30 août 2010

Vivement l'avenir, Marie-Sabine Roger ... Rentrée littéraire

vivement_l_avenir"Si un jour je trouve ma voie, ce sera sûrement une impasse."

Il y a peu à espérer dans ce coin de France où Alex, la trentaine, a déposé ses valises pour un moment, le temps d'un CDD.
Entre l'usine de volailles où elle travaille, les humeurs de la propriétaire chez qui elle loge provisoirement, et cette certitude qui entoure tout que plus rien jamais ne viendra éclaircir un horizon bouché pour toujours, difficile de discerner un filet d'espoir. Et pourtant, à force de s'occuper du frère handicapé de ses hôtes, qu'elle surnomme gentiment Roswell, à force de tenter d'ouvrir des portes de compréhension et d'humanité nouvelles pour lui, Alex sent que la carapace qu'elle s'est forgée physiquement et mentalement se fendille. L'affection est là, la tendresse et l'envie de protéger surgissent. Il ne suffit plus que d'un caddie rafistolé pour que vienne l'idée d'explorer le monde.. ou simplement déjà les bords du canal proche de la maison.
La rencontre avec deux désespérés du bonheur - Cédric et Olivier, dit le Mérou - qui eux aussi s'évertuent en silence à s'oublier en lançant des canettes dans l'eau, sera le déclencheur d'une épopée qui augurera enfin des jours meilleurs pour cet avenir qui joue depuis bien trop longtemps à leur glisser entre les doigts.

Marie-Sabine Roger signe ici un roman à la gouaille sympathique et au parler franc qui n'édulcore pas la misère et la précarité du quotidien. Là est la force de l'auteure, son talent, cette manière de conclure ses chapitres avec une formule vraiment pas "toute faite". Beaucoup de phrases sont à noter avec plaisir et à retenir. On y retrouve l'univers de ses nouvelles, Les Encombrants (2007), Il ne fait jamais noir en ville (2010). Nous sommes donc d'emblée en terrain conquis, près de ces gens de peu que l'écrivain affectionne.

Cependant, et pour mon goût personnel, cette histoire qui commence en raclant la vie dans le sens du découragement, se termine un peu trop dans un feu d'artifice de bons sentiments, à la manière de Tous ensemble, le roman d'Anna Gavalda, auquel j'ai beaucoup pensé au cours de ma lecture. En effet, le quatuor qui se forme en fin d'ouvrage finit par vivre un conte de fées équivalent, chaque personnage s'insère miraculeusement dans une case peu réaliste, mais réconfortante pour le lecteur qui respire d'aise, oui c'est vrai. La vie offre-t-elle donc parfois de tels cadeaux du destin ? J'ai un peu le sentiment d'en douter.

Toutefois, voici une belle lecture de rentrée, à prendre donc comme une fable. J'en ai aimé l'écriture et l'énergie. Il rencontrera certainement beaucoup de succès, à l'instar de La tête en friche, que je n'ai pas encore lu, édité au Rouergue en 2008 et qui, outre d'avoir été beaucoup lu a été adapté dernièrement au cinéma.

bouton3Note de lecture : 3.5/5 - Editions Le Rouergue - 19€ - Sortie le 25 Août 2010

Clara a été conquise ! - Pour Cuné, c'est du simple et du bon - Pour Cathulu, un très beau moment de lecture

challengerentr_elitt_raireChallenge 1% rentrée littéraire 2010 : 6/7

Ce livre a été chroniqué dans le cadre d’un partenariat avec le site Chroniquesdelarentreelitteraire.com et dans le cadre de l’organisation du Grand Prix Littéraire du Web Cultura.

07_chronique_de_la_rentree_litteraire

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27 août 2010

Le coeur régulier, Olivier Adam ... Rentrée littéraire

lecoeurr_gulier"Longtemps après avoir quitté Louise j'avais repensé à cette conversation. "Il s'occupe de nous". Et moi, avais-je songé, qui s'occupe de moi ? Qui me retient si je tombe ? Qui posera sa main sur mon épaule ?"

