison.
Parce que changeant,
Plein de promesses.

J'aurais aimé être un oiseau alors.
Mes plumes adossées à la texture rude de ton tronc.
Je te croyais à nous.

Mais attention, tu as raison.
Il nous faut prendre la pose.
Ne bougeons plus.

 

Si jamais tu la développes.
Surtout.
N'oublie pas de l'encadrer.
Cette photo.

© Les écrits d'Antigone - 2011 

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29 mai 2011

J'ai testé... "Faire un livre à partir de son blog"

Cela m'a pris, comme ça, un week-end. Il faut dire que j'avais vu cet article du site Les agents littéraires, Faire un livre à partir de votre blog, vous y avez déjà pensé ? Puis ma lecture des Autres gens #01 (premier extrait du blog collectif BD du même nom) a terminé de me convaincre. J'avais envie d'essayer. Hop hop hop, un petit tour sur The Book Edition, du copiage, du collage, de la mise en page, de la validation, et voilà le résultat.

livre

Petites précisions, si l'aventure vous tente aussi : la création est gratuite, vous pouvez n'acheter qu'un seul exemplaire de votre oeuvre si vous le souhaitez et arrêter là, et puis vraiment... l'objet est parfait. (La parution sur le catalogue public est également optionnelle)

Je ne suis pas mécontente du tout de cette démarche, tout narcissique qu'elle soit, j'en ai conscience. Elle me permet d'ajouter un petit tome supplémentaire à ma rubrique "Les écrits d'Antigone" version papier, et de poser ces textes-là enfin... Je dois dire aussi que je ne crois plus depuis bien longtemps à l'aventure de l'édition, en ce qui me concerne, et que écrire est devenu pour moi une histoire toute personnelle et intime, que je partage tout de même avec vous à l'occasion. Et puis, je ne m'interdis pas d'ajouter un jour un tome 2 à ce premier numéro.

Voici ce que j'ai mis en quatrième de couverture, et qui me semble résumer au mieux ce petit geste papier.

Pourquoi ce livre ?
Pour garder une trace, parce que l’écrit semble plus vrai sur papier, pour ne pas oublier, pour éviter que tout disparaisse dans le grand tout du net, pour partager avec ceux que j’aime.
Parce que Tu est une autre.
Pour écrire autre chose…

Pour accéder à la fiche du livre sur le site TheBookEdition [cliquer ci-dessous].

Le livre Les écrits d\'Antigone # 01


Sinon, je partage avec vous, en ce jour de fête des mères, le mot trop drôle de mon petit garçon joint à son cadeau collier de nouilles...
"Maman-Fleur, tu es trop jolie.
J'aime bien quand tu m'emmènes camper."
Je crois que derrière tout cela se cache un message subliminal, car il est bien entendu que nous ne sommes encore jamais partis camper ensemble. ;)

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24 avril 2011

Comment t'expliquer ?

Tout çaoeufp_ques
Ca m'émeut et ça me blesse à la fois
Tu vois, je ne sais pas faire
Etre dans le mouvement, le monde
J'ai peur

Tu comprends ?

Alors quand tu me dis viens, c'est facile
Il suffit de ne plus se taire, justement
Si si
Tu verras, ça viendra

Un jour, tu seras grande

Et bien, tu vois, ça m'émeut drôlement
Et j'ai le coeur qui cogne, très fort
Et j'ai envie, je crois
D'être ce que je pourrais être
D'être comme tu le penses

En plein phare

Mais ça m'émeut et ça me blesse à la fois
Tu vois, ce dilemme
Toujours
Cette timidité qui me bloque

Fermer doucement la porte de ma maison
M'adosser aux murs dans la pénombre de l'entrée
Les bras chargés de culpabilité
Je sais faire

Comment t'expliquer ?

Tout cela m'émeut
Et me blesse à la fois
Ta confiance, ma fuite, la porte de ma maison
Et la lumière de cet écran virtuel dans lequel je me noie.

