30 avril 2009

BURQA!

burqa"Essayez de boire, de manger, de marcher, d'embrasser ou même simplement de vous faire reconnaître de vos enfants ou de votre mari. Essayez de vivre avec une burqa..."
(quatrième de couverture)

(Les illustrations de l'album sont de Simona Bassano di Tufillo et le texte "Ma vie à Kaboul" de Jamila Mujahed. Cette dernière est journaliste, impliquée dans le combat des femmes afghanes, combat pour lequel elle a reçu de nombreux prix internationaux.)

Cette bande-dessinée particulière ne se raconte pas réellement, elle se parcourt en silence, avec un brin d'effroi. Elle est pleine d'humour, de décalage entre le manque de sérieux des dessins à droite et la gravité du texte sur la page de gauche, elle est pleine d'émotion contenue.

J'en avais entendu parler, je voulais la lire, voilà qui est fait !
Bien entendu, je vous la conseille vivement.

"J'entrepris donc de m'habituer à marcher en Burqa, et fis de multiples séances d'essais chez moi. Il m'est impossible de dire ce que j'ai ressenti, mais je peux affirmer que ce fut une expérience terrible. Le grillage qui constituait mon seul accès au monde extérieur était si petit, si odieux ! Je me sentais propulsée magré moi dans des temps nouveaux : les temps du malheur, de la discrimination, de l'ignominie et de l'opression, de l'abus de pouvoir et de la violence." (Un extrait)

Une autre lecture ici - Et un article sur sceneario

ISBN 9782732437729 - 12€ - Mars 2008

Posté par LESECRITS à 06:32 - - Commentaires [18] - Permalien [#]
Tags : , ,


29 avril 2009

Le goût des abricots secs, Gilles D. Perez

lego_tdesabricotssecsC'est bien la première fois qu'un livre m'ennuie un peu, et que je ne suis pourtant pas loin de lui trouver un charme certain. Pour vous, j'ai tenté de décortiquer mes impressions de lecture...

Tout d'abord, essayons de résumer l'intrigue du Goût des abricots secs...
Dans une résidence, abandonnée par ses autres habitants, un vieil homme et un homme plus jeune ont décidé d'ignorer les demandes d'expulsion qui fleurissent dans leur boîte aux lettres. Ils se tiennent compagnie, s'entraident, chacun dans leur appartement respectif, se souviennent du passé, de leur femmes...de ce qui les a amené ici.

Dans le roman de Gilles D.Perez, il y a une atmosphère bien définie, des personnages plutôt attachants et une histoire qui se tient finalement cahin-caha d'un bout à l'autre du roman sans trop quitter sa ligne de récit... Mais pourquoi ai-je donc trouvé à l'intrigue si peu d'intérêt ? Peut-être parce que chaque tableau d'écriture m'a semblé nimbé d'un brouillard dense, bien difficile à percer... Peut-être parce que chaque tranche d'histoire se succédant l'une à l'autre dans un flou apparent, je n'ai plus su à un moment donné qui était qui, et où, et que le jeu de piste entre le présent et le passé du narrateur a fini par me lasser...c'est possible. Et pourtant, pourtant, de bien jolis moments ont retenu mon attention, des douceurs, des pauses rêveuses, des morceaux de musique, des étreintes amoureuses pudiques... Alors ?Voilà donc au final un roman que je qualifierais de poétique, d'un peu étrange, mais de subtil...à lire avec une curiosité soutenue !!

"C'était un rituel quotidien, celui des fruits secs, qui se déroulait aux alentours de cinq heures de l'après-midi, juste avant sa partie de rami, devant la porte d'entrée de la maison. Jusqu'à ce qu'un soir, contrairement à ses habitudes, il me tende un abricot, sec évidemment. Je me souviens, enfin je crois me souvenir, mais peut-être ma grand-mère me l'a raconté tant de fois que tout se brouille dans mon esprit, bref, lorsque j'ai vu cet abricot, je me suis mise à pleurer, et mes pleurs ont redoublé lorsque mon gran-père en avalé un - je me suis littéralement effondrée en larmes -, et lorsqu'il a voulu que j'y goûte à mon tour, je me suis mise à hurler... Je ne sais pas d'où me venait ce dégoût des abricots secs, je n'en avais jamais vu auparavant, mais j'en ai eu une peur panique, de cette peau toute ridée, toute rabougrie, qui ressemblait si peu à quelque chose de mangeable que je ne comprenais pas comment l'on pouvait mettre ça dans sa bouche et surtout vouloir que sa petite-fille, pourtant si sage, si gentille, si polie, mette ça dans la sienne..."

