11 août 2011

Ne t'inquiète pas pour moi, Alice Kuipers

ALICE_KUIPERS"Quand je te regarde
Je vois la femme que je veux être
Forte et courageuse
Belle et libre
PS Je t'aime."

On assiste, dans ce petit roman hautement riche en émotion, à un échange de post-it entre une mère, très occupée par son métier de médecin en hôpital, et sa fille de quinze ans.
Au tout départ, il ne s'agit que de lister les courses à faire, de se plaindre du si peu de temps consacré à se parler, et puis les mots écrits prennent un autre ton, la maladie s'interpose, la tendresse, la peine...

Pfiou... comment vous dire, c'est malin. J'avais les yeux tout rouges sur la plage en lisant ce livre.
(J'avais attendu pourtant le temps qu'il fallait pour le lire, que certaines personnes de mon entourage guérissent, d'être moins inquiète...)
Déjà, la forme est plaisante, elle a le charme de l'originalité... Chaque mot est à sa place. Mais j'ai craqué surtout sur ces traces du quotidien qui parcourent les pages, cette clé par exemple que Claire, l'adolescente, ne cesse de perdre, les victuailles à acheter, l'argent de poche réclamé "s'te plaît s'te plaît s'te plaît", les disputes et les réconciliations. Je me suis absolument mise dans la peau de la mère, preuve que le temps passe même si ma fille n'a pas encore cet âge... C'est un ouvrage que l'on a envie de partager, et de transmettre.

bouton3 Edition Le livre de Poche - 5.50€ - Mars 2011

Quelques lectrices parmi toutes celles qui ont lu ce titre...

Pour Véro l'encreuse "...prend à la gorge tout simplement" - Liliba "a pleuré" elle aussi - "...atrocement émouvant" pour Clarabel - "Un livre touchant" pour Cathulu...

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08 août 2011

J'aimerais tant te retrouver, Fanny Brucker

j_aimeraistantteretrouver"Ouh... Claire frissonna. C'était ça le problème avec la solitude : ça avait le pouvoir de faire brutalement chuter les températures."

Claire fuit Paris, François, et l'échec de leur relation. Elle est encore trop jeune pour n'être que la mère de substitution des enfants des autres. C'est son problème, elle ne semble attirée que par des hommes divorcés. Direction l'Atlantique. Là, elle se voit déjà dans cette maison de vacances où sa meilleure amie et elle ont passé leur enfance...
Nicolas, lui, cherche sa mère à Rochefort-sur-Mer... Dans la gazette locale, il a passé une annonce. Il fuit également une relation amoureuse désastreuse où il a cru devenir "père", à défaut de connaître ses propres parents et d'être un "fils".
Rose-Marie, elle, jouit d'une douce tranquillité dans son hacienda. Depuis le décès de son mari, elle a tout repris en main, les chevaux et le reste... Cela lui convient. A l'occasion, elle fait aussi "chambres d'hôtes".
Claire, dont les premiers plans ont été contrariés, va se réfugier chez elle et briser dans un éclat de rire sa solitude. Au centre du jeu, l'annonce de Nicolas Aimé.

J'ai acheté ce livre en Avril, lors d'un petit salon de ma région. Mon exemplaire est d'ailleurs dédicacé par l'auteure. J'ai gardé un très bon souvenir de son accueil. Je suis d'autant plus navrée de n'avoir pas complètement succombé à son roman... En fait, l'écriture de Fanny Brucker m'a un peu désarçonnée par sa simplicité de ton. (Est-ce donc l'effet Angela Huth ?!)
Heureusement, l'intrigue, les personnages et l'ambiance générale du récit ont été assez enlevés pour rehausser le tout, et conserver mon intérêt de lectrice... Je dois d'ailleurs avouer sincèrement que j'ai dévoré avec avidité les dernières pages. Ah ce que l'on aimerait que le destin nous choisisse ainsi parfois pour cible ! (soupirs)
Une douce lecture donc, malgré mon avis en demi-teinte. Idéale pour les vacances.

bouton3 Editions JC Lattès - 18€ - Mars 2009

Pour Clarabel, le type même de lecture qui fait du bien - Un roman confortable et sensible pour Cathulu - Lily a beaucoup aimé - ...