© Les écrits d'Antigone - 2011

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21 mars 2011

Images

femmelivreUne étendue de carrelage
Qui brille
Et juchée sur une chaise
Une femme satisfaite d'avoir
Tout si énergiquement serpillé

Une tartine beurrée
Et un visage pareil
De crème épaisse
Barbouillé

Un groupe d'enfants
Un peu turbulents
Enrobés dans un même cri, affectueux.
Des zouzous tendres à envoyer se coucher tôt

Le même groupe d'enfants
Mais ici l'on fronce du sourcil
Dieu, qu'ils sont insupportables !

Tantôt, ce sera cet après-midi
Lorsqu'on aura le temps
Et que le soleil brillera si fort
Qu'il écrasera tout.
Alors, je viendrai.

Carrossable est la route.
On entend ainsi le bruit lourd de diligences pressées.
Pourtant, ce ne sont que quelques graviers
Dans les roues de ma bicyclette.

Tu rigoles ? Non
Tu suis le chemin que l'eau suit.
Tu formes un lit

Là-bas, un homme tresse de l'herbe
Demain, j'y mettrai mes clés.
Les cheveux du dehors font de jolies corbeilles

© Les écrits d'Antigone - 2011
(Images imaginées lors d'un stage d'écriture)

05 mars 2011

Parfois ... (catégorie - Mes écrits)

petite_filleJe rêve de cette petite fille aux boucles brunes et aux prunelles bleues que nous n'aurons jamais ensemble.
Elle te ressemblerait, elle aurait ton sourire, elle te serait acquise. Ses bras chercheraient constamment à enserrer ta taille, ton cou, tes jambes, à entraver ta marche dans un éclat de rire. Et tu aimerais cela, beaucoup, cet enchevêtrement dans tes mouvements, cet excès de tendresse.
Tu m'en saurais gré finalement de cet orgueil tardif, de ce don de vie qui nous aurait soudé.

Je rêve d'une maison, d'un soleil d'hiver rentrant à flots dans toutes les pièces, d'une famille d'où nous serions le centre, comme un pays duquel on s'éloigne et vers lequel on revient toujours. Elle serait plus au sud bien-sûr - cette maison que je ne connais pas - dans tes terres.
D'avoir retrouvé le lieu de ton enfance, tu en serais heureux, enfin.

Je rêve d'un quotidien main dans la main, de silences partagés, de me rendre compte combien nos différences ne sont rien, que des encastrements de puzzles colorés. Tu aimerais par dessus tout me regarder m'assoupir un enfant contre le ventre.
L'indifférence d'hier disparaîtrait peu à peu au profit de l'amour, aujourd'hui serait mieux.

Je compte les jours sur mes doigts entre ce moment où j'aurais pu tout changer, et ce qui m'éloigne à jamais de toi. Les années qui passent effacent inexorablement les rêves d'enfantement, de vie transfigurée, transforment le quotidien en ligne droite.
Il m'arrive simplement de rêver quelquefois d'une petite fille aux yeux clairs, qui prendrait ta main puis la mienne, et s'en irait ainsi dans un tourbillon jouer doucement dans la lumière .

© Les écrits d'Antigone - 2011

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20 février 2011

Même pas mal

Même pas malm_me_pas_mal
Les silences qui claquent
Ton absence comme une gifle

Même pas mal l'abandon

Même pas mal la buée
Qu'un seul nom
Forme dans l'air

Ce bonheur soudain sur tes traits

Même pas mal
Toutes les plongées dans le vide
Ces chemins que je creuse

Pour marquer la distance

Même pas mal
La vie qui coupe
Sereine et docile
Toujours au même endroit.

© Les écrits d'Antigone - 2011

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26 janvier 2011

Mensonge

Je ne crois plus en la poésie.dire_non
Cette chimère.

Ah, elle a eu beau jeu
Avec ses grands airs
De longtemps me faire croire
Au doux espoir du vouloir.

Enrobant de ses arceaux de vipère
Les mots, les rimes, les chansons.

Taillant à tout va
Au creux de moi des failles
Ainsi sans cesse remplies
De sucre, de parfum, de miel.