Sarah a une vie parfaite (insipide ?), un travail, un si gentil mari et puis deux enfants, adolescents. Elle a également des parents, une famille où la retenue tient lieu de tendresse et d'affection. Elle a aussi un frère, Nathan, presque son jumeau tellement ils sont proches, ou l'étaient en tous les cas autrefois. Car autant Sarah est finalement entrée dans la norme, autant Nathan l'a toujours fui cette norme, prétextant l'écriture d'un livre, de hautes idées sur la vie, et s'abrutissant bien souvent de boisson.
Alors que Nathan décède dans un accident de la route, c'est toute la vie de sa soeur qui prend l'eau. Elle ira chercher l'âme de ce frère tant aimé jusqu'au Japon, sur ses anciennes traces. Elle y fera la rencontre d'un homme qui sauve des vies, en posant simplement sa main - doucement - sur des épaules...

On a déjà tellement parlé de ce livre un peu partout... Qu'en dire donc de plus ? Et bien que je n'ai pas du tout été enthousiasmée par les premières lignes de cette lecture. L'écriture d'Olivier Adam m'a semblé effectivement se chercher beaucoup, à renfort d'images un peu creuses et d'une multitude d'adjectifs. Son Japon semble superficiel, presque un Japon de manga, voilà qui est étrange si comme il l'a dit en radio il y a passé du temps, à observer...
Cependant, après une cinquantaine de pages, mon intérêt s'est soudain éveillé. J'ai aimé connaître enfin Sarah, sa vie française monotone, ses doutes et ses aspirations. Car à ce moment là, il me semble que l'auteur, oubliant enfin une prose trop poétique et superlative, délivre tout son talent de conteur. En tous les cas, c'est ainsi que je l'aime mieux. Et c'est là que Sarah m'est apparue définitivement très humaine, proche, et qu'en toute fin de roman tout cela a réussi à m'amener quelques larmes aux yeux.

Malgré tout, Des Vents contraires restera un bien meilleur souvenir de lecture, c'est évident.

bouton3 Note de lecture : 4/5 - Les éditions de l'Olivier - 18€ - Sortie le 19 août 2010

challengerentr_elitt_raireChallenge 1% rentrée littéraire 2010 : 5/7

Cuné n'y pas cru - Amanda a ressenti aussi ce stade des 50 pages - Cathulu est restée sur sa faim - Un gros coup de coeur pour clara - Véro l'a lu avec émotion - ...

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25 août 2010

Les derniers flamants de Bombay, Siddharth Dhanvant Shanghvi ... Rentrée littéraire

lesderniersflamantsdebombay"L'amour, songea-t-elle, porte chance. Puis son regard tomba sur la photo que Karan lui avait donnée la première fois qu'il était venu chez elle. Montée, encadrée, elle était désormais installée au-dessus de son lit. Les flamants en vol, ignorant le ciel et le soleil, les avaient éblouis ; dans leur mouvement, un sens ineffable, puissant, d'infinitude. Au dos de la photo, l'écriture paresseuse de Karan : Les flamants perdus de Bombay, des mots qui avait marqué le début de la fin de leurs vies respectives, telles qu'ils les avaient connues jusque-là."

Lorsque Karan Seth débarque à Bombay, il ne s'imagine pas à quel point son destin sera marqué profondément par cette ville. Il n'est au tout départ du roman qu'un tout jeune-homme, engagé dans une revue en tant que reporter photographe. Son désir secret est de parcourir la ville et d'en révéler via son talent photographique une géographie personnelle.
Son métier le mènera vers Samar, pianiste-dandy, et son amie Zaira, star bollywoodienne qui deviendront des amis proches. Seulement, la mort violente de Zaira mettra à jour l'influence d'une haute société indienne compromise et fausse, injuste, dont il ne soupçonnait absolument pas le pouvoir. Par ailleurs, sa rencontre avec Rhea, femme mariée et artiste en poterie, révèlera en lui les désillusions de la passion amoureuse. Son seul recours sera la fuite vers l'Europe pour revenir, plus tard, tel un aimant vers un Bombay rebaptisé Mumbai.