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06 août 2011

L'invitation à la vie conjugale, Angela Huth

invitation_lavieconjugale"La vie de famille lui avait révélé les charmes de la solitude. De petits espaces innocents mais privés sont essentiels à la santé mentale des couples mariés, avait-elle très vite découvert, et elle s'arrangeait  pour que ces parties de sa vie soient tout aussi prioritaires que ses devoirs envers Martin et les enfants."

Comme Frances ne sait trop quoi faire de ses journées, et que son mari est occupé à élaborer des programmes informatiques élaborés, quand il ne passe pas ses nuits à observer les blaireaux de son jardin, le couple a décidé de donner à nouveau une soirée dans leurs propriété. Les invitations sont lancées depuis plusieurs mois. L'organisation minutieuse que cela implique distrait par ailleurs cette femme énergique et désoeuvrée du fait qu'elle ne pourra jamais reconquérir, Ralph, son premier amour. Car ce dernier est obsédé par Ursula, mère de famille et épouse heureuse en ménage.
Rachel, elle, se réfugie des heures dans son lit, pour oublier l'extérieur. Thomas, son mari, infidèle et maladroit n'en devine rien, tout pris qu'il est par son nouvel élan envers une peintre au talent intimidant.
Bill et Mary, eux, savourent la paix de la nature, tout en taisant au fond de leur coeur, les craintes que procure l'âge.
Ce petit monde hétéroclite va se retrouver, le temps d'un bal, une occasion toute trouvée pour redistribuer quelques cartes émotionnelles...

Si vous avez aimé le récit des femmes au foyer désespérées de Rachel Cusk, vous aimerez à coup sûr Angela Huth. Il y a encore ici une description fine des pensées et des gestes du quotidien, ainsi que de nos petites défaites intimes. J'ai particulièrement été touchée par Rachel, cette épouse effacée qui trouve un refuge inattendu dans le cocon de son lit et ce à l'insu de tous, et qui se complait dans ces moments volés... Sinon, on aimerait vieillir, comme vieillissent Mary et Rosie, mais enfin vous verrez, si vous ouvrez ce livre... qui reste au final assez optimiste, ouf tant mieux.
Une lecture agréable et lucide.

bouton3 Je voulais absolument partager avec vous la couverture si délicieusement kitch de mon exemplaire mais vous pouvez trouver ce roman en format poche chez...
Folio - 8.40€ - Mars 2000

Pour Annie, c'est "caustique et très british"Mes_images40

Extrait de ma PAL

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04 août 2011

Vivre encore un peu, Christophe Donner

vivreencoreunpeu

Elias a 104 ans et voudrait vivre "encore un peu". Sa femme n'aspire elle qu'à être débarrassée de cet homme irrascible que sa famille lui a imposé autrefois comme époux. Mais le vieillard s'accroche. Il reste par ailleurs pour ses enfants une figure de Beyrouth, forcément immortelle... Son gendre, Christophe, le narrateur et le mari de sa fille Dora, cherche à percer le mystère de cette longévité et assiste, impuissant, à l'attente du "dernier souffle".

Ce titre est une déception. Je ne sais plus trop pourquoi j'ai eu envie de le lire en janvier d'ailleurs, époque à laquelle je l'ai acheté. Une chronique élogieuse vue quelque part, sans doute. J'ai eu le sentiment je pense que j'en saurai à sa lecture un peu plus sur le désir de vie d'un homme très âgé. Oui, bon, le résultat n'est pas probant.
Allez, pourtant, il se lit très bien - je l'ai même terminé assez rapidement - tout en m'attachant à quelques personnages féminins au passage. C'est un récit cruel et familial, en forme d'autofiction, assez réussi tout de même. 
Seulement, je crois que je ne supporte plus ce type d'auteurs, se regardant un peu trop le nombril, prenant tellement de hauteur sur les gens et les évènements que cela leur permet d'oser quelques réflexions dont je me serais bien passé. C'est sans doute un ton, une pose d'écrivain, je n'adhère pas.
Me reste au final de cette lecture un sentiment de malaise et d'antipathie... Bon, bref, dommage.

