22 juillet 2009

Tout d'un blog

toutd_unblog"Un jour, c'est arrivé d'un coup, j'ai créé un blog ! Contaminée par l'air du temps, je me suis surprise à rêver que, moi aussi, je pourrais écrire sur l'écran du monde. Ecrire et être lue dans un même élan, je n'osais l'espérer, moi qui jusqu'alors n'avait confié mes textes qu'à mes tiroirs. J'avais envie de parler et j'espérais qu'on m'écoute, j'avais envie d'écrire et je me prenais à rêver qu'on me lise..." Extrait de la quatrième de couverture

Ce livre nous conte la véritable histoire de la création et de la tenue au quotidien d'un blog, dit "personnel", et ce grâce à l'expérience d'une véritable blogueuse nommée Coumarine.
Coumarine, je l'ai rencontrée au travers du blog collectif d'écriture Paroles Plurielles, blog dont j'ai aimé suivre les consignes, sur lequel j'ai eu du plaisir à déposer des textes, blog dont j'ai regretté assez rapidement la mise en sommeil compréhensive (La blogosphère est chronophage, tout le monde le sait, surtout pour qui tente d'écrire...).

Nous retrouvons dans son recueil les diverses étapes par lesquelles nous sommes tous passés, inévitablement. Cet élan inattendu qui un jour nous a donné l'impulsion de créer son "chez soi" virtuel. Cette inquiétude de n'avoir rien d'intéressant, rien d'attirant à dire, pour des lecteurs de passage, qui ne font effectivement au début que "passer". Cette exaltation quand la fréquentation dépasse soudain les dix visites par jour, quand quelqu'un un jour nous laisse enfin un commentaire, le premier... La vie d'un blogueur ou d'une blogueuse c'est cela aussi, de l'enthousiasme, de la saturation, de l'euphorie, de la jalousie, des questionnements, des retours sur soi...du bonheur également (rencontres, échanges, rires, papotages, encouragements, etc...), mais pas que. Que dire, n'est-ce pas, de toutes ces inventions diaboliques que sont les statistiques, les classements et autres agréagateurs, ou encore de ces "netvibes" ou de ces "google reader" censés nous faciliter la vie...!! (Je vous vois sourire derrière votre écran, si si). Que dire de la tentation d'être dans la lumière, au risque de se perdre, des mesquineries, des fâcheries jetées sur la toile (parce que derrière chaque écran, c'est la vie qui poursuit sa route), désagréments dont la blogosphère littéraire semble fort heureusement préservée...
Que dire de l'anonymat ? Coumarine s'est retrouvée un jour confrontée à sa réalité d'animatrice d'ateliers d'écriture, de mère de famille. Elle était démasquée. Alors ensuite, comment parler librement ?

"Tout d'un blog raconte l'expérience qui a transformé ma vie et qui me renvoie aux questions des relations entre les espaces intimes et publics. Et si nous étions aujourd'hui surexposés pour résister à l'effacement des individus ? Le blog est une piste, une aventure, une position."

Ce livre m'a permis de retrouver mes attentes du début, de me rapprocher de mes premières envies...de prendre du recul. Un grand merci, donc, à Coumarine !! 

http://coumarine.canalblog.com/

ISBN 978 2 87003 489 7 -12€ - 2008

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19 juillet 2009

Vue sur mer ~ La vie d'avant, Annie Lemoine

vue_sur_mer"Comment sait-on qu'une histoire d'amour est morte ? Quand l'un est mort. Ou avant. Pas toujours lorsqu'on le dit. Lorsque l'un le dit. Pas toujours lorsqu'il y en a une autre. Seulement, quand il n'y a plus d'amour, d'amour fait à deux, fait de deux amours mêlés.
Je vais t'aimer longtemps. J'espère qu'il me reste un long temps de vie. J'ai une ambition d'immortalité pour cet amour tout neuf." (Vue sur mer)

Un homme, une femme, un hôtel. Une histoire qui commence sans amour puis qui se termine avec.
Un homme dont l'épouse l'attend, chez lui, avec son enfant. Une femme, peut-être incapable de vivre l'amour, ou pas. On ne sait pas, on devine que cette fois-ci, pourquoi pas...