Voici une lecture dont je ressors toute pleine de sentiments contradictoires. Elle m'a été parfois presque douloureuse, fastidieuse, et par moments très prenante, intéressante. J'avais de l'Inde, la vision transmise par les romans de Chitra Banerjee Divakaruni (que j'adore !), mais n'est-ce pas la vision que nous occidentaux attendons de ce pays, de la couleur, de la sensualité, des traditions se heurtant à une certaine modernité, anglo-saxonne la plupart du temps ? Ici, rien de tout cela, nous sommes dans une Inde moderne, sexuelle, camée, pleine de corruption, dont la beauté se cache dans les ruelles perdues de Bombay et dans le coeur de ses habitants. L'amitié y est une denrée précieuse, rare. L'amour est à prendre dans l'imperfection, sans attentes.
J'ai aimé la grâce dure des images décrites par l'auteur, moins les divagations sur le snobisme, le milieu bollywoodien ou l'énumération des actes d'un procès qui prennent un peu trop de pages de ce roman foisonnant. La force du récit est de nous présenter une galerie de personnages riches, évitant avec brio les travers du manichéisme. Aucun des protagonistes n'est parfait. Chacun a son droit à l'émotion, aux sentiments, aux erreurs, aux changements. La vie y est ce qu'elle est en réalité, toujours pleine de mouvements, de surprises et d'arrêts brutaux.

Une lecture, étrangement toute en puissance, qui a laissé la lectrice que je suis un peu KO...mais dans le bon sens.

Petit détail sinon : j'aurais aimé que la couverture ressemble un peu plus au roman qui est moins sensuel que profondément moderne.

bouton3 Note de lecture : 4/5 - Editions des 2 terres - 22.50 € - Sortie le 25 Août 2010challengerentr_elitt_raire

Challenge 1% rentrée littéraire 2010 : 4/7

Lu dans le cadre d'une opération Masse critique exceptionnelle de Babélio

Les derniers flamants de Bombay par Siddharth Dhanvant Shanghvi

Les derniers flamants de Bombay

Les derniers flamants de Bombay

Siddharth Dhanvant Shanghvi

Critiques et infos sur Babelio.com

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23 août 2010

Grandir, Sophie Fontanel ... Rentrée littéraire

grandir"Ces temps-ci, quand je pense à ce que j'essaie de sauver, je ressens un tel besoin d'aide que ça me fait trembler. Aider quelqu'un, je le sais maintenant, c'est avoir aussitôt soi-même besoin de secours. Et ces jours, je bois toute sympathie comme un buvard, et la moindre bonté me fait l'effet de l'amour. Jamais je n'ai eu autant la conscience des autres, moi qui ai fondé ma vie sur la liberté."

Une mère, devenue âgée, accepte enfin que sa fille prenne soin d'elle quotidiennement... et c'est encore de grandir dont il est soudain question. Comme si pour une enfant, et même à quarante six ans rien n'était encore fini, les possibles encore ouverts. Cette femme qui se penche vers une autre a encore beaucoup à apprendre de la fragilité de la vieillesse, du laisser-faire de l'impuissance avouée, elle ne s'en doutait pas.

Sophie Fontanel est connue généralement comme étant l'auteure du personnage de Fonelle dans ELLE. Dans ce roman, sans doute de l'auto-fiction, l'humour est donc présent, surtout dans les répliques maternelles, mais tellement enrobé de tendresse qu'il touche plus qu'il ne fait sourire. Cependant, ne vous y trompez pas, il n'est pas le centre du récit, seulement une partie de son attrait. Cette histoire est une histoire d'amour entre une fille et sa mère, principalement.
Et l'on pourrait se dire aussi, encore une apologie parentale, une de plus, mais non, voilà, il est simplement un élégant récit sur soi, et les autres, sur la filiation...
Après avoir vécu les failles, les blessures, les fatigues, la narratrice expose le présent, et il est intéressant d'assister aujourd'hui à un moment intime d'apaisement.
Il n'a bien rien d'inutile ce récit, il est universel, il apporte. Je l'ai beaucoup aimé. Il m'a beaucoup touchée.

Une tendre lecture de rentrée et un livre qui aide à grandir, oui. Merci Sophie Fontanel !

bouton3 Note de lecture : 4/5 - Robert Laffont - 17€ - Sortie le 23 Aout 2010challengerentr_elitt_raire

Challenge 1% rentrée littéraire 2010 : 3/7

Pour Papillon, c'est également une belle surprise !

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20 août 2010

Le Garçon et la mer, Kirsty Gunn

le_gar_on_et_la_mer"Il y a le bruit de la mer, les eaux qui se replient, la marée qui a reflué... Dans le lointain, vers la lumière, vers là où se trouve désormais le soleil, mais où il disparaît lentement de notre vue...

Tu connais ce sentiment. Comme quand tu te tiens seul quelque part, des arbres autour de toi peut-être avec leur ombre pour te protéger, et que tes amis, ta petite bande, te semblent bien loin... C'est l'impression que donne la mer, je crois, quand tu la regardes à cette heure de la journée. Comme si elle était là et en même temps à l'écart, retirée dans son refuge secret, et le lieu d'où elle vient, le lieu où elle va..."