"-Je vous aime beaucoup, Monsieur Christophe.
- Elias ! Monsieur Elias ! Vous êtes un sacré coquin.
Moi aussi, je l'aimais beaucoup, mais ça n'est plus ça. Il aurait plutôt tendance à m'exaspérer, à présent. C'est son âge que je déteste, ce record absurde qui fait l'admiration de tous et qui le conduit peu à peu à cette ruine désolante que la mort ne veut pas soulager. Je voudrais bien l'accompagner gentiment vers la mort, il me tiendrait le bras comme on sortait de l'église, il mourrait en s'enfonçant dans la question de Dieu. Mais il ne veut pas."

bouton3 Editions Grasset - 14€ - Janvier 2011

Une très juste critique de David Vauclair par ici 

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02 août 2011

Prends soin de maman, Shin Kyung-sook

prends_soin_de_maman"Pendant toute votre vie commune, tu avais marché devant elle. Quelquefois, tu tournais au bout d'une rue sans avoir regardé derrière toi où elle en était. Si elle t'appelait, tu lui reprochais de lambiner. Cinquante ans se sont écoulés ainsi. [...] Tu pensais que les choses continueraient à se passer comme ça le reste de votre vie. Mais depuis que la rame de métro a démarré en la laissant sur le quai de la gare de Séoul parce qu'elle était en retard de un ou deux pas, plus rien ne peut être comme avant."

Une mère a disparu, dans Séoul, sur le quai d'une gare de métro, et cette femme auquelle personne ne faisait vraiment attention jusque là, prend tout à coup une place fondamentale dans la vie de chacun. Où est-elle ? Que s'est-il passé ? Comment peut-on ainsi égarer sa mère ? Pourquoi ne la retrouve-t-on pas ? Qui était vraiment cette campagnarde, dure à la tâche, connue pour sa générosité, aimée de tous ? On ignorait certainement ses pensées secrètes, ses désirs, ses volontés. On ignorait également à quel point elle était mal aujourd'hui et perdait de plus en plus la mémoire.
Ses enfants, adultes et citadins, collent des affichettes un peu partout dans la ville, espèrent, fouillent, mais l'attente se prolonge, s'éternise... C'est alors une occasion de partir à la recherche du souvenir que l'on a gardé d'elle, et de prier très fort afin que quelqu'un, quelque part, "prenne soin de maman".

J'avais lu un article fort élogieux de ELLE sur ce roman (lien ici) et  le billet de Cathulu a continué de me convaincre. Je voudrais vous exprimer combien j'ai aimé moi aussi ce doux récit coréen qui dresse le portrait d'une mère, courageuse et fière, mais non exempte de rêves, qui s'égare un beau jour et disparaît. On apprend beaucoup aussi dans ce livre sur le quotidien des coréens, la vie à la campagne, sur le lien ténu qui existe entre des enfants avides de liberté et leur mère, attentive, illettrée et protectrice.
Un très beau livre.

"Eux qui sont partis vivre leur vie, laissant derrière eux cette femme uniquement préoccupée de leur bonheur, se heurtent à son absence. Au vide auquel elle les confronte. Au vertige de la disparition..." (extrait de la quatrième de couverture)

 bouton3 Oh éditions - 17.90€ - Mars 2011

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27 juillet 2011

Pourquoi les gentils ne se feront plus avoir, J. Heska

Il doit y avoir des âmes, ailleurs, qui souffrent de cette bêtise humaine, de toute cette méchanceté. Je l'espère.

pourquoilesgentils"Sur le trottoir, je me mets à chantonner. Cela ne me ressemble pas, je dois être heureux. C'est parce que j'ai obtenu ce que je voulais, je suis libre.
Même si je suis tout seul."

Jérôme souffre de solitude, et d'être le bouc émissaire favori de ses collègues de travail, la risée de ses connaissances. Il est certainement trop gentil. Seul Etienne, du service d'à côté, fan de SF, lui marque du respect et de l'affection. C'est d'ailleurs avec lui que le jeune homme va soudain se rebeller contre tous les méchants qui empoisonnent la vie de tous, et créer ainsi le mouvement Cimonde sur internet.
Sans le savoir, il va devenir par ce biais le maître malgré-lui d'une révolution douce qui va changer inexorablement l'avenir de l'humanité...

