01 septembre 2011

Black Mamba Boy, Nadifa Mohamed... Rentrée littéraire 2011

BLACK_MAMBA_BOY"Où que j'aille, je rencontre des Somaliens, toujours du Nord, arrêtés à un carrefour : les yeux rivés au ciel, ils se demandent quel chemin prendre. Pauvres âmes, ils savent jamais où aller. Tous disent la même chose : qu'y a rien au pays et qu'ils retourneront pas chez eux avant d'avoir assez d'argent pour s'acheter quelques chameaux. A mon avis, y a plus de Somaliens au fond des mers ou perdus dans le désert qu'en Somalie. Ils partent pour devenir chauffeurs, askaris, marins, n'importe quoi, pourvu que ce soit loin."

Jama est né sous une bonne étoile. Lorsque sa mère a accouché de lui, un mamba noir était lové sur son estomac. L'animal est depuis lié pour toujours au destin de l'enfant. Plus tard il s'en fera d'ailleurs tatouer l'image sur son corps d'adulte.
Pour l'instant, Jama n'est qu'un gamin des rues occupé à survivre, et quand sa mère disparaît c'est à la recherche de son père, de son avenir et d'argent qu'il court, parcourant une Afrique du début du XXème siècle encore contrôlée par l'Europe, pleine de pièges et de dangers...

Je ressors de cette lecture très mitigée car autant l'enfance du petit Jama auprès de sa mère m'a plu et m'a intéressée autant le périple enclenché par le décès de cette dernière m'a paru redondant et long. Pour être moi-même brève, malgré un contexte africain superbement décrit et des personnages attachants, ce roman souffre, me semble-t-il, de multiples longueurs. En effet, les rencontres se multiplient, toutes porteuses d'espoir, mais elles ne sont au final que décevantes, et le lecteur est dans la peine, à force d'attendre en vain que le destin veuille bien prendre en main un Jama né, nous l'avait-on dit au départ, sous des cieux propices ... J'ai été bringueballée, et pas mal larguée, par ce voyage littéraire, qui reste malgré tout enrichissant historiquement parlant et culturellement. Cela ne suffit pas toujours.challenge_1_

bouton3 Editions Phébus - 19€ - Sortie le 1er septembre 2011

L'avis mitigé de Clara

Lu en juin pour le Prix Fnac
Une lecture du Challenge 1% rentrée littéraire
Mené cette année par Hérisson
5/7

Le prix fnac 2011 a été attribué à Rien ne s’oppose à la nuit de Delphine de Vigan (Lattès).

Posté par LESECRITS à 19:29 - - Commentaires [7] - Permalien [#]


30 août 2011

Une petite sélection de romans graphiques

Lus dernièrement et appréciés.

Ce n'est pas que du récent mais d'excellentes trouvailles de bibliothèque.

jenetaijamaisaim_Je ne t'ai jamais aimé - Chester Brown
Mai 2010 - 13.95€

Chester Brown vit une adolescence fragile. Il faut dire qu'à la maison l'ambiance est un peu spéciale, les gros mots sont interdits et la messe obligatoire. Au dehors, il y a celle qui l'aime et celle qu'il croit aimer, la musique qui l'intéresse, ses amis. Pendant ce temps, chez lui, sa mère glisse abruptement vers la folie.lucie_s_en_soucie

 

 

Lucie s'en soucie - Catel et Grisseaux
Février 2000 - 13.90€

Lucie vient d'avoir trente ans et elle angoisse. Ses amies lui rappellent que l'horloge tourne, lui conseille de s'habiller autrement pour plaire, de parler enfin à son si gentil voisin. Doit-elle se ranger ? Ou faire confiance au destin ? 

 

pilulesbleuesPilules bleues - Frederik Peeters
Novembre 2001 - 20€

Les histoires d'amour sont déjà bien compliquées alors lorsque l'on y ajoute la maladie, la complexité des précautions à prendre et du traitement contre le VIH à absorber quotidiennement, la fragilité est là. Heureusement, la tendresse est tellement là aussi, la compréhension, l'affection, que tout cela ne devient qu'un apprentissage vers plus de maturité et de construction.