Ward, 15 ans, passe son temps sur la plage, ou dans l'eau, mais aujourd'hui c'est seul qu'il affronte les vagues, ou en compagnie de son ami Alex. Son père, ancienne gloire du surf, ne vient plus se mouiller, il se contente de rester chez lui, de tapoter sur son ordinateur et de titiller gentiment sa mère (une intimité que Ward déteste surprendre).
Le jeune garçon est timide et réservé, il préfère se glisser à l'ombre des pins pour observer le mouvement de la mer plutôt que de répondre à l'invitation de son groupe de se joindre à une fête où l'alcool coule à flot et où les filles déambulent en bikini.
Ward ne se doute pas qu'en cette après-midi de chaleur, la mer lui offrira l'occasion de devenir un homme.

Voici un titre que j'avais noté depuis des lustres sur ma LAL (Liste à Lire). C'est une lecture d'été idéale, à lire en une seule bouchée, elle a la teneur d'une nouvelle, guère plus. Je ne peux pas vous dire que j'ai été subjuguée par cette découverte littéraire mais l'évocation de la mer, des vagues, du surf, de ce que peut ressentir un jeune garçon qui passe soudain de l'enfance à la maturité est assez bien décrit. Le soleil tape, le sel forme des croûtes de sueur sur la peau, les bikinis sont mouillés, les maisons plongées dans le noir pour se préserver de la chaleur, les corps presque offerts, la mer intransigeante, ferme et éducatrice.

Une lecture distrayante, dont les mystères ne sont pas tous résolus, et qui laisse des grains de sable dans la mémoire. A lire pour prolonger ses vacances...

bouton3 Note de lecture : 3.5/5 - Biblioth_que_et_LALEditions Points - 5.50€ - Juin 2008

Lou l'a lu, est restée sceptique, et regrette de ne pas avoir retrouvé la magie de l'autre opus de l'auteur, "Pluie" - Pour Clarabel, c'est une récit à apprécier au rythme de la mer ... (on retrouve d'ailleurs sous son billet mon commentaire de 2007, comme quoi il ne faut jamais désespérer de lire un livre !)

J'avais noté Pluie également, et à la même époque, à suivre donc...

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18 août 2010

Nevrospiral, Patrick Olivier Meyer ... Rentrée littéraire

nevrospiral"Vous n'êtes pas dans les voitures.
Vous n'êtes pas dans les têtes.
Approchez, approchez encore, entrez dans l'habitacle, vous verrez apparaître les failles et les manques. Les peurs. Les frustrations. Plein phares sur mon cerveau."

Il y a Ian, Samuel, Anita et Richard. Et puis, des blondes, qui passent par là, indifférentes, hautaines, lointaines, imaginées. Ian vit avec une femme brune, Laurène, mais il ne pense qu'à elles, ces femmes blondes inaccessibles, on se demande bien comment il arrive à travailler normalement et à ne pas foncer droit dans le mur. Richard peut les approcher, en tant qu'ex pop star sur le retour, tout est possible, il en profite largement. Anita, blonde, transparente s'inquiète des résultats de son IRM, quitte à laisser ses neveux sans surveillance et à user sa vie sans compter, tout pour ne pas être comme sa mère qui ne la reconnaît plus toujours. Samuel, lui, est rongé de psychoses, à la limite du serial killer qu'il pense être mais qu'il n'ose pas devenir ...
Tout ce petit monde navigue dans un monde coloré et sombre au goût d'un médicament qui ne tient pas toutes ses promesses, le Névrospiral.

Voici un roman très étrange, déjanté, mais vraiment bien écrit, qui nous agrippe par le bras malgré soi. Il est Pop, oui, et moderne aussi, surprenant, curieusement enthousiaste et désenchanté, rempli de contrastes. Il a cette faculté de créer profondément le malaise et de rester pourtant attachant. Nous passons d'un personnage à un autre sans qu'aucun destin ne se croise, et il apparaît très vite à la lecture que Patrick Olivier Meyer mène bien sa barque, drôlement bien pour un premier roman. Peut-être un auteur à suivre de près...

bouton3 Note de lecture : 4/5 - Calman-lévy - 17€ - Sortie le 18 Août 2010challengerentr_elitt_raire

Challenge 1% rentrée littéraire 2010 : 2/7

Et grand merci aux éditions Calman Levy !