Annie Lemoine écrit avec son ventre, ou semble en tous les cas le faire. Difficile - donc - de rester insensible au charme de son récit malgré les quelques étrangetés stylistiques qu'elle se permet (une focalisation externe, un choeur, commente les faits et gestes des protagonistes, comme si l'on était au théâtre). J'ai aimé découvrir son univers littéraire par le biais de ce court roman. Il m'a semblé y déceler l'influence de Marguerite Duras, ou en tous les cas une similitude d'ambiance et d'effet recherché...

lavied_avant

"Pamela, je me demande si je ne joue pas contre moi, si je ne roule pas vitres ouvertes, insouciant et gai, vers la souffrance. [...]
Pamela, je suis comme tout le monde. L'amour provoque les mêmes effets secondaires à tous.
L'euphorie, la légèreté et, très vite, le manque quand on n'a plus sa dose. Quand l'image a disparu. Quand les sens ne sont plus repus. Quand on ne peut plus tendre la main et serrer une cuisse, un bras ou déposer un baiser au coin des lèvres.
Pamela, je ne t'ai jamais vraiment embrassée mais je sais exactement comment nous nous embrasserions et le souvenir de ce baiser qui n'a pas encore eu lieu m'anéantit." (La vie d'avant)

Elle, elle est fidèle. Elle s'appelle Pamela. Lui, il lui envoie des messages, des coups de téléphone, des propositions, il l'attend. Il n'attend qu'elle. Elle, elle tente de mettre fin à ses jours, pourquoi ? Lui, il est là, pour elle, il sera toujours la pour elle, il le sait, il l'aime. L'autre, celui avec qui elle vit lui a demandé, comme un service - à lui - de passer du temps avec elle. Comment refuser ?

L'écriture de ce roman-ci m'a beaucoup touchée, plus que celle du précédent. Annie Lemoine se met ici dans la peau d'un homme, un homme qui aime, avec une certitude absolue, qui a toutes les patiences, et les impatiences, d'un amoureux transi. Et la manière de l'auteure de lisser le récit dans ce texte, de le faire avancer, est assez émouvante et forte. Un joli récit.

bouton3 Note de lecture : 3.5/5

Ces deux romans sont également disponibles dans une version poche, unique, la version dans laquelle je les ai lus, pour tout vous dire, mais la couverture est tellement moins belle que j'ai lui ai préféré celles-ci pour illsutrer mon propos aujourd'hui... Mon exemplaire a été dédicacé lors de cette journée là - un excellent souvenir ;o) - et nous y avions rencontré, Anne et moi, une Annie Lemoine agréable et souriante, sensible, toute à l'image de son écriture...finalement.

ISBN 978 2 290 00157 8 - 5.60€ - 2007

Ce qu'Annie Lemoine dit de La vie d'Avant

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06 juillet 2009

Pierres de mémoire, Kate O'Riordan

pierres_de_m_moire"Nell passe ses mains sur son visage. C'est ça, songe-t-elle -le commerce quotidien, les transactions quotidiennes entre les humains, les peurs non formulées, les coups involontaires que l'on porte et que l'on reçoit-, c'est ça qui est réellement épuisant. Ca qui est sans fin."

Nell, parisienne depuis de longues années, irlandaise d'origine, a une vie bien réglée. Oenologue de profession, reconnue par ses pairs, affublée d'un caniche envahissant, d'un appartement propret et d'un amant occasionnel, elle "maîtrise". Bien entendu, elle n'est pas rentrée chez elle, en Irlande, depuis plus de trente ans, bien entendu, mais rien ne semble lui manquer, même pas sa fille Ali (qui lui rend visite de temps en temps), ni ses souvenirs. Un coup de fil au milieu de la nuit fera basculer l'équilibre précaire de sa vie, la forçant à ouvrir les portes de son passé. Un voisin s'inquiète pour Ali. Un mystérieux inconnu s'est immiscé dans la famille de la jeune femme et semble la faire chanter. Nell se lancera donc au secours de son enfant malgré ses craintes, franchissant pour cela enfin la frontière irlandaise, les grilles de son enfance et les émotions qu'elle parvenait jusque là à conserver à distance. 