Pour commencer, ne doutez pas ici avoir affaire à un petit livre au charme certain, plein d'humour, idéal à glisser avec sa serviette dans son sac de plage (enfin si le soleil veut bien se montrer bientôt). Il faut peut-être pour s'en convaincre oublier un peu le titre grandiloquent de l'ouvrage, allez sa couverture adorable aussi, et ses quelques fioritures d'en-tête de chapitre. Car oui, j'ai aimé ce combat personnel d'un gentil-un peu falot, anti-héros, contre des méchants-très méchants (enfin souvent lorsqu'ils sévissent en groupe).
L'écriture du roman est pourvue d'un réel talent, celui de maintenir en haleine son lecteur. Pour résumer, en gros, frôlant sans y tomber jamais totalement le genre anticipationPourquoi les gentils... est une lecture divertissante qui ne se prend pas au sérieux et qui donne en même temps à réfléchir en filigrane sur notre manière personnelle de vivre ensemble.
Un scénario vraiment pas bête avec lequel je me suis réellement amusée, et voilà qui fait du bien.

bouton3 Editions L'instant libre - 14.95€ - Février 2011

Grand merci à l'auteur pour sa confiance ! -

L'univers de J.Heska est à découvrir par là. (le début du livre en extrait)

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17 juillet 2011

La Passerelle, Lorrie Moore

Il fallait bien vivre, ne serait-ce que par politesse.

lapasserelle

"Comme une petite fille, je croyais que le vieillissement ne me concernerait jamais. La mort, oui - ça, je le savais grâce à la poésie anglaise. Mais se rider, se voûter, boiter, blanchir, faiblir, grossir, maigrir, ralentir ? Je ne permettrais jamais que ça m'arrive, à moi."

Tassie a vingt ans. Etudiante, elle vient d'être engagée par un couple pour devenir la baby-sitter du bébé qu'ils s'apprêtent à adopter. Emma-Mary est afro-américaine et s'avère être déjà grande, elle a presque deux ans. Elle est joyeuse, affectueuse et apporte beaucoup à la jeune-fille, par ailleurs amoureuse du beau Reynaldo, rencontré en cours.
Tassie pense innocemment que la vie peut ainsi continuer de couler ses jours heureux. Mais c'est compter sans les secrets, faiblesses et mensonges, de ceux qui l'entourent, et sans sa propre négligence envers un frère cadet tant aimé...

La passerelle évoque avec beaucoup de justesse ce passage particulier et délicat, parfois chaotique, qui mène de l'enfance et l'âge adulte, ainsi que la prise de responsabilité de ses actes et les envies de s'assumer qui vont de pair. Il parle aussi de racisme, via la présence d'Emma-Mary regardée comme différente car vivant au sein d'une famille blanche. Mais ce roman n'est pas que cela, un roman initiatique ou un plaidoyer. Il est également pourvu de multiples ramifications narratives - nous partons quelques temps dans la famille rurale de Tassie - qui permettent au final de dresser le portrait d'un personnage, une toute jeune femme intelligente et sensible, que l'on aurait aimer connaître.
Un très bon moment de lecture.

bouton3 Editions Points - 7.50€ - Avril 2011

 Un billet très complet chez Amanda - Cathulu et moi avons noté la même citation en exergue - Aifelle est une adepte - ...

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07 juillet 2011

Polina, Bastien Vivès

POLINA"Rien ne va !!!
Reprenez la pose.
Ici, le buste doit être droit, on appuie le temps.
Détendez-vous !
C'est la base !
Ne me faites pas regretter, Polina."

Polina est danseuse. Et au sein de l'école de danse dans laquelle elle est élève dès 6 ans, elle est repérée très jeune par un professeur, Bojinski. Il lui donne des cours particuliers, croit en elle. Cependant sa dureté légendaire mettra la jeune fille face à certains choix, comme celui de décider seule plus tard de ce qu'elle souhaite professionnellement pour elle...

La magie opère encore une fois avec ce nouvel opus de Bastien Vivès. Tout est dans un noir et blanc lavé auquel ses strips sur son blog m'avaient habituée. Et quel talent encore, autant dans la manière délicate qui lui est propre de croquer les mouvements que dans la délicatesse de son scénario !! Cependant, les couleurs flamboyantes rencontrées dans Le goût du Chlore ou dans Dans mes yeux m'ont manquées, espérons qu'elles reviennent...

Casterman - 18€ - Mars 2011

polina1

Bellesahi a beaucoup aimé aussi. - Emprunté en médiathèque

Je vous laisse sur ce billet pour une petite semaine... à très bientôt !