Posté par LESECRITS à 18:12 - - Commentaires [6] - Permalien [#]
Tags :

28 août 2011

Nos cheveux blanchiront avec nos yeux, Thomas Vinau... rentrée littéraire 2011

noscheveuxblanchirontavecnosyeux"Et on s'est retrouvés là, tous les deux, dans le silence du petit jour. A regarder par la fenêtre cette lumière qui n'est pas vraiment la lumière sous les ricanements de la pluie. J'ai essayé de voir comme toi. Avec des yeux pointus. Comme un nourisson ou une bête. Et quand j'ai cru toucher du doigt ce qui faisait briller tes billes noires, tu t'étais endormie dans mes bras."

Ce roman s'articule en deux parties. Il y a tout d'abord "le dehors du dedans", où le récit d'un voyage conduisant Walther du nord au sud quittant tout pour vagabonder et aider un oiseau à migrer. Il a laissé, là-bas, la femme qu'il aime, Sally. Dans la seconde partie, "le dedans du dehors", nous retrouvons un homme, devenu "je" et père, dans la contemplation de ce qui fait le sel des jours et du quotidien... Les deux parties du livre sont liées éditorialement, j'ai préféré moi les dissocier dans mon esprit tant leurs univers sont différents ; ils ont de plus chacun leur intérêt particulier...
Présenté comme un roman, Nos cheveux blanchiront avec nos yeux est en fait une continuité de petits textes, au charme poétique sûr, des photographies d'instants.

Autant vous le dire... je connais l'écriture de Thomas Vinau depuis assez longtemps. En effet, lorsque je suis moi-même venue à l'écrit sur internet, existait alors un site dénommé Fulgures, sur lequel il était présent, et où il était aussi particulièrement plaisant et convivial de poster des textes. Ce site a fermé depuis. Puis, le blog de Thomas Vinau a été un des rares que j'ai continué de suivre, silencieusement... (http://etc-iste.blogspot.com/) J'aime énormément les petits textes, minuscules, qui parsèment ses billets. Ils sont comme des pépites de moments volés à l'intimité. Mes préférés sont ceux qui débordent de tendresse contenue. Ils aident à vivre et à aimer, je trouve.
Ce livre-ci est dans la même veine, très agréable, il est à découvrir avec délicatesse.challenge_1_
Une bienheureuse lecture de rentrée.

bouton3 Alma éditeur - 12.80€ - 18 août 2011 - Premier roman

Martin Page le conseille vivement -       

Un passage sur France Inter Un article sur Le Monde        

J'avais lu Le trou en 2008 

Une lecture pour le Challenge 1% rentrée littéraire
Mené cette année par Hérisson 4/7

"L'idée de partir était comme un petit feu de bois placé au centre de son cerveau. Au bout de quelques temps, il comprit que les flammes ne s'éteindraient pas d'elles-mêmes." 

Posté par LESECRITS à 14:00 - - Commentaires [14] - Permalien [#]
Tags :

27 août 2011

Emportée, Paule du Bouchet

En quel lieu nous sommes-nous donc tellement manquées ?

emport_e"René Char l'aima de façon constante, jamais démentie, parce qu'il savait que la paix était là, la condition de sa paix à lui et que, s'il n'était pas à même de pouvoir la goûter, il pouvait à tout moment la toucher, la cueillir. Il la savait là."

L'auteure évoque sa mère, son souvenir, et l'ombre de cet homme qui la lui a enlevé alors qu'elle n'avait que six ans. Une passion dévorante, lumineuse, impérieuse, a en effet alors jeté Tina Jolas dans les bras de René Char, loin de sa famille. Il est question là de douleur, de manque et de tendresse. La compréhension est bien difficile à atteindre, mais le temps répare, apaise, crée d'autres attentes.
Le roman répond avec tendresse aux questionnements de cette femme aimée de sa fille malgré les défaillances, au seuil de sa mort : "Ai-je vraiment vécu ce que j'ai vécu ?".