Il est un peu dommage de ne rentrer dans un livre qu'un peu tardivement, en fait presque à la moitié d'une intrigue, car on en garde toujours un goût de dépit en fin de lecture. Et pourtant, Pierres de mémoire est un roman fort, à côté duquel il aurait été bien dommage de passer, aussi. Je m'explique. J'ai, en fait, assez peu adhéré à la période parisienne de Nell, à ses tribulations de quarantenaire aux prises avec un chien gâté, à son égoïsme de femme célibataire tenant l'homme qui l'aime hors de son quotidien. Heureusement, une fois l'Irlande inscrite au programme, les portes du pub familial ouvertes, la famille d'Ali (au bord de la déchéance) découverte, tout est enfin devenu intéressant. Nell, en tant que personnage, prend une dimension sympathique et les sensations sont omniprésentes. Je me suis surprise finalement à glisser quelques marque-pages au fil de ma lecture afin de conserver en mémoire quelques passages, ce qui est plutôt bon signe, pour le coup.
Pierres de mémoire est donc au final un roman à découvrir, indubitablement. Il nous parle avec énergie d'amour filial, des femmes, de la culpabilité, de ces choix de vie qui jalonnent sans cesse notre destin, des drames qui en marquent les détours, de tout ce qui fait notre imperfection, en bref de tout ce qui fait notre richesse humaine...et ce n'est pas rien.

"Elle prend une pierre entre ses doigts et la retourne. Surgit alors l'écriture familière de sa mère, avec ses caractères tracés à la hâte et ses grandes boucles penchant vers la droite. Le trait de feutre presque effacé maintenant, dissous dans la chaux. Elle soulève une autre pierre, puis une troisième. Certaines sont encore lisibles, d'autres n'ont plus qu'un texte flou. Mais toutes portent une date et un lieu. Pour se souvenir, expliquait Agnes. De moment particuliers."

bouton3 Note de lecture : 4/5

ISBN 978 2 07 078999 3 - 22.50€ - AVRIL 2009

Un grand merci à Cathulu !

La lecture d'Amanda, touchée - C'est un coup de coeur pour Aifelle -

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02 juillet 2009

Lune captive dans un oeil mort, Pascal Garnier

lunecaptive"Oui, c'était comme de vivre en vacances, à la différence près que les vacances avaient une fin alors qu'ici il n'y en avait pas. C'était un peu comme s'ils s'étaient payé l'éternité, ils n'avaient plus d'avenir. Preuve qu'on pouvait s'en passer."

Ils sont deux couples et une femme, seuls au milieu d'autres maisons toutes semblables -mais vides-, à s'être installés dans une résidence paradisiaque pour retraités aisés, en recherche de tranquillité, de confort, de sécurité, au sud de la France.
Seulement, l'euphorie de l'arrivée cède très vite à l'ennui et à un huis clos tendu qui trouvera son apogée un soir de pleine lune...

Je découvre Pascal Garnier avec ce petit livre savoureux à l'humour noir, doté également d'une causticité raffinée plutôt agréable.
Difficile d'en dire plus long au risque d'en dire "de trop", difficile également de ne pas vous le conseiller.
L'écriture de ce monsieur là a su retenir mon attention défaillante avec talent. Il était compliqué pour moi d'enchaîner d'autres lectures suite à une "lecture coup de coeur" telle que "L'année brouillard". Voilà qui est fait. Un régal !

bouton3 Note de lecture : 4.5/5

ISBN 978 2 84304 465 6 - 16.5€ - JANV 2009

Incoldblog en parle bien plus longuement -Lu par Cathulu - Amanda l'a trouvé presque trop court - Elfe adore Pascal Garnier et je la comprends Pour Véro c'est également une bonne surprise -

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25 juin 2009

Celle de ma vie - Celle de mes rêves...

celledemavie"Tomas est écrivain. Il attend désespérément la sortie de son premier livre. Pour l'heure, il transpire sur un scénario de bande dessinée pour un ami. Elsa, sa femme, est peintre. Pour "réussir", elle estime devoir fréquenter la faune artistique locale et son lot de critiques, galeristes et petits marquis de cocktails d'expos, milieu qu'exècre Tomas. Il trouve refuge dans le fantasme d'une femme idéale et inspiratrice, forcément splendide... Elle lui apparaît en rêves depuis qu'il s'est offert une curieuse petite plante verte rabougrie." (quatrième de couverture)cellede