bouton3 Note de lecture : 3/5

ISBN 978 2 8415 6901 4 - 10€ - 01/08

Lu dans le cadre du  prix_biblioblog_2009 - La lecture de Dda sur le site

Clarabel le décrit très bien, comme un roman d'atmosphère... - Je l'avais, comme elle, noté chez Tatiana -Les buveurs d'encre confirment, c'est un roman qui demande qu'on prenne le temps de le savourer

Posté par LESECRITS à 06:32 - - Commentaires [15] - Permalien [#]

25 avril 2009

Café viennois, Michèle Halberstadt

caf_viennoisClara part en voyage avec sa mère Frieda, mais pas n'importe où, à Vienne.
Leur séjour est un retour vers l'enfance de cette dernière, vers le passé, un avant-guerre enchanteur où petite fille juive elle parcourait les rues de la ville. C'est également un moment de reconstruction pour les deux femmes. Clara est venue pour ne pas laisser sa mère seule, mais on ne sait pas réellement qui est là pour soutenir l'autre, quel bras est le plus fort...
Vienne, accueillante et froide, Vienne versatile et grande, Vienne et ses cafés protecteurs...conduira chacune à la rencontre d'elle-même.

Café viennois est un roman qui chemine tout doucement entre des éclats de souvenirs... La fuite de Vienne de Frieda et des siens, l'extermination des juifs, tout est évoqué sans pathos.
Le présent panse un passé où se mêlent mélancolie et amour des siens. Le passé panse des blessures à vif, plus récentes, en les placant en perspective...
J'ai aimé l'atmosphère de ce livre, ses personnages, la manière très prosaïque de Frieda de vivre les grands moments de l'Histoire. J'ai aimé partager la douleur de Clara et la manière profonde dont elle arrive à l'annihiler, la transcender.
Michèle Halberstadt a une jolie écriture, érudite et simple, sans grands effets de style, pleine de charme. Un roman qui ne laisse pas indifférent et qui, mine de rien, inscrit des traces en soi...

"Partir avec sa mère. Quelle drôle d'idée. Clara voyageait toujours seule. Une interview. Une valise. Une chambre d'hôtel. Un entretien à faire, un papier à écrire. Une journée à passer pour se sentir en vie.
Partir avec sa mère. Faire l'égoïste. Se comporter comme si elle était seule, célibataire. Oublier mari et enfant. Tenter de se défaire un instant du poids qui l'étouffe. Essayer de trouver les mots. Avoir le courage de se mettre à nu devant le seul être au monde qui ne la jugera pas."

bouton3 Note de lecture : 4/5

ISBN 978 2 253 12388 0 -5.50€ - 01/08

Un grand merci à Nanne pour le prêt !! - La lecture de Sylvie - Celle de Clarabel

Posté par LESECRITS à 07:20 - - Commentaires [17] - Permalien [#]
Tags :

23 avril 2009

Le vrai cul du diable, Percy Kempt

levraiculdudiableAnna Bravo, femme politicienne à responsabilités, est certaine de connaître à la perfection l'image qu'elle donne d'elle même, et ce depuis toujours. Sa grand-mère, bigote, et son père athé, l'avaient tous deux autrefois prévenue contre le maléfice narcissique des miroirs, appelés au moyen-âge "le vrai cul du diable". Lors d'une exposition, elle acquiert pourtant, comme subjugée, un petit meuble vénitien du XVIIIème siècle qui recèle en son sein une étrange surface réfléchissante. Celle-ci lui transmet en effet, et ce grâce à un savant stratagème, une image réelle d'elle-même, et non l'image inversée que ses congénères lui renvoient d'ordinaire... La vie de la jeune femme va s'en trouver dorénavant complètement bouleversée.