Le thème de Emportée m'intéressait beaucoup. Nous savons combien souvent près de grands hommes se sont tenues de grandes femmes, moins connues. Ici, l'amoureuse est de plus aussi une mère, et une mère "pas-comme-les-autres", le regard ailleurs, l'attention en éveil vers l'autre, et jamais pour sa fille, son fils. L'écriture des premières lignes m'a désarçonnée, je dois le dire, je l'ai trouvée âpre, altérée par la tension sans doute. Puis, le style est devenu plus fluide, le propos plus clair et l'émotion a finalement filé sa trace insistante dans les blancs du texte. J'ai refermé ce livre, l'âme rêveuse, soudain témoin d'une rencontre entre deux êtres, une rencontre qui aurait pû être et que le destin a décidé de laisser de côté au profit de la création poétique et de la passion littéraire... On aurait aimé qu'il en soit autrement, peut-être.

"Je suis aujourd'hui à la recherche d'un temps déchiqueté qui, même lorsqu'il était du présent, se lisait à travers le filtre de la discontinuité. J'écris pour savoir si cette discontinuité est d'une faillite de ma mémoire ou si elle avait une réalité. J'écris au fil des jours, comme si cet acte pouvait fonder non seulement la continuité d'aujourd'hui, mais aussi, peut-être restaurer celle d'autrefois. Comme si rassembler l'épars de mes émotions pouvait rendre valide un passé qui a souffert de déconstruction, de scissions, de schismes et de cloisonnements."

bouton3Editions Actes Sud - 15€ - Mars 2011

Merci Aifelle ! - D'autres lectures ... Ptitlapin - Un article très complet sur Poézibao

Posté par LESECRITS à 09:12 - - Commentaires [19] - Permalien [#]
Tags :

26 août 2011

Le Tumulte des vagues, Anita Shreve

letumultedesvagues"Trois heures de l'après-midi, l'heure immobile. Le léger crissement de grains de sable sur le plancher foulé pieds nus. Des serviettes de bain qui sèchent sur les montants de lit et la balustrade de la véranda. Une bourrasque fait claquer une porte et arrache à quelqu'un le cri de surprise attendu. Un vent de sud-ouest, inhabituel même en août, envoie un air étouffant dans les nombreuses pièces de la maison de vacances. On espère un vent d'est venu de la mer, et régulièrement quelqu'un le dit.
Un vent d'est serait une aubaine."

Sydney a déjà été mariée deux fois. Elle a quitté son premier mari, un aviateur, et le second, un médecin, est décédé subitement. A vingt-neuf ans, elle cherche à oublier ces deux tragédies affectives et est en quête d'un certain équilibre qui la conduirait plus sereinement vers l'avenir. Pour ce faire, elle vit depuis quelques temps de petits travaux. Elle a accepté, pour l'été, d'être le professeur particulier de la fille des Edwards qui ont une maison de famille spacieuse et élégante, donnant sur l'Océan. Cependant, les deux fils aînés, Ben et Jeff, semblent sous le charme de la jeune-femme et se disputent son attention...

Voici un roman d'été, noté depuis fort longtemps, qui m'a entouré très rapidement de son charme et de son ambiance douce. Nous suivons les tribulations d'une famille, sur un rythme de vacances. Des dîners sont organisés, ainsi que des parties de baignade bruyantes. Sydney a du mal à trouver sa place, elle se sent parfois simple employée et quelquefois une invitée comme les autres. Au fil du temps, on se rend compte que rien ne se déroule comme prévu. Les liens se nouent et se dénouent curieusement. Et les désillusions montrent encore une fois leur capacité à ouvrir d'autres voies.
Une très agréable lecture de fin de vacances...

bouton3 Editions Belfond - 20.50€ - Mai 2009 - Emprunté en bibliothèque

Posté par LESECRITS à 20:43 - - Commentaires [12] - Permalien [#]
Tags :


23 août 2011

Une jeune fille différente, Gérard Glatt

Il y avait la rivière. Après la rivière, la route nationale.

unejeunefillediff_rente"A Alain, lorsque Vivien était parti, Fée racontait toujours son enfance, presque avec obstination. Elle lui disait comment, ce jour où la mort l'avait épargnée, elle avait eu l'impression soudain que tout s'était arrêté. Et lui, il l'écoutait, il enregistrait ce qu'elle lui disait, il s'efforçait de ne rien perdre."