Depuis quelques temps, j'essaie de renouer avec le genre bande dessinée, délaissé par moi depuis longtemps déjà, par je ne sais quel hasard, et je me rends compte avec plaisir que l'offre a bien évolué. J'aime beaucoup les petits opus oniriques tels que celui-ci qui fleurissent dans les bacs actuellement, ils ont un petit quelque chose de poétique et de charmant qui me plaît énormément.
Ici, à l'aide d'un graphisme en noir et rouge, très évocateur, on nous parle de création, de la difficulté d'être en couple, de l'art moderne...
Il y a beaucoup d'humour, d'air et de mouvements dans cet album, qui a reçu le prix de la meilleure bande dessinée portugaise en 2001 au Festival d'Amadora.

ISBN 978 2 35212 004 9 - 16.50€ - FEV 2008

La fiche du livre sur bedetheque.com

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16 juin 2009

Un dieu un animal, Jérôme Ferrari

undieuunanimalDe retour par ici avec ce titre, qui vient d'obtenir le prix Landerneau,...
Il a été encensé par la blogosphère, et j'avais, moi aussi, très envie de bien l'aimer, toute contente que j'étais de l'avoir trouvé en bibliothèque.

Malheureusement, et c'est étrange, je suis restée complètement hermétique à ce roman.
Le personnage masculin, un jeune homme devenu mercenaire, à présent sorte de mort-vivant qui part en quête d'un amour passé pour tenter de continuer à vivre, m'a laissé complètement froide. Seule Magali, la jeune-fille phantasmée, a su m'intéresser un tant soit peu à ses tribulations, petites hontes et arrangements quotidiens.

Je met tout cela sur le compte de la saturation que je ressens un peu en ce moment et me dit que cette lecture maussade n'est qu'une rencontre qui n'a pas eu lieu...voilà tout.

Un petit passage m'a touché, malgré tout, celui où Magali reçoit la "bénédicition" de son père...
"Dès qu'elle a décroché son poste et qu'elle a été installée dans son appartement, son père est venu la voir. Ils ont mangé au restaurant et il lui a laissé le plaisir de payer le repas. Elle lui a fait découvrir le peu qu'elle connaissait du centre-ville et il l'a longuement interrogée sur son travail et ses perspectives de salaire. Ils sont rentrés prendre un thé chez elle et il lui a dit qu'elle avait du goût. Avant de partir, il l'a serré dans ses bras et il lui a dit, ma petite fille, je suis si fier, je suis si fier de ce que tu as fait de ta vie. Elle sentait qu'il avait les larmes aux yeux et elle a failli pleurer de joie contre lui. Plus tard, elle a pensé qu'il avait dû préparer cette phrase dès le matin et que, même s'il avait trouvé sa fille en train de faire le trottoir, il aurait eu du mal à s'empêcher de la prononcer. Mais ce n'était pas grave, au contraire, ce n'était pas seulement de la sensiblerie, c'était aussi une preuve d'amour. Il était prêt à être fier d'elle, même si sa vie ne ressemblait pas à ce qu'il avait peut-être rêvé pour elle."

bouton3 Note de lecture : 2.5/5

ISBN 978 2 7427 8108 9 - 12€ - janv 2009

Quelques lectures : Sylire, Papillon, Lily, Cathulu, ...

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09 juin 2009

L'argent, l'urgence, Louise Desbrusses

l_argent_l_urgence"On est ce qu'on fait. On le fait. Puis on le devient. Vous allez chercher ce travail. Vous acceptez ce travail (vous détestez ce travail). Quand il s'agit d'être raisonnable, jamais vous n'hésitez. (N'hésitez-vous pas ?) Non. Tenir. L'argent, l'urgence. Vous tiendrez, croyez-vous  (croire, vous aimez). Tiendrez-vous ? Vraiment : tiendrez-vous ? Tenir. Ne pas tenir. N'existe-t-il pas autre(s) chose(s). Pensez-y. (Y pensez-vous ?) Vos rêves, égoïstes, fantaisistes, irréalistes (qu'ils disent. Tous). Vos rêves. Laisserez-vous vos rêves. Agir."