Ce livre était dans ma PAL depuis quelques temps. Je savais déjà que Cuné l'avait trouvé à son goût, il m'était donc plaisant de me dire que j'allais le lire...
J'ai entamé les premières lignes pourtant bien dubitative. Le style de l'auteur m'a semblé tout d'abord peu entraînant, assez moyen, et puis, et puis...j'ai enchaîné les pages et me suis laissée subjuguée par cette histoire d'image de soi, de reflet, et de ce que le regard que l'on porte sur nous peut avoir de troublant, de destructeur et de métamophosant. Nous avons tous et toutes eu ces passages dans notre vie, à l'adolescence, ou après l'arrivée d'un enfant pour les femmes, cette conscience de perdre un peu les contours de notre image, de notre corps... Ici, Anna Bravo est entraînée dans une perte de repères plus fantastique mais dans laquelle on peut trouver quelques échos des nôtres. J'ai pensé aussi aux miroirs de Cocteau et à tous ces mythes qui animent notre imaginaire... Au final, et même si ce livre n'est pas un "grand" livre, voici une lecture bien divertissante !!

Un extrait...
"C'est donc ainsi, se dit-elle, effarée, que je suis vraiment ! C'est ainsi que Noël me perçoit ! Ce miroir, c'est l'oeil de Noël ! Ce miroir, c'est l'oeil de la caméra ! Ce miroir, c'est l'oeil du monde entier ! Les autres ne me voient pas du tout comme j'ai toujours cru qu'ils me voyaient, conclut-elle, bouleversée. Ils ne me voient pas du tout comme je me vois quand je me mire dans ma salle de bain ou devant ma commode. Ils me voient comme je me vois là ! A l'envers ! Ou plutôt à l'endroit ! Car c'est moi qui, d'ordinaire, me vois à l'envers !"

bouton3 Note de lecture : 4/5 - ISBN 978 2 7491 1359 3 - 15€ - 01/09

La lecture de Leiloona - Et merci à Solène, et aux éditions du Cherche Midi !

Posté par LESECRITS à 06:43 - - Commentaires [12] - Permalien [#]

16 avril 2009

La Reconstruction, Eugène Green

LA_RECONSTRUCTIONDans La reconstruction, il est question de mémoire...
Nous sommes à Paris, en 2003. Jérôme Lafargue, professeur de littérature française à la Sorbonne, est contacté par un inconnu à son domicile, un Allemand, lui-même professeur d'histoire. Ce dernier a découvert des documents chez son père qui remettent en cause son identité, le déclarant mort peu après sa naissance. Au milieu de ces papiers intimes, se trouvait également la photo de Jérôme et de sa femme Jana, prise trente-cinq ans plus tôt alors qu'ils venaient tout juste de se rencontrer. Jérôme se souvient avoir effectivement été hébergé quelques nuit par un dénommé Wenzel Launer, à Munich, en 1968. Pressé par ce fils en plein questionnement de découvrir dans sa mémoire le lien qui le lierait à eux, Jérôme mène une enquête au fond de ses souvenirs. Devenu père aujourd'hui d'un grand garçon indépendant et le fils d'un homme dont la mémoire est de plus en plus emmêlée, il constate très vite combien ce cheminement l'aide à mieux comprendre et apprécier son présent...

Eugène Green est habituellement metteur en scène et cinéaste, La Reconstruction est son premier roman. Et on reconnaît facilement cette patte là, indéniable, dans la focalisation choisie par le narrateur, distante et exterieure aux pensées des personnages. Cela aurait pû donner au texte beaucoup de froideur mais ce n'est pas le cas, juste un sentiment particulier d'étrangeté. Ce sentiment dépassé, et grâce aux morceaux du journal que Jérôme tient, on entre assez vite dans un récit bourré d'émotions. Il faut aller au bout de ce court roman pour en apprécier toute la richesse, mystique et romanesque. Un bien joli moment de lecture.

Un extrait...
"Jeudi 10 avril
Je pense au sonnet grincheux d'Alvaro de Campos.
Si aujourd'hui j'existe, c'est par le souvenir de sensations que j'emmagasine depuis cinquante quatre ans, voire, car j'ai parfois cette impression, depuis bien plus longtemps encore. Les sensations qui ne contribuent pas à mon sentiment actuel d'existence, je les ai abandonnées en route. Ma mémoire active n'est pas ma réalité, mais la métaphore que j'ai construite pour me faire voir ce que je pense être.
Hier matin un homme m'a prié de lui construire, à partir de ce même fond, une métaphore de ce qu'il est. Sa demande nous met tous les deux devant un abîme effroyable."