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05 juillet 2011

Le Cheval soleil, Steinunn Sigurdardottir

Tu n'as vraiment rien d'un cheval soleil, ma petite.

le_cheval_soleil"Je n'ai [...] jamais été telle que je suis, sauf un temps après mon émergence de la gousse moisie de l'enfance. Avant que la vie elle-même ne s'abatte sur moi avec les gardes de nuit au service des mourants et la maison avec mes filles et tout. Ce temps-là, où je fus moi, fut le temps avec toi et ce fut toi qui me fis à mon image. Cette image de moi au bord de la mer est toujours dans mon portefeuille. Afin que je puisse la sortir en vitesse pour voir qui j'étais telle que je suis, qui je pourrais être."

Les parents de Li ne prennent pas soin d'elle, ni de son petit frère. Ils sont trop occupés à soigner et sauver les enfants des autres. Li découvre un beau jour, grâce à un amoureux combien il est bon et doux que quelqu'un soit là, pour elle, totalement. L'amoureux est prévenant mais la jeune fille le congédie bien avant que cela ne devienne trop sérieux entre eux. Il faut dire que rien n'est simple. Qui pourrait comprendre cette vie entre des Époux indifférents et un quotidien à sans cesse tenter de sauver du désastre ?

Le Cheval soleil est un roman surprenant, navigant toujours au bord du précipice. On frôle la folie, la maltraitance, l'absurde, sans pourtant y tomber réellement. L'Islande y paraît un pays bien dur, et peu coloré, un lieu où il est bon de saisir au vol le bonheur fugace qui vient vous éveiller de peur qu'il ne se représente jamais. Cependant, j'ai aimé me laisser bercer par son ambiance mélancolique. L'écriture de l'auteur accroche. Le dénouement laisse perplexe, vous le constaterez sans doute, mais peu importe, car on a suffisamment été troublé et captivé pour ne pas s'en offusquer. Un petit livre au charme particulier qui n'oublie pas de nous laisser réfléchir aux conséquences des blessures d'enfance.

bouton3 Editions 10/18 - 7.40€ - Mars 2011

 Une tentation contractée chez Cathulu - Lu aussi par Liloubi

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11 juin 2011

Comme une mère, Karine Reysset

COMMEUNEMERE"Elle n'est plus là. Le drap du berceau a gardé l'empreinte de son corps en boule. Notre rencontre aura été de courte durée. Je n'ai même pas eu le temps de lui parler. Je vais me préparer et partir, je n'ai plus que ça à faire maintenant. Sur ma main, il y a encore son odeur de bébé. Une odeur de lait et de cassis, ou de mûre."

Emilie est trop jeune, trop seule, trop peu capable d'élever cet enfant qu'elle va mettre au monde dans quelques minutes. Il naîtra sous X, sera élevé par une famille d'accueil aimante, loin d'elle, et voilà tout. Mais rien ne se passe comme prévu, ni l'attachement subtil qui attache la jeune femme à sa petite fille dès qu'elle l'aperçoit, la sent, l'entend, ni la présence de cette autre femme dans la maternité qui profite d'un moment d'inattention pour enlever le nourisson, tellement pleine de désir d'enfant et de cette douleur absolue d'avoir encore une fois perdu le sien...

Entre Paris et l'espace Thalasso de Saint-Malo, c'est le destin d'une petite Léa née pour susciter l'amour d'une mère que l'on suit. Et c'est avec une émotion à fleur de peau que l'on rentre dans ce récit de Karine Reysset. Je dois avouer que des larmes ont coulé. Dans ce roman, il est surtout question du lien maternel et de la possessivité qui en découle, mais aussi de cette possibilité courageuse d'une vie recommencée loin des orages du passé, et puis de folie.
Voici le troisième roman que je lis de l'auteure, en peu de temps. Après avoir lu A ta place et Les yeux au ciel, je pense cerner à présent l'ambiance de ses textes, son univers littéraire. Il me plait beaucoup. Je vais sans doute attendre, cependant, avant d'en lire un quatrième... Point trop n'en faut pour conserver le plaisir !

bouton3 Editions Points - 6€ - Avril 2009

Merci Clara !! 

La lecture d'Amanda - Celle de Laure - Valérie l'a lu... - Cathulu aussi !! 

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