10 novembre 2011

Famille modèle, Eric Puchner

famille modèle"Il en tremblait encore rien que d'y penser. L'amour, ce n'était donc que ça ? Les ténèbres vaincues, une main sur votre front. Dans l'intervalle, vous ne pouviez qu'attendre - épuisé, solitaire, les minutes aussi longues ou aussi brèves qu'une vie entière - qu'apparaisse le visage de vos rêves."

Aujourd'hui, je vous présente ce livre, épais et foisonnant, qui m'a tenu quelques jours éloigné des blogs... Alors, tient-il donc toutes ses promesses ? Oui, en fait, plutôt, mais attention Famille modèle n'a rien d'un roman lisse. Car en effet, en tant que lecteur, vous assistez impuissant à la chute d'un rêve et voilà qui est souvent assez rocailleux, tragique et terrible.

Warren, le père, certain de sa bonne étoile a un jour emmené sa femme et ses trois enfants très loin du Wisconsin où il avait fait son nid paisible. Au début du récit, on sait déjà que cette aventure est un échec, et que la vie de cette famille n'est qu'un château de carte qu'une pichenette va détruire. M Ziller a investi toutes les économies d'une vie dans un projet immobilier désastreux. Tandis que chacun vaque à ses activités habituelles, on attend seulement que vienne la tragédie. Oserais-je dire qu'on l'espère presque, tant une certaine tension pèse sur les premiers chapitres... Les membres de ce clan transplanté sont pourtant loin d'être des anges, ni des personnes toujours aimables, ou des êtres affectueux. En fait, on pourrait très bien trouver qu'ils méritent ce qui leur arrive, si seulement ils n'étaient si humainement imparfaits, semblables finalement à tout à chacun.

Une lecture brillante, originale et véritablement bien menée.

Editions Albin Michel - 24€ - Août 2011

Pour Clara, c'est un énorme coup de coeur - Quelques longueurs pour Laure Un roman caustique pour Cathulu, dont les personnages sont secoués dans le shaker du destin - Drôle et désespéré pour Keisha - Cuné a dévoré à pleines dents - Merci ma bibli !! 

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04 novembre 2011

Un soupçon légitime, Stefan Zweig

unsoup_onl_gitime"Pour ma part, j'en suis tout à fait certaine, le meurtrier c'est lui - mais il me manque la preuve ultime, irréfutable."

Betsy et son mari ont découvert un petit coin de paradis et s'y sont installés. Puis, des voisins sont arrivés, John Limpley et sa femme. Lui est jovial et bruyant, elle est douce et un peu mélancolique. Betsy a un jour la bonne idée de leur parler d'un petit chiot qui, le pense-t-elle, égaierait peut-être les journées solitaires de la jeune-femme. En effet, l'enfant tant attendu tarde à faire son apparition...

Voici un très court roman (nouvelle) au fil bien cruel et encore une fois magistral signé Stefan Zweig. Je dois avouer qu'il m'a fait véritablement froid dans le dos. On peut trouver sa strucutre conventionnelle ou sa fin attendue mais son intrigue a fonctionné avec moi.
L'édition de poche est augmentée d'une version originale (en allemand) qui m'a semblée elle un peu superflue, et d'une biographie de l'auteur écrite par Isabelle Hausser assez intéressante.

Un poche pour les adeptes, en somme.

Edition du Livre de Poche - 5.50€ - Janvier 2011

Pour Karine, ce n'est pas le meilleur - Emmyne a été moins touchée par celui-ci - Annie a adoré 

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01 novembre 2011

So long, Luise de Céline Minard

so long luise"Cette histoire avec l'anglais, j'y reviens, il ne s'agit pas tout à fait d'un mensonge si on y regarde bien. D'accord j'ai fait croire que, etc., et on m'a décerné des prix auquel je n'avais pas droit, strictement parlant. Mais enfin, j'avais réellement besoin de ce détour, de cette langue-de-traduction sans quoi je n'aurais rien pu dire.
[...] Disons qu'un double filtre ou bien le doublage d'une artificialité par une autre était mon recours pour faire saisir la naïveté d'une sensation et le travail de langue s'y afférant, sans que ni la naïveté ni le travail ne s'annule ou ne pèse.
And fuck the purists and their sel-sufficiency."

Au terme de sa vie, une femme écrivain rédige son testament pour celle qui partage son existence depuis des années, Luise, artiste peintre.
Reconnue pour ses écrits, cette vieille dame n'est pourtant pas comme les autres, on apprend au fil de sa plume combien tout cela n'est que poudre aux yeux, combien son parcours fut en fait un flamboiement et le règne d'un monde imaginaire foisonnant...