Anne, qui commence à me connaître assez bien...m'a prêté ce livre, qu'elle avait elle-même beaucoup aimé, en se disant qu'il pourrait me plaire ! Et elle n'a pas eu tort. Je ne vais pas vous raconter ma vie ici (cela manque de discrétion) mais ce roman, qui déroule son écriture de la manière dont l'extrait ci-dessus est fait, a en effet fait largement écho à mon propre vécu, m'a ému. Il entre de plein pied dans la catégorie des livres "qui font avancer", "réfléchir" et "se poser les bonnes questions". Merci beaucoup Anne, encore une fois !!

L'histoire ? Elle est toute bête. Une femme, affublée d'un "homme-à-élever" (ce qui n'est pas le cas de M Antigone, je précise), propriétaire d'un atelier (lieu de tous les rêves, et de toutes les créations) se voit contrainte de chercher et d'accepter un poste (bien payé) afin de subvenir aux besoins matériels du couple (l'argent-l'urgence). Mais accepter ce travail, l'habiter un tant soit peu, exister plusieurs heures par jour dans une tour de verre (au nom de fleur), obéir à des codes qui lui étaient jusque-là étrangers, acquérir ce fichu badge qui donne le sourire à la fille de l'entrée (près du pot de fleur), c'est aussi se renier petit à petit, glisser vers quelque chose qui ressemble un peu à la mort. Alors, viennent les choix, entre résister ou continuer de glisser...

Ne vous fiez pas au pessimisme sous-jacent de mon petit résumé car il y a une sacrée dose d'espoir et de force dans ce livre, que je vous recommande à mon tour !

bouton3 Note de lecture : 4.5/5

ISBN 2 84682 124 0 - 16€ - 01/2006

La lecture très enthousiaste d'Anne - Laure a lâché le livre avant la fin - Un très bel article de Sylvie (passion des livres) qui a beaucoup aimé aussi...

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08 juin 2009

Il pleut, Jean-Philippe Peyraud

ilpleutEt oui, dans ce livre là "il pleut" mais "chut" que le ciel ne nous entende pas ! Trop tard, me direz-vous peut-être, car ce matin, il pleut aussi dans mon jardin...

Autour de la pluie, des averses et de cette atmosphère particulière que procure ce moment où des gouttes fouettent notre visage, les vitres de notre appartement, nos corps vite frigorifiés...Jean-Philippe Peyraud esquisse des petites saynettes comme prises sur le vif, effleurées.

Il y a ce garçon qui aurait pû abriter sa voisine sous son parapluie, ce couple qui se dispute, ce groupe que les gouttes de pluie disperse, ces amoureux qui s'abritent sous leur couette...
Et il y a nous qui nous retrouvons si facilement dans un geste esquissé, des actes manqués, une attente.ilpleut0_pla

J'ai aimé cette lecture touchante, mine de rien, son humour, et la finesse du regard de l'auteur.

A découvrir !

ISBN 978 2 7459 2774 3 - 10€ - Milan 2007

Une lecture sur le site bédéthèque - Et une autre sur planète BD

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07 juin 2009

Le doux murmure du silence, Paul Charles

ledouxmurmuredusilence"Un soir d'hiver, dans le quartier de Camden Town à Londres, une large foule s'est rassemblée pour la "nuit de Guy Fawkes", fête traditionnelle célébrée par un grand feu de joie. Mais un mouvement de panique secoue la foule lorsque apparaît, parmi les bûches rougeoyantes, le corps d'un homme." (Quatrième de couverture)

Il est bon d'entrer de temps en temps dans un livre policier, comme on entre en terrain conquis, balisé... On sait que l'on nous tendra des pièges, que l'inspecteur chargé de l'enquête est affublé de manies attendrissantes mais qu'il est un fin limier à qui aucun mensonge ne résiste, que le coupable sera démasqué à la fin, et que c'est justement celui ou celle auquel personne ne s'attendait, surtout pas le lecteur. Et on referme le livre, avec un brin de satisfaction, le coupable arrêté, l'enquêteur en quête d'un repos mérité félicité, la boucle bien bouclée, le noeud bien dénoué...