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16 août 2010

Le secret de Jasper Jones, Craig Silvey ... Rentrée littéraire

lesecretdejasperjones"Jasper Jones est venu à ma fenêtre.
Je ne sais pas pourquoi, mais il est là. Peut-être qu'il a des ennuis. Peut-être qu'il n'a nulle part où aller.
En tout cas, il m'a fichu une sacrée trouille."

Charlie Buckin a treize ans. Il fait terriblement chaud dans la petite ville minière de Corrigan où il vit et passe l'été. Une nuit, alors qu'il est plongé dans un ouvrage de Mark Twain, Jasper Jones toque à sa fenêtre, réclamant son aide. Lui, l'intello, suit le fils d'aborigène, le paria de la communauté, en toute confiance, mû par une curiosité irrésistible et flatté d'avoir été choisi. Il découvrira à l'ombre du bush un secret bien lourd à porter.

C'est l'histoire d'un apprentissage que nous conte ici Craig Silvey, celui des désillusions de la maturité, mais aussi celui de la complicité, de l'amitié indéfectible ou de l'amour naissant. Voici, un récit à la sauce Huckleberry Finn, savamment orchestré par un tout jeune australien de 28 ans. Quelques rebondissements, du mystère, de la middle class qui s'épie et se cache derrière ses portes et fenêtres (par crainte du qu'en-dira-t-on), et un roman qui s'avère bien intéressant et dense à la lecture. J'ai passé avec lui un excellent moment, et j'ai aimé tendrement ses personnages.

Une lecture de rentrée dépaysante, enthousiasmante, dont l'atmophère évite avec dextérité la pesanteur, et une bien jolie fable qui met en scène des adolescents en quête de vérité. Presque un coup de coeur !

bouton3 Note de lecture : 4.5/5 - Calman Lévy - 19.50€ - Sortie le 18 Août 2010challengerentr_elitt_raire

Challenge 1% rentrée littéraire 2010 : 1/7

Un coup de coeur pour Bene ! - Papillon s'est ennuyée

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09 août 2010

Shutter Island, Christian de Metter et Dennis Lehane

shuter_island"Rachel était pieds nus. Comment aurait-elle traversé cette forêt, grimpé ces rochers et escaladé la falaise ?"

Dans les années cinquante, sur une île au large de Boston nommée Shuter Island, débarquent deux agents fédéraux, le marshal Teddy Daniels et son coéquipier Chuck Aule. L'île abrite un hôpital-prison psychiatrique et une des patientes, Rachel Solando, a étrangement disparue de sa cellule. Les deux hommes mènent l'enquête mais plus ils avancent plus le mystère devient opaque et l'atmosphère du lieu inquiétante...

Vous connaissez peut-être le roman éponyme de Dennis Lehane, ou la version filmée de cette histoire, avec Leonardo Di caprio dans le rôle titre. J'ai pour ma part décidé d'ouvrir cette bande-dessinée qui a eu le prix des libraires de BD en 2009... et j'ai bien fait, car elle m'a beaucoup plu. Outre la couleur des vignettes qui sont très sombres, oscillant entre le jaune et le marron-vert, j'ai admiré l'intelligence du scénario, comme vous sans doute. Ouah, quelle histoire !!

Editions Rivages Casterman Noir - 18€ - Septembre 2008

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08 août 2010

Lettre à Delacroix, Tahar Ben Jelloum

lettre_delacroix"Le 5 juillet 1832, vous êtes de retour en France. Vous "êtes" plein du Maroc et de sa lumière. Vous êtes un homme changé, en tous cas un artiste comblé. Vous sentez que vous venez de faire plus qu'un voyage, plus qu'une visite à un pays d'Afrique du Nord. Quelque chose en vous s'impatiente, voudrait se dégager de ce qui l'enferme, sortir et s'étaler sur des toiles. Vous n'êtes même pas fatigué par le voyage."

Tahar Ben Jelloum, après avoir lu les carnets de Delacroix et avoir admiré ses toiles, tente d'imaginer dans cette lettre adressée à l'être admiré, le voyage de cet européen d'autrefois dans un pays qu'il connaît, lui, par coeur. Il s'adresse au jeune-homme d'alors, essaye de se mettre dans sa peau, de comprendre le choc visuel et culturel, l'implication artistique, ce qui a changé depuis au Maroc, ce qu'on a bien voulu à l'époque montrer à une délégation toute diplomatique, l'importance que les rêveries marocaines de Delacroix ont eu dans l'histoire de l'art...