Je ne crois plus en la poésie
En son pouvoir sur la vie
A son étonnante liberté
A ce qui la rend unique.

J'ai changé.

© Les écrits d'Antigone - 2011

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15 novembre 2010

Portrait collant

portrait_collantAujourd’hui, je me couvre la tête sous la pluie, de peur d’être en sucre. Les cheveux au vent en toutes saisons, très peu pour moi. Friser le nez sous les gouttes, cacher mes boucles en pagaille sous une capuche, cela me suffit. J’ai laissé derrière moi l’enfance, le printemps qui amène l’herbe sucrée, le temps où je me prenais pour Panpan, le lapin de Bambi. Pourtant, il n’est pas si loin le craquant des œufs de Pâques sous ma langue d’enfant, le goût des glaces pop en carton au bord de la piscine municipale, le rouge brun des mûres arrachées aux buissons piquants, les heures à lire au soleil un caramel collé au palais. Je déconne, je mens, je sais que j’ai oublié d’être vieille. Je ris avec eux, je suis comme eux. Même quand le cœur pleure, surtout quand il pleure. Dans un nougat craquant, dans un réglisse en spirale, dans leurs baisers collants, cachée derrière la maison en biscuit d’Hansel et Gretel, je fuis la pluie, l’hiver, mes détresses.

© Les écrits d'Antigone - 2010

Voici le texte que je propose en participation au concours de Myrtille sur son site Petits Secrets Sucrés . Pour voter pour moi il suffit de cliquer sur ce lien [clic] et de noter mon texte. N'hésitez pas à participer à votre tour ! .

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05 novembre 2010

Ce silence

ce_silence(un petit morceau de rien...juste pour écrire...une mini-nouvelle ? A améliorer, certainement. Je vous le livre brut.)