Autant l'avouer d'emblée, j'ai été assez déstabilisée par l'écriture de ce roman très particulier. Au tout départ, le propos se mêle d'anglais et passe du coq à l'âne. Alors soit, bien sûr, on le comprend puisque l'on suit les pensées d'un personnage haut en couleur. Puis, la beauté de certaines pages ennivre tellement que l'on a envie de continuer et de s'engloutir dans les mots de Céline Minard. Puis encore, des lutins prennent le pouvoir, et on ne sait plus tellement ce qui se passe réellement alors les pages se tournent... un peu vite.
Une lecture qui m'a laissée assez désapointée, et intriguée.

Editions Denoël - 17€ -Août 2011

Jubilatoire pour Cathulu (Merci !!) - On aime ou on déteste pour Keisha 

Une des raisons pour lesquelles je me suis accrochée est également que Céline Minard viendra le 15 décembre au Grand R/Maison Gueffier (La Roche sur Yon) à 19h pour une lecture d'Olimpia, et que je compte bien assister à ce moment, afin de la comprendre un peu mieux.

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28 octobre 2011

New York, Journal d'un cycle ~ Catherine Cusset

newyorkjournald_uncycle"On dit un cycle infernal, un cercle vicieux, le cycle menstruel, le cycle des saisons. On recycle les journaux, les bouteilles et les employés. On programme les cycles des machines à laver. Ca ne tourne pas rond là-dedans. On tourne en rond, on n'avance pas. On en a fait le tour."

Pour comprendre le propos de Catherine Cusset dans ce titre, il faut sans doute préciser qu'il est sorti tout d'abord dans la collection "Traits et portraits" au Mercure de France en 2009, avant de sortir cette année en édition Folio.

Car ici nous rentrons dans l'intime, et même si l'auteure nous avait habituée aux récits de famille, cela peut surprendre. Catherine Cusset est à New York, avec son mari, elle a trente deux ans, nous sommes bien avant l'effondrement des tours jumelles, aux débuts des années 90... Et Catherine est dans le désir d'enfant, celui qui ne vient pas. Alors, elle compte ses cycles et anticipe les jours potentiels avec ferveur, se dispute avec son conjoint que tout cela effraie un peu, et fait du vélo (petit jeu de mot du titre à relever). Les pages intérieures sont d'ailleurs parsemées de photographies de bicyclettes à l'abandon qui donnent réellement à l'ouvrage une épaisseur et une distance bienvenue.
J'aime beaucoup lire Catherine Cusset d'habitude mais je dois dire que je suis restée ici un peu sur le côté d'un sujet qui ne m'a guère touchée. C'est un portrait de New York à hauteur de deux roues qui vaut par son aspect subjectif et l'image dépassée qu'il décrit. Car comme le précise l'auteure en prologue, "Treize ans plus tard, New York a changé."

Un conseil, pour la découvrir, préférez plutôt "Un brillant avenir", "Le problème avec Jane" ou "La Haine de la famille" ! J'ai lu également "En toute innocence", "Confessions d'une radine" et "A vous"... il n'y a plus qu'à choisir. ;)

Editions Folio - 5.10€ - Septembre 2011

Merci à Cathulu, dont je partage finalement l'avis !! - Je l'avais noté en 2009 suite au billet enthousiaste de Lily qui l'avait lu elle en grand format

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27 octobre 2011

A la recherche de Marie, Madeleine Bourdouxhe

Ala_recherche_de_Marie"Et elle restait là, jusqu'à ce que l'aube bleuît les fenêtres. Repliée sur elle-même, toute seule au centre d'un passé usé où elle avait pourtant bâti de bien belles choses. Jean et Claude... Liens qui ne voulaient pas mourir, qui se retendaient dans une lutte suprême parce que d'autres liens voulaient naître à leur place."

Marie est mariée à Jean et sa vie est heureuse, enfin elle semble l'être. Cependant, la jeune-femme est à la recherche d'elle-même. Elle cherche à s'extraire de la prison intime qu'est devenue son existence, à s'ouvrir au monde. Mais où est sa place ? Comment reconnaître son bonheur parmi la tristesse des autres ?
Marie se sent attirée un beau jour de vacances par un jeune-homme, sur la plage. Ils échangent leurs numéros de téléphone, sans promettre de se revoir. Cependant, ils se revoient et s'aiment, l'un et l'autre enfouis dans leur silence...