Le doux murmure du silence
ne déroge pas à la règle. Christy Kennedy, l'enquêteur, a la particularité de faire des thés divins, son flair est largement reconnu et son amie, ann rea, outre d'être une très jolie femme, est également une journaliste prisée. De plus, le cadavre retrouvé parmi les cendres du feu de joie n'est autre que celui d'un ancien commissaire du secteur. Voilà de quoi ébranler l'équipe dépêchée sur les lieux et mettre en lumière les méthodes de travail douteuses de l'ex-commissaire !

Moi qui ne suis pas une grande lectrice de littérature policière, loin s'en faut, j'ai pris beaucoup de plaisir à déguster cette enquête rondement menée. Sont parsemées ici et là quelques réflexions sur le temps qui passe, et les attentes amoureuses, qui donnent du relief au personnage de Christy Kennedy... Le tout baigne également dans un univers où la musique tient une place importante (l'auteur travaille dans l'industrie du disque) Cet opus est, semble-t-il, le huitième tome de la série des "Enquêtes de l'inspecteur Kennedy" mais ne pas avoir lu les précédents ne gêne en aucun cas la lecture !

bouton3 Note de lecture : 3/5

ISBN 978 2 35021 179 4 - 22€ - 04/09

Un grand merci aux éditions Naïve et à Ulike... SelectionUlike

La fiche du livre sur Ulike - La fiche du livre sur le site de l'éditeur

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01 juin 2009

La libraire a aimé...

lalibraireaaim_...et moi aussi, je l'ai bien aimée, cette libraire !
Merci Sylvie, pour ce délicieux livrevoyageur !!

Sophie Poirier a un joli style, fluide, sur lequel la lecture ne se heurte pas. Elle a su nous donner à lire avec cette longue nouvelle une bien jolie histoire qui parle de la pérennité des sentiments, des envies de changer de vie et des quêtes de toutes sortes, des solitudes de nos conversations aussi. Voilà un petit roman qui donne envie de briser les barrières invisibles que nous dressons largement tout autour de nous comme des remparts de protection illusoires...

L'histoire ? Corinne et Paul, tous deux libraires de métier, ont pris l'habitude prendre un verre ensemble à la terrasse d'un café, tous les jours, un whisky. Ils parlent de leurs lectures, exclusivement, puis se séparent en se promettant de se revoir le lendemain. C'est un rituel, bien huilé, qui ne fait de mal à personne, ni de bien d'ailleurs. Seulement voilà, un jour Paul ne vient pas, ni les jours suivants. Corinne s'inquiète, se remet en questions, découvre au fond d'elle l'amour qu'elle éprouve pour Paul, mais un peu tard, évidemment... Ensuite ? Et bien, ensuite, il y a un photographe amateur de cadavres, Paul Auster, un russe pas russe affublé d'un domestique nain et une maison d'hôte au charme très anglais...mais là c'est une autre histoire qu'il vous faudrait lire pour mieux la comprendre.

"Librairie Bodiat
A l'attention de Corinne L

Madame,
J'ai fait de vous un personnage de roman.
Peut-être me ferez-vous un procès, ou alors ce sera monsieur avec qui vous buviez régulièrement l'apéritif à la terrasse du Castan Café.
Quand je vous aperçois dans la librairie, j'ai pris l'habitude (sans le vouloir) de vous commenter. C'est-à-dire que je note quand vous avez bonne mine, si vous avez l'air fatigué, et parfois je vous souris. Ca me fait plaisir de vous voir.
Au début, je n'ai pas fait exprès de vous choisir. J'ai cherché un autre prénom.
Je n'ai pas réussi à résister, j'ai voulu écrire tout ce que j'ai écrit, avec vous dedans.
J'espère que vous ne m'en voudrez pas.
J'allais ajouter que maintenant je vous connais bien et je suis sûre que vous comprendrez.

Sophie Poirier"

bouton3 Note de lecture : 4.5/5

ISBN 978 2 915368 07 9 - 9.50€ - AVRIL 2008

- La lecture de Sylvie - Celle d'Aifelle - Liliba a aimé aussi - L'avis de Mary Dollinger - Celui de Keisha -

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