bouton3 Note de lecture : 4.5/5

ISBN 978 2 7427 7688 7 - 18€ - Août 2008

Laurence, sur Biblioblog, a un avis plus réservé - tandis qu'Ariane a écrit sur ce livre un billet tout en émotion, que je partage (voir la deuxième partie de son article)

Posté par LESECRITS à 06:30 - - Commentaires [10] - Permalien [#]
Tags :


14 avril 2009

Une simple affaire de famille, Rohinton Mistry

unesimpleaffairedefamilleTrimbalé entre deux appartements, Nariman, ancien professeur, devenu âgé et impotent suite à une chute, est un poids pour sa famille, mais également un enjeu, un devoir. S'extrayant d'un corps aujourd'hui douloureux, le vieil homme laisse régulièrement ses pensées errer tranquillement vers son passé et goûte au quotidien, au milieu des siens - principalement chez sa fille chez qui il passe sa convalescence - à la douceur et à l'acidité d'une vie de famille, toute en promiscuité, tendresse et coups d'éclats.

Ce roman indien est un régal. Les personnages sont attachants. On suit avec intérêt et plaisir les membres de cette famille - parents, enfants et grands-parents sous le même toit - régler leurs détails journaliers, s'occuper du Pappa, se serrer dans un appartement forcément trop étroit et au confort rudimentaire. Les incursions dans le passé donnent du relief et de l'émotion à un récit qui aborde par ailleurs, l'air de rien, les traditionalismes d'une société indienne en bute à la modernité. Un très bon livre avec Bombay en toile de fond, et en fond sonore...

bouton3 Note de lecture : 4/5

ISBN 978 2 253 11710 0 - 7.50€ - 2006

Un grand merci à BoB et aux éditions du livre de poche !! - Un billet plus détaillé ici - et un autre par là

Lorsque j'ai accepté de recevoir ce livre...je n'ai pas fait de recherches (j'ai répondu un peu précipitamment sans aller visualiser la couverture sur un site marchand), ce titre me disait "quelque chose". En fait, je l'avais "déjà lu" en 2006, un billet était présent sur mon ancien blog !!! Je m'en suis rendue compte dès le livre entre mes mains. Je me suis tout de même replongée dans ce volume pour vous en reparler aujourd'hui... Voilà aussi une occasion toute trouvée pour vous le remettre en mémoire car c'est un très bon souvenir de lecture !! Et cela va me permettre de faire un cadeau à quelqu'un ;o) !!
Je présente mes excuses à BoB...cela devait m'arriver un jour, tête de linotte que je suis parfois...;o)

Posté par LESECRITS à 06:33 - - Commentaires [20] - Permalien [#]

13 avril 2009

Effleurés - Isabelle Bathian et Sylvain Limousi

effleur_sComment se sent une Antigone qui a terminé ses lectures pour un prix bien connu ? Et bien, outre de parler d'elle à la troisième personne, elle déborde d'envies de toutes sortes : envie d'explorer des genres laissés pour compte depuis de nombreux mois (BD, poésie, nouvelles), envie de ne plus lire de policiers sanglants, ni de gros romans joufflus, envie de recommencer à écrire un peu...mais là bon voilà, c'est plus difficile.

Je vous parle donc aujourd'hui de Bande Dessinée... effleur_s1
J'avais repéré cet album chez Clarabel. Aussitôt vu, aussitôt emprunté, aussitôt lu.
Je m'étais un peu fourvoyée, il faut bien le dire, dans ma compréhension du sujet, j'avais compris à tort qu'il était question d'une histoire d'adultère entre Christophe, l'organisé, et Fleur, la hippie. Mais non, pas du tout.
Christophe, l'organisé donc, célibataire, tombe amoureux d'une petite secrétaire originale et drôle, qui travaille dans un service voisin. Il tombe amoureux d'elle, mais la prend tout de même, un peu, pour une idiote. Comment une trentenaire peut-elle en être arrivée là, à faire ce travail minable, sinon en ayant eu une vie dissolue auparavant ? Selon les proches du jeune homme, cette fille est jugée à peine fréquentable... Elle passe ses week-end dans des associations caritatives, répond effrontément aux parents de Christophe et ne semble pas avoir d'ambition professionnelle. Des vacances d'été passées séparément auront raison de leur relation sentimentale...