Avec une langue qui m'a semblée au départ un peu précieuse, mais finalement à la longue plutôt fine et subtile, Madeleine Bourdouxhe explore le voyage intérieur qu'effectue son héroïne, taiseuse et sensible, Marie. J'ai aimé la douce langueur du roman, et en suivre les réflexions aussi, sans forcément adhérer à tout.
Un livre au charme un peu désuet mais à l'attraction de lecture magnétique.

Editions Actes Sud - 15€ - 2009

Noté en 2009 chez Clarabel qui en profitait pour évoquer dans son billet les deux autres titres de l'auteure publiés chez Actes Sud (La femme de Gilles et Les jours de la femme de Louise) [lien]

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25 octobre 2011

La Centrale, Elisabeth Filhol

lacentrale"Vous entrez, vous n'êtes ni le premier ni le dernier, elle est là, disponible, elle répond au téléphone mais son sourire est pour vous, et son regard aussi qui entame déjà le dialogue, et son bras qui vous invite à tirer la chaise et à vous asseoir, ce que vous faites, c'est dans la poche, le job est pour vous.
Métiers à risques. Pourquoi certains franchissent le pas et d'autres non ? Il y a la nécessité, l'urgence, mais pas seulement. Ce qui est à l'oeuvre là-bas, au coeur de la centrale, en fascinera d'autres après nous, ce mélange des genres. Comme d'avoir une tension en soi, une crainte sourde, ça n'enlève rien."

On n'imagine rien, ou si peu, des conditions de vie de ces travailleurs du nucléaire, embauchés par des agences d'intérim sous le couvert de prestataires multiples, sous-traitants de sous-traitants. A quoi tient finalement la sécurité de tous, la création d'une énergie dont nous sommes encore tellement des consommateurs gâtés... du travail d'hommes et de femmes, payés au chantier, qui logent le plus souvent dans des caravanes, pour économiser.

Le personnage que l'on suit évoque son cas et à travers lui celui des autres, tous liés à un dosimètre qui mesure journellement la dose acceptable d'irradiation.  En cas de surdosage, la sentence est immédiate et la conséquence la perte des contrats qui permettaient de s'en sortir, justement, l'année suivante.

Le constat est amer et fait froid dans le dos. Le propos d'Elisabeth Filhol, très documenté, est à mettre aujourd'hui en lumière du drame qui s'est déroulé dernièrement au Japon. J'ai trouvé la construcion du récit un peu trop floue pour mon goût personnel mais je suis heureuse d'avoir ouvert ce livre qui a le mérite de pointer un projecteur réaliste vers ce que l'on préfère ignorer d'ordinaire.

Folio - 5.10€ - Octobre 2011

Ce titre a reçu le prix France Culture Télérama 2010

Les premières pages en pdf et toute la revue de presse par ici [lien]

L'avis de Cathe - Celui un peu mitigé d'Yv 

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22 octobre 2011

Panier de fruits, Philippe Delerm

panierdefruits"[...] j'étais devenu un drogué du langage concentré."

Après avoir écrit un premier roman tout en subtilité, notre narrateur est pourtant bien fier d'avoir trouvé ce "Panier de fruits" que l'on retrouve encore aujourd'hui dans nos supermarchés. La publicité rapporte, c'est certain, et il faut bien vivre. De plus, la satisfaction peut s'avérer grande même si le succès reste toujours anonyme. "J'ai des millions de lecteurs" se vante-t-il.
Cependant, lorsque c'est l'obstination du mot qui rapporte qui prédomine, celui facile, éphémère, qui s'étend sur les trottoirs puis disparaît aussi vite qu'il est arrivé, où se loge l'orgueil de l'écrivan ?

Un jet littéraire, conçu par un Philippe Delerm ironique et réaliste. Une lecture qui amène un sourire déjà convaincu au coin des lèvres.

"Quelle unité dans tout cela ? Le sentiment d'avoir gagné pas mal d'argent chaque fois que je n'avais rien à dire, et d'en avoir presque perdu quand j'approchais d'un peu de vrai.
Du cynisme, oui, mais affadi par l'amour-propre. Après tout, je restais fier de ma fraise des bois, de l'opportunisme des mes calembours sportifs. Je n'avais pas encore écrit de quoi me mépriser tout à fait - en serais-je jamais capable ?"

Editions du Rocher - 5.18€ - 1998
(existe aussi en format Librio avec L'Envol - 2€)

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17 octobre 2011

La confusion des peines, Laurence Tardieu

la_confusion_des_peines"Voilà, tu finiras peut-être par me dire ça, de ta voix redevenue basse et douce parce qu'en les prononçant tu auras mesuré la violence de ces paroles-là, que tu aurais tant aimé ne jamais avoir à prononcer - puisque tu es mon père, et que je suis ta fille. Je ne te reconnais plus."