Fée raconte. Son enfance. Et cette mère qui était tant pour les autres, toujours souriante, attentive. Par sa faute, ainsi le pense-t-elle, sa mère a disparu. Depuis les vieilles femmes du village se sont mises à la maudire, elle. Son père et sa grand-mère ont, eux, regardé longtemps ailleurs, luttant contre ce qui en leur esprit lui en voulait encore de cette disparition injuste...
Alors Fée raconte l'enfance, à Alain, comme un remède, et pour qu'il transmette lui-même cette histoire à Vivien, le garçon qu'elle aime, qu'il aime aussi. Vivien et son besoin vif d'écrire. Cette histoire fera un roman, et ce roman elle veut le lui donner, comme un cadeau.

Voici un très joli livre, onirique, qui mérite que l'on prenne le temps de rentrer dans ses pages.
J'ai aimé l'histoire de Fée, cette adolescente craintive, et le brouillard qui entoure sa mémoire. La narration mélange son passé d'enfant et un présent de jeune-fille amoureuse et discrète. Tout cela est assez original et prenant. L'écriture est belle, fine. Lorsque l'on a situé les personnages, attachants, et les époques, le plaisir de lecture est réellement présent et nous emmène bien plus loin qu'on ne le supposait au tout départ. La scène finale est très émouvante et la présence du trio amoureux qui tient l'intrigue générale marque l'esprit de sa cruauté et de ses choix.
Je suis toujours étonnée et admirative de lire ainsi un aussi beau portrait de jeune-fille imaginé par un auteur masculin.

"Fée se disait que tout ça aurait été merveilleux : les vrilles du vent, les arbres, la rivière et la lune en croissant, si le malheur, un jour de printemps, à moins que ce n'eût été au milieu de l'été, n'était survenu par sa faute."

bouton3 Editions Orizons - 15€ - Juillet 2011

Un très grand merci à Gérard Glatt pour sa confiance !! [pour en savoir plus]

Posté par LESECRITS à 18:04 - - Commentaires [7] - Permalien [#]
Tags : ,

22 août 2011

...à la folie, Sylvain Ricard et James

__la_folie"Un homme qui devient fou de rage, tu ne sais jamais jusqu'où il peut aller, surtout s'il n'a pas l'expérience qui lui permet de se contrôler un minimum. Le mien, je le connais, je sais qu'il est comme ça, je sais ce qu'il me fait subir, je sais aussi ce qu'il m'apporte."

Ouf, je n'ai pas vu la première gifle venir... Voici en effet une BD bouleversante, que j'ai découverte par hasard en bibliothèque, sur le thème de la violence conjugale.
Au départ, on se laisse bercer doucement par le récit d'une histoire d'amour et de rencontre. Un couple ordinaire sur un canapé se raconte, un peu comme si il était interviewvé pour un documentaire TV. Chacun prend la parole à tour de rôle. Les personnages ont des faciès animaliers, un peu à la manière de Maus, et encore une fois le décalage opère, suscite l'émotion.
Ouf, je n'ai pas vu la première gifle venir. D'une simple dispute à l'horreur quotidienne il n'y a véritablement qu'un pas, vite franchi.