J'ai bien aimé la chute de cette histoire, dont je vous tairais le dénouement, qui remet avec finesse quelques a-priori en place. Les poils de mes bras se sont un peu hérissés à certains passages...mais c'est bien parfois aussi de se mettre un peu en colère, non ?

Les première pages chez Dargaud - Le blog d'Isabelle Bauthian

Posté par LESECRITS à 06:32 - - Commentaires [10] - Permalien [#]
Tags :

12 avril 2009

El ultimo lector, David Toscana

el_ultimo_lector

Une sécheresse de plomb plane sur Icamole, petit village du Nord du Mexique. Rémigio, un des habitants du lieu, pense avoir atteint le fond de son puits, mais c'est en fait le cadavre d'une jeune fille qui en encombre le fond. Décontenancé, il décide de remonter le corps et requiert auprès de son père, bibliothécaire fantasque sans lecteurs, une solution à son problème.
Ce dernier cherchera dans la littérature des explications. Puis ils décideront ensemble de cacher la jeune fille sous l'avocatier de Rémigio comme le suggère un des romans préférés du lecteur assidu.
Seulement voilà, une adolescente est déclarée disparue, une enquête est mise en place et Lucio, le père de Rémigio, interrogé, désignera sans vergogne Melquisedec, le porteur d'eau, comme un coupable potentiel...

Le roman  de David Toscana est un peu difficile à résumer car le personnage principal en est plus certainement la bibliothèque de Lucio plutôt que tous les personnages qui y passent où s'y arrêtent. On cotoie dans ce livre une atmosphère particulière, plutôt agréable, un peu Borgésienne. J'ai aimé que la littérature y tienne la première place, qu'elle soit le lieu de toutes les explications et de toutes les histoires possibles. J'ai aimé ce travail de sélection inutile que Lucio entreprend, ces livres censurés sur des critères burlesques, et leur passage "en enfer", éventuel.
Un roman original, qui pour moi a la dimension d'un classique, et qui donne sans conteste une image forte à la littérature mexicaine. Mais sa narration peut également paraître au lecteur un peu froide et détachée...c'est ici une question de goût.

Une petite réflexion sur la lecture, parmi d'autres, puisée dans ce livre...
"Savez-vous que, sur vingt-huit pages publiées, on n'en lit qu'une ? Car il y a des livres qu'on offre à des gens qui ne lisent pas, d'autres échouent dans une bibliothèque sans lecteurs, on en achète pour remplir des étagères, certains sont offerts pour l'achat d'un autre produit, le lecteur se lasse dès le premier chapitre, ils ne sortent jamais de l'entrepôt de l'éditeur, ou bien les livres sont achetés sur un coup de tête. Je viens de me défaire de l'Automne à Madrid, dit Lucio, j'en étais à la page 63, il en restait 208 à lire. Moi, je n'ai pas dépassé la ligne 20, dit-elle. Pour qu'un roman aussi rébarbatif que celui-là arrive à Icamole, il faut la complicité de l'auteur, des correcteurs, des éditeurs, des imprimeurs, des libraires et même des lecteurs, sans compter celle de la femme de l'auteur qui lui dit : Oui, mon chéri, ce que tu écris est vraiment très beau. Délinquance organisée, ajoute-t-il."

bouton3 Note de lecture : 4/5

ISBN 978 2 84304 467 0 -18€ -01/2009

Ce titre est un livre voyageur en provenance de chez Kathel (lettres expres) livrevoyageur merci !! - La lecture de Keisha - Celle de Manu

Posté par LESECRITS à 12:37 - - Commentaires [11] - Permalien [#]

07 avril 2009

Le tiroir à cheveux, Emmanuelle Pagano

le_tiroir___cheveuxVoici comment Emmanuelle Pagano explique le projet de ce roman, en quatrième de couverture...
"Il ne fallait pas parler de ma voisine, même dans son dos. Il ne fallait pas lui parler non plus. Elle n'avait pas demandé la permission d'être enceinte. D'ailleurs, elle faisait plein de choses sans autorisation. [...]
Je regardais le fils de ma voisine, tout de travers dans sa poussette, les orbites pleines de soleil, en me demandant quel interdit l'empêchait de bouger, de voir, d'entendre, de parler, de lever une main pour s'essuyer la bouche. Je regardais sa mère et je l'admirais en cachette. Je l'admirais d'avoir fait ça, un gosse défendu qui bavait et coinçait tout le ciel dans ses yeux. J'avais honte aussi parce que le pauvre. J'ai écrit cette histoire sans aucune autorisation, même pas la sienne, même pas celle de sa mère, juste pour dire en retard il est beau ton fils [...]."