Malheureusement, malgré mon envie sincère de plonger complètement dans ce petit livre illustré, je dois vous dire que j'ai éprouvé un intérêt bien modéré pour l'affectueuse admiration de Tahar Ben Jalloum pour Eugène Delacroix. Quel dommage que de se sentir ainsi tout du long mise de côté... car nous, nous n'avons pas forcément lu les carnets de Delacroix, bien entendu, et nous n'avons pas vraiment tous ses tableaux en tête non plus, surtout au bord d'une piscine rutilante. Et cela manque un peu, toutes ces références évoquées, alors que cela ne devrait pas. J'aime véritablement quand un livre se suffit amplement à lui-même. Les iconographies ne soutiennent ici la lecture que partiellement.
J'ai pris au final ce petit ouvrage comme une mise-en-bouche, une invitation à ouvrir d'autres livres, et à me décider - pourquoi pas - à emmener un jour mes enfants turbulents dans un musée. Hum hum...

bouton3 Note de lecture : 3/5 - Folio - 5.60€ - Juin 2010

Un grand merci à BOB pour le partenariat et aux éditions Folio pour l'envoi.

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29 juillet 2010

Un temps fou, Laurence Tardieu

untempsfou"Depuis que je vous ai revu, depuis qu'à nouveau vous vous tenez là, à la lisière de ma vie, sans que ni vous ni moi ne sachions ce qui va advenir de nous, si proches et si loin encore l'un de l'autre, après vous avoir tant attendu, tant de jours, tant de nuits, découvrant ce que c'était d'attendre quelqu'un, l'attendre dans sa tête, l'attendre dans son corps, devenir cette attente, ne pouvant me résoudre à ce que vous ayez été qu'un éclat dans ma vie, quelques minutes de saisissement qui m'auraient fait entrevoir un royaume que j'ignorais, puis plus rien, depuis que votre présence si proche me fait éprouver pour la première fois combien le désir d'un homme peut faire vaciller une vie, l'anéantir, la pulvériser, bouleverser un corps, l'assoiffer, et qu'à cela il semble qu'il n'y ait pas de limites, aucune limite [...], depuis que vous êtes là, à nouveau, des souvenirs ressurgissent."

Maud a rencontré un homme un soir de fête. Assis tous les deux dans un coin, ils se sont dévorés des yeux, reconnus, désirés. Six ans plus tard, un coup de fil et la voix de l'homme à nouveau au téléphone fait renaître l'attraction chez la jeune-femme, écrivain et maman d'une petite Marie de six ans. Ils se revoient, pour un projet cinématographique, et s'aiment cette fois-ci pour de bon, physiquement, pleinement. Mais leur vie est occupée, ailleurs, dans le réel ...et la vie, justement, invente parfois ce que nous n'avions pas su imaginer.

J'avais eu pour un précédent livre de l'auteure, Rêve d'amour, un énorme coup de coeur de lecture, un sentiment naturel devant un roman ainsi mené tout en émotion heurtée, en talent si évident. Il était question de rechercher une mère à travers la voix de l'homme qu'elle avait aimé, en secret. L'écriture de celui-ci m'a laissée un peu plus dubitative, peut-être trop de fluidité dans les phrases, presque un sentiment de facilité. Cependant, la palette de sentiments que Laurence Tardieu développe dans son récit m'a beaucoup touchée, malgré les défauts de son texte. J'en garderai certainement des traces.
Après une première partie exaltée, une seconde moitié, moins haletante, plus raisonnée, donne heureusement une profondeur et un relief bienvenu à l'histoire qui permet de refermer ce livre avec une grande sérénité.

Une lecture passionnée, qui sait parler - malgré mes réserves - avec justesse du désir féminin et de l'attachement.

bouton3 Note de lecture : 3.5/5 - Ldp - 6.50€ - mars 2010

Sébastien souligne la platitude du style et je rejoins son avis - Laure, quant à elle, nous parle de la délicatesse de Laurence Tardieu et voilà que je suis d'accord aussi - Pour Clarabel, c'est beau et parfois un peu long- Véro décrit très bien l'ambiguité de cette lecture - Leiloona est du même avis...

Je vous laisse quelques temps...à bientôt !

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