Le moment du réveil me croque toujours le jour. Il empiète sur lui, le tord de sa volonté enrobante et suave. Et ce moment du réveil, je le redoute et je l'aime à la fois, je l’étire. Je n’en peux plus de l’évider tellement il me rassure.
Les cheveux en auréole, je respire l’odeur de l’oreiller, l’odeur de ma peau au creux du coude, l’odeur du matelas juste là où ton corps pesait tout à l’heure. Je voudrais que tu sois là, encore. Mais il y a, partout, tout autour de moi, pesant et dur, que ce silence.
Les paupières semi-fermées, il y a bien-sûr encore derrière elles des limbes de rêverie, de l’amour, des arbres, des bras bronzés qui m’enserrent et m’embrassent. Derrière mes paupières qui luttent contre l’intrusion du jour, il y a encore de l’innocence, la lumière qui joue avec les volets, un regard par-dessus mon épaule, du plaisir d’enfance.
Depuis que je suis dans une voie sans issue, il m’en faut du temps pour décider que la journée commence. Il m’en faut du temps pour trouver une raison de poser pied à terre.
Depuis quelques semaines, je m’englue, je sens que la tentation de plonger est grande. Alors, j’ai trouvé ce truc, qui en vaut un autre, un son, un déclic dans ma tête que je déclenche à volonté. Cela peut ressembler au bruit d’une arme que l’on amorce, à ce geste que je ne ferai pas, que j’imagine seulement. C'est effrayant et pourtant, l'effet est là, positif, il désamorce le drame, m’empêche de sombrer, me retient au bord du gouffre.
Une fois levée, ne me reste plus qu’à accepter l’évidence, que la journée soit là, le vide aussi, l’insignifiance de mes journées. Une journée qui commence à midi, et dont le long tunnel ne se terminera qu’une heure avant ta venue, ce soir. Alors, je serai habillée, la vaisselle sera faite, tout sera rangé, propre, je serai heureuse. En attendant, je ne vis plus, je ne suis plus que rien, il me semble être sans présent, sans avenir, sans but.
Seule Miaou accueille d'un miaulement doux et d'un étirement de patte compréhensif mon réveil tardif. Avec elle, j'ai droit à tout le bataclan, à des égards de reine.
Parfois le téléphone sonne. Il peut-être 14 ou 15h. Ce peut-être une amie, de longue date. Ce peut-être un des membres de ma famille. On fait mon numéro, on veut ma voix, mon oreille. Miaou me regarde. Je regarde le combiné.
« Allo, c’est Martine, tu vas bien ?
-          Oui, enfin…
-          Bon, parce que moi pas du tout, devine…
Elle me raconte ses drames, je l'écoute. Aucune place pour ma voix, mon tour de parler, ma vie. Cela dit, rien à dire.
- Quelle chance tu as d’être avec Eric, quel homme ? Et puis, tu as du temps pour toi, tu devrais en profiter. Ecrire ? Lire. Moi, je n’ai plus le temps, ma pauv’ Estelle quelle vie, et mes parents, tu vois… Enfin bon, tu comprends. Je raccroche, il faut que j’y aille, on m'attend. Quelle chance tu as d’être en province, ici si tu savais, c’est de la folie pure. Je t’envie."
Je suis assise sur le canapé, seconde pièce de l’appartement. Il y a la table de cuisine derrière, la porte qui donne sur le palier, à droite la porte de la chambre à coucher. Je ne m'envie pas. Tout ici est mon univers, mon refuge, ma prison. J’en fais le tour en trois ou quatre pas, c’est selon. Heureusement, en face, par delà le balcon, il y a le ciel, les nuages. Le spectacle est toujours changeant, il évolue. Cela me rassure que le ciel puisse changer, qu’il y ait au moins cela qui change.
Après le coup de fil de Martine, un grondement prends corps en moi, qui me tétanise. J’essaye ce truc du déclic, de l’arme que l’on amorce et qui désarmorce, ce truc qui fonctionne généralement, mais là rien ne se passe. Cela ne suffit pas. N’y de penser à toi. Tu ne sais rien de toutes manières de ce moi que je te cache. Le grondement est là, la solitude encore plus grande, misérable, sans fards. Oh oui, quelle chanceuse je fais entre mes quatre murs, à ne même plus savoir où aller tellement c’est triste d’y aller seule, à ne plus vivre que pour les heures que je vis en couple. Quelle veine j'ai de tellement de honte, d’avoir tant envie d’être normale, intégrée. A l'heure où les enfants des autres rentrent de l'école en criant, je donnerais ma peau pour une vie sociale.
Le grondement sonore s’intensifie, les clics s’affolent, paniquent de ne servir à rien. Puis, je croise le regard de Miaou qui n'a cessé de me suivre, vigilante, juchée sur le sommet du canapé telle une statue egyptienne. Elle cligne des yeux doucement et la pression dans mon crâne se dissipe. Nous comptons à l'unisson dans un sourire et sur nos doigts le résultat, soulagées, il est 17h, une vie de plus un jour de moins.

© Les écrits d'Antigone - 2010

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18 octobre 2010

Ne sera

Tu griffes - Tu plantes tes yeux dans chaque espace qui s'offre à toi - Tu cherches une place - Tu tempêtes - De plus en plus - Mais seulement à l'intérieur - Ça fait un bruit d'enfer, ce brouhaha - Des rides se creusent sur ton front - Le coin de tes yeux - Tu ne t'en fais pas - La vie ne veut pas attendre - Qu'elle s'en aille donc voir ailleurs - Si les poules ont des dents - Tu es occupée - A autre chose - Sa voix, sa voix, sa voix - Ta place - Et ses yeux - Jamais jamais jamais - Tu ne seras à lui - Jamais il ne sera à toi - Tu tournes des toupies - Et puis tu tournes avec elles - Être sûre de ses sentiments - A quoi ça sert ? - Dans les romans - Après - Les corps s'étreignent - Ici non - Ils se noient - Ils jouent aux auto-tamponneuses - Ils perdent le sens du vrai - Ils s'écaillent de stupeur - Tu griffes, de mieux en mieux.

nesera

© Les écrits d'Antigone - 2010

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