Le tiroir à cheveux c'est cela, l'histoire d'une femme, "cette voisine" imagine-t-on, mère très jeune d'un enfant différent, Pierre, qui a à présent cinq ans.
Il est parfois difficile de comprendre cette femme/enfant/narratrice qui semble subir les évènements plus qu'elle ne les maîtrise, mère à nouveau d'un autre enfant, Titouan, presque par mégarde, sans y penser non plus cette fois-ci encore, trois ans plus tard. Difficile aussi, de ne pas lui trouver du courage, de ne pas porter avec elle le corps lourd de son enfant immobile dans les escaliers qui mènent à leur appartement, de ne pas fondre devant l'amour qu'elle met dans chacun de ses gestes, dans sa manière de leur passer la main dans les cheveux, de les laver, de les nourir. Alors, j'ai fondu, j'ai aimé l'écriture, et j'ai été touchée de reconnaître au détour des pages dans le portrait d'une petite voisine/lectrice celui de l'auteure...à moins que je ne me trompe ?

"La lune pleine, je ne la supporte pas. Elle m'indispose. Je me sens maladroite. Je la regarde. Elle ne bouge pas. Je me sens coupable, même si les gens se taisent. Ne rien dire c'est toujours parler de Pierre. Pierre c'est un bout de lune. Je n'ai jamais rien dit à personne. Personne ne m'a jamais rien dit.
Je me doute qu'on en parle, de Pierre, mais dans son dos, dans le mien."

bouton3 Note de lecture : 4/5

ISBN : 978 2 84682 084 4 - 15€ - 08/2005

La lecture de Sylvie (passion des livres) - Celle de Lily - Le choc de Laure - Pour Anne c'est un coup de coeur - La fiche du livre sur le blog de l'auteure

Autre titres lus : Les mains gamines - Le guide automatique - Les adolescents troglodytes

Emmanuelle Pagano sur ce blog et sur son site : http://lescorpsempeches.net/corps/

Posté par LESECRITS à 06:40 - - Commentaires [14] - Permalien [#]
Tags : ,

05 avril 2009

Clair de lune, Jeffery Deaver

clair_de_luneUn tueur en série semble sévir dans New-York, un tueur qui se surnomme lui-même l'Horloger. Déjà, deux meurtres affreux ont eu lieu. Sur chaque scène de crime, on retrouve des victimes sacrifiées lentement, et la même pendule au cadran étrange, affublée d'une face de lune dérangeante. Linclon Rhyme est chargé de l'enquête, assisté d'Amélia Sachs, sa partenaire et compagne. Mais cette dernière tente d'élucider par ailleurs un suicide troublant qui pourrait mettre en cause des policiers ripoux. Son attention est donc partagée entre les deux affaires, au détriment de l'enquête en cours, ou de sa carrière ?

La simplicité n'est pas de mise dans ce thriller. Je me suis pourtant tout d'abord sentie en terrain connu, heureuse de lire ce livre, pas très surprise cependant par la narration mais plutôt contente de me laisser ainsi bercer par des personnages plutôt bien campés et décrits. Et puis, tout à coup, l'intrigue s'emballe et le récit nous décoche coups de théâtre sur coups de théâtre, à un rythme effréné qui m'a complètement perdue et laissée sur le côté. Des personnages attachants disparaissent, d'autres reviennent et s'installent sans raison. J'ai eu finalement du mal et pas très envie de croire au montage machiavélique que l'auteur tentait de me vendre. Dommage, car j'étais presque conquise.

bouton3 Note de lecture : 3/5

Un titre lu dans le cadre du Grand Prix des Lectrices BOOKPAGES 2009
Catégorie Policiers

ISBN 978 2 84893 056 5 - 22.50 € - 10/2008

Le site de l'auteur www.jefferydeaver.com

La lecture d'Annie -

Posté par LESECRITS à 06:19 - - Commentaires [14] - Permalien [#]