A découvrir.

bouton3 Editions Futuropolis - 20€ - Septembre 2009

a_la_folie_p3  

Le billet de Choco

Posté par LESECRITS à 18:10 - - Commentaires [14] - Permalien [#]
Tags : ,

21 août 2011

La Voie Marion, Jean-Philippe Mégnin

C'est où, la voie Marion ?

lavoiemarion

"Il est revenu, souvent.
Enfin entre deux courses, ou quand le temps était à la ramasse.
Il était content de pouvoir fouiner dans une vraie librairie, comme il disait ; où l'on trouvait autre chose que des livres de montagne. J'en avais, bien sûr, mais pas seulement, juste mes coups de coeur. Ce n'est pas parce qu'on est à Chamonix qu'on doit être un obsessionnel des récits de courses et des photos d'altitude. Moi, j'ai voulu que ce soit comme ça, dès mon arrivée. Mettre ma griffe. J'avais de tout, des classiques, des contemporains, des essais...
Il n'avait pas une grande culture littéraire, mais il était curieux. L'idéal pour moi."

Marion s'est installée à Chamonix, elle y tient une petite librairie qu'elle bichonne selon ses goûts. Pierre est guide de montagne et il courtise la jeune-femme avec insistance, achète des livres, l'entraine avec lui sur les plus beaux parcours. Ils s'aiment, se l'avouent, se marient. Et puis, l'impossibilité d'enfanter arrive, insidieuse, détruisant sur son passage l'harmonie heureuse...

Dans cette histoire, tous les ingrédients étaient là pour me plaire, moi qui rêve en ce moment d'un peu plus de nature, d'être entourée des miens, de mon ancien métier de libraire... un état d'esprit lié à cette fin d'été dont j'ai aimé certains moments passionnément, et dont j'ai surtout apprécié le calme... Alors, j'ai ressenti beaucoup d'affection pour ce petit roman qui semble au départ bien sage mais dont l'ambiance se durcit peu à peu. Ce n'est pas une "grande lecture" mais un livre qui m'a remis sur les rails car tout à coup tous les autres se sont mis à me tomber des mains. On adore comment Marion prend sur elle pour se dépasser à coups de piolets et suivre ainsi son amoureux dans la montagne, on ne comprend pas vraiment le temps qu'elle prend à lui céder et le temps qu'elle perd aussi à lui taire ses états-d'âme plus tard... mais peu importe.
La Voie Marion a fait mouche.

bouton3 Editons Le Dilettante - 15€ - Août 2010Mes_images40

De nombreux liens sur la page éditeur du livre

Je salue également la jolie couverture de Marilou Laure, qui participe largement à l'attraction.

Posté par LESECRITS à 19:44 - - Commentaires [12] - Permalien [#]
Tags :

20 août 2011

Tu, Sandrine Soimaud... Rentrée littéraire 2011

tu"Lisa de plomb, tu aurais tout donné pour leur ressembler. Qu'elles soient blondes et raffinées, ou brunes et négligées, leur seule présence prouvait qu'à l'évidence ni toi ni ta mère n'étiez suffisantes."

Une jeune femme harcelée par sa mémoire dans le cadre cotonneux d'un univers médical aseptisé. Le Je qui ne cesse de se dire Tu. Un passé qui se dévoile par bribes...

Ce livre est une grosse déception. J'ai été emballée par le thème, au tout départ, moi qui aime tant cette utilisation du Tu dans mes propres petits poèmes. Mais ici l'on arrive très vite, trop, aux limites du jeu littéraire, ce moment où le lecteur est définitivement perdu... Je n'ai pas eu envie d'aller au-delà de la page 30.
L'utilisation du Tu de manière systématique est véritablement lassante, elle semble de plus concerner étrangement deux personnages. Je ne saurai sans doute jamais de quelle révélation il était question en quatrième de couverture, tant pis.
L'écriture ne m'a pas convaincue non plus, cette image si conventionnelle du "grand lit froid" par exemple ou cette expression de "jappements de chiots" attribuée à un être humain m'ont rebutée... Un univers qui n'est à l'évidence pas pour moi. Dommage.

bouton3 Abandon - Editions Buchet-Chastel - 17€ - Sortie le 18 Août 2011challenge_1_

Lu en juin pour le Prix Fnac
(Autre abandon de ma sélection... Les anciens dieux blancs de la brousse de Jean Billeter qui sort chez Fayard le 24 Août, une atmosphère dans laquelle je n'ai pas réussi à trouver ma place de lectrice, donc pas de billet. Me reste Black Mamba Boy de Nadifa Mohamed à chroniquer, ce sera pour sa sortie en septembre.)