Il y a cet épisode, impossible à oublier, violent. Soudain, le père que l'on admirait, respectable, puissant, est jugé pour corruption, reconnu coupable, emprisonné. Le confort, le luxe, la douceur sont brisés. Tandis qu'aussi sa mère s'éteint de jour en jour dans leur appartement parisien, tout à coup déserté, Laurence est anéantie. 
A trente-huit ans, il est alors temps de revenir sur ce moment que le silence - depuis - recouvre peu à peu, avec un livre, même si ce livre est interdit. "Tu l'écriras quand je serai mort". Il s'agit de ne plus attendre justement et d'enfin parler pour tenter de comprendre et de réparer la honte...

De roman en roman, Laurence Tardieu échafaude une oeuvre intime et sensible dont elle pose ici encore une fois une nouvelle pierre. Ce livre est un message destiné au père, forcément subjectif, maladroit, personnel... Mais l'auteure a raison cependant de le souligner dans ses phrases, au hasard des paragraphes, effectivement lorsqu'elle parle d'elle, c'est toujours un peu de nous dont elle parle.
Ne reste qu'à espérer que le message ait de son côté été reçu, entendu et accepté.
Une lecture toute en grâce et simplicité.

Editions Stock - 16€ - Août 2011

"Là où les livres sont chez eux" aime 

Laurence Tardieu en parle très bien par ici 

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12 octobre 2011

Toxique, Françoise Sagan

TOXIQUE"En été 57, après un accident de voiture, je fus, durant trois mois, la proie de douleurs suffisamment désagréables pour que l'on me donnât quotidiennement un succédanné de la morphine appelé le "875" (Palfium). Au bout de ces trois mois, j'étais suffisamment intoxiquée pour qu'un séjour dans une clinique spécialisée s'imposât. Ce fut un séjour rapide, mais au cours duquel j'écrivis ce journal [...]."

Voici comment nous est présenté ce petit texte, tout simple, de Françoise Sagan, où les mots glissent sans fioritures, plein de ces petits riens qui jalonnent des journées lourdes d'ennui, d'attente et d'intelligence. Les dessins de Bernard Buffet griffent les pages avec audace et noirceur ne laissant aucun doute sur l'état d'esprit de l'auteure dans ces moments de désarroi total, et de perte d'elle-même.

J'ai beaucoup aimé l'esprit qui anime l'écrivain dans ces pages, faites de détermination et de douleur, car on sent combien le courage est là, et la lecture le fil qui sauve.
Un récit qui m'a beaucoup touchée et m'a donné envie de lire bien plus avant une auteure que j'ai longtemps négligée depuis mes lectures adolescentes de Bonjour tristesse ou d'Un Certain sourire.

"Mon coeur bat trop fort ou pas assez."

Editions du Livre de Poche - 5.50€ - Janvier 2011

Clara l'a lu aussi

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10 octobre 2011

La Vie conjugale, Sergio Pitol

lavieconjugale"Comme à d'autres moments de sa vie, ses actes et les faits mêmes lui parurent avoir lieu dans un décor onirique où elle était à la fois protagoniste et témoin qui enregistrait et pesait ce qui arrivait."

Jacqueline se veut esthète et se trouve être plus simplement la femme d'un homme aux manières rustres, de plus infidèle notoire. Mais Nicolas est un riche propriétaire. Plutôt que de divorcer, la jeune femme échaffaude donc des plans machiavéliques, aidée de ses amants successifs afin de le faire disparaître. Le but avoué étant d'hériter et de se libérer ainsi d'un lien qui visiblement lui pèse. Mallheureusement, aucun homme ne semble être à la hauteur de ses ambitions, et les évènements se jouent d'elle, la plongeant au final pour quelques années dans la déchéance...

Dans un cadre mexicain assez édulcoré, européen, Sergio Pitol dresse le portrait haut en couleur et féroce d'une jeune femme qui maîtrise difficilement ses pulsions et ses émotions. Hantée par le désir de se débarrasser de son mari, mais ambivalente, Jacqueline frise constamment la folie. Donc, bien plus que d'égratigner les couples et leurs frustrations, leurs fantasmes, c'est des méandres de la pensée dont il est pour moi ici question... et des capacités humaines à déformer sans cesse la réalité pour la conformer à ses désirs individuels. Il y a beaucoup des errances romantiques d'Emma Bovary chez Jacqueline.
Une lecture caustique et énergique.

Editons Folio - 5.10€ - Février 2009

Une tentation contractée chez l'encreuse 

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