Une lecture du Challenge 1% rentrée littéraire
Mené cette année par Hérisson 3/7

Posté par LESECRITS à 10:01 - - Commentaires [19] - Permalien [#]
Tags : ,

19 août 2011

Les Morues, Titiou Lecoq... Rentrée littéraire 2011

lesmorues"Elle vieillissait et les réussites personnelles qui auraient dû compenser ce délabrement commençant n'étaient pas là. Elle ne pouvait rien faire contre le passage du temps mais si son compte en banque avait été bien fourni, si elle avait eu un boulot épanouissant, si... toutes ces réussites lui auraient servi à compenser cette peur incontrôlable du vieillissement. Elle songea qu'elle était plus vieille que Kurt Cobain. Et, à part un improbable miracle spatio-temporel, ça n'allait pas aller en s'arrangeant. Elle était infiniment désolée pour elle-même."

Charlotte s'est suicidée, et Ema ne le supporte pas. De toutes façons, cela ne ressemble pas à son amie d'enfance, même si dernièrement elles s'étaient un peu éloignées l'une de l'autre. Quelque chose cloche, Ema en est persuadée.
Aidée par Fred, le jeune frère d'un ex - surdoué et blogueur génial en quête de normalité - la journaliste part dans une enquête aux multiples rebondissements qui met peu à peu à jour un complot administratif de grande envergure...
Elle forme par ailleurs avec deux de ses amies, et ce depuis longtemps, le club Les Morues. Ce lien lui permettra en filigrame de franchir bien des obstacles au cours de sa recherche et de réfléchir plus profondément à ce qu'elle désire vraiment pour elle en réalité, pour son avenir, loin de toute peur...

J'ai failli abandonner ce livre dès les premièrs chapitres, tant le style d'écriture de l'auteure me hérissait. Cependant, je reste toujours fidèle à mon principe des cinquante première pages. En l'occurence, j'ai bien fait.
Alors oui, ce roman est moderne, dans le langage et la forme, ce qui n'est pas toujours de très bon goût, avouons le. Malgré tout, l'histoire m'a prise par surprise et m'a attachée. L'enquête d'Ema s'avère bien ficelée et les personnages très sympathiques.
Vous serez sans nulle doute conquis aussi par l'expérience blogueuse de Fred, dépassé par un succès fulgurant. Il y a dans ce roman une utilisation usuelle et généralisée d'internet qui explique bien cette existence nouvelle dans un espace iréel d'une aura qui est un peu un autre soi.
Pour ma part, ce que j'ai profondément aimé est sans équivoque cette réfléxion qui parcourt le livre de part en part sur ce qu'est la normalité et surtout sur ce que nous croyons qu'elle est... J'ai adhéré sans réserves aux conclusions de Titiou Lecoq.
Une lecture à ne pas laisser de côté ! Pour un moment détente garanti.

bouton3 Editions Au Diable Vauvert - 22€ - Sortie le 18 Août 2011challenge_1_

La fiche éditeur du livre en dit plus long - extrait... "C’est un livre qui commence comme une histoire de filles, continue comme un polar féministe en milieu cultivé, se mue en thriller de journalisme politique réaliste – au cours duquel l’audacieuse journaliste nous dévoilera les dessous de la privatisation du patrimoine culturel français - et vous laisse finalement, 500 pages plus loin sans les voir, dans le roman d’une époque embrassée dans sa totalité par le prisme de quatre personnages."

L'avis de Cuné - Mara a reçu la même sélection que moi

Lu en juin pour le Prix Fnac
Une lecture du Challenge 1% rentrée littéraire
Mené cette année par Hérisson
2/7

Posté par LESECRITS à 09:00 - - Commentaires [13] - Permalien [#]
Tags :